Florent Pedrini : vues d’en haut

Florent Pedrini : vues d’en haut

A fl’haut

C’est en montagne qu’il a trouvé sa voie et sa nature profonde. Nourri par l’énergie des hautes cimes, le photographe Florent Pedrini partage, en images, la magie des massifs et de l’humain.

Image : sur les Aiguilles d’Entrêves, depuis Courmayeur

L’Essonne, ce n’est pas la porte à côté. Cela n’empêche pas Florent, qui y réside durant 27 ans, de venir à la montagne toutes les années. Depuis l’enfance, il conserve ainsi l’amour absolu des montagnes et de la photographie. Après avoir emprunté le droit chemin d’une vie bien cadrée, il s’est engagé peu à peu sur un sentier plus escarpé : faire profession de ses deux passions.
Après un détour par une formation à l’environnement, l’adolescent s’oriente vers le plus pragmatique domaine commercial. 5 ans d’études en France, en Angleterre et au Canada, où l’attend aussi une belle expérience de musher. “Je suis curieux de la vie, du monde, des autres, et j’aime voyager et apprendre. Je ne me posais pas trop de questions, c’était assez fluide.
A 25 ans, Florent démarre une carrière de cadre chez un géant du BTP en région parisienne. Mais la montagne lui fait de l’œil. Le jeune homme négocie et prend en 2007 un poste de responsable d’agence à Albertville.

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TEMPS DE POSE

S’ensuivent 3 ans où le perfectionniste touche à ses limites, il frôle le burn-out et finit par jeter l’éponge. Devenu ingénieur commercial, Florent retrouve de l’équilibre et du temps. En 2010, il s’inscrit au Club Alpin à Annecy, ville où il est désormais basé.
Les diverses activités montagnardes qu’il découvre et ses rencontres avec des compagnons de cordée l’accrochent à tout jamais. “Quand tout est simple, qu’on est dans un environnement où on se sent bien, on ne se pose pas de question. On a juste envie d’en profiter. Et quand c’est naturel comme ça, ça matche avec les personnes que l’on rencontre. On fait ensemble une randonnée, une grande voie, un sommet, et c’est magique. La seule envie qu’on ait après, c’est d’y retourner. C’est comme une addiction, mais c’est plus que de la dopamine. Il y a aussi l’effort que l’on fait qui est «grâcié» quand on arrive au sommet, l’adrénaline du danger, ce dépassement de soi, cette énergie qui nous porte et qui est là, partout, dans la roche, la nature, le soleil et le partage avec l’autre.

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L’équilibriste dans l’ombre, sur le fil de l’arête Forbes

CLICS ET DÉCLICS

A chaque sortie, Florent amène son appareil et saisit ses instants. En septembre 2014, il photographie «L’équilibriste dans l’ombre», une image plusieurs fois primée qui est devenue l’emblème de son travail iconographique. “C’était dans le massif du Mont-Blanc. J’étais avec mon compagnon de cordée, mon frère de cœur. On avait dormi dans un refuge. Vers 3 heures du matin, le soleil se lève sur le Cervin au loin, et je fais cette photo qui me touche. C’est un des déclics, parmi d’autres, qui se sont succédés et m’ont entraîné à devenir photographe de montagne. Il y a eu aussi l’ascension de l’arête Berhault menant en Italie. Je me suis arrêté pour dormir dans un tonneau, à 3000 mètres d’altitude. J’étais tout seul, face au Mont Viso. A cet instant précis, j’ai eu la certitude que c’était dans ce milieu que j’avais envie de vivre.

GRAND ANGLE DE VIE

Florent suit son instinct et décide de se lancer. Il enchaîne les formations, les contacts avec des pros, et démarre en tant qu’indépendant en 2016. Il touche à tout, cherche la belle image, capte l’humain, et travaille la lumière. Des aurores boréales de Norvège, aux paysages de «début du monde» de l’Islande, en passant par un voyage initiatique en Indonésie, la quarantaine pointant, l’homme confirme par ailleurs son besoin viscéral de cimes, de froid et de nature. Depuis 2019, la commercialisation de ses photographies alpines sous le label Vertical Flow s’accroît. Et plusieurs projets se développent, notamment en collaboration avec des magazines et des athlètes de la montagne.

