BELINDA FRIKH

A l’encre de ses yeux

Barbarella, Mireille, Mata Hari ou Madame Claude, ces héroïnes mutines posent, s’affichent avec force sous les traits de pinceaux de Belinda Frikh. Un mix clash trash élégant et sensuel que l’artiste annecienne gribouille dans les yeux, on a dit les yeux.

Sexy, glamour, chic, provoc’ ou libertin, chacun y verra ce qu’il veut, ses dessins parlent autant que Belinda est bavarde, et c’est dire ! Mais pas de blaba : “Je ne vends pas de message, ce n’est pas conceptuel, c’est du feel good, même si, mine de rien, je tape dans l’inconscient !”, cadre-t-elle d’emblée. Parce que son inspiration vient de partout. De sa boulimie pour le cinéma, la littérature et l’Art en général, de ses 25 années anglaises dont elle atterrit à peine, de sa vie, chanceuse et un peu cabossée, mais sûrement pas tourmentée ! “Je ne suis pas torturée ! Je travaille sur les codes de beauté des années 20 aux 80, je peux passer de l’Art déco à l’Art Nouveau en passant par les sixties. En gros, j’essaie de mixer 8 ans d’histoire de l’art avec mon travail dans la mode, les nombreuses illustrations faites, entre autres, pour Stella McCartney… Au départ, je cherchais mon style comme tout artiste. J’aimais ce que je faisais, mais je savais que je n’étais pas totalement parvenue à être moi. Aujourd’hui, c’est chose faite.”.

Raisons et sentiments

Des cheveux blonds jusqu’aux épaules, la malice planquée derrière ses lunettes rondes, la dessinatrice de 48 ans pétille comme les bulles du champagne, délicieuse par endroit, grisante d’un autre, et si elle ne dit pas 1000 mots à la minute, on y est presque. Rentrée depuis peu à Annecy, elle porte les marqueurs de la vie londonienne, l’originalité, le décalage, cette élégance so british qui ne s’explique pas et ça lui va bien. A 23 ans, tête brûlée, elle avait débarqué dans la capitale anglaise, une créativité folle dans les mains, et une (pas si) fâcheuse tendance à nager à contre-courant. L’art est subjectif, pas rassurant comme projet pro, et dans les années 80, il fallait un sacré plan B pour convaincre ses parents d’aller dans cette direction. Alors Belinda conjugue deux cursus, un commercial, un artistique et rafle deux bacs ! Mais dare-dare, l’art gagne la partie. Elle fait les Beaux-arts à Annecy, part pour Lyon fignoler le sujet et direction donc Londres, où l’emporte le vent.

La chevauchée fantastique

Et les années vont être fantastiques, unbelievable même ! Elle travaille au Westbourne, un pub branché de Notting Hill. Elle fait des rencontres dingues, griffonne un peu, sans plus, mais suffisamment pour se faire connaître et tatouer les esprits. Une collaboration de ci, de là, tout s’enchaîne et s’emballe à l’accéléré. Massive Attack, Philippe Starck, Jamiroquaï, elle croise l’improbable et savoure l’instant. Du fashion design pour Sonja Nuttal ou Julia Clancey, elle crée pour Levi’s, Sony, Bonds Australia ou MTV et croise la route d’Inkie, figure incontournable du street art anglais. Il lui reconnaît un truc, ce petit quelque chose qui saute aux yeux. Il la booste, elle s’envole, quand le temps s’arrête net. Victime d’un accident grave, Belinda, contrainte à de longs mois de rééducation, s’enferme dans sa bulle pour revivre, une bulle de culture où films, livres et histoires en tous genres bousculent sa créativité. Elle synthèse son parcours et passe tout au shaker… Eurêka, son style est là…

