Attraction lunaire

Travail de croupe

«Comment trouves-tu mes fesses ?»  «Très facilement!» écrit Frédéric Dard dans «Les pensées de San-Antonio (1996)». Impossible en effet de les louper, ces grosses fesses ultra bombées, sur-érotisées, nées en Amérique du Sud et devenues un phénomène mondial.

Popotin, pétard, miches, derche, arrière-train, les mots ne manquent pas pour nommer cette partie de l’anatomie féminine, vieille obsession masculine, oscillant, au cours de l’histoire, entre fascination et dégoût, désir et mépris. Aujourd’hui, le boule joufflu redevient un objet de fascination et un vecteur de célébrité sur Instagram, à l’instar d’une Kim Kardashian ou d’une Jen Selter et ses 12 millions de followers.
Du coup, certaines sont prêtes à tout pour leur ressembler. Des heures passées à la salle de sport dans des postures plus ou moins suggestives, sous les regards masculins con-cu-piscents environnants, à bosser la cambrure du bas-rein et modeler le grand fessier. Au prix d’efforts surhumains, les résultats sont là. Un bombé parfait et lisse, qui finit aussitôt sur les réseaux sociaux. Franchement, aux XVIII et XIXes siècles, les femmes qui se mettaient un faux-cul pour exagérer leur popotin se donnaient moins de mal !

La fesse entre dans les anales

Si ce souci de la belle courbe est poussé à son paroxysme, au point d’en faire une œuvre d’art digne de figurer au centre Beau-Boule, il n’en a pas été toujours ainsi. Rappelons-nous Saartje Baartman, la fameuse « Vénus hottentote» sud-africaine, exhibée et moquée comme une bête de foire à cause de ses fesses proéminentes au début du XIXe siècle. “Elle avait une croupe si volumineuse qu’elle pouvait servir de siège à un enfant”, écrivait, méprisant, le Petit Parisien. A sa mort, son corps a été disséqué et son postérieur conservé dans le formol ! Au XXIe siècle, elle serait probablement devenue une star de la téléréalité, et passerait son temps à étaler ses butt selfies sur Insta. Et si Godard devait tourner le «Mépris» aujourd’hui, nul doute qu’il choisirait Kim K au lieu de BB pour donner la réplique à Michel Piccoli : “Tu les trouves jolies mes fesses ?”

Tout est bon dans le croupion

Mais ces fesses opulentes sont-elles réellement plus excitantes? Faire l’amour avec une chérie callipyge, ça doit être un peu comme s’allonger sur un matelas à eau, non? Seuls 18 % des mâles les regarderaient en premier ! En fait, la taille du popotin n’a aucune importance. Grosses ou menues, plates ou bombées, toutes les fesses font fantasmer et sont une zone érogène qui mérite d’être explorée. Caresses, fessées, itinéraire bis… tout est possible, que votre dulcinée soit une Beyoncé ou une Birkin bis. Elles rendaient dingue Jean-Pierre Marielle, quand il s’est arrêté à Pont-Aven : “Je renais… je revis… Oh nom de Dieu de bordel de merde…” Elles excitent le rappeur Bosh, qui, avec la subtilité d’une tractopelle chante “J’t’ai vu passer dans l’allée, ton boule me rend romantique, pièce/ Il fait des appels de phare quand il bouge de gauche à droite, j’suis obligé d’réagir”. Bref, inutile de vouloir copier ces croupes de starlettes. La vôtre fera l’affaire. Le cul n’est-il pas en effet, comme l’écrivait le romancier Antoine Blondin, «la chose au monde la mieux partagée» ?

Marie Vaudage

Marie Vaudage

En berne…

Queue nenni !

même pas mâle

dans le potage

Ski fait du bien

Madame et une montagne de plaisirs

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