nathalie jomard

nathalie jomard

complètement jomard !

QUELQUES ENCABLURES DE LA CAPITALE DES GAULES, UN ÉTRANGE VILLAGE PEUPLÉ D’INCORRIGIBLES GRUMEAUX RÉSISTE ENCORE ET TOUJOURS À SUPER NANNY. C’EST LÀ QUE VIT NATHALIE JOMARD, BLOGUEUSE, ILLUSTRATRICE, MAMAN DÉBORDÉE CHRONIQUE ET «BOUFFON OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE BANANIÈRE ET AUTOPROCLAMÉE DU GRUMEAULAND». C’EST LÀ, QU’AU MÉPRIS DE TOUS LES DANGERS, JE L’AI RENCONTRÉE.

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Impossible de localiser l’endroit précisément. Pour garder sa base secrète, la Lyonnaise a pris ses précautions : droguée au concentré de lait daubé, les yeux bandés d’une peau de saucisson, j’ai été conduite sous bonne garde : 2 terribles gnomes, la malice en cartouchière, et un énoooorme et redoutable chat dressé pour… se laisser martyriser par les précités, c’est dire la dangerosité potentielle de la bête.
Sauvage -Nathalie, pas le chat- ou pathologiquement timide -elle donne rarement d’interview, fuit les séances dédicaces et refuse de donner sa photo-, quoi qu’il en soit, je savoure la chance qui m’est donnée de l’approcher et d’en sortir indemne ou presque.
Ce que j’apprendrai de sa bouche ? Et bien que Nathalie Jomard naquit, fort opportunément, pile poil le jour de sa naissance, autour de 5 heures moins le quart avant Kinder Bueno. Depuis, elle n’a eu de cesse de grandir jusqu’à l’âge d’avoir l’âge qu’elle a aujourd’hui. A vue de nez dégagé, je dirais qu’elle a la quarantaine bien consommée, pas encore périmée, mon héroïne à moi. Petite, elle rêvait de devenir président de la République. Mais dans le doute ou pour meubler le temps qu’elle trouvait fort long, elle traina ses guêtres pure laine dans les salles chauffées des Beaux-arts, puis de Science Po Lyon avant de tourner mal et de finir illustratrice.
Du coup, au lieu d’exercer un «vrai» métier, elle illustre et écrit des albums, travaille pour la presse, l’édition et la pub et poursuit ses recherches en grumeautique dont elle fait figure d’experte depuis l’an 2008 du blogo-pléistocène post Minitel.
Référence mondiale dans le domaine du dessin de croupions de chats -tout le monde ne peut pas en dire autant-, elle peut aussi se vanter d’avoir lu les œuvres complètes de T’Choupi (en version originale, non sous-titrée), ça calme, hein ? Rencontre avec mon idole, mon maître en maternitude (avec Foresti, en jumelle maléfique !).

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Activmag : Enfant, quel était ton surnom ?

Nathalie Jomard : Punaise ou Moustique. Je le vivais parfaitement bien dans la mesure où je m’appliquais avec grande rigueur à mériter ces surnoms.

Quel métier rêvais-tu de faire petite ?
Menuisier-vétérinaire-dessinatrice-dompteuse de crottes de nez.

Comment on commence (ou finit) illustratrice ?
En peignant de grandes fresques murales dans le salon familial avec un joyeux mélange de doigts de mains, de gouaches et de pâte à modeler.

Quand as-tu su que tu étais faite pour ça ?
Ma première prise de conscience ? A 5 ans, le jour où j’ai dessiné la plus jolie princesse à 8 doigts que l’humanité ait produit (selon moi). La seconde prise de conscience : quand je suis sortie de Sciences Po diplômée… la perspective de finir Présidente du Monde étant hautement improbable, je me suis dit que toutes ces années passées à dessiner des Mickeys dans les marges de mes cahiers durant de mornes et improbables cours de flux maritimes ou de psychosociologie de l’information devaient être valorisées. Et accessoirement, j’ai réalisé que si j’avais fait les Beaux-arts avant, c’était peut-être pas un hasard tout compte fait.

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Qui t’a inspirée à tes débuts ?
Candy, parce qu’elle est dotée d’un volume capillaire absolument prodigieux.

Et maintenant ?
Michel-Ange, pourquoi ? Ce n’est pas évident quand on regarde mon travail ?

Quel est le sujet sur lequel tu pourrais dessiner à l’infini (et au-delà) ?
Les engagements militants jusqu’auboutistes d’Onésime et Bethany Duboulet. Ça va de la protection des talons de savates ventriloques en voie d’extinction, à la promotion d’un mode de vie sain à base de jus de pépins de camembert équitable, ils sont mes sources d’inspiration inépuisables.

Quelles substances ingéres-tu pour avoir autant d’inspiration ?
Du jus de pépins de camembert équitable issu de pisciculture biologique, essentiellement.

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Peut-on rire de tout (ou de rien) ?
Je ris de presque tout, Onésime et Bethany Duboulet ne rient de presque rien, ça crée un bel équilibre. On fait une belle équipe au final. Chacun fait comme il lui plaît. Vive la démocratie, la liberté et les slips en fourrure de mérou péruvien !

A quoi ressemble la vie de Nathalie Jomard ?
A un champ d’enclumes.

Où vis-tu ?
Entre deux collines, avec vue sur les arbres au Sud et vue sur le croupion des vaches au Nord.

A quoi ressemble Grumeauland ?
Au pire cauchemar de Madame et Monsieur Parfait.

