Thierry Martenon

HOMME DES BOIS !

«Je n’ai ni Dieu ni maître ! Je ne veux personne au-dessus de moi !» s’amuse Thierry Martenon, sculpteur perché sur les hauteurs d’Entremont-le-Vieux en Savoie. Depuis son atelier et à même la matière, il rentre dans la masse et taille à l’émoi.
De petits billots en séquoia, bien plus longs que le bras, il fait feu de tout bois !

À la cool et plutôt bien dans ses baskets, Thierry crée comme il se marre, loin des exigences esthétiques bling-bling qui font mouche. Hors de question d’y céder ! Préoccupé par l’imperfection qui semble dépasser de l’immense sculpture accrochée au mur, il m’explique qu’il n’y a pas de règles dans la création, qu’il bosse au feeling et sans contrainte, et laisse chacun libre de voir ce qu’il veut, inutile de fausser la pensée : “Je n’ai jamais donné de nom à mon travail. Ça laisse la liberté d’imaginer. Nommer, ça oriente et ça referme. Je ne crée pas d’après une idée ou un concept, je suis dans la recherche graphique.” Et c’est réussi ! Des courbes enroulées sur elles-mêmes ou des arabesques à la volée, des formes plutôt carrées, géométriques et parfaitement calibrées, il ressort de son art, l’importance de la ligne, l’horizon de son inspiration, toujours à l’infini, un trait qui donne juste un sens et emmène finalement très loin. Un peu comme son histoire.

Promenons-nous !

Thierry est un enfant du coin. Et là où d’autres ont décampé pour se rapprocher des grandes villes, lui n’a jamais bougé d’un pied. “Ma famille est originaire d’ici, on est du village. Avec mon frère Franck, qui bosse avec moi, nous sommes descendants de paysans de montagne et beaucoup, jusqu’à nos grands-parents, travaillaient le bois. Des transporteurs, des bûcherons, des scieurs… J’ai toujours baigné là-dedans. J’ai fait des études rapides, je n’étais pas fait pour ça, je n’aimais pas  !” Et il ne faut pas longtemps pour comprendre, qu’encore à 54 ans, le sculpteur est un électron indomptable, allergique à toute règle et frustration. Alors, c’est sur mesure qu’il s’est taillé un boulot. “J’ai passé un CAP d’ébéniste, j’étais content.

Tête de bois

Parce que si la théorie lui fait pousser l’urticaire, la pratique, c’est son affaire. “Je bricolais beaucoup enfant déjà. J’étais musicien aussi. L’important est de faire, que ce soit physique, que j’utilise mes mains, ça fait marcher la tête après !” Et pour marcher, elle marche ! Parce que s’il est facile de se laisser embarquer par des mouvements artistiques branchés, Thierry préfère ses branches à lui. Et c’est aussi ce qui le démarque depuis 25 ans, cette identité propre qui ne ressemble à personne et qui l’a un jour, propulsé : “Je suis arrivé là par hasard, un peu par atavisme. Mon travail a été remarqué, j’ai été invité dans un milieu de collectionneurs et adoubé pour participer à une résidence d’artistes aux Etats-Unis. Dans mon esprit, ça a été un facteur déclencheur. Vous savez, quand on vient de la montagne, on a toujours un petit complexe d’infériorité et même si je le vis très bien, ça m’a libéré en tant que…” Il réfléchit parce qu’il ne dit jamais le mot artiste ! “Sculpteur… C’est bien et c’est ce que je suis, ça définit le job et c’est parfait !”

Au bois joli

Et démarrer en pleine effervescence, comme ça, quand on a 30 ans, forcément, ça marque ! Les collectionneurs ont commencé à acheter, les galeries aussi et quel palmarès depuis ces années ! Ateliers d’Art de France, Museum of fine arts à Boston, The Minneapolis Institute of art, idem dans les restaurants étoilés de Christophe Arribert, Laurent Petit, Jean Sulpice ou Serge Vieira, au musée de l’Ours des cavernes d’Entremont-le-Vieux aussi, bien accroché aux racines. Parce qu’elles sont un ciment, la nature originelle qui lui insuffle une forme d’inspiration, symbiose dans laquelle il se réalise. “Je passe beaucoup de temps en montagne, à grimper, j’adore ça. J’ai longtemps utilisé des essences de Chartreuse, mais j’ai de plus en plus de mal à avoir de jolis bois. Mais une chose est sûre, je reste toujours dans la région pour ma matière.”

