Activités Air

Activités Air

PASSEZ À L’AIR D’ÉTÉ

Toute l’année, vous l’avez eu bon ou mauvais, de ressemblance ou de rien, vous y avez mis les mains, de l’amour ou de la magie, mais vous avez surtout rêvé d’en changer, alors c’est le moment : ne manquez pas d’air !

Envole-moi  !//Méry

Cadres sup dans de grands groupes, il y a 5 ans, Pauline Bouqueau et Thomas Robert, deux quadras passionnés d’air, décident justement d’en changer. Leur pratique, le parachutisme, n’est pas accessible à tous, alors ils cherchent d’autres moyens, plus universels, de décoller les pieds du sol… Indépendant des conditions de matos ou de météo, sans besoin de certificat médical et ouvert à tous les publics (sauf les épaules luxées, désolés…), voici donc l’objet de leur rêve : un simulateur de chute libre ! Implanté à Méry (73), Windalps, version savoyarde et indoor du shoot d’adrénaline, ouvre cet été et propose donc de s’envoler dans un flux d’air de 200km/h avec vue sur les Bauges. Voilà bien le seul endroit où l’on peut à la fois simuler ET prendre son pied…
+d’infos : http://windalps.com / A partir de 5 ans

Electro Luxe//Annecy

Depuis le 20 mai dernier, vous le voyez peut-être déjà, mais vous ne l’avez certainement pas vraiment entendu. Et pour cause, le Velis Electro génère 80% de moins de nuisances sonores qu’un avion classique, le tout, sans émission de CO2… “C’est toute la philosophie d’Avialpes”, explique son dirigeant Jérémie Chaine, “nous avions déjà une flotte d’avions dernière génération, peu bruyants et peu consommateurs. Mais aujourd’hui, nous sommes la 1e société privée en France à posséder cet avion électrique.” Ce petit monomoteur, fin et léger, se pilote comme un biplace classique, mais à bord, on ne perçoit que le souffle du vent et celui des hélices. Basé à l’aéroport d’Annecy, son autonomie ne permet pour le moment que de survoler le lac, mais c’est déjà bien suffisant pour en prendre calmement plein la vue.
+d’infos  : http://avialpes.com – En plus des vols touristiques, Avialpes propose des formations
pilotes et mécaniciens à cette variante électrique.

Sensations aigle-douces//Morzine

En attendant le moment où des ailes vous pousseraient dans le dos, la Pointe de Nyon, à Morzine, vous invite à faire, un peu comme un rapace, l’expérience du vide. Au bout des 15 m de la nouvelle passerelle vitrée du Pas de l’Aigle, certains préfèreront peut-être ne pas regarder leurs pieds, flottant au-dessus de 350m de… rien, mais ils pourront se concentrer sur le panorama à 360° qui s’étend du Léman au Mont-Blanc. L’occasion aussi de voir en vol, hibou, buse, vautour et bien sûr, Sieur l’aigle, transfuges des Aigles du Léman et invités prestigieux de la poule savante Jacotte, dont le petit monde s’est installé sur le Plateau en contre-bas pour une série d’animations gratuites.
+d’infos : http://morzine.ski / http://lesaiglesduleman.com/le-monde-de-jacotte

Show à ski // Les Contamines-Montjoie

©Jean-Yves Raffort

Vous avez au moins votre 3e étoile et prendre de la hauteur ne vous fait pas peur ? Les deux tremplins de 15 et 30 mètres du Parc du Pontet n’attendent que vos spatules. Dans ce vaste espace de loisirs des Contamines-Montjoie, il était déjà possible de pratiquer le ski à roulettes, mais à partir de cet été, le Ski Club proposera des séances d’initiation au saut, encadrées par un entraîneur professionnel. A l’occasion des journées test les plus motivés pourront également se faire évaluer et repartir avec un trophée en fonction de la performance mesurée. Alors, chauds pour le grand saut ?
+d’infos : Tous les jeudis soirs à partir du 8 juillet 2021
Inscriptions à l’OT des Contamines-Montjoie : 04 50 47 01 58

Yodel-ay-ee-oooooooooooooooooooooooooooooo*// Valmorel

©Matthieu Dunand

Oui, c’est une tyrolienne, soit le cri de celui qui, accroché à son filin, osera s’élancer pour une glissade de 1400 mètres entre le sommet de l’Altispace et la télécabine de Pierrafort, à Valmorel – une des glissades les plus longues des Alpes. Celui-là même qui trouvera normal de laisser sa vie entre les sangles d’un baudrier harnaché à 140m au-dessus du sol, et qui verra défiler le paysage au-dessous de lui à une petite moyenne de 100 km/h, et bien celui-là aura tous les droits de hurler en suisse-allemand si ça lui chante ! Mais ce qui est sûr, c’est que moi, je ne chanterai pas.
Tyrolienne de Valmorel, accessible par le télésiège de l’Altispace ou à pied par les pistes – compter 1h/1h30 de marche.
*…et ça dure 1min4
+d’infos : http://valmorel.com

Dans l’air

Dans l’air

Bubu roi… des airs

Comme une baudruche qui se serait échappée des mains d’un enfant, le ballon rouge de Bruno Michel, alias Bubu, flotte en douceur au-dessus du Parmelan. Si régulièrement que sa silhouette légère et gonflée est devenue, dans le ciel d’Annecy, un objet volant parfaitement identifié.

