CHAMPIONNAZ DU MONDE

CHAMPIONNAZ DU MONDE

FOULE CONTACTS

BON J’AVOUE, JE M’EN DOUTAIS DEPUIS UN BYE, JAMES, MON AMANT SO SEXY, EST MARIÉ ET AIME L’EXOTISME. DE LÀ À OPTER POUR UNE CULTURE DE MASSE PLUS QU’UNE AGRICULTURE RAISONNÉE… IL N’Y A QU’UN COUP DE BÊCHE MAL PLACÉ…

PAR MAGALI BUY

Il faut dire qu’il a une vie plutôt décousue, une carrière de perchiste de haut niveau qu’il mène avec brio, un talent de pointe, et c’est peu de le dire. Ce jour-là, il avait une série de tests pour les championnats du monde et son besoin d’émulation pour sauter au top de ses capacités était torride. Rendez-vous virtuel programmé, on se retrouve comme prévu pour un combo texto, sexto et plus si affinités, histoire de l’émoustiller et de lui donner de l’élan. Tu m’étonnes !!!

BLABLA STAR

On démarre par les banalités d’usage, son état de forme, la couleur du ciel, son plat du jour et toutes superficialités dont il n’a strictement rien à faire. Il communique plutôt string, tanga et claque au cul, pour le reste. Il ne s’intéresse à rien, répond par emojis et même s’il abuse, il a toujours une excuse. En bonne quiche, je me dis qu’il est sûrement préoccupé… le pauvre. Ça me reste toujours un peu en travers, mais un décontractant plus loin, je respire et puis j’oublie… On embraye.

BRANLE BAS DE CON BAS

Soudain, tout s’affole. Il m’envoie un “j’ai envie de toi” avec 3 flammes, une langue et 12 points d’exclamation, pompelup, c’est la fête ! Je dégaine une première photo, soft, qu’il n’imagine pas que c’est du tout cuit –quiche#2–, il répond par un cliché bien moulé qui fait hmmmm…. Grrrr proéminant, j’enlève le haut et j’attends… J’attends… Mais qu’est-ce qu’il fout ? Il met un de ces temps!! Il n’est quand même pas en train d’astiquer sa perche ? Ce serait vraiment grande classe ! Et pourtant il se connecte… Mais qu’est-ce qu’il branle ? Le doute m’habite à défaut d’autre chose. J’hyper ventile, je passe au Xanax, au Chardonnay cul sec.

FILET DE PERCHE

Quand un “oui bébé c’est bon ça…” me ramène à la vie. Et la suite défile. Une série de petits mots tous plus attentionnés les uns que les autres, qui ont envie de faire des trucs, d’y mettre les doigts, la bouche et le reste, des bafouilles salasses qui déboîtent et qui donnent chaud !!! Aaaaahhhh, mais il me faisait languir le coquin… Je ne savais pas que je lui faisais un tel effet !!! Le grand saut par contre, j’men serais bien passé.

SALADES RUSSES

Il a commencé à parler de ma taille de guêpe, à vouloir défoncer ma cambrure de rêve et mon charme soviétique 95D de grosse S……. en me chopant par la crinière !!!! OOhhh, on se calme là !!! Mon charme de quoi???? Mais je ne suis pas russe du tout !!! Non mais il ne serait pas en train d’écrire à une autre, là ? C’est là que mon cerveau a défibrilé. J’ai pris des bouffées de chaleur, un second Xanax, un sac en papier, une douche froide, un couteau, des sueurs et des palpitations jusque dans les oreilles, je ne sais pas si c’est mon sang espagnol ou ma taille plutôt cassoulet, mais je l’ai DEFONCÉ : “petite erreur de sautoir on dirait… Pas besoin d’entraînement, ni d’élan pour faire THE bond, James, t’es bien champion du monde !

Déconfinement

Déconfinement

Monsieur et le (co)vide de l’existence

MADAME COMPTE SUR SES DOIGTS BAGOUZÉS : « TU TE RENDS COMPTE QU’IL Y A SEULEMENT 6 MOIS, NOUS APPLAUDISSIONS SUR NOS BALCONS ? ET QUE CHAQUE SOIR C’ÉTAIT L’ANNONCE DES DÉCÈS ! ON ÉTAIT ALORS PERSUADÉS QU’APRÈS LE COVID, NOUS ALLIONS ENFIN POUVOIR CONSTRUIRE UN MONDE MEILLEUR ! » ELLE RICANE… « TOUS ENSEMBLE !!! »

Monsieur voit que ça mouline sous les mèches blondies : le débat s’annonce… Pas de bol ! Le soir où l’Équipe de France joue pour l’UEFA Nations League ! Deux choix s’offrent à lui : soit chausser ses yeux de cocker – “oui, oui, bien sûr, tu as raison.” – en allumant la télé, soit raconter qu’il a oublié de passer chez Maman et foncer regarder le match chez Alain ! Dans les 2 cas, il y aura représailles avec au minimum 1 semaine de gueule + migraine/grève du consommable… Loulou décide sagement de faire l’impasse sur la première mi-temps pour ménager sa chèvre en restant chou !