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Montée au refuge de quintino sella 3584m, Italie

OBJECTIF LUMINEUX

Un aboutissement, mais pas une fin en soi. “Je pense que chacun de nous est sur terre pour trouver sa raison d’être. On devrait savoir s’écouter un peu plus, et sortir de notre zone de confort, même si ce n’est pas facile. Ce serait même un gâchis de ne pas suivre ce pour quoi on est fait, parce qu’on ne le fait pas seulement pour soi, mais aussi pour rayonner autour de nous. Aujourd’hui, mon thème, c’est que l’humain trouve sa place dans la nature que je photographie. Je comprends, par tout ce qui m’arrive, que le chemin qui s’ouvre est le bon, que c’est ma voie de devoir rapporter des images de ce que je peux vivre en montagne, pour pouvoir les donner à ceux qui y trouveront un écho…”. Un écho de là-haut.

+ d’infos : http://verticalflow.net

Photos : Florent Pedrini/Vertical Flow

Aux Alpes citoyens

Aux Alpes citoyens

L’hiver en pentes douces

L’après-ski, on connaît bien. Mais il existe aussi une vie AVANT le ski ! Enfin, avant la date d’ouverture des remontées mécaniques… Et même si les tire-fesses sont à l’arrêt, ça bouge dans les stations ! En attendant de pouvoir chausser, il y a donc mille et une façons de se dépayser, de se détendre ou de se dépenser.

Dans le contexte sanitaire actuel, les activités sélectionnées ci-dessous dépendent d’arrêtés préfectoraux. A l’heure où nous écrivons, tous ne sont pas tombés, et les choses peuvent encore changer… N’hésitez donc pas à contacter les O.T pour vérifier !

Même pas froid ! Val Cenis
On le sait, les Scandinaves sont de grands adeptes du chaud-froid, habitués à passer du sauna au bain glacé sans transition. Importé des pays nordiques, voici donc, pour l’hiver 2020, la version zen du choc thermique: l’ice-floating, littéralement glace flottante. Pour faire l’iceberg, vous aurez besoin d’une combinaison étanche et d’un trou dans un lac gelé. Celui de Sollières à Val Cenis semble tout indiqué. “On a le bruit de la cascade, la vue sur la Dent Parrachée”, explique Delphine Bergin, fournisseuse officielle de sensations fraîches et tenues de plongée, “c’est génial et complètement addictif, on a du mal à ressortir !” Sauf pour aller se glisser dans un spa bien chaud et, évidemment, fondre de plaisir!
+ d’infos : http://sensationsvanoise.com

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© Yannick Bellissand

Happy speed riding to you – Valfréjus
Dans le ciel de la Haute-Maurienne, il n’est pas rare d’observer des gypaètes, des trétas-lyre, des vautours, voire des aigles royaux et au milieu… des voiles. Colorées, petites et ultra rapides. C’est à Valfréjus, en effet, qu’a décollé le speed-riding, il y a 20 ans. Pour célébrer l’anniversaire de ce dérivé du parapente, pratiqué ski aux pieds, la jeune station (elle est née en 1983) accueille donc, pendant une semaine fin janvier, les meilleurs voltigeurs de la discipline. Plus d’une centaine de voiles et 13 nations différentes se défieront pour une “avalanche de couleurs” et se rassembleront même pour une tentative de record du monde: celui de la plus grande formation de speed-riders! Un vrai ballet aérien, pour que ceux qui n’ont pas froid aux yeux en mettent plein la vue de ceux qui les auront grands ouverts…
+ d’infos : les 20 ans du Speed riding à Valfréjus du 23 au 28 Janv. 2021 (dates et événement confirmés) – http://haute-maurienne-vanoise.com

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© David Ellis Dickerson

Mètre Yoga – Samoëns/Les Saisies
Après la méthode scandinave, on peut aussi aller chercher du côté de l’Himalaya afin de s’habituer au froid. A Samoëns, “allumer le feu, brûler tout ce dont on peut se débarrasser”, Claire Philipczyk, accompagnatrice en montagne et «médiatrice du corps» s’inspire du Toumo, qui utilise des techniques de yoga tibétain de respiration et à laquelle elle a été formée par -3°C… en maillot de bain. Ici, la doudoune est autorisée et les raquettes aussi. “A l’occasion de randonnées faciles, on fait plusieurs haltes pour enchaîner des postures avec une respiration adaptée. Cette combinaison active le système nerveux sympathique, qui réchauffe le corps.” Sur le long terme, cette stimulation permet également de renforcer l’immunité. Une discipline que l’on peut aussi pratiquer, sous le nom de Snowga® aux Saisies, dans les pas d’Hélène Durant.
+ d’infos : http://nature-quintessence.frsentiers-helene.com