La montgolfière n’est pas un avion de chasse : on ne l’entend pas et on a le temps de la voir passer ; elle n’a jamais fait et ne fera jamais la guerre ; il y a dans sa lenteur quelque chose de poétique et dans sa rondeur un côté éminemment sympathique. On a forcément envie d’en savoir plus sur celui qui la pilote.
Yeux bleus et catogan, Bubu, lui, a des allures d’adolescent. Dans une première vie, avant d’être aérostier, il était charpentier. Depuis les toits pour s’envoler vers le ciel, il n’y a qu’un pas, qu’il fait à 25 ans, une aile de parapente dans le dos. Ce sont alors les débuts d’une discipline encore un peu aventureuse, mais il passe vite une qualification biplace pour partager son plaisir. “Après une saison entière à faire voler les autres, au col de la Forclaz, il repartait voler pour lui, il n’en avait jamais assez !” C’est d’ailleurs de la Forclaz qu’en 2019, il s’élance avec une voile géante – 105 m2 – et 6 autres pilotes accrochés à son baudrier. Record qu’il avait déjà explosé 20 ans plus tôt, en embarquant 9 personnes au-dessus du Mont-Blanc. Mais tout ça, c’est Danielle, sa compagne, qui nous le raconte. Bubu, lui, reste plutôt discret sur ses faits d’armes.

Viens, je t’emmène au vent…

Et puis un été des années 2000, il découvre la montgolfière avec Matthew Eaton, un pote aérostier pour qui il fait du «retrouving», qui comme son nom l’indique, consiste à retrouver un ballon là où il a atterri, après géolocalisation. Car en montgolfière, il faut accepter une certaine dose d’inconnu : on sait d’où on décolle, mais on ne sait jamais vraiment où on va se poser, au milieu d’un champ, sur le bord d’une route ou dans un jardin privé, tout dépend des courants. “Un jour, on n’a pas eu le choix,” raconte Danielle, “on volait au-dessus du lac, vers St Jorioz, et le vent nous ramenait vers la berge, il a fallu qu’on se pose dans le parc d’une belle propriété. La maison était fermée, alors on a laissé notre carte au cas où il y aurait un souci. La semaine suivante, le propriétaire nous rappelait pour nous dire qu’il nous voyait en l’air et qu’il nous attendait avec les croissants ! Dommage, ce jour-là, ce n’était pas notre ballon au-dessus de sa maison…” Mais quelles que soient la destination et la nature du terrain, atterrissage en douceur garanti, car Bubu a fait sienne la spécialité du «  poser-remorque  », quand la nacelle s’immobilise pile dans l’attelage de la voiture qui la ramènera au bercail. Ce qui demande forcément un peu de précision, et de doigté.

… je t’emmène au-dessus des gens

“Parce qu’on fait tout le vol avec un doigt et de la réflexion”, résume Bubu, qui prend la parole quand on ne parle plus de lui. “Par rapport au parapente, c’est très peu physique, on ne bouge pas beaucoup. Par contre, si le para glisse, plane, la montgolfière, ce n’est pas du tout le même investissement : si tu lâches, que tu rigoles, que tu n’y es pas pendant 5 minutes, il se passe un truc.” En l’air, Bubu ne l’ouvre donc pas beaucoup non plus, il reste hyper concentré. “Il y a des changements de plan permanents, alors il faut être un peu joueur aussi, parce que c’est comme si on faisait des paris, sur le vent, sur la trajectoire… c’est une grande satisfaction quand ça marche.”
Et là, c’est champagne à l’arrivée ! Le pilote décompresse et les langues se délient. Bubu raconte ses plus beaux vols, comme cette fois au-dessus du Fier, où sa nacelle faisait la course avec son propre reflet dans l’eau ; ce rideau de nuages qui s’ouvre au-dessus du lac, à Duingt ; ou ce spectre de Brocken, phénomène assez rare, où l’ombre décuplée du ballon apparaît dans les nuages, entourée d’un halo arc-en-ciel. Mais le vol dont le quinqua des airs est le plus fier, c’est cette balade de plus de 2 heures, qu’il a faite avec sa fille de 19 ans, Sarah, à qui il a transmis sa passion. C’est elle, maintenant, qui joue les filles de l’air…

+ d’infos : Pour voler avec Bubu, vols jusqu’à 5 pers. (+ le pilote), au lever ou coucher du soleil, ou « Love Flight » à 2 :
annecy.takamaka.fr
Pour survoler aussi le lac ou les Aravis : compagniedesballons.com
Pour une version haute-montagne et sommets blancs, survol du Pays du Mont-Blanc : http://alpes-montgolfiere.fr
Et pour une variante cépages et sarments, vol au-dessus des vignobles d’Apremont, Chignin ou Abymes : savoiemontgolfiere.com

Activités autour du feu

Activités autour du feu

En feu-tu ? En voilà !

En été, on éteint les cheminées, et les flammes, elles sont comme tout le monde, bien contentes de quitter leur bel âtre pour aller se faire dorer les fagots ailleurs. Alors chauds pour une petite flambée en dehors du foyer ? Feu !

Epreuve du feu // Morzine & Valmorel

Allumer un feu en pleine montagne pour faire cuire votre pitance, vous savez faire ? Sans briquet ni allumette, évidemment, sinon c’est trop facile ! A l’occasion d’une soirée cueillette et feu de camp au Col de l’Encrenaz, à la Côte d’Arbroz (74), Claude Augras vous apprend donc à faire des étincelles, avant de faire cuire votre galette aux plantes en observant les étoiles. Version enfant, c’est à Valmorel que ça se passe, pour un moment sans parents, avec grillades sur les braises et incontournables chamallows ! Au retour, à la frontale à travers bois et ruisseaux, les plus courageux peuvent même appeler le loup…
+d’infos : lecouteausuisse@gmail.com | valmorel.com

Allumez les feux ! // Pays du Mont-Blanc

FeuxStJean@BDGSallanches

Chaque été, à deux occasions -le 1er samedi après la St Jean en juin et pour la fête patronale de la St Jacques en juillet-, la montagne s’embrase en Pays du Mont-Blanc. De Cordon à Combloux en passant par Sallanches ou Passy, les sommets s’illuminent en une quarantaine de points, et la montagne se pare de brillants, portés par les gens du coin, membres des clubs sportifs locaux ou invités. Vous pouvez donc apporter votre flamme à ce grand feu de joie, grâce au Bureau des Guides de Sallanches qui organise une randonnée vers le point d’illumination du Plateau des Bénés, avec pause boissons et arrêt fondue, évidemment ! Retour à la frontale… par le chemin de la Tête Noire, ça ne s’invente pas.
+d’infos : « La Rando des Illuminés » le 26/06 et le 24/07
Infos et résa : sallanches.com