Monsieur va devoir jouer au con, finement…

Il attaque : “Ben oui ! C’est toujours comme ça ! Les bons sentiments, c’est comme le Coup d’Un Soir : il est permis de changer d’avis le lendemain matin, quand t’es débourré ou que la fille se lève sans maquillage… On n’allait pas continuer à mener une existence de bulot accroché à son attestation de sortie ! Fallait bien que la vie reprenne !” – Elle : “Oui, mais pas comme ça ! Tu te rappelles mon Loulou, on prenait le temps de penser, de réfléchir, de marcher 1 heure, on mangeait bio, on déconsommait, on saluait les voisins en souriant ! Pourquoi c’est oublié tout ça ?” – Lui : “Parce qu’on était terrifié, le pangolin et la faucheuse toquaient à nos portes, alors on a paniqué, on l’a joué Bisounours pour gagner notre paradis ! – il tord son visage – mais l’Homme est un loup pour l’Homme, alors quand la cage s’ouvre, il bondit sur son bifteck !” – Elle grimace : “Quelle déception ! Où sont-ils les courageux qui voulaient revendre leur voiture pour continuer à écouter les oiseaux ? Ou les futurs-nouveaux-écolos qui ne juraient que par le vélo ?”- Il riposte : “Arrête ! Tu avais juste oublié comme c’était jouissif de tenir le volant de ta Mini, même dans les bouchons du quai de la Tournette !”

Le naturel revient toujours au galop ! Comme la deuxième vague ?


Madame, qui a trempé son caractère dans du vinaigre ce matin, ne lâche pas l’affaire : “On a eu deux mois pour constater que c’était génial de ne plus courir, que la vie était belle même sans aller sur la zone d’Epagny, que le télétravail faisait gagner 2 heures par jour – bon, oui, je sais, à condition d’avoir casé les gamins chez son ex – et finalement voilà que la pression remonte pire qu’avant : dis-moi, qui va rembourser les 100 milliards qui ruissellent ? Tes amis amish ou les 5 G ? Non, ce sera bibi comme d’hab !” – Loulou grommelle : “Mais moi aussi, j’ai envie de changer le monde, darling, pourtant je ne suis pas un Purédur, un jour je reprendrai l’avion ! D’ailleurs, oui, je le confesse : j’ai replongé… Ce midi, j’ai dévoré un 280 Original chez Mac Do, et putain que c’est bon, cette saloperie ! – puis perfide – et sans vouloir cafter, j’ai croisé en ville tes copines anti-mondialisation, apparemment en stage de réadaptation/apéro/shopping, elles étaient bien allumées de la carte bleue, pour des nanas qui voulaient la mettre en veilleuse…”
Madame lève les yeux au ciel, il en profite pour tenter la crucifixion : “Respire, tout va tellement mieux, regarde le foot : ils avaient droit à 4 joueurs positifs par équipe il y a une semaine et maintenant c’est 10. La semaine prochaine ce sera 20 + l’arbitre ! Si ce n’est pas de la bonne gestion de crise sanitaire, ça ! Allez, femme, prépare-nous l’apéro et passe-moi vite la télécommande, ça urge, la France a besoin de moi… !”

La clé des champs

La clé des champs

Closed café

Le sucre est tombé gelé, le café renversé, je sentais bien que la journée avait mal commencé… A défaut d’une nuit de folie, c’est le matin qui m’a rendu folle. 7h du mat’, j’ai des frissons, on connaît la chanson !