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© Keno Derleyn

C’est watts qu’on préfère ! Les Gets
Après les mini-voitures, les mini-karts, les mini-motos, mettez des étincelles dans les yeux de vos mini-pilotes en les installant sur des motoneiges. Aux Gets, l’équipe de Mountain e-park a ouvert, il y a 3 ans maintenant, la 1re école de pilotage 100% électrique. Et oui, parce que, myrtille sur le gâteau de Savoie, ces mini-bolides, en plus d’être équipés de skis, n’émettent pas le moindre gramme de CO2, ce qui colle parfaitement à la philosophie éco-responsable de la station. Deux modèles sont disponibles: pour les 5-11 ans et pour les 12-17 ans. Les plus grands pourront également découvrir le Moonbike, modèle plus léger, sorte de chappy sur chenillette, conçu en Haute-Savoie. Et pendant ce temps-là, ceux (celles?) que la conduite sur neige et la vitesse n’intéressent pas, pourront aller se délasser dans le nouvel espace bien-être des Sources du Chéry, et flâner dans la galerie d’art attenante (autorisation confirmée).
+ d’infos : lesgets.comhttp://mountainpark.com

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A toiles et à mateurs – Les Arcs
Comparé à l’américain Sundance, les Arcs Films Festival récompense de ses Flèches de Cristal la crème du cinéma européen indépendant depuis 2009. Mais en 2020, qui dit contexte inédit dit forme inédite! Pour sa 12e édition, l’événement sort donc des couloirs balisés en s’attaquant à son versant «Hors-piste Digital». Le principe? Du 12 au 26 décembre, le public pourra acheter en ligne des places à la séance 4€ ou un pass de 25€ donnant accès à l’ensemble des films. Les tables rondes et master-class (avec le duo de réalisateurs Toledano-Nakache ou l’acteur Jérémie Reinier, quand même!) seront accessibles librement. Et le 15 décembre, date de la réouverture des salles, l’événement se lancera à l’assaut du versant «Hors-piste Cinéma», avec la projection de la programmation Arcoise dans plus de 150 salles en France.
+ d’infos : à partir du 12 décembre
Parmi les membres du jury: Zabou Breitman, Vincent Macaigne et Nicolas Maury pour les longs métrages ; Karin Viard pour les courts – lesarcs-filmfest.com

eau les belles jambes !

eau les belles jambes !

ET MARCHE A L’EAU !

Heureusement que j’ai épargné un coach de mes séances de rééducation sportive, le gaillard aurait fini en burn-out et moi sur le billot. Quoique toujours traversée d’un certain hermétisme à l’effort, et à défaut de mouiller le maillot, j’ai choisi de tremper les godillots… La marche dans l’eau, ça vous parle ?


PAR GAELLE TAGLIABUE

De grâce, accordez-moi un peu de crédit et ne m’imaginez pas déjà en train de parfaire mon hâle sous une couche blanchâtre d’écran total le long d’une côte balinaise. Toute tentative pour essayer d’échapper sournoisement à mon rituel mensuel (le sport chez moi, c’est une fois par mois, pas plus, risque de surdosage) étant tout à fait absente (obsédante) de mes pensées…
Rendez-vous au fin fond de Manigod, à 1 000 mètres d’altitude, dans le lit du Fier. Et quand Bernard me file des chaussettes en néoprène, je me dis que je vais sacrément me les geler, les doigts de pied. Pour l’éventail sur le transat, je vais être obligée de reporter.

A fond les flaques

Après une petite marche d’approche à humer l’humus humide (stop j’ai écoulé mon stock de mots en hum… hum), c’est d’humeur (ah, encore un) frivole que je m’imprègne de ce cœur de forêt.
Premiers pas dans les eaux translucides de la rivière : j’ai l’impression d’apprendre à marcher. Régressif à souhait, je suis en mode quatre pattes, tout intérêt à mettre les mains pour ne pas risquer la ramasse à toutes les escales. Et malgré mes précautions d’une prudence excessive, je ne tarde pas à expérimenter un enchaînement presque gymnique dont j’ai le secret : glissade incontrôlée, suivie d’une culbute à peine évitée se terminant par son incroyable dégringolade carpée. Pour le coup, le rafraîchissement espéré a tenu bien plus que ses promesses. Je vous ai dit que l’eau frôlait les 8 degrés? Et quand certains en ont jusqu’en «eau» des cuisses, ma stature singulière me gratifie d’un bain quasi intégral. Le moment pour Bernard de me rappeler que l’activité canyoning, c’est demain, je ne suis pas censée finir trempée.