Feu verre // Lausanne

Boire un bon vin, c’est bien. Mais le boire dans un verre qu’on a soufflé, c’est mieux ! C’est ce que s’est dit Claude Merkli, quand il a décidé d’ouvrir son atelier d’Echandens, à côté de Lausanne, pour l’apéro. Du bout de son chalumeau, il apprend donc à travailler le verre borosilicate, résistant aux très hautes températures, pour façonner de quoi trinquer. Il a également décliné le concept en soufflage de verre à deux, pour les amoureux, ou soufflage de boule de verre pour les petits invités d’un anniversaire.
+ d’infos : verreart.ch

Feu : Fonderie Paccard

Feu : Fonderie Paccard

Ainsi fond, fond, fond

Tic-tac, tic-tac, voilà 225 ans que la première cloche Paccard tintinnabule, dans le petit village de Quintal. Depuis 7 générations et de père en fils, une ribambelle de ding-ding-dong résonne dans les clochers : la fonderie, aujourd’hui installée à SEvrier, nous sonne les cloches en beauté.

« Venez jeudi, c’est jour de coulée et c’est toujours un moment magique ! Dans la foulée, je donne un petit concert «cloches voix à l’Ars Sonora». Je suis la seule faire ça…”. Anne Paccard -l’épouse de Philippe Paccard, 7e génération- est tellement pleine d’entrain, qu’entre curiosité et sourire contagieux, l’invitation est sitôt acceptée. Elle m’explique d’emblée que la musique a toujours été au centre des préoccupations de la famille, qu’il fallait faire des cloches, oui, mais surtout des cloches qui sonnent juste et joli. Et quel travail d’orfèvre ! Depuis 1796, année des premières pièces en fusion, tout roule, ça coule, et c’est bien joué.

Bell histoire

Tout démarre de là. Un coup du hasard ou du bon dieu, allez savoir ! La révolution a laissé des traces et la terreur vidé tous les clochers de France et de Navarre pour en faire des canons. Derrière la montagne du Semnoz, à Quintal comme ailleurs, on déchante : le clocher est vide et le prêtre a déserté de peur de «se faire raccourcir», explique avec humour Caroline, guide à la fonderie. “A cette époque, on interdit également la fabrication des cloches puisqu’il y a des discordes entre les religieux. Les appels à la messe sont impossibles, on ne peut fêter ni les évènements heureux ni les malheureux, et comme il n’y avait pas de montre à cette époque, difficile de rythmer les journées !”. Le maire prend alors le taureau par les cornes et part toquer chez l’évêque pour réclamer un prêtre. L’évêque accepte, mais lui demande, en gage de bonne foi, d’équiper son clocher d’une cloche, sinon rien ! Conquête des diables pour trouver un fondeur itinérant. C’est le Carougien Jean-Baptiste Pitton qui répond à l’appel, malgré les interdictions. Il a lui aussi une exigence : avoir un apprenti pour l’aider à façonner, lettré de préférence, autant éviter d’écrire des fautes sur la cloche ! Le maire a le profil, il lui file un coup de main et se découvre une vraie passion. Antoine Paccard est dans la place.

Coulée de cloches à la Fonderie PACCARD

Coulée douce

Il crée son petit atelier qu’il préfère à l’itinérance. Il est attaché à son village et ne souhaite pas en partir, ce qui lui permet aussi de peaufiner son apprentissage et d’en découvrir les moindres secrets. Il mène son bout de chemin et passe le flambeau à la deuxième génération, qui met le turbo. La gare d’Annecy est en construction, et la fonderie devenue trop juste déménage à Annecy-le-Vieux entre 1854 et 1857. Plutôt malin ! Les cloches profitent du wagon, voyagent de plus en plus et s’exportent à gogo. En France, puis dans le monde entier, la Maison Paccard se fait un nom et depuis, rien ne l’arrête. “On a étudié notre sujet en profondeur : la taille, le profil, vont donner des notes particulières. Ce sont des instruments de musique au final. L’Orchestre National de Paris était d’ailleurs ici la semaine dernière. C’est la musicalité qui fait beaucoup la différence de nos cloches”, précise Anne. Car c’est l’épaisseur qui joue. Plus c’est fin plus c’est grave, plus c’est épais et étroit à l’intérieur, plus les vibrations sont rapides et le son aigu. Tout un art !

Sortir de ses dong !

Et quand l’heure de la coulée sonne, le monde s’arrête. Dans l’immense atelier aujourd’hui à Sevrier, fondeurs et maîtres fondeurs ont des allures de cosmonautes et de soudeurs de l’espace, protégés de la chaleur, des projections et de la lumière dégagées par les métaux. Et quel spectacle ! Il faut dire que le bronze en fusion, ça rougeoie sévère ! Composé de 78% de cuivre et 22% d’étain, le métal à cloche est très particulier, mais parfait pour la musicalité. A 1200 degrés, il est coulé avec une précision qui donne chaud. Autour se trouve un autre moule, en argile, appelé carapace, où sont gravés à l’envers et à l’intérieur, tous les reliefs qui apparaîtront à l’endroit sur la cloche. “Un test est toujours fait au préalable avant la coulée finale pour voir si le bronze est parfait. Comme un bon pain, la mie serrée !”, plaisante Anne. Fastoche !

Equipe du musée

C’est Ding !

