25 ans plus tard… lamine guèye

30 Déc 2017

C’est pas du jeu !

Lamine Guèye est au départ de la descente olympique de Val d’Isère en ce matin du 9 février 1992. Il entend se mesurer à la face. Et à tous les grands du cirque blanc. Quand on est né black à Dakar, le tracé qui mène au portillon de départ est une véritable piste… noire, semée de bosses. Et pourtant… le skieur qui descend Bellevarde ce jour-là n’est autre que le président de la fédération sénégalaise de ski !

Le chemin qu’empreinte Lamine Guèye pour se rendre aux Jeux Olympiques d’hiver, alors qu’il est Sénégalais, est un vrai parcours du combattant. Une bataille pour trouver du matériel, s’entraîner, obtenir le financement d’une saison où la couleur principale est le blanc.

Pas facile quand on vient d’un pays où il ne neige pas. Pourtant ce jour-là, le public est là qui l’acclame et le soutient, comme les 56 participants de l’épreuve mythique. “Je me souviens, quand je me suis lancé, j’entendais les hurlements de la foule. Du début à la fin. Malgré le bruit des skis sur la glace. Ça m’a porté. Le public est resté jusqu’au bout pour voir tous les compétiteurs. Y compris ceux qui n’avaient aucune chance de gagner ! C’était ça l’esprit olympique. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, car les gars comme moi ne sont plus là…”

QUAND LES JEUX ÉTAIENT ENCORE OLYMPIQUES

En effet, ces Jeux sont les derniers où chaque nation pouvait aligner quatre athlètes dans les épreuves de ski. Aujourd’hui, les critères de qualification sont faits de telle manière que l’accès aux JO est quasiment impossible aux sportifs des pays mineurs. “Ce qui était magique, c’est qu’il y avait une parenthèse, une seule, tous les quatre ans, où malgré tous les écarts d’argent et toutes les différences, tous les êtres humains étaient égaux et sur la même ligne de départ. Et ça, c’est fini. C’est catastrophique.” Et l’homme de dénoncer, depuis, la perte de l’esprit olympique au profit de la rentabilité économique.

La plus belle image qui me reste de ces jeux, c’est quand Finn Christian Jagge et Alberto Tomba portent sur le podium avec eux le dernier coureur du slalom. La foule était en délire. Ça, c’était l’esprit olympique! C’est fini aujourd’hui!

C’EST MON SPORT, MA BATAILLE

C’est lorsqu’il est pensionnaire en Suisse que le petit-fils de Lamine Guèye – premier président de l’Assemblée nationale du Sénégal, disparu en 1968, dont il porte le nom -, découvre le ski. A 19 ans, en 1979, il crée même la Fédération Sénégalaise de Ski. Et devient le premier skieur africain noir à participer aux épreuves de ski alpin à Sarajevo en 1984. Il s’aligne à nouveau en 1992 à Albertville dans les quatre disciplines. “Puis je suis allé à Lillehammer, car il restait une porte d’entrée pour un seul coureur dans une seule discipline. Mais je suis arrivé tellement stressé que j’ai raté une porte à la descente. Ça m’a écœuré. J’ai décroché un moment, puis j’ai repris en 1998 pour tenter ma chance à nouveau pour Salt Lake City. Mais je n’ai pas pu vivre l’aventure car les épreuves qualificatives ont été annulées.”

En 2006, il se blesse gravement au genou. “Après un mois d’hosto, dix mois de béquilles, j’ai compris qu’il était temps d’arrêter. Depuis Albertville, en réalité, c’était fini. Le rêve olympique avait pris fin. Il était remplacé par les bagarres, les discussions, les prises de position, les actions légales et médiatiques pour essayer d’obtenir le droit de participer. Pour moi et pour les autres nations. J’ai même écrit un livre (NDLR : Skieur sénégalais cherche esprit olympique, paru aux éditions Calman-Lévy), mais rien n’y a fait.”

Aujourd’hui Lamine ne skie plus. Le plaisir de la glisse, la nature, la liberté, l’adrénaline, il les retrouve sur les planches de kite surf qu’il se fabrique lui-même. Ce touche-à- tout qui déteste la monotonie a déposé un brevet pour un fusil de chasse sousmarine, son autre passion. “Maintenant, je fais des conférences, du team-building. J’aime partager. Si j’ai un conseil à donner : écoutez ce que vous avez envie de faire, et surtout essayez !”.

 

Trophées de shuss

Jeux Olympiques, il participe  :
1984 : Descente, Géant et Slalom
1992 : Descente, Super-G, Géant et Slalom
1994 : Descente
Meilleur résultat : Descente Albertville en 1992 : il finira 45ème

Championnats du Monde, il participe  :
1993 : Descente
1996 : Descente, Super-G, Géant, Slalom et Combiné
2003 : Géant et Slalom
2005 : Géant et Slalom
Meilleur résultat : Slalom Sierra Nevada en 1996 : 32ème

© Getty / Mike Powell

Fanny Caspar

Fanny Caspar

Chroniqueuse
SURNOM : Fafa, Ninie, Choune, Louloute, Maman, Dragon selon les affinités et l’humeur du jour! PERSONNAGE DE FICTION : Super Jaimie. J’adorais. Elle courait vite, elle sautait haut et elle battait les garçons! Un jour elle a même nettoyé le sol d’une immense salle en à peine 30 secondes, mon rêve aujourd’hui !!! OBJET FETICHE : Le lapin en peluche offert par mes sœurs. Il m’a suivie partout. Il est maintenant sur le lit de mon fils. ADAGE : Je dormirai quand je serai dans mon lit en sapin! JE GARDE : Mon âme d’enfant. JE JETTE : Mes crises de doutes, insupportables pour tout le monde et surtout pour moi!!!! DANS 20 ANS : Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre… en tous cas toujours sur les skis (s’il y a encore de la neige!).

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