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marche dans l’eau ©karepa

Les deux pieds dedans

Tant pis, j’ai 8 ans et demi, et avec numerouno qui m’accompagne, on déconne comme des sales gosses, on s’agrippe aux cailloux, on se raccroche aux branches, on saute dans les flaques pour les faire râler, on bousille nos godasses et qu’est-ce qu’on se marre ! De vrais baleineaux. Légers bouillons, petites cascades et courant bien présent, malgré le calme apparent, l’eau nous donne un aperçu de sa puissance insondable.
Quand Bernard nous attend un peu plus loin, l’euphorie redescend pour retrouver le calme que le son du torrent nous impose. Les reflets dans l’eau sont magiques et diffusent toute la beauté de ce coin que l’on croirait secret. Notre guide nous distille une mine d’infos sur le lieu, ses recoins et la biodiversité qui en font toute la richesse. Infiniment respectueux de cet endroit sacré et de ses codes, nous posons notre petite pierre sur les cairns qui nous indiquent le chemin comme autant de stèles laissées par quelques passagers privilégiés.
A peine rentrés, encore un peu perchés, et toujours bien mouillés, numerouno et la gamine en moi qui s’est révélée filons acheter un paquet de CARenSAC et des chamallows à griller au feu de bois… Si c’est ça le sport, peut-être que je vais finir par aimer…

les pieds dans le courant

les pieds dans le courant

RAND’EAU

UNE ENVIE DE NATURE ET D’UN BRIN D’AVENTURE ? UN COUP DE CH’EAU ESTIVAL ? EN SAVOIE, ON BARBOTE DANS LES COURS D’EAU DE MONTAGNE POUR FAIRE DES BALADES « ON THE ROCKS » ! TOUT L’ART DU RUISSELING.


PAR BEATRICE MEYNIER

Le ruisseling, quezac’eau ?! “Il s’agit de marcher dans le lit d’un ruisseau, au milieu d’une sorte de petit canyon. J’insiste bien : il n’y a pas d’escalade, ce n’est pas du canyoning, plutôt une forme de randonnée. Ceux qui le souhaitent peuvent se baigner, mais ce n’est pas une obligation. Durant la marche, on a de l’eau en moyenne jusqu’aux genoux, au maximum jusqu’aux fesses. Il n’est donc pas indispensable de savoir nager. Cela s’apparente au fait de marcher dans les rivières comme quand on était enfant”, explique Laurent Guillemin, accompagnateur en montagne qui propose cette activité rafraîchissante à Saint-François Longchamp, en Maurienne.
De fait, ce type de randonnée ludique ne nécessite pas d’équipement spécifique. Des baskets, un short, un tee-shirt et un maillot de bain font l’affaire. Et pour les frileux, Laurent peut fournir des chaussons en néoprène, du type de ceux utilisés pour faire de la planche à voile.


GUIDE PRATIQUE


Et comme en planche à voile, la prise en compte des éléments naturels est primordiale. “Il faut un débit de ruisseau à peu près constant. C’est un critère important”, précise Laurent. “Et avec un guide en gage de sécurité. Le fait de connaître le milieu, d’avoir identifié d’éventuels « pièges », évite les accidents, comme des chevilles cassées à cause de pierres instables par exemple. Et cela permet de découvrir au mieux la faune et la flore”.
A Saint-François Longchamp, la balade d’une heure environ se décline en deux versions, adoptées l’une ou l’autre selon la météo et l’humeur du moment. Accessible dès l’âge de 6 ans, elle s’effectue par groupe de 10 personnes. Laurent en propose au moins une par semaine durant tout l’été. Allez, à l’eau quoi !