Et de là sont fabriquées toutes les cloches. D’église, d’orchestre, de maison, carillons et même Ars Sonora®  - concept sculptural inventé par la fonderie, avec plusieurs cloches accordées  -, des emblématiques et exceptionnelles, de la plus petite à la plus imposante. Pour le passage à l’an 2000, les Américains ont passé commande d’une cloche de 33 tonnes, 4 mètres de haut et 4 mètres de diamètre pour sonner les 12 coups de minuit. “En 1950, on a fait la Liberty Bell, réplique de celle qui a sonné l’indépendance aux Etats-Unis, une pour chaque état américain soit 54 pièces. Mais on a aussi coulé la Savoyarde, la plus grosse cloche de France placée dans la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre, et celle du Pourquoi Pas, navire du commandant Charcot. Vous imaginez, on a des lettres de lui dans nos archives !!! En 225 ans d’histoire, on en a des choses à raconter…”

+d’infos : www.musee-paccard.com

Photos : Yannick Perrin

Activités sur l’eau

Activités sur l’eau

tous à l’eau

Que vous soyez du genre à plonger sans tergiverser ou à avancer orteil par orteil, le nombril rentré et les épaules crispées, à l’affût de la moindre éclaboussure qui pourrait vous décourager, c’est sûr, vous finirez à l’eau cet été. Alors, venez, elle est super bonne !

Nouvelles vagues // Annecy – Sion

Brice de Nice n’a qu’à bien se tenir, depuis mars 2021, son cousin savoyard Jessie d’Annecy fait ses gammes sur la toute nouvelle vague du Thiou, le 1er spot de surf de rivière en site naturel de la région. Un dispositif en phase d’expérimentation pour 2 ans – ouverture limitée aux adhérents du collectif «Surfeurs d’Eau Douce», porteur du projet – qui se veut écolo, sans énergie pour la générer, sans intervention sur le débit de la rivière et sans impact sur l’environnement… Et pour les impatients, les énervés de la planche, ceux qui trépignent d’enchaîner les barrels sans craindre le swell -traduction dans l’ordre : les tubes et la houle- direction Alaïa Bay ! Un nom exotique pour une destination pas si lointaine : Sion. C’est là qu’Adam Bonvin, un jeune surfeur natif du Valais, membre de l’équipe nationale suisse –il y en a une !– a ouvert cette année un bassin artificiel de 8300m2 proposant 20 types de vagues, du Waikiki de 50cm pour les débutants aux barrels de 2m pour les pros. Ça farte, non ?
+ d’infos : annecywave.com / alaiabay.ch

Fulguro pédalo // Annecy

Surf, kite, wakeboard ou windsurf… Le foil, cette aile profilée qui permet de «voler» au-dessus de l’eau, a révolutionné les sports nautiques. Et le pédalo n’y échappera pas ! Imaginé par des chercheurs du laboratoire des Systèmes et Matériaux pour la Mécatronique (SYMME) de l’Université Savoie Mont Blanc, le Jet-Cycle Max, vélo nautique à propulsion humaine -il avance à grands coups de pédales, quoi- muni de ces fameux foils, va en effet dépoussiérer l’image pépère du grand classique des vacances sur l’eau. Avec sa fabrication 100% made in France et sa ligne fuselée, il prévoit de flirter avec les 15 km/h tout en décollant légèrement pour plus d’aérodynamie, et donc plus de sensations. Oubliez donc le bob et le verre de rosé, il s’agit bien ici de pédaler, pour se dépenser et voler !
Essais possibles à l’occasion des «Demo Days» en juin et juillet (dates et infos sur la page facebook Jetcycle.official) et du week-end «Foil Cycling Experience», les 11 et 12 sept.

+ d’infos :jetcycle.fr

Rhône sweet Rhône // Chanaz

©Vertes Sensations / Anthony Cottarel

Une réserve naturelle nationale, la plus grande forêt alluviale (ou forêt inondable) de France, des gorges étroites, une flore et une faune luxuriantes… Mais où sommes-nous donc? Sur les 200 km de «Rhône sauvage», qui relient le Léman à Lyon. Avant la construction du canal et du barrage de Pierre-Bénite dans les années 60, dans cette partie haute, le fleuve s’étalait librement en tresses, au rythme des crues et décrues. Avec cet aménagement d’envergure, son débit a été fortement réduit, lônes (bras secondaires) et forêts alluviales dégradées. Aujourd’hui restauré, cet espace naturel forme une mosaïque de milieux, revalorisés et protégés depuis 2013.
C’est là que le Rhône est le plus secret, le plus diversifié”, confie Philippe Millet, moniteur de canoë-kayak, qui arpente les lônes au départ de Chanaz. “C’est un véritable labyrinthe végétal : en quelques minutes, on disparaît dans un bras et on réapparait dans une veine principale. On ralentit naturellement notre façon de respirer, de bouger, de regarder, c’est l’eau qui donne le rythme, pour une approche contemplative et ressourçante, dans un environnement très fort, un peu comme la haute-montagne, qu’il faut savoir respecter.
+ d’infos : http://vertes-sensations.com

Passe par-Thiou // Annecy

Le pont St Joseph et la rue de la Gare en 1890

Depuis les Jardins de l’Europe, quand il s’échappe du lac, jusqu’au moment où il se jette dans le Fier, le Thiou charrie presque trois siècles du passé industriel annécien. Utilisant ou non sa force motrice, des bonneteries, chocolateries, cartonneries et autres moulins ont longtemps fait de ses rives le cœur battant de la préfecture savoyarde. A partir de cet été, l’Office de Tourisme propose donc des balades au fil de l’eau, pour se familiariser avec ce patrimoine tout en profitant de la fraîcheur boisée des berges de la rivière. En chemin, on récupère, par le biais de l’appli Viannecy, des photos d’archives à comparer avec l’existant. Un vrai voyage dans le temps !
+ d’infos : lac-annecy.com

Il est l’or, Monseign’or ! // Rumilly

©LAC ANNECY-ORPAILLAGE ALBY/versantmontagneannecy

Si le Chéran est surnommé «la Perle des Bauges», c’est pour la beauté des paysages qu’il traverse, et non parce qu’on y trouve des perles… Comme dans le Fier, on y trouve de l’or par contre ! Des paillettes -ne claquez pas tout de suite la porte au nez de votre patron pour vous lancer dans l’orpaillage– que les accompagnatrices en montagne Véronique Riondy et Anne-Laure Martin proposent de cueillir, un peu comme on cueillerait des champignons. Car il faut la même patience, le même œil affûté, ainsi qu’un tamis, une pelle et une batée, cet instrument en forme de chapeau chinois typique de la prospection minière. Un moment calme, ludique, et une belle occasion de découvrir les écosystèmes aquatiques.
+ d’infos : http://versantmontagneannecy.fr