Avant de te connaître, pour moi, les grumeaux, c’était dans la pâte à crêpe… D’où sors-tu, les tiens ? (hum…)
Alors… Reprenons depuis le début… Tout d’abord, il y a les abeilles… Puis, les choux… Les roses… On y ajoutera accessoirement une pincée de cigogne bossant pour Colissimo à temps partiel… En mélangeant de façon homogène, on obtient un ou plusieurs grumeaux gesticulants et plus ou moins agités.

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As-tu pensé à commissionner tes enfants en tant qu’apporteurs d’affaires?
Ils disposent d’un Plan Tagada Epargne avec capitalisation fractionnée déductible chez Haribocébolavi.

A quoi rêves-tu ?
Souvent à la mémé de mon hamster en slip de bain à une Convention d’adorateurs de pots de chambre en céramique (les pots de chambre, pas les adorateurs).

Qui adorerais-tu rencontrer ?
Moi plus jeune pour me donner des tuyaux pour plus tard.

Le don que tu voudrais avoir ?
Être invisible.

Pour toi, la femme parfaite est… ?
Surtout comme elle veut.

Et la mère parfaite ?
Comme elle peut…

On te propose de tester la peau d’un homme, en qui aimerais-tu te réincarner pour quelques heures ?
Bruce Springsteen en plein concert !

Ton dernier kiff ?
Une balade en famille.

Les vacances avec toi, c’est comment ?
En hiver, c’est au chaud, au chaud, au chaud, en mode survie jusqu’au printemps.

Quel est le cadeau de Noël qui te comblerait cette année ?
Un génie qui exauce des vœux.

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FAN DE…

Quelle est ton actrice préférée ?
Je n’ai pas d’actrice préférée, mais j’aime bien les tartes aux poireaux sans poireaux.

Quelle est l’artiste dont tu adorerais avoir une création chez toi ?
Aucune. Je déteste faire des trous dans les murs pour y accrocher des tableaux.

Quelle est ta chanteuse préférée, que tu doubles sous la douche ?
Je ne chante pas sous la douche. Ça m’est interdit par la Convention de Genève.

Ta styliste ou couturière préférée ?
Je m’intéresse à peu près autant à la haute couture qu’un orang-outang à la théorie des cordes.

Quelle est la femme humoriste qui te fait mourir de rire ?
Si c’est pour rire, n’importe quelle femme politique fera l’affaire.

Quelle est l’auteure que tu dévores ?
Les sms de ma fille, ça compte ?

La championne que tu admires ?
Je ne regarde jamais le sport, j’ai peur de faire un œdème de Quincke.

Quelle est ta femme de média préférée ?
Celle qui rédige la rubrique des promos rayon fromage page 14 du prospectus Carrefour.

Quelle est la femme politique qui te fascine le plus ?
Elle n’est pas encore née.

Quelle femme de l’Histoire admires-tu ?
Ma mère.

Quelle est ton héroïne ?
La mémé de mon hamster parce qu’elle est vachement résiliente (elle meurt souvent).

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christine arron

christine arron

rattrape-moi si tu peux !

QUE FAITES-VOUS, VOUS, EN 10 SECONDES ET 73 CENTIÈMES ? ELLE, ELLE LAISSE TOUT LE MONDE DERRIÈRE ! ATTACHEZ VOTRE CEINTURE, RESPIREZ UN GRAND COUP, ON A RENDEZ-VOUS AVEC LA 4E FEMME LA PLUS RAPIDE AU MONDE. CHRISTINE ARRON DÉTIENT LE RECORD EUROPÉEN DE VITESSE SUR 100 MÈTRES DEPUIS… PLUS DE 20 ANS !

Qui a oublié la finale du relais 4 fois 100 m à Budapest en 1998 ? Championnats d’Europe : cheveux peroxydés, Christine Arron, tout juste satellisée par son record en individuel, au terme d’une dernière ligne droite légendaire, comble plus de 5 mètres de retard sur la Russe Irina Privalova et décroche le titre pour l’équipe. Exploit réitéré en 2003 aux Mondiaux de Paris, quelques mois seulement après avoir accouché. Cette femme est juste une extraterrestre en baskets ! Elle ne coure pas, elle vole…

Activmag : Enfant, quel métier vouliez- vous faire ?

Christine Arron : Je rêvais de devenir hôtesse de l’air…

Quel genre d’enfant étiez-vous ?
Très dynamique et en même temps assez lente ! (rires) Je n’étais jamais pressée, surtout pour aller à l’école. J’aimais traîner. J’étais assez tranquille. Ma mère me disait tout le temps : je ne comprends pas comment tu peux être aussi lente dans la vie et courir aussi vite ?

Quand a eu lieu le déclic pour l’athlétisme ?
Y’a pas eu de vrai déclic, en fait. A 9 ans, j’ai commencé à faire du karaté, et puis en 6e, au collège, après une séance de sprint où j’ai battu toutes les filles, les garçons ont voulu se mesurer à moi. Là encore, je les ai tous laissés derrière. Du coup, le prof de gym m’a conseillée de m’inscrire à l’athlé et comme ma meilleure amie en faisait, j’ai suivi le mouvement.

Qui vous a inspiré ce choix de carrière ?
Je n’étais pas du style à idolâtrer qui que ce soit… Ado, je n’étais pas fan de chanteurs ou de sportifs, mais c’est vrai qu’une fois, en regardant les Jeux Olympiques, j’étais tombée sur une course de Carl Lewis et je dois dire, que j’ai trouvé ça plutôt joli à regarder. C’était un bel athlète, forcément… Mais je ne suis pas tombée raide devant ! Après, j’ai aimé Merlene Ottey et plus tard Irina Privalova…

A 15 ans, vous remportez vos premiers titres de sprinteuse en championnat de France, le début d’une longue carrière ?
Jeune, je ne pensais pas faire carrière. J’ai commencé l’athlé à 11 ans, à 12, je faisais mes premiers championnats de France par équipe. Tout était facile. Je ne me posais pas de questions. On voyageait avec les copines, j’aimais ça surtout pour l’ambiance. Même si j’étais déjà une compétitrice, je ne me préparais pas à une carrière de haut niveau, je me laissais vivre… J’étais sérieuse dans tout ce que je faisais, mais j’avais surtout beaucoup de facilité et je gagnais tout le temps. L’implication est venue plus tard.