+d’infos : http://evasionenmarchant.com/

quand l’art lézarde…

quand l’art lézarde…

VIREE DE BORD

CERTES LA VIEILLE VILLE ET SES CANAUX, LES BORDS DU LAC ET SES JOYAUX SERONT AU PROGRAMME DE VOS VIRÉES DE L’ÉTÉ À ANNECY, MAIS PENSEZ AUSSI À BIFURQUER EN EMPRUNTANT LES CHEMINS DE TRAVERSE, DE CEUX QUI CHANGENT LE REGARD QUE L’ON PORTE SUR LA VILLE…

PAR GAËLLE TAGLIABUE – PHOTOS CLÉMENT SIRIEYS

Dans les veines de la galerie annécienne Art By Friends coule le fluide protéiforme de la culture urbaine et le collectif en explore toutes les expressions. Artistes et graphistes, illustrateurs, graffeurs et tatoueurs se côtoient et leurs arts se tutoient pour réinvestir l’espace public. Avec le parcours urbain La Virée, de lieux improbables en chemins détournés, vous allez découvrir des sites insoupçonnés, là où vous ne seriez peut-être (sans doute) jamais allés. Prêts à changer de point de vue ?

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Block Party

RÉCRÉ-ART-IVE

Sur environ 5km de promenade localisés entre la zone de Vovray et les bords du Thiou, la Virée vous conduit sur un parcours jalonné d’une douzaine d’œuvres (à ce jour). Selon vos connexions plus ou moins établies avec la culture urbaine, choisissez votre mode de déplacement : vélocipède ou pédestre pour les plus classiques, skate ou trottinette pour les plus djeuns, vous pouvez même cocher l’option poussette pour les plus encombrés. Suivez le parcours et découvrez les créations qui vous attendent au tournant comme autant de surprises cachées au coin d’une rue, au droit d’une façade ou au détour d’un transfo électrique. Et surtout, laissez-vous bousculer, vous pourriez bien basculer du côté clair-obscur du street art. Un phénomène auquel la plupart des grandes villes ont aujourd’hui succombé avec leur scène et leurs quartiers aux façades recouvertes de fresques et d’œuvres plus ou moins éphémères.
Emergeant au début des années 2000, le street art a été propulsé par l’essor fulgurant d’internet jusqu’à devenir une vraie mouvance artistique reconnue, voire recherchée. En fresques murales, tags ou graffitis, cette tendance initialement sauvage s’exprime à présent au grand jour et commence même à se structurer pour répondre à des commandes encadrées. C’est dans ce contexte que s’inscrit la Virée dont l’objectif est à la fois de faire connaître le mouvement, mais aussi de permettre à des espaces urbains, plutôt en marge, d’être réenchantés par le regard des artistes et réinvestis par les habitants. Art By Friends scrute donc chaque angle mort pour trouver de nouvelles surfaces de création et permettre à cet art de rue de trouver sa place.

Debza
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Chufy

STREET VIEW

Top départ depuis Vovray avec la fresque murale de Brokovich et son univers ultra coloré tendance psyché, largement inspiré de la BD, passez par le quartier de Loverchy et admirez les décors bucoliques de Lapin et les formes chimériques, organiques et assez tribales d’Isaac Hollande avant de poursuivre jusqu’au mur d’enceinte du Lycée Gabriel Fauré où s’étire le graphisme géométrique de Grems qui actionne autant ses bombes à Beaubourg que sur les bunkers des plages normandes, en passant par Annecy.
Après avoir passé le local de la galerie avenue du Rhône, une bifurcation s’impose pour aller du côté de la Gare où Andrea Wan livre une œuvre poétique, presque psychanalytique, entre rêve et introspection et un peu plus loin Loraine Moti qui a imaginé une fresque dans la continuité d’un mur végétal et recouvert un compteur électrique d’une forêt surréaliste, surgie de nulle part. Rendez-vous dans les soubassements de l’échangeur de la rocade ensuite avec l’artiste Chufy qui donne aux piliers bétonnés des allures d’œuvre cubiste avant de retrouver les rives étonnamment calmes du Thiou, après ce tumulte urbain, qui nous conduira au QG de l’organi- sation, sous le boulevard de la Rocade. Un lieu à l’image de la démarche, alternatif, mixé et inattendu où le collectif d’artistes s’est associé pour mélanger les influences et les techniques.
Bloc party : une œuvre en mouvance créée en mode happening à l’occasion du festival «10 sur 10» en 2019 et qui sera recouverte à la prochaine édition en 2021. Fin du parcours à Cran avec l’œuvre de Debza, monochrome et florale ou comment twister la monotonie grisâtre d’un mur. Un itinéraire underground et audacieux, bien loin des archétypes convenus.

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Fresques collectives

+ d’infos : www.la-viree.com.com

ESCAPE A L’AIR LIBRE !

ESCAPE A L’AIR LIBRE !

