Archi discrètes

Le toit dans l’œil

Symbiose, mimétisme, voire même camouflage, l’intégration de la construction dans son environnement est une préoccupation majeure des architectes. Si elle les contraint parfois, elle peut aussi les inspirer incroyablement… Entre nature et structure, coup d’œil sur quelques toits à effet « wouah ! ».

LA MAISON SUR LA CASCADE (ci-dessus)
FALLING WATER, USA – FRANCK LOYD WRIGHT – 1939

Voilà LA référence ! Certains connaisseurs l’appellent même la maison la plus célèbre du monde, celle qui aurait révolutionné la conception en matière d’implantation d’une habitation sur un site naturel. Au début des années 30, quand le richissime homme d’affaires de Pittsburgh, Edgar Kaufman contacte Franck Loyd Wright, il désire une maison de vacances en pleine nature, avec vue sur la cascade de Bear Run. Mais en visitant les lieux, l’architecte repère un bloc de roche émergeant de l’eau et décide de poser la maison dessus. Sans aucun travail de terrassement, pour laisser une empreinte humaine minimale, la maison est donc construite comme un arbre et ses branches, soit une tour centrale avec des pièces en porte-à-faux qui gravitent en terrasses autour. Béton couleur ocre et parements en pierres irrégulières participent à son intégration dans le paysage. A l’intérieur, on entend la cascade, mais on ne la voit pas. Le vrai point de vue, c’est la maison elle-même, dont l’eau semble jaillir. © Courtesy of Western
http://fallingwater.org

LA MAISON BULLE FRANCE
PASCAL HAÜSERMANN & CLAUDE COSTY – 1968

Au diable les angles, les saillies, les arêtes ! Abolissons les règles ! Dans les maisons imaginées par le couple suisse Pascal Haüsermann-Claude Costy au début des années 60, tout est donc rond. Inspirées de l’architecture organique, qui cherche à réconcilier l’habitat et le monde naturel, leurs bulles proposent en effet une expérience de vie totalement différente des habitations traditionnelles. Le mobilier lui-même est souvent intégré à la structure, comme c’est le cas dans le cocon qu’ils se sont fabriqués à Minzier (74) : l’âtre de la cheminée, certaines assises et les lits en alcôve de la chambre des enfants font corps avec les murs en voile de béton projeté, pour un ensemble lunaire, à mi-chemin entre la science-fiction et l’imaginaire enfantin.
http://maison-bulle-minzier.fr

la maison trou
SUISSE – BJARNE MASTENBROEK (STUDIO SEARCH) & CHRISTIAN MÜLLER (CMA) – 2009

A côté d’un prix Pritzker -l’équivalent du Nobel, en archi-, on se sent à peu près aussi intéressant qu’un ver de terre. De là à creuser son trou, il n’y a qu’un excès d’humilité ou idée de génie ! Dans le voisinage direct des thermes de Vals (Grisons), dessinés en 1996 par le Bâlois Pritzkerisé Peter Zumthor et considérés comme un chef-d’œuvre de l’architecture moderne, Christian Müller a donc creusé sa villa. L’objectif : ne pas gâcher la vue pour les bains et s’intégrer complètement dans le paysage, pour laisser la nature intacte. L’entrée se fait donc discrètement par un tunnel, qui part d’un mazot traditionnel situé en contrebas. Mais l’analogie avec la vie de lombric s’arrête là, une fois à l’intérieur, tout n’est que luxe, design hollandais et modernité.
villavals.ch