Tout semblait évident à vos débuts… Et par la suite, vous n’avez jamais douté ?
Oh si ! Dès mon arrivée en métropole en fait. A 19 ans, le déracinement de mon île a été difficile à tous les niveaux… Même si entre temps, j’ai été championne de France du 400 m, j’ai bien mis 5 ans pour prendre confiance. J’ai été tellement souvent blessée… Alors forcément, j’ai douté. Et finalement, ça a passé, mais ça a été long et laborieux.

Et la force de poursuivre, malgré les blessures, vous la puisiez où ?
Il y a toujours eu en moi une voix qui me disait, il faut y aller coûte que coûte, comme si je ne m’accordais jamais le droit d’abandonner. Dans les pires moments, je me disais : un blessé n’est pas mort ! On y retourne !

Vous vous êtes essayée à pas mal de distances, 400, 200, 100, 60…
A la base, je suis une sprinteuse, ma distance, c’est le 100 m. Sur une course, lors d’une compétition, je me suis blessée et mon entraîneur de l’époque m’a fait recourir trop vite, contre l’avis du kiné, ce qui fait que je me suis reblessée, encore et encore. A chaque fois, mon coach refusait de respecter les délais de cicatrisation. Du coup, il m’a dit un jour, «comme tu te blesses souvent, on va te passer au 400 m»… Mais c’était de sa faute si je me blessais autant. Du coup, j’ai fait du 400m pendant 2 ans, mon corps avait été trop abîmé, il lui fallait du temps pour se régénérer. Mais cette distance, ce n’était vraiment pas mon choix de départ. C’était plutôt une obligation de récupération. Et progressivement, je suis revenue au 200 m pour finir à ma distance de prédilection, le 100 m. Je regrette juste, avec le recul, de ne pas avoir fait plus de 200 m, c’est une vraie belle course. Mais mon entraîneur ne voulait pas que je coure sur les 2 distances, il fallait faire un choix.

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Les distances descendent au fur à mesure que votre âge augmente… On court moins longtemps quand on vieillit ?
En général, c’est l’inverse. Plus on vieillit, plus c’est difficile de courir vite. Le 400 m est moins violent. Mais moi, cette distance m’ennuie. C’est trop lent ! Trop de footings en entraînement. Ce n’est pas dans mon caractère. J’aime quand c’est explosif.

En 1998, vous êtes consacrée «athlète européenne de l’année». Il n’y en a pas beaucoup, en France, qui peuvent se prévaloir de ce titre… Christophe Lemaitre vous a rejoint 12 ans plus tard. C’est de la pression ou du bonheur, ce titre ?
Ce ne peut être que du bonheur. Aucune pression. C’était une très belle année, j’ai battu le record de France, puis couru une dizaine de fois sous les 11 secondes. Ça allait plutôt bien pour moi cette année-là…

Vous donnez naissance en 2002 à votre fils et dès l’année suivante, vous êtes au summum de votre carrière… L’enfantement aurait des vertus dopantes ?
Absolument pas, je vous assure ! (rires) Ça permet juste de se reposer. C’est juste un état d’esprit, un mental. Pendant cette période, j’ai entendu tellement de conneries : “pourquoi t’es tombée enceinte ? Ça va mettre un terme à ta carrière ! Tu vas mettre au moins 2 ans pour revenir au niveau, si tu y arrives !” J’ai refusé que leur scepticisme ait un impact sur moi. Et pourtant, pendant ma grossesse, je n’ai fait quasiment aucune activité physique, j’ai eu des contractions très tôt. En plus, j’ai pris 30 kg ! Mais pour autant, mentalement, j’étais déjà en train de me préparer à la reprise. Et après l’accouchement, je me suis mise au boulot. Ça a été très dur, mais en 3 mois, j’avais perdu mes 30 kg, et 3 mois après, je reprenais la compétition. Ça ne se passe que dans la tête ! Une grossesse n’altère en rien vos capacités. Ni ne les dope!

Votre adversaire la plus redoutable ?
Il n’y en avait pas une en particulier… Peut-être Marion Jones… Mais avant même de se battre contre les autres, il faut se battre contre soi-même ! Je suis sûrement mon premier ennemi…

Votre souvenir le plus fort de votre carrière ?
Y en a 3 en fait. Mon premier titre de championne d’Europe. Premier et unique d’ailleurs ! La médaille à Paris aussi, juste après la naissance de mon fils. Et l’année 2005, une très belle année, avec mes deux premières médailles mondiales sur 100 et 200 m.

Le pire ?
Athènes en 2004, avec l’élimination en demi-finale. La pire année de ma carrière.

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Comment fait-on face aux échecs dans ces cas-là ?
C’est long, jour après jour… Il faut pouvoir encaisser, notamment les critiques des journalistes. Mais faut se remettre au travail. Je me souviens que j’allais m’entraîner toute seule, accompagnée juste de ma mère et mon fils de 2 ans, j’avais arrêté la collaboration avec mon coach de l’époque. J’ai puisé au fond de moi la motivation. Je ne pouvais que remonter après avoir touché le fond.