Aux abois

Frêne, épicéa, noyer ou érable, Thierry dessine ses modèles avant de tailler directement dans le bois. Patine à l’encre, effet brûlé ou brûlé tout court, totems, statuettes, tableaux ou que sais-je, l’art tourne sur lui-même, s’emberlificote et s’entortille, entre recroquevillé sur soi, et ouvert sur le monde : “J’aime les artistes comme Brancusi, ce que font les autres m’inspire beaucoup. Je suis raide dingue de l’art africain et tout ce qui gravite autour des arts premiers. J’ai un peu plus de mal avec le contemporain, sauf le sculpteur David Nash qui travaille du bois très brut. J’ai été bouleversé par celui de Barbara Epworth aussi, une Américaine, c’est complètement fou ce qu’elle fait. Je me suis même dit : Mais pourquoi je n’ai pas eu cette idée avant ! Mais bon, on se marre et on prend la vie comme elle vient et c’est très bien comme ça !”
Aujourd’hui, Thierry planche sur une petite série, dans l’idée de faire plus modeste, un objet précieux façon bijou, plus pratique qu’une sculpture de 2 mètres dans un salon ! Comme il le fait à l’occasion, il choisit de réaliser sa collection en bronze, parce que la seule limite qu’on fixe à la création et celle qu’on s’impose, chez l’home des bois, c’est sûr, on fait feu de tout bois.  

+d’infos : http://thierrymartenon.com

Thierry, ton endroit pour…

… en prendre plein la vue ?
Le sommet de la Cochette ! Un excellent rapport vue/dénivelé ! Il suffit de monter peu pour atteindre un paysage superbe. J’aime beaucoup cet endroit.

… pour buller ?
Les bords du Cozon. Toujours dans le parc de la Chartreuse, c’est un affluent du Guiers, avec des gorges plutôt rafraîchissantes. C’est calme et très apaisant, moins fréquenté que le Cirque de Saint Même.

… pour faire la fête ?
Rock’n Ruines, un micro-festival organisé au Château d’Entremont-le-Vieux. Il se tient tous les ans au printemps, c’est cool et sans chichi, du son, des potes et quelque bières, parfait !

… pour manger ?
La table du moulin des Chartreux 1733 à Saint Pierre d’Entremont. C’est simple et raffiné, tenu par un jeune couple très sympa. Face aux massifs de la Chartreuse, c’est un resto idéal pour passer un bon moment de convivialité, et la convivialité c’est la vie !

… pour se nourrir l’esprit ?
En Chartreuse, les Lances de Malissard sud. C’est vraiment très beau. C’est un sommet de montagne qui permet une déconnexion totale, essentiel pour se ressourcer et booster la créa.

Magali Buy

Magali Buy

SURNOM : Mag... (d'ailleurs activ'mag c'est pour moi, non ?) PERSONNAGE DE FICTION : Xéna la guerrière OBJET FETICHE : mon piano, il m’écoute, me répond et me comprend mieux que personne. ADAGE : « si tout le monde sait où tu vas, tu n’arriveras jamais à ta destination. Laisse-les croire que tu dors.» JE GARDE : mon mauvais caractère, ma langue bien pendue, mon cœur ouvert et mes yeux verts JE JETTE : mon insécurité, ma cellulite et ma paranoïa... DANS 20 ANS : la même en pire, si c'est possible !

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Thierry Martenon

Homme des bois !

Phanee de Pool

Pied de Pool !

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Vivre chez son conjoint, et après… ?

Sur terre : Gilles Lansard

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Fulguro Pédalo

Qu'est-ce qu'on fait mercredi ? On s'essaie au JetCycle à Veyrier ! Mais kézako ? Une version moderne du pédalo, équipée d'un foil, cette aile profilée qui permet de « voler » au-dessus de l’eau et qui a révolutionné les sports nautiques. Le pédalo n’y a pas échappé !...

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