Vivement hier !

Envie de full boules déjantées, de cochonnets tourmentés,
Envie de déhanchés effroyables sur des rythmes improbables,
De terrasses bondées, de soirées dévergondées,
De siffler la fin du bal masqué, de voir des sourires édentés…

Vivement hier qu’on se touche !

Envie de nos cafés à s’esclaffer, de nos bouclages, de nos craquages,
Envie de retrouver ma team recavée, les mots dentelles de Mel,
Les contes en flag de Mag, quitter le purgatoire, crier Victoire !
Les bureaux sans So ni Po, j’y divague, tout ça n’est qu’une sale blague.

Vivement demain qu’on remette une cartouche !

Envie encore d’entendre mon père râler qui trop vite s’en est allé,
Envie de voir mes poussins pousser sans barrière ni horaires,
De pouvoir rêver de lendemains lessivés au teint ravivé,
De toi, mon tuteur, mon hacœur, mon lover enjoliveur d’humeur…

Vivement ce soir ta bouche !

On ne va pas en faire tout un fromage !

(A toi, papa, tu l’aurais aimé, celui-là…)

J’étais beau-fort, des pattes d’ours, un cœur de lion, mais, par un caprice des dieux, un soir, j’ai glissé sur la chaussée aux moines.
D’égoutté, me voilà déjà emballé. J’étais pourtant pas pressé.
Toute la bande des Saints était là pour m’accueillir, Félicien, Marcellin, Moret, Nectaire et même Honoré. “Mmm. Pas sûr que ce soit de bon agur, tout ça…”
Ce qui devait être un curé nantais, vu sa tête de moine, s’avança… Il se faisait appeler Petit Billy. J’avais toute une bactérie de questions à lui poser.
– Je vous en brie… me dit-il, sans doute enrhumé.
– J’ai leerdammer, hein ?
– Rouy, on peut le dire.
– C’est étrange, moi qui pèse d’habitude une tomme, je me sens tout affiné…
– Et oui, ici, corps, emmental, tout est allégé !
– Je savais mon temps comté, je suis un vieux pané de la dernière pluie, mais êtes-vous bien sûr que c’était mon tour ?
– Appenzeller que c’est la bonne heure, oui.
– Ah… et cheddar, là, pour demander un peu de rab ?
Le voilà kiri.
– Tartare donc… Et où sommes-nous ?
– Entremont et maroilles, entrammes et pouligny Saint Pierre, plus exactement au palet du Maursois.
– Hum… Salers sympa, cantal la déco, je ne suis pas sûr d’être fan, c’est assez rustique. A vrai dire, ça casse pas des briques, si je peux me permettre, tout ce bleu…
– Avec le temps, vous apprécierez le camaieu, bleu de Termignon, de Gex, de Bresse, des Causses, d’Auvergne…
– Marbleu, n’en jettez plus !
C’est à cet instant que je reconnus Madame Loïk et sa silhouette rondelé. Elle était pourtant passée soumaintrain, si mes souvenirs sont bons. Elle faisselle qui m’a pas vu… C’est curieux, devant cette belle des champs, moi qu’on surnommait le roquefort, je ne sens plus trop ma bûche… P’tit Louis, face à ce nouveau munster, vint m’éclairer :
– Vous verrez, elle est encore mimolette, votre briquette, mais bientôt elle sera toute fondue !
Je lait cru, il avait l’air sancerre.
– L’époisses ! Plus de baby’belle… 
– Banon. Mais vous verrez, il y a d’autres plaisir qu’au (chab)lis, et en abondance ! Ça chaumes pas ici !
– Une vie sans c’edam, c’est pas une vie…
– Ça y est… ça rentre…
– Mais tout s’explique : il y a erreur sur la personne !!! Sans vouloir vous offenser, moi, je crois en Gouda !
Le per’sillé par le toupin de ce trou du cru, ne trouva rien à r’étorki.

Il en manque un à la pelle !