En 2012, à l’âge de 39 ans, vous annoncez mettre un terme à votre carrière pour faire un second enfant et entamer une seconde vie…
Cette année là, j’ai effectivement annoncé ma retraite. J’étais enceinte, mais j’ai fait une fausse couche… Puis, j’ai eu ma fille. Et finalement, j’ai repris la compétition pendant 2 ans pour arrêter définitivement il y a 4 ans, fin 2015. Et au final, cette seconde vie, c’est compliqué… Après 30 ans d’athlétisme intensifs, tout à coup ça s’arrête. Même si je m’y étais préparée, ça a été très, très dur. Je croyais être prête. Mais non ! Alors oui, je travaille, je fais des choses, mais rien qui n’ait la même saveur, la même flamme. Cette flamme, il faut la trouver, la chercher… Mais pour l’instant, c’est sûr, je ne l’ai plus.

Quatrième femme la plus rapide du monde sur 100 mètres, votre record d’Europe reste invaincu. Qui, aujourd’hui, peut faire tomber ce record, selon vous ?
Il n’y a que ma fille qui est autorisée à battre ce record ! (elle éclate de rire) Et elle n’a que 6 ans, donc on a le temps de voir venir !

Aujourd’hui à quoi rêvez-vous ?
De trouver une activité qui me passionne à nouveau…

On vous propose de tester la peau d’un homme, en qui aimeriez-vous vous réincarner pour quelques heures ?
Waouh… Un homme ? Pas en homme politique, ça c’est sûr. Ils aiment trop le pouvoir, trop d’ego… Non, plutôt dans la peau d’un sage.

Votre dernière colère ?
Je me mets facilement en colère… Donc ça remonte à cette semaine, avec mes enfants qui désobéissent. Avec eux, j’ai du mal à garder mon calme.

Votre dernier kiff ?
Il y a des moments dans la vie, où je suis super heureuse sans raison particulière. C’est le cas, ces derniers jours. Tout est fluide.

Vous skiez ?
J’ai «essayé» quelques fois… La première fois que j’ai été sur des planches, c’est autour de 40 ans… Tant que j’étais en compétition, ça m’était interdit.

Les vacances (d’hiver) avec vous, ça ressemble à quoi ?
C’est grasses matinées, on se couche tard, on prend son temps. Faut que ce soit tranquille ! C’est ma nature. C’est la petite fille qui est en moi qui est comme ça. Je suis toujours obligée de me bousculer. Alors pas en vacances !

FAN DE…

Quelle est votre actrice préférée ?
Charlize Theron, cette actrice américaine, qui n’hésite pas à s’enlaidir pour incarner ses rôles.

L’humoriste qui vous fait mourir de rire ?
Nawell Madani.

L’auteure que vous dévorez ?
Amélie Nothomb.

La championne que vous admirez ?
Merlene Ottey qui m’a inspirée d’une certaine façon dans mon parcours.

Votre femme de média préférée ?
La journaliste Elise Lucet.

La femme politique qui vous fascine le plus ?
Simone Veil, forcément.

Quelle femme de l’histoire admirez-vous ?
Je dirais Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis. C’est elle qui, en 1955, a refusé de céder sa place à un passager blanc dans un bus.

Quelle est votre héroïne préférée ?
Katherine Johnson, la mathématicienne de la NASA, surnommée «l’ordinateur humain». Elle a plus de 100 ans aujourd’hui.

@ JB Autissier / Panoramic – @ Imago / Panoramic

aurélie valognes

aurélie valognes

rêve party

ELLE EST LA ROMANCIÈRE FRANÇAISE PRÉFÉRÉE DE L’HEXAGONE. AURÉLIE VALOGNES EST POURTANT ENTRÉE DANS LE MONDE DU LIVRE PAR UN TROU DE SOURIS. PAR CRAINTE D’ÊTRE RETOQUÉE, SON PREMIER LIVRE, «MÉMÉ DANS LES ORTIES», ELLE L’A D’ABORD AUTO-PUBLIÉ SUR INTERNET EN 2014. AU FINAL, IL S’ÉCOULERA À PLUS D’UN MILLION D’EXEMPLAIRES ! CINQ ANS PLUS TARD, ELLE REJOINT LE CLUB TRÈS SÉLECT DES AUTEURS LES PLUS VENDUS EN FRANCE, DERRIÈRE GUILLAUME MUSSO, MICHEL BUSSI ET JOËL DICKER, MAIS DEVANT MARC LEVY, EXCUSEZ DU PEU !

C’est bien simple, ses romans, reconnaissables entre 1 000 à leur couverture Vichy et leur titre emprunté aux expressions populaires, se vendent comme des petits pains ! Ils sentent bon la nostalgie et les histoires de familles. Et s’ils finissent toujours bien, Aurélie ne vit pas pour autant au pays de Candy ! Des personnages hauts en couleurs aux caractères bien trempés, une écriture entre humour, tendresse et sensibilité. Et n’hésite pas à aborder des sujets graves dans chacune de ses histoires.
Ainsi, «Mémé dans les orties» parle de la solitude des personnes âgées ; «En voiture Simone» de la complexité à s’intégrer dans une famille ; «Minute Papillon» des relations mère-fille ; «Au petit bonheur la chance», d’une femme qui abandonne son fils de 6 ans à sa mère dans les années 1960. Quant à «La Cerise sur le gâteau», il s’intéresse à cette période à haut risque où le couple se retrouve à la retraite en même temps…
A 36 ans, cette mère de 2 enfants est désormais surnommée «la papesse de la littérature populaire», elle qui, depuis ses rédacs du lycée, n’avait jamais écrit une ligne… Depuis 6 ans, elle s’est bien rattrapée. Un vrai conte de fée…“C’est vrai que si quelqu’un l’avait écrite, personne n’y aurait cru, c’est pas crédible dans la vraie vie. Ben si, en fait.” Pour les explications, «en voiture Simone !», comme dirait l’expression…

Activmag : Romancière, ce n’était «pas écrit dans le marbre» ?