Trou Blue // Genève

Envie de faire un grand plouf ? 20 mètres, voilà la profondeur de la fosse Nemo33 à Chêne-en-Semine (74). Pourquoi 33 ? Pour une eau à 33°C, température d’équilibre à laquelle un plongeur peut rester près d’1 heure dans l’eau sans combinaison et sans avoir froid. Si la fosse permet aux plus expérimentés de se perfectionner, ou de se remettre en jambes avant un périple sous-marin, le bassin est également propice aux baptêmes, initiations et sessions d’apnée. Et côté déco, la plongée se fait dès l’entrée, ambiance nautilus, épave et BD.
+d’infos : http://Facebook : Nemo33 Genève

L’eau de là-haut… // Chamonix – Val Thorens – Tignes – Val d’Isère

©F. Oddoux/OT Val Thorens

… Quand elle est à l’état solide et qu’on n’a pas besoin d’être le fils de Dieu pour marcher dessus. Quand elle est gelée, sous forme de glacier, quoi… Donc : maniement du piolet, marche encordée, appréhension du milieu, par groupe de six et à partir de 15 ans, c’est à Chamonix qu’on apprend les bases de la randonnée sur glace. Quoi de plus indiqué, en effet, que la mythique Mer du même nom pour un premier contact avec l’élément ? L’occasion aussi, évidemment, de mesurer de manière très concrète l’impact du réchauffement climatique sur nos milieux alpins… Une fois cramponné, on continue l’aventure à Val Thorens en s’attaquant, au lever du jour, à la rando des Trois Cols : panorama exceptionnel sur la Vallée des Belleville, lac glaciaire et crevasses…
Et pour ceux -nombreux- qui n’auraient pas eu leur dose de glisse cet hiver, ou qui rêvent d’une photo souvenir tendance 90’s, en maillot de bain fluo avec stick à lèvres et chaussures de ski assorties, direction les pistes de La Grande Motte – à Tignes, what did you expect ? – ou du Glacier de Pisaillas à Val d’Isère.
+ d’infos : Ecoles de Glace : http://chamonix-guides.com / http://guidebellevillevalthorens.com / http://tignes.net / http://valdisere.com

Sur l’eau : l’Espérance III

Sur l’eau : l’Espérance III

La Fabrick d’Espérance

Il était un petit navire qui n’avait ja, ja, jamais plus navigué… depuis 1930. Et ce n’est pas faute d’avoir largement favorisé l’essor d’Annecy pendant plus d’un siècle. Et puis plus rien. Les bricks se sont cassés du lac… C’est à en perdre ses voiles latines ! Mais quand l’espoir fait vivre, Esperance renaît… Ohé, ohé matelots !

Les voiles latines rayées de la surface du lac… Tel devait être leur destin. Mais contre toute espérance et grâce à l’idée un peu barrée d’un homme et à l’audace -voire l’inconscience- d’une poignée d’autres qui ont répondu : « chiche ! », l’emblématique Espérance revient à la vie… un siècle plus tard. Inespéré…

OH MON BATÔÔÔÔ…

Depuis l’Antiquité, le lac d’Annecy a représenté une voie de circulation plus rapide, plus économique et plus sûre que les mauvaises routes. Il faut dire que les voies sont restées longtemps impraticables du côté d’Angon et en face, au niveau de la pointe de la Puya. Les 2 rives étant compliquées d’accès, ne restait que la voie d’eau”, explique l’historien annécien Philippe Grandchamp. Ainsi, jusque la fin du 18e, les marchandises -raisin, fourrage, bois, tuiles…- étaient transportées à bord de chalands alpins, les «naus». Ces grandes barques à voile carrée, sans gouvernail ni quille, étaient peu maniables : il fallait choper le vent de dos ou sortir les rames et l’huile de coude ! Mais leur fond plat permettait d’accoster n’importe où, même quand les eaux étaient peu profondes. Les naus faisaient donc l’affaire pour les besoins du petit cabotage ici, comme sur le Léman.

DE GALÈRES EN GALÈRES…

Mais au Moyen-Âge, la situation féodale de la région va conduire à donner, à la flotte du Léman, un visage quelque peu insolite et pour le moins unique en Europe pour de la batellerie d’eau douce. Les Comtes de Savoie possèdent, au 13e siècle, la totalité du littoral lémanique. Tout, à l’exception de Genève. Pour en assurer le contrôle et surtout se protéger des attaques bernoises qui convoitent le territoire vaudois, ils vont faire construire une flottille de galères par des charpentiers venus de Méditerranée, les Génois. Ainsi, les rivalités entre Savoie, Genève et Berne entraîneront la construction de véritables armadas, avec batailles navales, pillages et exactions à la clé. Certains navires pouvaient transporter jusqu’à 380 marins et soldats ! Vision surréaliste sur ce lac, aujourd’hui si paisible. Les conflits y feront pourtant rage jusqu’au milieu du 16e siècle. Les galères subsisteront, quant à elles, jusqu’au 18e, en évoluant vers un usage mixte, tout en s’adaptant aux lacs : faible tirant d’eau, flancs larges, immenses voiles latines et pont permettant de charger des marchandises… ou les canons au besoin ! C’est ainsi que l’histoire des barques à voiles latines inscrit ses premiers faits d’armes en terre alpines. “Car jusque-là, on ne les trouvait qu’en Méditerranée sous forme de galères ou en Mer Rouge avec les fameuses felouques. La forme des voiles triangulaires suspendues à une antenne oblique croisant le mat les rendait bien plus maniables que les voiles carrées traditionnelles. Elles sont donc arrivées sur le Léman dans ce conflit contre les Bernois, puis se sont reconverties dans le transport de marchandises”, rappelle l’historien. Jusqu’à faire des petits sur les autres lacs de la région…

Arch. dép. Haute-Savoie

ON NE CASSE PLUS DE BRICKS !