Un jour sur deux, je prends mon sac à main, celui du boulot, ma tasse d’arabica et direction la rédac’. C’est mardi, je ne suis pas censée y aller, mais on a une réunion importante alors go. Je ferme la maison, mon mug déborde, je le pose sur le bord de fenêtre, je le prendrai après. J’ouvre la voiture, jette mes affaires, branche mon téléphone, mets ma clé au démarreur, claque la portière et tire le portail. C’est toujours dans ce sens, une étape après l’autre, dans le même ordre et pour une bordélique comme moi, c’est fou. Allez, je chope mon caf’ et j’y vais !
Mais c’est pas possible, c’est fermé !!! Sésame… Pitié… Ouvre-toi !!!!! Olala !!!! La voiture s’est auto-verrouillée avec tout dedans !!! Respiration et hyperventilation suprêmes, je regarde autour de moi. Il y a des montagnes, les ânes et l’écho de mon AAAAHHHHHH, mais quelle idée d’habiter nulle part dans la campagne perdue !!! J’ai une pensée pour l’autre conne de Kate dans Titanic, glorieuse sur sa proue, à deux icebergs de la congélation et je prie. J’ai fermé la maison, mon mec est dans mon tél, en pleine conversation avec mes clés dans le vide-poche, j’ai un fond d’expresso et 500m de dénivelé sur 4 kilomètres en lacets, jusqu’à prochaine âme qui vive. C’est sport là !!! Je commence à descendre, j’suis so fresh, quand une voiture s’arrête. C’est l’ancien voisin qui a reconnu mon allure mourante. Ouf… J’explique vite fait, j’ai les doubles chez mes parents, à 10 km, je suis encore dans les temps, je monte, on y va. Je respire et commence à rire de la situation, quand j’arrive au dit lieu. Personne !!! Elle qui fait toujours le planton d’habitude. Je l’appelle avec le tél du voisin, c’est le seul numéro que je connaisse de toute façon : “Je n’suis pas là…” – sans blague – “… mais t’as pas tes clés de maison pour récupérer ton double de voiture dans le tiroir de la crédence ?” Popopo… Si, si, bien sûr !!! Dans mon sac, dans ma voiture… Fermée !!!! “Ben, appelle ton frère !” Oh la la… J’en peux plus !!! Répertoire, téléphone, siège, vide-poche… tout ça tout ça… Elle finit par comprendre et m’envoyer le contact sur le tél de l’ancien voisin. Youhou !!! C’est la fête ! En gros, mon frère a râlé parce que je suis vraiment un boulet, je l’ai attendu une demi-heure à 10 mètres du graal dans le tiroir. Il m’a remontée chez moi, j’ai récupéré ma vie, je suis partie en trombe jusqu’au boulot, envoyé un mot à ma chef pour le retard et j’y suis arrivée ventre à terre : “je viens d’avoir ton message, c’est la semaine pro la réunion ! Du coup t’arrives pile pour le café !”

box office

box office

SUR LE FIL

ÇA Y EST, J’AI RÉSILIÉ.
JE DÉMÉNAGE ET JE SUIS À POIL, SANS RÉSEAU, SANS RÉPERTOIRE, NI AMI… J’AVAIS POURTANT FAIT LE NÉCESSAIRE, HISTOIRE D’ÉVITER UNE SYNCOPE AU MOMENT DE REBRANCHER LA BOX, MAIS Y’A RIEN QUI SUIT…

PAR MAGALI BUY

J’vais leur passer un de ces savons, attendez que je les appelle !!! Aaaahhhh !!! Mais pas de tonalité non plus !!! C’est l’apothéose. Elle m’avait pourtant soutenu que je n’aurais aucun souci, la dame de la plateforme téléphonique. “Mais ne vous inquiétez SURTOUT pas, vous aurez un débit MAXIMUM, je vous assure.” Sur le toit les bras en l’air, sûrement, ouais !!! J’habitais en pleine campagne, profonde et au bout du bout du monde, comme dirait ma chef, à La Balme de Sillingy, c’est dire si les problèmes de connexion, ça me connaît. Mais là, ce n’est pas parce que je déménage à la montagne qu’il faut atteindre les sommets ! Avant de passer pour une blonde, je reprends la base de tout et je recommence l’installation, cramponnée au tuto. J’enlève les câbles, je les remets, je mords ma langue, je clipse, j’emboîte, j’en bave, mais ça y est, je branche l’ADSL et… et… et… Montée de pression… Toujours rien. Oh la la, ça craint, demain je télé travaille, faut que ça marche où je vais me faire appeler Simone !!! Ou pas d’ailleurs, tiens… Bref. Je descends de quelques kilomètres, mon téléphone et moi revenons à la vie, j’appelle le service client. Après avoir beaucoup respiré les 8mn 12 d’attente, contre les moins de 2 annoncées, Anne, ravie de m’avoir en ligne pour savoir ce qu’elle peut faire pour moi, prend une douche froide. Elle s’excuse, elle comprend, mais elle ne comprend pas. Chez elle, tout fonctionne. Elle tente quand même une petite manip pour voir : “Et là, maintenant, les voyants sont au vert ?” Quoi?? C’est surprise-surprise ? Après lui avoir réexpliqué que j’étais à 5km, parce que je ne pouvais pas appeler de chez moi, parce que ça ne marche pas, et que donc, c’est impossible, de me répondre désabusée : “Mais comment voulez-vous qu’on fasse pour tester la ligne, si vous ne m’appelez pas de chez vous pour vérifier ???” C’est à ce moment que ma mâchoire s’est écrasée au sol. “BEN JE VOUS APPELLE POUR ÇA !!!! VOUS NON PLUS VOUS N’AVEZ PAS LA CONNEXION JUSQU’EN HAUT VISIBLEMENT, ENVOYEZ-MOI UN TECHNICIEN SUR LE CHAMP !” Je ne sais pas si c’est ma voix mélodieuse, ou parce que la conversation est enregistrée, mais le technicien est arrivé en un temps record. Il lui a fallu 30 secondes pour réparer les dégâts… matériels : “Ma petite dame, ça marche pas au solaire, faut la brancher au secteur votre box si vous voulez qu’elle s’allume.” Pour les dégâts psychologiques, on s’appelle, hein ?