Aurélie Valognes : Non, pas du tout. J’avais bien cette passion de la lecture depuis mes 6 ans. J’ai même écrit un jour à ma grand-mère, qui m’avait offert mon premier livre -l’histoire sans fin- une carte postale en disant : «mémé, j’ai trouvé, quand je serai grande je serai écrivain !» Mais je venais d’une famille modeste, et pas littéraire du tout, mes parents se sont arrêtés en 5e pour travailler. Donc ce métier, même si c’était un rêve d’enfant, ce ne pouvait pas être ma réalité.

Mais question orientation, vous aviez «plusieurs cordes à votre arc»…
Pour mes études, je voulais vraiment garder toutes les options ouvertes parce que je voulais faire trop de métiers. Je me demandais si je n’allais pas être journaliste et une amie m’a demandé “pourquoi tu veux être journaliste, je ne t’ai jamais vu lire un journal ?”. Mince, c’est pas faux. Après, je voulais être décoratrice d’intérieur, j’adore le beau, l’artistique, et puis j’ai douté de mes compétences… En fait, je me suis beaucoup censurée et me suis retrouvée en école de commerce, en suivant les autres, à faire du marketing, un travail que j’ai finalement exercé pendant 13 ans.

« Tous les chemins mènent à »… Milan ?
C’est ça… Un soir, mon mari rentre du boulot et me dit : “on me propose une promotion en Italie, j’ai envie d’accepter…” On savait tous les deux qu’un jour, on serait amenés à être mutés. Il se trouve que l’Italie était la première destination sur la liste de nos envies. Et donc là, je dois démissionner, ce qui me met une énorme claque, je sortais à peine d’un baby blues… Arrivée en Italie, je me dis que je ne vais pas pouvoir retrouver un travail tout de suite, je ne parle pas italien et les Italiens ne travaillent pas en anglais. Il faut absolument que je prenne des cours. Je me laisse 6 mois pour apprendre la langue, mais qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire d’autre pendant ce temps ? Et si je reprenais mon rêve de petite fille. Mais je n’imaginais pas que ma vie allait basculer à ce point…

Mais « la roue tourne »… ?
… Quand j’arrive à Milan, le 13 novembre 2013 : avec mon bébé sous le bras, mon blues, ma cousine, du même âge que moi, tombe gravement malade d’un cancer du sein. Un an plus tard, elle décédait. Pour la première fois de ma vie, alors que je n’ai pas 30 ans, je réalise vraiment que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Avec mon baby blues, je ne contrôlais plus rien, je ne mangeais plus, j’arrivais plus à dormir, j’étais fatiguée et tout était compliqué. Tout tournait en boucle, changer des couches, donner un biberon, changer des couches, donner un biberon… Et au final, quand elle est tombée malade, je me suis dit : “si tout devait s’arrêter demain, est-ce que j’ai accompli le rêve de ma vie, est-ce que je suis vraiment heureuse ?” Et là, une nuit, j’ai vu ma tombe, devant moi, où était écrit Aurélie Valognes et en-dessous écrivain. Le signe que mon rêve de fillette n’était peut-être pas qu’une lubie. Et un jour que j’essayais de me familiariser à l’italien en regardant la Raï, je suis tombée sur une émission de télé-réalité où des écrivains en herbe pitchaient leur livre, devant un jury d’éditeurs et de journalistes. Je ne comprenais rien de ce qu’ils disaient, mais ce que je voyais, c’était une centaine de candidats qui étaient en train de vivre mon rêve. Et ça m’a mis un énorme coup de pied aux fesses, c’est un des déclencheurs majeurs de l’aventure.

C’est alors que vous avez repris «du poil de la bête», en somme?
Exactement. En arrivant à Milan, la première chose que j’ai faite, c’est de m’inscrire à l’Institut Français. La dame de l’accueil m’a demandé mon prénom, mon nom, mon métier et j’ai buggé parce que j’avais démissionné, je ne voulais pas dire mère au foyer, je l’ai regardé droit dans les yeux et je lui ai répondu : «écrivain», tout en rougissant. Et je me suis dit : “maintenant cocotte, t’as intérêt à te bouger et à l’écrire ce roman !” Et je me suis mis une discipline de fer. Personne ne m’avait rien demandé, personne ne m’attendait au tournant. J’étais seule dans mon café en bas, pas super confort, à taper tous les jours l’histoire de Ferdinand et Juliette, à me marrer toute seule, à pleurer parfois et j’avais vraiment envie de sortir cette histoire pour être fière, me dire que j’étais capable de le faire. Même mon mari ne savait pas que j’écrivais. Quand il rentrait le soir, je ne lui racontais pas spécialement ma journée, je lui ai avoué au bout de 4 mois d’écriture.

Pour devenir écrivain, vous avez été «à bonne école» ?
Exactement, j’ai toujours été très scolaire. C’est bien beau de dire que tu veux écrire un roman, mais comment on fait ? Je n’en avais absolument aucune idée. J’ai tapé sur google «atelier d’écriture» et le premier qui est ressorti sur Youtube, c’est celui de Bernard Werber. Il y donnait des conseils évidents qu’il mettait lui-même en pratique, usés à la corde, des supers conseils. J’avais déjà la trame de mon roman en tête, mais il m’a soufflé ses recettes : «il vous faut un méchant, très méchant». Et je rajoute donc un personnage, Madame Suarez, dans mon roman «mémé dans les orties». Au final, j’ai suivi de manière très bête et méchante tous ses conseils à la lettre et ça m’a fait un super plan, une structure, des rebondissements, un fil à la patte du lecteur pour ne jamais le lâcher. Des conseils qui m’ont permis d’écrire ce roman en moins de 6 mois.