La Révolution, avec l’entrée des troupes françaises en Savoie en 1792, va brasser les cartes, entraînant le départ de toute une population de nobles et de religieux pour Turin. “Jusqu’à la Révolution, Annecy était une ville de couvents, à la fois refuge des catholiques chassés de Genève par le calvinisme, et le bastion de la Contre-Réforme. On en comptait, de mémoire, une quinzaine sur la ville.” Les révolutionnaires débarquant et la religion n’étant plus en odeur de sainteté, les couvents se vident en un tour de main. Et se remplissent aussitôt. On y installe des usines et manufactures qu’il faut maintenant faire tourner.
Et ça tombe bien, car en 1794, c’est l’effervescence : on vient de découvrir deux mines de lignite -un charbon bas de gamme mais charbon quand même-, situées au sud du lac, à Montmin et Entrevernes. Une aubaine pour alimenter en combustible les fabriques nouvellement créées.
Mais encore faut-il transporter ce matériau trop lourd pour les capacités des naus (6 tonnes max). Or, les barques à voiles latines du Léman, peuvent, quant à elles, supporter jusqu’à 40 tonnes ! Et cerise sur le bateau, on peut y entreposer les marchandises directement sur le pont, et pas à fond de cale comme sur les naus. Bien plus pratiques pour la manutention.
Ni une, ni deux, le premier « brick » est fraîchement commandé à Pierre-Joseph Portier, charpentier naval de Thonon. Puis 2, puis 3… Au total, ce sont une douzaine de voiles latines qui sortiront des chantiers navals du Léman de 1794 à 1911 pour tremper leur quille aux eaux annéciennes. Jamais plus de 3 en même temps. L’Innocente, la Belle Etoile, la Dame du Lac, la Charbonnière, la Céleste… C’est Espérance 2 qui ferme le bal, à la tuilerie de St-Jorioz, lève la quille et puis s’en va. L’arrivée du chemin de fer entre Albertville et Annecy, longeant le lac en 1901 (ligne aujourd’hui fermée et transformée partiellement en piste cyclable), la concurrence de la route et l’épuisement du minerai seront fatales aux bricks. Dans les années 30, c’est la claque, elles ont disparu du lac.
Fin de l’histoire.

L’ESPÉRANCE, LE RETOUR

Enfin… du tome 1. Et pourquoi ne pas en écrire la suite ? L’idée a germé dans les sillons des vignes de Veyrier, un matin de mars 2016. “Pierre Lachenal m’a fait venir sur ce site pour me présenter son association «Vignes du Lac». Il s’agissait de voir s’il y avait des synergies possibles entre le vignoble et la Fondation du Patrimoine”, raconte Renaud Veyret, délégué de la Fondation pour la Haute-Savoie. “A l’issue de la visite, il me dit, en sortant une vieille carte postale : Et puis mon rêve, un jour, quand je serai vieux et que je ne saurai plus quoi faire, dans 10 ans quoi (il en avait déjà 70 à l’époque !), ce serait de construire une barque à voiles latines, comme autrefois, pour pouvoir transporter le vin des vignes de Veyrier…” Sur la photo jaunie par le temps, la Comète, grande sœur de Espérance 2. Un rêve farfelu ? Irréalisable ? Sans doute.
Quelques semaines plus tard, le représentant de la Fondation réunit un noyau de chefs d’entreprises avec dans l’idée de monter un club de mécènes. Il se rappelle : “Autour de la table : Mobalpa, Salomon et Botanic. « Soutenir le patrimoine, why not… Mais sur quel projet ? », ils me demandent… Bah, à la Fondation, on a pas mal de bâtiments religieux qui auraient bien besoin… « Ah non, on n’en veut pas ! » Je m’y attendais un peu… Alors on a des châteaux, des maisons fortes ? « Oh, c’est vieillot pour communiquer dessus ! » OK. Et la cinémathèque ? « Déjà vu ! » J’arrivais à court d’idée et je leur lance, un peu au bluff, et puis on a un projet de barque à voiles latines sur le lac d’Annecy… « Mais c’est génial ! En plus, c’est un bateau de marchandises, un projet d’entrepreneurs ! On marche ! »” Les 3 patrons sautent sur le ponton à pieds joints et embarquent dans leur sillage une trentaine de membres de l’APM (clubs de chefs d’entreprises autour du management) sous l’impulsion de Serge Delemontex. 100 000 € sont ainsi débloqués, l’aventure peut commencer. L’association Espérance 3 se jette à l’eau avec, à la barre, Pierre Lachenal, son président, et mise sur un budget d’1,5 million d’euros. Le département et la région sortent alors les voiles (400 000 € chacun), le public est mis à contribution au travers d’une grande souscription (220 000 € seront recueillis par la Fondation du Patrimoine). De quoi se mettre au travail, même si le budget est encore incomplet. L’association emprunte, et espère encore convaincre mécènes et donateurs. L’Agglomération annecienne devrait, quant à elle, en ajouter 100 000 d’ici quelques semaines.

A L’ABORDAGE !