Quelqu’un l’a vu passer ? Je commence à m’inquiéter…

– Bouge pas, Jean est allé voir du côté Dujardin… Ah bah non, rien.
– J’entends pourtant du bruit dehors…
– C’est José qui Garcia moto.
– Parfait, on ne sera pas de trop pour le chercher.
– A tous les coups, il est coincé quelque part..
– C’est bien possible, j’ai demandé à mon Père si ça bouchonnait sur la route et Guy m’a répondu que les voies étaient en effet impénétrables.
– Mais tu le connais, il suffit qu’il se prenne la transversale, en une-deux il est là, hein Oliv ?
– Si ça se trouve, il est confiné, vu son âge…
– Tu crois ? Stéphane, tu connais le chemin de (sa) Groodt ?
– Euh, oui, c’est vers la si-Berry, mais Richard en revient, et elle était vide.
– C’est pourtant pas son genre de manquer le gâteau !
– Surtout quand c’est Michel qui l’a fait…
– Sarran dingue cette histoire !
– Si ça se trouve, il l’a choppé, le virus, et avec son âge…
– Alors si Michel Cymes ! On est mal Barr !
– Jean-Marc, tu peux vérifier quand même?
– In nomine Patris, et Filii, et Legitimus et tutti quantus !
– Pascal, dis à ton Père de se taire, il va nous porter la poisse !
– Je commence à me faire du Souchon…
– Du souchon ?
– Alain, explique-lui !
– Bah, elle se fait du soucis et du mouron tout à la fois ! Etymologiquement, c’est discutable…
– OK Alain, la sémiologie, pour l’heure, c’est le cadet Roussel de nos soucis.
– Faut passer à l’attaque, Louise !
– Olivier, mets ton a’Norek – c’est pas le Foe(h)nkinos dehors, mais le mistral glacial – et vas voir, avec David, au village…
– Pendant ce temps, Jean-Louis pourrait se faire la banlieue, celle qui est au Bor(d)loo, il connaît le plan par cœur…
– Si ça se trouve, il est juste caché, même si c’est plus de son âge…
– Allez Mémé, on compte jusqu’à 3 et il va sortir, c’est sûr…
– Et 1 et 2 et…3 !
– Zéro ! Leconte est bon, mais ton truc, ça ne marche pas, Patrice ! T’as autre chose à proposer ?
– Y’a encore le temps additionnel, hein Oliv’ ?
– D’autant que le gâteau commence à s’affaisser…
– Ah… Si c’est pour la fessée… j’suis partant !
– Milo, la fée C. (qui témoigne à visage couvert, mais seulement le visage…), c’est pour plus tard !
– Pfff, vous êtes pas Manara les gars, ce soir…
– Si jamais, j’ai le 06 du père Fouettard : avec lui, la fête sera plus folle ! J’dis ça…
– Claus toujours !
– Quand on parle du loup…
– On en voit…
– Milo !!! On en voit : la barbe !
– Tous au gâteau ! Quelqu’un à vu la pelle ?
– Bouge pas, Jean est allé voir du côté Dujardin…

Carton plein

Carton plein

J’en ai vu défiler depuis le temps, des petits et des grands, des complètement perchés et des bas de plafond, des prétentieux clinquants et des prétendus craquants, des vieux dans leur jus et des miteux mal ravalés, des libres et des bien trop occupés, des bons coups, tout équipés, service 3 pièces rutilant, et des cabossés, les parties bien trop communes défraîchies par les années, des charmants, des vides, des canons, des insipides, des qui voient loin, des étriqués…
A croire qu’ils n’attendaient que moi, avec leur petite annonce aux photos retouchées… A chaque fois, j’ai fait un carton, voire plus.
Et puis, il y a eu lui. Ça faisait un bail que je n’avais pas ressenti ça… Dès que je l’ai vu, au coin de la rue, ça a été l’ascenseur émotionnel, direction le 7e ciel sans passer par le palier de décompression. Les clés du paradis poireautaient au bout de la carotte. Pas pour longtemps.
Ni une, ni deux, j’ai mis tout le monde au balcon : pas question de faire tapisserie. A peine le temps d’opérer un rapide diagnostic in situ… performance chéckée, énergie au taquet et tout le tremblement… Reste l’amiante, et là, c’est ma réputation qui est en jeu. Loué soit-il ! Il est vendu ! Le con promis, c’est pour moi. Emballée, c’est posé, ça va déménager.