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Un premier roman que vous décidez d’auto-éditer… Parce qu’«on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même» ?
J’avais la trouille de l’envoyer à des éditeurs, j’étais certaine à 100 % qu’ils allaient me dire non, qu’il fallait un alignement de planètes extraordinaire pour qu’un éditeur le lise et tombe amoureux du texte… Mon manuscrit allait forcément passer à la trappe et je ne pouvais pas mettre mon rêve entre les mains de quelqu’un d’autre. Sur internet je suis tombée sur des sites qui parlaient d’auto-édition, ça avait l’avantage d’être gratuit, pas comme les éditions à compte d’auteurs, et ça pouvait même me rémunérer, impensable pour moi ! Je me suis dit si j’arrive déjà à réunir 100 lecteurs, ce sera déjà beau ! Je voulais surtout des avis sur mon texte pour savoir s’il valait quelque chose ou pas. Mon mari et ma meilleure amie m’avaient dit «Ah c’est génial», mais je n’y ai absolument pas cru parce que je me suis dit : c’est tellement des salauds, ils ont tout intérêt à me dire que c’est bien. Au chômage avec un bébé sur les bras, pas vraiment épanouie, ils veulent me caresser dans le sens du poil. Et sur cette plateforme d’auto-édition, d’un seul coup, ça s’est emballé. C’était dingue, magique. En moins d’un mois, il était dans les meilleures ventes. Je côtoyais de très beaux livres, des prix Nobel ou des Goncourt. J’ai alors été repérée par des maisons d’éditions, dont Michel Lafon qui m’a contactée par Facebook pour me publier. Les planètes étaient alignées !

Savoir «toucher la corde sensible», c’est la clé de votre succès ?
Sans aucun doute. J’écris sur les injustices, les situations difficiles, que ce soit sur la solitude des personnes âgées, sur une mère célibataire qui a du mal à joindre les deux bouts, sur celle qui abandonne son enfant, sur l’urgence écologique… A chaque fois, il y a un truc qui m’anime, une idée que je vais avoir envie de porter pendant un an. Après, bien évidemment, mon rôle est de faire passer des émotions, de faire rire, d’émouvoir…

« Laver son linge sale en famille », ce n’est pas votre truc…
Ce qui m’inspire, c’est la vraie vie, ce que je peux voir de mes yeux. La mienne en l’occurrence, alors oui, ma famille est une vraie source d’inspiration. Mais pas que… Tous les jours, je lis le journal pendant au moins une heure, les pages société, culture et écologie qui m’intéressent énormément. Mais c’est vrai que mon premier livre est inspiré très largement de mon grand-père maternel très, très spécial… Je me suis souvent dit que s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Un vrai personnage de roman qui fait mourir de rire, sauf pour ma mère qui doit le gérer un peu plus aujourd’hui ! Il est hors norme et me touche énormément, tellement en décalage que j’avais envie de parler de lui pour tenter de le comprendre, de creuser un peu plus loin en me disant qu’on va peut-être trouver un cœur. Mais j’ai aussi inventé plein de choses. La plupart du temps, je compile les comportements de plusieurs personnes pour façonner un personnage et dans chacun d’entre eux, dès qu’il y a un gros râleur, c’est toujours moi. Donc avant de piquer dans les autres, je vole surtout à ma propre per-sonnalité.

«Père avare, fils prodigue»… Pour vous, ce serait plutôt : mère angoissée, fille optimiste ?
Oui ça, c’est vrai ! Optimiste toujours. Je fuis les personnes toxiques. Dès que quelqu’un soupire, j’ai envie de partir ! Après je ne suis pas naïve, je sais de quoi le monde est fait, mais je pense que j’ai développé ce sens en devant le surjouer dans l’enfance. Quand mes parents ont divorcé j’avais 7 ans et ma mère a toujours été extrêmement angoissée, c’est quelqu’un qui peut se mettre à pleurer parce qu’elle ne trouve pas sa voiture sur un parking. Du coup, pour la rassurer, j’ai du faire l’optimiste à 200 %. Il fallait bien équilibrer. Et c’est resté.

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Vous êtes «restée sur le carreau…» de Vichy ! C’est un peu votre label ?
Le Vichy, effectivement, c’est ma marque de fabrique… mais c’était pas réfléchi. Le jour où je me suis auto-éditée, il fallait remplir des cases, mettre un titre, une description, et au moment cocher «publier», on me demande une couverture, mince, je n’avais pas de couverture, je ne savais pas comment faire… Je suis allée voler une image sur Google, avec du Vichy, parce que ça me parlait de mon grand-père, c’est le 1er truc qui m’est venu, les serviettes de table et la nappe à carreaux qu’il y avait chez lui. Et comme ça m’a porté chance, j’ai voulu garder cette couv’ vichy pour les romans suivants, contre l’avis de mes éditeurs, Michel Lafon, et le livre de poche… Qui ont bien essayé de me convaincre que c’était pas possible, que ce n’était pas du tout les codes du marché, qu’on allait prendre mes romans pour des livres de cuisine… mais j’ai tenu bon. Pour le 4e, j’ai tout de même troqué le vichy pour le papier peint de ma grand-mère avec ses grosses fleurs…

« Les chiens aboient la caravane passe… » Vous avez vite été cataloguée comme romancière populaire, de livres faciles, feel-good, ça vous fait quoi ?
Je n’aime ni les étiquettes, ni être enfermée dans un rôle, j’aime pouvoir changer de registre. J’ai des romans qui sont de vraies comédies familiales, drôles, notamment «Mémé dans les Orties» ou «En voiture Simone» ; d’autres beaucoup plus dans l’émotion comme «Au petit Bonheur la Chance» ou le 6e que je viens de terminer qui sortira en mars… Si on m’estampille littérature feelgood et que le lecteur passe la moitié du roman à avoir des larmes d’émotion, il risque de se dire qu’il y a tromperie sur la marchandise! Par contre, je me retrouve beaucoup plus dans la littérature populaire. Parce que c’est le cas. Mon lectorat est très large et divers, hommes, femmes, jeunes, vieux… et puis je viens d’un milieu populaire, je ne vais pas renier mes origines !