choré sur écran

choré sur écran

TICS ET TOC

A FORCE D’OBSERVER MES FILLES, J’AI REPÉRÉ CHEZ ELLES LEURS PETITES MANIES, LES GESTES CONVULSIFS ET RÉPÉTITIFS QUE LEUR CORPS SEMBLE NE PAS CONTRÔLER. LA PLUPART DU TEMPS, ILS M’ATTENDRISSENT, MAIS DERNIÈREMENT, ILS SE SONT AGGRAVÉS.

PAR MÉLANIE MARULLAZ
ILLUSTRATION SOPHIE CAQUINEAU

Devant la télé, par exemple, j’aime regarder N°3 qui, quand elle est totalement absorbée par ce qui se passe à l’écran, évacue par le nez émotions et sentiments : comme un lapin, elle le retrousse ou l’agite au rythme des événements. N°2, elle, cachée derrière ses BD, semble d’un calme imperturbable, mais concentre en fait toute son énergie au bout de ses pieds, pliant, dépliant ou écartelant ses orteils avec fébrilité. Quant à N°1, qu’elle soit pendue au téléphone, à son eyeliner ou à son dé à coudre, il y a toujours un moment où ses doigts vont être torturés, sa nuque maltraitée ou sa colonne désarticulée pour déclencher un concert de craquements sonores et perturbants.

MYTHE OU MANIES ?

Mais ces derniers temps, on dirait que leurs manies s’accentuent, se multiplient, voire qu’elles se contaminent les unes les autres. Avant d’aligner les assiettes dans le lave-vaisselle, N°2 se contorsionne à la manière de son aînée comme si ses vertèbres la démangeaient. Quand elle se lisse les cheveux, N°1 roule des yeux, fronce le nez et tire la langue, dans un enchaînement de grimaces saccadé. Et N°3 ne balade plus sa culotte –oui, depuis 3 mois, il est presque impossible de lui faire enfiler quel qu’autre habit que ce soit– sans tortiller étrangement des fesses, se mettre en pause tous les trois pas pour entrechoquer ses poignets et, simultanément, donner l’impression de gober des mouches.

GÊNE ET TICS

Dans le contexte anxiogène ambiant, je me mets à imaginer le pire : une épidémie familiale de Syndrôme de la Tourette ? Les conséquences dévastatrices d’une parentalité castratrice ? Les effets, sur leurs neurones, des ondes de l’antenne 4G qui a récemment poussé au fond du verger ? Un soir, le hasard me donne l’opportunité d’éclaircir ce mystère épais. A l’occasion d’un rare câlin collectif dans le grand lit parental, entre papouilles et chatouilles, N°3 exécute une sorte de macarena en accéléré, avec force coups d’épaules et yeux riboulés. “Mais qu’est-ce que c’est que ça P’tit Bidou? Je vous vois toutes, là, en ce moment, on dirait que vous êtes devenues des tics ambulants !
Mais non, Maman, c’est TikTok, Maman !
C’est bien ce que je te dis, des tics, peut-être même des TOC, oui, mais ça doit pouvoir se soigner, je vais…
Ma-man… Interrompt N°1, en me collant son smartphone sous le tarin, c’est sur les réseaux. On fait des vidéos, des mini-chorégraphies. Quand tu nous vois, c’est juste qu’on les répète, quoi… Même Manu, il connaît.
Votre père ???
Non, Macron, mais il est trop malaisant !
Macron, il fait des mini-chorégraphies ?
Laisse tomber… mais ne t’inquiète pas, nous on ne les publie pas. Et puis de toute façon, c’est comme le parme, les grosses sneakers ou les filtres Insta : si tu commences à t’y intéresser, c’est que c’est en train de passer ! Allez, continue plutôt à papouiller !”