Voilà pour les moyens. Le projet ? La reconstitution à l’identique d’un patrimoine disparu, à partir de plans pour le moins sommaires retrouvés de Esperance 2 : même ligne, même gabarit, quant aux couleurs, “on suppose qu’elle était blanche rouge et verte, mais ce n’est pas garanti sur facture, juste une libre interprétation d’une dizaine de photos… en noir et blanc ! C’est la seule piste qu’on a en notre possession. Pour les réclamations, merci de retourner vos greniers, si vous avez des clichés cou- leurs (de 1910 à 1930), on reprend les pinceaux !”, lance en boutade Renaud Veyret, secrétaire général de l’association. D’ici qu’on le prenne au mot… A l’identique sur le rendu, mais pas sur la méthode. “On s’est demandé : si on avait continué à en construire, comment on aurait fait aujourd’hui ? Il s’agit donc d’une réplique, mais avec les technologies et le savoir-faire d’aujourd’hui. On aurait tort de s’en priver. Rien que le lamellé collé devrait lui offrir une durée de vie bien plus longue”, explique Renaud Veyret. “Sur le lac d’Annecy, il n’y a jamais eu de foc, contrairement au Léman et il n’y en aura pas non plus sur Espérance 3. Il y aura en revanche des haubans, qui n’existaient pas, mais que la législation nous impose aujourd’hui, de même pour les garde-corps et les chandeliers ou encore la motorisation qu’on a choisie électrique, alimentée par des batteries (quand sur le Léman, on est au diesel). Construire un bateau à valeur patrimoniale, même identique à l’historique, est plus contraignant qu’une restauration d’un bateau monument historique. Il faut s’adapter aux normes drastiques d’aujourd’hui”, rappelle Philippe Grandchamp, aujourd’hui parrain de l’association. “Il aurait fallu partir d’un morceau de Espérance 2 pour pouvoir prétendre à une rénovation… Or les seules pièces retrouvées sont les mats reconvertis en avant-toit d’une vieille maison de St-Jorioz ! Pas sûr que la propriétaire aurait accepté de défaire sa charpente pour nous permettre de bénéficier de l’ancienne réglementation !!”, sourit-il. Durant près de deux ans, dans les anciennes forges de Cran-Gevrier, 4 charpentiers de marine (voir encadrés) vont ainsi travailler d’arrache-pieds pour faire renaître l’Espérance, rejoints ces dernières semaines par 2 autres et une volée d’artisans (chaudronniers, électriciens, peintres…) sur la dernière ligne droite… Le bateau est maintenant prêt à jeter les amarres du tome 2.

BATEAU SUR L’EAU…

La trame de l’aventure sera patrimoniale, de fait, mais surtout environnementale -il sera l’emblème de la transition écologique, notamment vers une navigation en tout électrique sur le lac- et pédagogique. Mais pas touristique. “Mis à part l’effet carte postale, sa vocation première n’est pas de faire voyager les touristes. Il y aura peut-être quelques sorties publiques, 35 personnes au maximum, mais c’est avant tout un outil de transition écologique. Il accueillera en revanche des missions scientifiques autour des 3 réserves du lac, et surtout des scolaires pour en faire un lieu de pédagogie et de sensibilisation sur la fragilité de l’eau de montagne confrontée aux changements climatiques. De nombreuses animations seront organisées à quai, en lieu et place du Libellule. Pour autant, Espérance 3 jouera de la voile sur tous les grands événements du lac”, assure Jean-Luc Baudin, chargé de la communication au sein de l’association. Espérance 3 quittera les Forges de Cran-Gevrier le 22 juin à 19h pour une traversée périlleuse de la ville : quand on fait 6,70 mètres de large, la circulation devient épique et les ronds-points impossibles à négocier ! Après une mise à l’eau progressive le lendemain aux Marquisats, la barque ira se faire dorer le pont en cale à Sevrier tout l’été (visible du public), pour les dernières finitions, histoire de se faire reluquer la quille au passage… Retour dans le grand bain en septembre pour une inauguration en grande pompe lors des Journées du Patrimoine.
Ohé ohé matelots


VALENTIN, 25 ANS, DE FRANGY – CHARPENTIER DE MARINE

©Frédéric Seux

Si tu étais une partie du bateau ?
Une membrure. Parce que c’est un ensemble, celui des pièces en bois qui forme le squelette du bateau.
Un bois ?
Le chêne, c’est vraiment la matière noble par excellence. Top à travailler.
Un bateau ?
Plutôt un voyageur, pour de grandes traversées. Un bateau pirate, ça m’irait bien !
Ton meilleur souvenir sur ce chantier ?
Quand on a fini de poser la préceinte, le bordage en haut de la coque, on avait ainsi ceinturé le bateau, tout était apparent, on voyait vraiment les volumes se créer. C’était un moment fort.
Le pire ?
Les collages… Il y en a eu beaucoup. On a passé 4 mois à contre-coller… C’est pas l’étape la plus palpitante ! Mais les volumes et les courbures qu’on voulait atteindre l’exigeaient.
Qu’est-ce que tu garderas de ce chantier ?
Beaucoup d’expériences, de confiance en moi et des amis ! C’était vraiment exceptionnel ces 2 années passées ensemble.

PIERRE, 33 ANS, D’AIX-LES-BAINS, CHARPENTIER DE MARINE

©Frédéric Seux

Si tu étais une partie de bateau ?
Une étrave, la partie avant du bateau, celle qui tranche l’eau ! Qui fonce sans se poser de questions.
Un bois ?
Un bois dur. Le chêne me va bien.
Un bateau ?
Un bateau avec de belles formes élancées. Un cotre-pilote ! Ou un cormoran du Finistère. J’ai travaillé dans les chantiers Jezequel, là-bas. Et ils en fabriquaient. Je les trouvais particulièrement élégants, très bien dessinés, parfaitement finis…
Le meilleur souvenir sur ce chantier ?
Avec Valentin, quand on était sur l’étape de bordage. Du printemps à l’automne 2020, on a constitué la «peau» du bateau. Et c’était vraiment un très bon moment.
Qu’est-ce que tu garderas d’Espérance 3 ?
Ç’aura été un chantier ultra formateur sur la durée, et qui nous donne surtout l’envie de continuer dans cette branche-là. Même si c’était dur, et il ne m’a pas dégouté ce chantier, bien au contraire !!! J’ai presque envie d’en faire un autre, là, pour aller plus vite et progresser encore.
Et demain ?
Je vais prendre des vacances, finir mon bateau perso et régater avec les potes du chantier. Etre enfin au contact de l’eau !