Vous vous retrouvez quand même, au niveau des ventes, entre un Guillaume Musso et un Marc Lévy, «entre le marteau et l’enclume», deux mastodontes de l’édition, c’est hallucinant, en 6 ans…
Ouais, je suis assez fière d’être dans ce classement, effectivement, mais c’est pas quelque chose qui sera à vie, je ne me fais pas du tout d’illusions. Reste que j’en suis très surprise et honorée. Maintenant, je continue de bosser beaucoup en affinant mon texte. Tant que les lecteurs auront envie de me prêter quelques heures de leur vie pour vivre une émotion avec une histoire, j’en serais la première ravie…

Vos livres, c’est un peu « du pain béni » pour le cinéma, pourquoi on ne les voit pas encore sur grand écran ?
Si le monde de l’édition est peut-être un monde de requins -et encore…-, celui du cinéma, pour moi, c’est une évidence ! J’ai déjà été sollicitée plusieurs fois par des producteurs, des scénaristes, qui me présentaient des contrats absolument scandaleux, pour essayer de récupérer mes droits cinématographiques, s’autorisant même à vendre mon livre à l’étranger! Donc non, pour le moment, je n’ai pas trouvé un partenaire avec qui j’ai envie d’avancer, avec qui il y ait une vraie osmose et une relation de confiance. Pour l’instant, ils sont intéressés parce que mon nom est en haut des classements, donc vendeur, mais par contre, si on peut la mettre sur la touche, la petite romancière, c’est pas plus mal. Or je veux protéger mes personnages et mon histoire, être intégrée au scénario, sans forcément l’écrire, mais pouvoir avoir un droit de relecture. Si ça doit se faire, ça se fera dans les bonnes conditions, ça prendra du temps.

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«Avoir eu un polichinelle, voire 2, dans le tiroir», ça complique les choses pour vous ou au contraire ça vous donne matière?
Un peu les deux. Là typiquement, ça complique les choses parce que dans une 1/2h, je vais devoir aller les chercher, donc ça veut dire que ma journée de travail est finie, c’est une sacrée frustration. Mais en vrai, je ne pourrais pas du tout sortir les histoires que j’écris sans mes enfants qui tous les jours me sortent des perles et me rappellent que la vie, en fait, il faut la vivre et pas juste par procuration à travers ses personnages.

En famille, vous «passez l’éponge» facilement sur quoi ?
En famille, je suis très casse-pieds, j’aimerais bien dire que je passe l’éponge, mais je suis assez exigeante et embêtante avec mon entourage.

Vous vous «faites des cheveux blancs» pour quoi ?
C’est sûr pour l’avenir de mes enfants.

Tout semble vous réussir, vous vous êtes déjà «pris un râteau» ?
Je pense que oui, forcément, après, c’est jamais un drame pour moi. Je retombe toujours sur mes pattes parce que je pense que dans ma tête, j’ai toujours 1, 2 ou 3 options ouvertes, ou si ce n’est pas par la porte que je rentre, c’est par la fenêtre.

Qu’est-ce que vous pourriez encore «demander à la lune» aujourd’hui ?
La santé, et après, de continuer à garder l’envie d’écrire avec l’inspiration, que les lecteurs soient encore au rendez-vous… mais ça, ça fait beaucoup de souhaits.

Des vacances d’hiver «aux petits oignons», pour vous, ça ressemble à quoi ?
Des moments qui sortent un peu du quotidien, de ma solitude, parce que j’ai un métier quand même très solitaire. Donc je dirais à la montagne, avec des amis, la famille, de grosses parties de cartes tous les soirs, des jeux de société, avec un bon repas, du vin, un apéro avec du saucisson et des fromages. Des discussions d’adultes, des rires. Plein de rires.

 

+ d’infos : http://aurelie-valognes.com

FAN DE…

Quelle est votre actrice favorite, celle qui vous touche ?
Sandrine Kiberlain, toujours juste et drôle. Elle ne se laisse pas enfermer dans des cases et reste libre (elle chante notamment).

Quelle est l’artiste dont vous adoreriez avoir une création chez vous ?
Louise Bourgeois et ses araignées effrayantes, pas féminines mais si universelles.

Quelle est la chanteuse que vous doublez sous la douche ?
Emma Stone pour La La Land que je fredonne à longueur de journée. Et Jain, petit bout de femme qui assure un max (dernier concert auquel j’ai assisté) et tient une salle ou un stade pour la coupe du monde féminine avec retransmission planétaire : même pas peur !

Votre styliste préférée ?
Stella Mac Cartney pour son engagement Green depuis toujours.

Quelle est la femme humoriste qui vous fait mourir de rire ?
Blanche Gardin, irrévérencieuse et tellement vraie. J’ai écrit un «seule en scène» pour moi suite à son spectacle (qui n’a pas vocation à être joué).

L’auteure que vous dévorez ?
Carole Fives, toujours tellement juste, écriture ciselée, toujours autour du thème de la famille : dans la vraie vie et plein d’émotions.

Quelle est la championne que vous admirez ?
Jeannie Longo pour sa longévité et sa ténacité.

Votre femme de média préférée ?
Elise Lucet car elle n’a pas peur de déplaire, sortir du rang pour la bonne cause. On a besoin de sa désobéissance civile.