+ d’infos : http://www.mavraieviedemaf.wordpress.com

Fruit détendu

Fruit détendu

BANANA FLIPPE !

DEPUIS QUELQUES TEMPS, J’AI VIRÉ TOUT SEXFRIEND DE MON COLLIMATEUR ET FAIT PLACE NETTE À ALAN, BEAU BRUN TÉNÉBREUX CHOPÉ SUR POURLEMEILLEU- RETPOURLEPIRE.COM, ET C’EST PEU DE LE DIRE.

PAR MAGALI BUY

A force de faire la chandelle à tout va et de me brûler les doigts – quand ce n’est pas le reste –, ce coup-ci, je n’y suis pas allée de main morte. J’ai cuisiné l’homme sans relâche, à l’affût du moindre défaut, j’ai joué la Mata Hari en jupon échancré. Mordu, il a répondu à toutes mes exigences, même les plus tordues. Pas de slip à rayures, ni de mocassins à glands, pas de mouchoir en tissus roulé dans les poches non plus, mais de l’humour, des dents propres, pas de femme ni de mère à proximité, et surtout, un look classe plutôt cool qui fait grrr. C’est bon, il passe haut la main, j’ai filé rencard, il vient !

LA BELLE ET LA BÊTE

Quand il sonne à l’interphone, j’ai enfilé un legging, un bustier push up, entamé le chardonnay et pris un anxio pour détendre l’atmosphère et réchauffer les préliminaires. Il tape, mon cœur aussi. J’ouvre la porte, il s’arrête, bouche tombée et myopie révulsée, vue la bête, j’aurais mieux fait de descendre la bou- teille. Il est arrivé fier et droit, sûr de lui et sex appeal gominé, mais surtout le machin en avant ! AAAHHH mamaaaaan, mais comment est-ce possible d’exhiber un truc pareil et d’avoir si peu d’égard Alan… Popopo… On ne voit que ça !!! Non mais JAMAIS on ne me fera avaler ça, encore moins croire que cette espèce de truc difforme attise les convoitises. Même en cas de disette, c’est niet !

TOUT UN RÉGIMENT

En plus, y’a un truc à picots qui pendouille et qui m’interpelle. Je penche la tête de biais et d’un peu plus près, mais c’est quoiiii ? C’est un genre d’accessoire tendance décontractant musculaire ? Je secoue la crinière en guise de renoncement, je crois que je ne préfère pas savoir. Je nous sers un verre histoire de me donner du courage, que j’enfile direct, mais je n’ai pas plus de solution pour le foutre dehors, que l’extrême-onction qui m’a séchée d’un coup net. C’est sûr, ce n’est pas ce soir que j’vais en manger une par les deux bouts, en tous cas pas celle-là ! Mais quel mauvais goût !

L’AFFAIRE EST DANS LE SAC

Après avoir désolidarisé mes cuisses en fusion avec mon string, c’est décidé, il faut que j’men débarrasse et surtout que je rajoute ce DETAIL sans précédent à ma liste de trucs interdits. Et alors que ma cervelle tourne à plein régime pour trouver un stratagème, il se met à l’aise et la pose sur la table, là comme si de rien n’était. Ahhhh, mais ventilez-moiiii !!!! Et les bactéries, hein ??? S’il la met partout comme ça !!!! On va où lààà ??? !!! Elle aurait été naine et plutôt mignonne, en apnée et du bout des doigts, j’aurai pu faire un effort, mais là, boursouflée et en version XXL, j’ai la nausée qui bat de l’aile, j’y touche même pas. Je ne sais pas si c’est mon teint vert, ou son côté trop mûr qui a terminé d’éplucher le sujet, mais il a fini par remballer sa banane Jacoste en déplorant que le legging moule moule, franchement, ça n’allait pas être possible.
Quoi ??? C’est gonflé de me juger sur un si petit détail, c’est dingue, tout part à vau-l’eau. Allez, tire-toi ou j’te fais la peau !

Pin It on Pinterest