LES MAISONS PERCHOIRS
ROOST & TRINE – ANTONY GIBBON

Hybrides entre la cabane de notre enfance et le village des Ewoks sur la planète Endor, les perchoirs imaginés par le designer britannique Antony Gibbon s’accrochent aux troncs des arbres ou affleurent de la canopée. Son objectif : la recherche d’harmonie entre chacune de ces structures et leur habitat naturel. Pour un camouflage efficace, leur dessin imite donc les formes organiques existant dans la nature, de gigantesques bulbes au sommet d’une longue tige. Au cœur de cette tige, l’escalier central, qui achemine non seulement les habitants vers les pièces en hauteur, mais doit également permettre d’alimenter l’ensemble en eau et en énergie. Des passerelles relient ensuite les différents espaces de vie, dont la construction en matériaux durables évidemment, est prévue pour n’endommager la forêt environnante d’aucune manière. La version «Trine» est actuellement en développement aux Etats-Unis.
antonygibbondesigns.com

LA MAISON MIROIR
ÖDHOUSE, ESTONIE – ANDREAS & JAAK TIIK

Voir sans être vu, ou quand la glace sans tain quitte le monde judiciaire et celui des thrillers pour prendre l’air et devenir maison. L’idée vient de deux frères estoniens qui cherchaient autre chose qu’un spartiate abri de chasse ou une grosse cabane en rondins pour passer la nuit en pleine nature. Leur concept ? Une pièce de 20m2 organisée autour d’un grand lit, avec une petite kitchenette et une salle de douche, dans une boîte rectangulaire dont trois façades sont en verre à effet miroir. Reflétant la forêt qui l’entoure, les remous de l’eau au bord de laquelle il est posé ou l’immensité du ciel, cet abri cosy devient quasiment invisible. A défaut de s’intégrer physiquement dans le paysage, il joue la carte du mirage…
ood-france.com

LA MAISON HORIZON
CASA HORITZO, ESPAGNE – RCR ARQUITECTES – 2003

Vivre dans une boîte métallique ? Il y a des perspectives plus emballantes : comme vivre dans onze boîtes métalliques ! Mais extrêmement spacieuses, en acier corten marié à de larges baies vitrées, dont la ligne modifie à peine celle de l’horizon. A l’origine du projet, la cheffe catalane doublement étoilée Fina Puigdevall, qui rêvait d’une maison isolée, proche de la nature, dans le parc naturel de la zone volcanique de la Garrotxa. Et plutôt que de l’implanter au milieu de son vaste terrain, les architectes ont profité d’un remblai pour l’encastrer à flanc de coteau, poser ses fondations au bord de la ligne de crête, entre deux niveaux, deux champs, deux points de vue dont les Pyrénées. Semi-enterrée, mais en hauteur, elle est à la fois ancrée et aérienne, végétale et minérale, industrielle et rurale. En se corrodant, l’acier prend des tons cuir, qui, associé aux différentes plantations, aux pierres et à l’étang sur lequel donne la pièce de vie, permet à l’ensemble de se fondre dans le paysage. © Gino Giampaolo
rcrarquitectes.es

©Nic Lehoux

LA MAISON AU MILIEU DES ARBRES
TREE HOUSE, COSTA RICA – TOM KUNDIG – 2019

Vous avez une planche de surf sous le bras, un coin de forêt tropicale à portée de main et des préoccupations environnementales? Cette cabane est faite pour vous. Le luxe de cet abri épuré -outre la vue sur Playa Hermosa, l’une des plus belles plages du Costa Rica- c’est la jungle environnante : rez-de-chaussée en plein cœur du tapis forestier, 1er étage dans les arbres et dernier au-dessus de la canopée. Et pour ne pas faire tâche au milieu de cette masse végétale, structure et cloisons sont entièrement construites en teck local. Ces dernières font d’ailleurs office de baies vitrées… sans vitre, sur les 1er et dernier niveaux, qui restent ouverts aux éléments. A la manière de gigantesques stores, en effet, leurs lattes pivotent pour permettre à la maison de respirer ou de préserver l’intimité de ses hôtes. Une telle «passoire thermique» sous nos latitudes, ça paraît plus risqué…
olsonkundig.com

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

en chantier : Poisy

Poisy en plein boom !

Escapade en Bourgogne

un chateau de prince sarment

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