CYRIL, 34 ANS, DU NORD, PRÈS DE LILLE, CHARPENTIER DE MARINE

©Frédéric Seux

Si tu étais une partie de bateau ?
Un bordé qui glisse sur l’eau. C’est ces planches qui forment la coque externe du bateau.
Un bois ?
Le chêne, c’est local, agréable à travailler et ça sent bon. Quand je fais du chêne, je suis content.
Un bateau ?
Les bateaux que j’aime particulièrement, ce sont les Smacks, des vieux voiliers de pêche traditionnels des côtes sud de l’Angleterre. Des bateaux assez puissants avec de superbes lignes. Ou je serais un dragueur de fond dans le sens où j’ai une énergie au long cours. Sur des projets de 2 ans, je n’ai pas le sentiment d’arriver essoufflé.
Ton meilleur souvenir sur ce chantier ?
La pose des galbords, le bordage le plus près de la quille, les pièces les plus difficiles à étuver. Un beau travail d’équipe !
Le pire ?
Le ponçage des peintures ou les collages…
Qu’est-ce que tu garderas de ce chantier ?
Une opportunité incroyable. C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de se voir confier un tel chantier. On a hâte de le voir maintenant sur l’eau… Même si ce sera la fin d’une aventure.

AMAURY, 21 ANS, DE VENDÉE, SUR LE CHANTIER DEPUIS JANVIER 2021

©Frédéric Seux

Je suis entièrement novice. Je venais de finir un BTS en gestion et protection de la nature. Et je suis tombé ici un peu par hasard. Mais j’y ai pris goût, et je pourrais bien rester dans ce domaine.
Si tu étais une partie de bateau ?
Je serais la quille !
Un bois ?
De l’if. Un bois magnifique que j’aime travailler.
Un bateau ?
Un vieux voilier avec un gros équipage, qui aurait bien baroudé…
Le meilleur souvenir ici ?
Quand on a fini de poser le pont. La dernière latte. C’était gratifiant.
Le pire ?
Le pire… c’est quand j’ai mis à l’envers tous les petits bouchons en bois sur le pont. Ça m’a pris une demi-journée pour tout recommencer ! C’est le métier qui rentre (rire) !!
Qu’est-ce que tu garderas de ce chantier ?
Quelle expérience ! Et quelle fierté !

CÉLIA, 33 ANS, DE PARIS SUR LE CHANTIER DEPUIS JANVIER 2021

©Frédéric Seux

J’ai aucune expérience dans ce genre de chantier. Depuis 8 ans, je suis plutôt une voyageuse ! J’apprends des métiers sur ma route, en fonction de là où je tombe, Asie, Océanie, Amérique Centrale ou Europe… Mais avec le confinement, je me suis retrouvée bloquée en France, et je suis tombée sur l’annonce de ce chantier qui recherchait même des débutants. Et me voilà !
Si tu étais une partie de bateau ?
Les voiles forcément ! Pour partir au gré du vent.
Un bois ?
Du mélèze. C’est celui que j’ai le plus travaillé ici.
Un bateau ?
Un petit voilier de mer… intimiste.
Le meilleur souvenir du chantier ?
Les phases collectives, où on était tous sur une même tache. Celle du collage du pont par exemple. Cette énergie de groupe, où il faut envoyer, où il y a du rythme, une dynamique et un changement de visuel en 2 jours !
Le pire…
Les bobos…
Qu’est-ce que tu garderas d’Espérance 3 ?
Le savoir-faire, l’apprentissage du bois et cette équipe !
Et demain ?
Me lancer dans une transat cet hiver. Direction les îles !

JÉRÔME, 32 ANS, DE TOURS CHARPENTIER DE MARINE, CHEF D’ÉQUIPE

©Frédéric Seux

Ton dernier fait d’armes ?
Avant de venir ici, j’ai eu la chance de travailler 3 ans aux côtés d’Hubert Stagnol sur un superbe voilier dessiné en 1889 par l’Écossais Watson, avec des élancements vertigineux devant, derrière. Un bateau qui est parti pour Singapour. Ultra kiffant !
Si tu étais une partie de bateau ?
Une vis ! Il n’y a pas de pièces superflues sur un bateau, de même pour une équipe. Le principe même du bateau en bois, c’est que toutes les pièces se soutiennent entre elles.
Un bois ?
J’adore l’acacia. Il permet de très belles réalisations autant en tradi qu’en régate ou en yachting. Et le symbole de l’acacia est super fort, l’éternel espoir, l’immortalité…
Un bateau ?
Une hirondelle de la Manche… Comme le Marie-Fernand (1894). Ces cotres-pilotes connus pour aller chercher la performance, en vitesse surtout. Superbes !
Le meilleur souvenir du chantier ?
Le jour où on a levé la quille, Pierre, Valentin et moi. On devait attendre un camion grue, des membres de l’association, des photographes… Et on était prêt. Et Valentin nous a lancé : “Merde, on le fait pour nous !?” On était assez créatifs pour mettre un bout de bois de 900kg sur 3cales ! Et à 3, on l’a fait. Un moment vraiment intense. Qu’est-ce que tu en garderas ?
Le souvenir d’une équipe fabuleuse. J’ai énormément appris à son contact.
Et demain ?
Vacaaaaances !

Et du côté du Léman…

De cette époque, seuls 2 bateaux ont été sauvegardés. A Lausanne, la Vaudoise, le dernier brick construit en 1932 à Meillerie, navigue aujourd’hui sous les couleurs de la Confrérie des Pirates d’Ouchy. Et à Genève, la Neptune, construite en 1904, a été sauvée de la démolition en 1974.
Ils ont été rejoints par 3 nouvelles voiles latines : à Thonon le 11 juin 2000, par la Savoie, réplique d’une barque construite à Genève en 1896 et démolie en 1945 sur les lieux-mêmes qui verront sa renaissance, puis de l’Aurore, une cochère reconstruite à St-Gingolph et de la Demoiselle à Villeneuve qui sillonnent aujourd’hui les eaux du Léman.

Pin It on Pinterest