CO-MISSIONS D’ENQUETES

IL PARAÎT QU’EN MONTAGNE, IL Y A DES LUTINS QUI PARLENT DANS LES FORÊTS ET DES AGENTS SECRETS CACHÉS DERRIÈRE LES FOURRÉS ! SI, C’EST VRAI. TU VEUX VÉRIFIER ? IL SUFFIT DE METTRE TES BASKETS ET DE PRENDRE DU MATÉRIEL D’ESCAPE IQUEST…

PAR BÉATRICE MEYNIER

Sur le papier, l’Iquest se présente comme un jeu d’Escape Game classique avec de la réalité augmentée (bienvenue dans un monde parallèle invisible à l’œil nu). En interaction avec des personnages virtuels –hologrammes issus de la connexion entre tablette et holopads (symboles utilisés comme des QR codes)– il faut résoudre des énigmes pour sauver le monde : t’es un super héros ou pas ?! La particularité, c’est que la mission s’accomplit en extérieur, en se déplaçant d’un point à un autre, avec pour équipement une tablette tactile GPS et une besace contenant le kit du parfait baroudeur ou de l’agent spécial au grand cœur. En bref, une aventure dans la nature avec un supplément culture.

STATIONS DE CONNEXIONS

A Tignes, Val d’Isère, La Plagne, Val Cenis, Saint-François Longchamp et Serre-Chevalier, l’activité est proposée par Escape Game United.
L’Iquest permet de découvrir les villages de manière originale en alliant le jeu et la promenade. Au cours de la session, les participants se rendent là où ils ne seraient pas forcément allés d’eux-mêmes…”, explique Marie Thibaudier, co-associée de l’Escape Game United à Tignes et Val d’Isère. “On mixe un côté ludique et un aspect culturel. Les scénarios des jeux sont les mêmes dans toutes les stations, mais l’histoire est personnalisée en fonction des sites. On donne par exemple aux joueurs des informations historiques qui correspondent à certains points de passage du parcours”.

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©Olivier Baron


DREAM TEAMS

D’une durée moyenne de 2 à 3 heures, les aventures Iquest se déclinent en deux versions sur tablette. Ouvrant les portes d’un univers fantastique, «Le portail magique» s’adresse plus particulièrement à un public familial. Conçue comme une enquête, «Opération Mindfall» est davantage adaptée aux adolescents et adultes.
Les sessions s’effectuent dans l’idéal par groupes de 2 à 6 joueurs. “La partie nécessite une phase de réflexion, une phase d’observation de l’environnement et une phase de réalisation”, précise Marie. “Tout le monde ne voit pas les choses de la même façon. Chacun a sa logique, ce qui rend les membres de l’équipe complémentaires. En groupe restreint, chaque participant peut accéder plus facilement à la tablette et ainsi davantage en profiter”.

EN PISTE !

Durant l’été, Escape Game United organise une session tous les matins et tous les après-midi. La réservation du kit de jeu s’effectue par internet (80 euros, quel que soit le nombre de participants). Il suffit ensuite de se rendre au point de distribution de la station choisie. Et en cas d’intempérie, la partie peut être effectuée en intérieur.
L’Iquest existe aussi l’hiver en version ski (les participants doivent être en mesure de descendre les pistes bleues et rouges).
La station de Méribel a d’ailleurs aussi lancé l’hiver dernier un Explor Games®, concept à la frontière entre l’escape game et le géocaching. L’animation est également proposée cet été dans la réserve de Tuéda, au cœur du Parc National de la Vanoise. Au fait, on dit qu’avec le froid, les lutins se transformeraient en yétis… Mais chut, on ne vous a rien dit.

+ d’infos : http://escapegamesunited.com/escape/iquest

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©Scalpfoto

SHOW DEDANS !

Défendre notre terre contre les démons de l’enfer, ça vous (sa)tente ?!
Dans la catégorie Escape Game in situ, le site des Grottes de Saint-Christophe en Chartreuse propose un spectacle à énigmes inédit. Dans le décor naturel de la grotte, la scénarisation adaptée au monde souterrain permet «une immersion renforcée et une expérience de jeu renouvelée». D’une durée de 60 minutes, l’activité se réalise par groupe de 2 à 6 joueurs (à partir de 12 ans avec la présence d’un adulte, déconseillée aux personnes claustrophobes et aux femmes enceintes). Elle nécessite de porter des chaussures de marche et de se vêtir chaudement (la température de la grotte est de 9° !).

+ d’infos :https://www.grottes-saint-christophe.com/spectacle-enigmes

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