Quelle est la femme politique qui vous fascine le plus ?
Pas originale, mais Simone Veil, pour son intelligence, son humanité, sa persévérance : elle a tracé la route pour nous toutes.

Quelle femme de l’histoire admirez- vous ?
Olympe de Gouges, qui la première a cru et défendu la parité homme/ femme avec sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, «tenant tête» jusqu’au bout pour ses convictions (condamnée à mort par guillotine).

Quelle est votre héroïne préférée ?
Jo des 4 filles du Dr March, qui comme Martin Eden de Jack London, m’a toujours inspirée par sa ténacité, sa générosité, son indocilité, prouvant que le travail paie toujours.

© Thomas Laisné / © Sandrine Roudeix

C’est ma tournée !

C’est ma tournée !

Il était tard, très tard et nous étions encore accoudées au bar, à refaire le monde, totalement défaites. Mais après 3 nouvelles tournées pur malt, le terre tournait nettement plus rond, merci.

Complètement rondes aussi, nous étions, contre toute attente, devenues des génies ! C’est fou comme tout paraît fluide quand la bande est Scotchée. “Eh, les filles, si on aidait Lara à sortir son prochain mag ? Il lui faut un bon sujet pour une fois…” Fanny, plus ardante que jamais, commanda la suivante. “Si la faim vient en mangeant, le début en buvant, élémentaire, non ?” Coco insista pour prendre la n°5. Vanessa était aux anges… “Mais oui, d’autant qu’on a un tandem de pros dans l’équipe, hein ?”

Tous les regards se tournèrent vers Anne qui, elle, n’y voyait plus sin clair. Quant à Elise, ma pauvre Lucette, elle éprouvait l’émail des sanitaires, des fois qu’elle y trouve un scandale…“Je crois qu’on les a perdues”, reconnut Jeannie qui, question ravito, en connaissait un rayon.

Un rien chancelante, Angela se risqua :“und zi dans ce makasine, on barlait de der hembreinte carpone du père Noël ?” Laure, la seule qui tournait à l’eau, plongea la tête la première : “Et on pourrait dénoncer l’opération écolo-marketing autour des costumes verts des lutins !” Silence général dans le troquet. “Ça casse pas trois pattes à un connard, ton truc, Laure”, lacha notre Rita mise sous Coke. “Ni à une connasse”, renchérit Camille. Voilà qu’elles nous avaient plombé l’ambiance…

C’est alors que Blanche lâcha : “Mais c’est bien connu : la bite ne fait pas le moine !”. Mata Ha ri forcément, Isabelle la trouva trop marante… Seule Jeanne, encore pucelle, ne pipa mot. France ne résiiiista pas : “Laisse tomber les mecs !” Evidemment… “Et si on faisait un numéro que de supers nanas ?” Simone, qui l’avait mis en Veil jusque-là, valida l’assemblée. Edith piaffait déjà à l’idée. Bettina avait le gosier bien rheimsé, depuis le temps, mais ça ne l’empêcha pas de payer sa tournée. Sharon et Emma, finirent bien entendu Stone…

Des supers nanas, j’suis fan ! Je vous veux toutes alors ! “Bah non, poulette, nous, on est plus en état là, tu vois… Trouve celles qui n’ont pas trinqué effrontément !”, me souffla Charlotte. Allez, la dernière est pour moi ! Santé les filles !

Quelques heures plus tard, entourée de mon équipe, l’haleine chargée, l’œil pétillant, j’annonçais fièrement : “j’en ai rêvé…”Et on l’a fait.

 

C’est ma tournée !

L’enfer est pavé de verre

“Joli gabarit !” s’était dit la marquise en l’apercevant pour la première fois. “J’en ferais bien mon hors d’œuvre…” L’œil de bœuf certes – probablement bas de plafond – et l’haleine de roche s’échappant de sa bouche des goûts, mais tout de même bien charpenté, le torse velux®, les abdos en parpaings et la poutre apparente, elle en était sûre : Zac allait remplir le vide sanitaire laissé par cet appentis d’âne – ex remisé au garage depuis qu’il l’avait contreplaquée -.

Une fois sa vis cachée déclarée d’utilité publique, on s’entendit sur une zone d’aménagement concertée: le terrain était vague, limite friche industrielle… un plan de masse aurait été nécessaire. Voire des fouilles archéologiques. Car sous sa gaine, ça relevait carrément du monument historique ! Ce devait faire un bail que la trappe de visite n’avait été bougée : ce n’était pas Bardeau, mais presque ! Label au bois dormant, la façade fraîchement ravalée, donnait pourtant le change.

L’acte devait être conclu sous seins privés dans sa nue propriété. Mais la gouttière pendante, le primo-accédant manquait foncièrement d’assurance. “Dommage… Shon le béton n’va pas casser des briques”, se dit-elle, septique. Contre toute attente, la main courante se remit à l’ouvrage, et l’arc boutant enfin, il reprit la saillie là où sa condition suspensive l’avait laissée, en plein petit pont thermique, la pompe à chaleur au taquet et leurs corps lamellés-collés.

L’emprise au sol fut hélas rapidement consommée, ses performances énergétiques visiblement surestimées : le jeune pro-menteur finit complètement siphonné en un temps record. Un souci d’étanchéité des joints de dilatation fut alors avancé… L’amiante terrassée, mais enchantiée malgré le délai de rétractation ridicule, avala ces réserves sans sourciller, se doutant bien qu’elle devrait essuyer quelques plâtres.

Même si c’était du faitage de gueule, réfection faite, elle n’allait pas porter plinthe pour si peu : ce n’était pas si cadastrophique !

Son bow-window, encore tout chambranlé, n’a plus-value chapé quinconce.
Depuis, la paix elle eût.

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