Bonnesoeurs, boncoeurs, du bonheur…

19 Mar 2019

bonnesoeurs a la foi

ELLES ONT TOUT JUSTE 30 ANS, DEUX MARQUES, TROIS BOUTIQUES ET UN UNIVERS INSPIRÉ PAR L’ART RELIGIEUX ET LES SYMBOLES SPIRITUELS. ELLES, CE SONT BONNESŒURS, DEUX FRANGINES À LA FIBRE CRÉATIVE QUI ADORENT LES BELLES MATIÈRES, LES LIGNES AMPLES, LES EX-VOTOS, L’INDE ET LA CROIX ROUSSE.

Chez les Bonneville, tout va par deux. A commencer par les frangines, Camille et Justine, de deux ans d’écart. Les domaines de création : la mode comme la déco. Les marques : Bonnesœurs, pour les tenues, et Boncœurs, pour les accessoires. Et deux, toujours, pour le nombre de voyages annuels en Inde, pays où tout est fabriqué.
Il y a deux ans… et demi, les créatrices autodidactes lançaient leur première collection de prêt-à-porter féminin. Une histoire décidément familiale car leur mère, chanteuse dans le Luberon – où elles ont grandi -, est à la tête d’une griffe de vêtements en soie distribuée dans le Sud de la France et produite à Delhi. C’est elle qui leur a transmis le goût des beaux tissus, comme la conviction que l’on peut être libre en créant son emploi.

KEEP ON THE SUNNY SIDE

Avant de former les Bonnesœurs, Justine chante et s’active dans l’entreprise maternelle. Camille, l’aînée, se rode à la photo à Lyon, après avoir pas mal bourlingué. A la naissance de sa première fille, elle en a deux (pas de hasard), elle se met à dessiner des vêtements pour bambins sous la marque Kadikanta. L’aventure dure 4 ans.
“Au moment où chacune de son côté tarissait en énergie, on s’est dit « Et si on faisait quelque chose ensemble ! On savait qu’il y aurait du textile, un peu de déco. On s’est lancées dans le projet Bonnesœurs à deux. Tout s’est fait avec un tel naturel ! C’était le chemin…”, constate Camille. Etre mystique, ça sert… “Attention, on n’est pas mysticos-pétées ni cathos. Pour nous, la religion renvoie plutôt au fait d’avoir foi en la vie, qu’on choisit d’arpenter du côté positif”.

FEMMES À CORNETTES

Certes, l’univers et la symbolique, revisités, des femmes à cornettes les inspirent : ex-voto et grigris à gogo – cœur sacré, ailé, doigts croisés, anges… Le tout, destiné à cultiver la bonne étoile. Autant mettre toutes les chances de son côté. “Même au niveau des coupes, on tend vers un style monacal… sans encore assumer complètement”. Le défi ? En jouer, le renouveler. “Et proposer des basiques, mais qu’on ne verra pas partout.” Du classique, avec une petite touche personnelle. A l’image de petits boutons en laiton doré ponctuant un corsage vaporeux.
La collection printemps-été égrène une dizaine de modèles décli- nés dans des coloris fondus et doux. Des pantalons flottants, des jupons de dentelle aériens, des robes faussement sages. Beaucoup de lin, de gaze de coton. Des matières nobles, confort, parfois rehaussées d’imprimés, ikat par exemple, qui taquinent l’ethnique en sourdine. Objectif : l’intemporel. Si Justine construit davantage la ligne de prêt-à-porter, rien, ni en mode ni en déco, ne sort sans un aval commun. “C’est une espèce d’émulsion d’idées entre nous”. Régulièrement, elles s’envolent pour l’Inde, histoire de se rappro- cher de la production. Et entrer dans « leur bulle créative ». D’autant que les accessoires porte-bonheur – miroirs, cadres, bou- geoirs ex-voto – ont fait un tabac à la dernière grande messe Maison & Objet à Paris. De quoi ramener de nouveaux fidèles dans leur giron… Alléluia !

 

+ d’infos : http://bonnesoeursstore.com

Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

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