dans ma valise, il y a…

dans ma valise, il y a…

Alors voyons…

Le bikini boule à facettes -que les sirènes aillent se rhabiller : il n’y a pas de place pour deux thon-beuses dans le bassin, mesures sanitaires obligent- : check !
La débrousailleuse-taille-haie-coupe-bordures-tondeuse sans fil pour dompter le foin qui dépasse de la charrette -sinon, on n’voit plus le maillot- : check !
Les chaussures de rando flambant neuves pour les contempler au moins une fois à la lumière du jour, sans les toiles d’arraignées : check !
Les masques de plongée, de beauté et de papier : check ! L’arbalette à visée laser anti-moustiques tigrés du Bengale : check ! Les enfants : check !
Pas besoin d’investir dans les bouées cette année, la Covid nous les a fournies gracieusement bien accrochées, ça libère de la place dans la valise.
Du coup, Darmanin le lapin des gamins, Donald notre singe nasique et Vladimir le chat sphynx des voisins -avec un peu de chance, on les oubliera au retour…- : check !
La brouette, le cheval à bascule, le gaufrier, la cuillère, le flipper, les munitions, la charrette, le transat, la chaise à porteur et ses bijoux de famille : check !
Il reste un peu de place ?
Ok, alors un peu de lecture, «La bande dessinée fantastique à la lumière de l’anthropologie religieuse», «Le retour des 101 nanars, une nouvelle anthologie du cinéma navrant (mais désopilant)», «Votez fou ! Candidats bizarres, utopistes, chimériques… farceurs et farfelus. De 1848 à nos jours, les élus auxquels vous avez échappé», et le très instructif «Comment chier quand on est amoureux*» : check !
L’homme : check !
Tout y est. La voiture est remplie à bloc. On peut enfin prendre la route. Le temps de faire le tour de notre quartier et il faut décharger. Que les vacances commencent !!

Pot de cols

Pot de cols

Elle avait beau se la jouer col et Montets, la Madeleine était plutôt du genre Bonette. Et ce soir-là, au Balme masqué, elle ne savait quelle altitude prendre…
Elle redoutait Leschaux qui lui cherchaient des Moises. Fuyait les Larche : avec eux, c’était un p’tit tour et puis s’en Vars.

Et passait son chemin devant les Rombo, aussi Forclaz Ponsonnière du village, c’est dire… Elle avait déjà donné avec Lautaret, non mais Allos, un vrai malade, celui-là !

Il y avait bien un Bonhomme, Pré de la Porte, là-bas, un poil Lauster, certes, plus tout jeune non plus avec sa Crète Sèche. “C’est clair qu’on passe du Simplon double. Il sort tout droit de Jorasses Site Park. Mais c’est lui mon sauveur, j’le sens… Viens là, mon Grand Saint Bernard ! Depuis le temps… Vieux motard que jamais”, se dit-elle. Elle serait Sarenne ce soir, en était convaincue. Il ne lui manquait qu’un bouquet de Roselend, sans l’Epine. Mais on ne vas pas chicaner, il Fréjus bien de passer à l’attaque !

Lui, était pendu à son Télégraphe, vu l’âge…. Mais n’avait rien manqué au manège de la Rousset’. Iseran à l’évidence : c’est ouvert ! Va pouvoir lacher les gaz.
Sampeyre et sans reproche, il se lança : “Moi, c’est Arlberg, mais appelez-moi Mont Ceni(s)eur !”, Izoard de dire quelque chose…

La voil’Aravis : le Galibier sur un plateau, c’était trop Braus ! Elle se voyait monter dans les tours, frotter le caoutchouc, bref, elle était Chaude comme la Braide. La blanche Colombière était en fait une vraie Arpy, connue de tour le Gothard pour Ferret le Mary, pas toujours en Finestre. Pic à Pic et collés Graille, avec un peu de chance…

Doux comme un Agnel, mais déterminé, le chevalier Bayard s’en Saisies, l’en Jambaz et pétrit son corps de Gleize, qu’elle avait fort Joly d’ailleurs, tout à son Eze, avant de la Labouret. Les bras en Croix Fry, elle se laissa faire, Gemmi, un peu, ses doigts dans le Clapier. Son Pilon ne fit qu’un Gets. Elle n’y vit alors que du Feu et pour cause, le Petit Saint Bernard n’était pas si grand tout compte fait.

Ils restèrent en lacets longtemps…
Allez, Madeleine… Une dragée Furka et ça Eira !

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