Et Dieu créa la femme

La femme explose en plein jour, franche et charnelle, version haute couture. J’y vois du Klimt, du Chantal Thomass, mais il n’y a pas de règles. “Tout le monde, même ceux qui ne kiffent pas trop l’art, y trouvent quelque chose. Ce sont les yeux des héroïnes qui aimantent. La sensualité passe par là, sans jamais tomber dans le cru, ce n’est pas mon truc : on n’est pas obligé de tout montrer. Un jour, j’ai fait un dessin avec des fesses bombées, une culotte dorée et des Stiletto, il est parti en 5 minutes, alors que j’étais gênée de le faire, d’être allée trop loin.” Et cette image de la femme, de l’esthétique dominante au respect profond, répond à son admiration pour la période pré-Raphaélite, celle qui rend grâce à une beauté juste, éclatante et surtout morale. Des femmes en pagaille, l’œil perçant et appuyé, marquantes et pleines de charisme, qui cachent derrière la noirceur des traits, l’impact séducteur de leur féminité. Courbes généreuses, bouches carminées, elles interpellent, attirent et appellent à la curiosité, révélées par des notes d’or qui les mettent en lumière. “Les héroïnes que je dessine ne baissent pas le regard et c’est très rare. Dans l’histoire de l’Art, les peintres qui étaient majoritairement des hommes, demandaient toujours à la dame de le baisser et d’être un peu soumise…” Aujourd’hui ne reste plus qu’à y plonger, ça tombe bien, Belinda a jeté l’encre. 

BELINDA, TON ENDROIT POUR…

… en prendre plein la vue ?
Le lac des Confins, je pourrais y passer des journées entières. Il y a notamment le restaurant Le Foly, chez Etienne -un caractère haut en couleur-, il a une super terrasse sur le lac. C’est mon cimetière des éléphants et l’automne, avec les 50 nuances de vert, c’est incroyable. C’est mon lieu préféré et de loin.

… buller ?
Les bords du lac d’Annecy. J’ai la chance de vivre à 200m. Pour moi, c’est Méditation Ponton Paddle… Sacré cliché !

… faire la fête ?
Le Vin Chez Moi, pour l’ambiance, la gentillesse de l’équipe et de son patron Anthony. On y fait de belles rencontres, les gens ne se prennent pas la tête et c’est un bon compromis pour faire la fête ! Et la carte de vins est super étoffée en plus de ça.

… manger ?
La Brasserie Saint Maurice. J’ai l’impression d’y être comme à la maison. Il y les habitués, ça bouge, ça court dans tous les sens, c’est plein de vie ! C’est une institution où tout le monde se retrouve. Et puis je suis totalement conquise par le risotto aux noix de Saint Jacques et le magret de canard sauce foie gras.

… se nourrir l’esprit ?
Chez moi, avec mes livres, mes films, mes plantes et ma musique. Après mes années à Londres où la vie culturelle est si intense, et avec le confinement, je n’ai encore pas pu éplucher toute la région pour avoir un coup de cœur. Vivement que je parte à la découverte des richesses du coin !

Ton endroit doudou, celui où tu vas pour te ressourcer ?
Le château de Morgenex, près de Vallières. Mon ami est propriétaire de ce magnifique domaine et j’y vais très régulièrement pour recharger mes batteries, j’ai même mes «quartiers» pour dessiner tranquillement. Il y a une forêt, des lamas, des chevaux, il y a toujours quelque chose à faire, pour moi c’est le domaine magique et idéal. C’est mon paradis caché !

+d’infos : Instagram belindafrikh

Magali Buy

Magali Buy

SURNOM : Mag... (d'ailleurs activ'mag c'est pour moi, non ?) PERSONNAGE DE FICTION : Xéna la guerrière OBJET FETICHE : mon piano, il m’écoute, me répond et me comprend mieux que personne. ADAGE : « si tout le monde sait où tu vas, tu n’arriveras jamais à ta destination. Laisse-les croire que tu dors.» JE GARDE : mon mauvais caractère, ma langue bien pendue, mon cœur ouvert et mes yeux verts JE JETTE : mon insécurité, ma cellulite et ma paranoïa... DANS 20 ANS : la même en pire, si c'est possible !

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