En vélo mon polo !

En vélo mon polo !

WATER POLO ? NON, BIKE POLO !

COMME UNE SOUDAINE ENVIE DE ME LA JOUER SO BRITISH, DE TROUVER MY STAÏLE, QUOI QU’IL EN COÛTE. IL DOIT BIEN EXISTER UN SPORT QUI ME SIÉRAIT COMME UNE SECONDE PEAU. ALLONS DU CÔTÉ DES SPORTS À MAILLET, TENUE CHIC ET GARDEN PARTY… JE SENS QUE ÇA VA ME PLAIRE !

Manque de bol, je n’ai pas trouvé de club de croquet. What ? Du Bike Polo ? C’est pas vrai, il n’y a donc pas de sport genre promenade du dimanche entre vieux, ici ? (Le golf mis à part… ça aussi, c’est sportif ? Pas essayé, next time). Du polo sur un vélo donc, mais bien sûr…

POLO À VÉLO

Quel dommage, j’avais déjà la tenue parfaite : short immaculé, polo et maille sur son camaïeu de beige, canotier de paille (le même que j’arbore à Roland Garros et sur la Place des Lices). Changement de plan, j’enfile des gants et troque mon ravissant chapeau pour un casque avec grille de protection (c’est-à-dire ? On ne fait pas du hockey non plus ?). Parce qu’à en croire Pierre-Nicolas, la petite balle dure qui va me servir de projectile, mieux vaut éviter de se la prendre de plein fouet.
Reste un détail, majeur, il va falloir monter un destrier du genre à deux roues. Rappelons que ma dernière expérience en la matière n’a pas grand-chose à voir ni avec l’ascension du col du Galibier, ni même avec celle d’une descente effrénée en VTT sur la 666 aux 2 Alpes. Mon plus récent souvenir remonterait plutôt aux pistes cyclables de l’Ile de Ré où la difficulté première reste de ne pas enfourcher le premier tricycle fou débordant de sa voie. Là il va falloir conduire ce vélo à une main, la gauche, tandis que la plus «habile» sera fort occupée à manier le maillet. Et sinon les genouillères, coudières, chevillières, vous avez ?

POLO ENTRE POTOS

Trois contre trois sur un terrain de la taille de celui de hand-ball, spécialement fermé sur ses 4 côtés pour pouvoir jouer avec les murs (je suis nulle au billard, décidément…), j’ai le guidon tremblant, la trajectoire vacillante. Concentrée sur la conduite du vélo, il faut anticiper sur le côté où l’on va récupérer la balle et balayer le maillet pour tenter, qui sait sur un malentendu, de la toucher au moins une fois en 12 minutes : on y croit. L’ambiance est bon enfant et s’il existe des championnats nationaux, européens et mondiaux, il y a aussi tout plein d’événements isolés en région où les équipes sont mixées, niveaux mêlés, plaisir pour tous. Avec quelque 400 pratiquants, le Bike Polo apparu en France il y a une dizaine d’années conquiert petit à petit ses pratiquants avec une dif- ficulté première : trouver des terrains adaptés à sa pratique. Le club Annecy Bike Polo espère pouvoir grandir, mais en attendant, la petite communauté joue le jeu du sport détente. Décomplexée et quelques exercices de slalom plus tard, il se pourrait bien que j’arrive à la toucher cette baballe. Et pourquoi pas atteindre la cage… ou me poster par défaut en gardien. Râté ! On doit tourner… et je n’ai pas le droit de poser le pied à terre ? Oups, on en refait une ?

+ d’infos : http://www.facebook.com/Annecy-Bike-Polo-1154379201354299/

 

en piste !

en piste !

on s’fait un break ?

MARRE DE ME PRENDRE LES PIEDS DANS LE TAPIS ET DE M’Y FAIRE RÉGULIÈREMENT ENVOYÉE, J’AI DÉCIDÉ DE JOUER LA SÉCURITÉ, MÊME SI JE ME SUIS MAINTENANT HABITUÉE À ME MÉFIER DE L’APPARENTE FACILITÉ. MAIS QUAND MÊME, SUR UN DANCEFLOOR, IL Y A TOUJOURS MOYEN DE S’EN SORTIR NON ? ALLEZ, HIP HOP, FLIP OU FLOP ?

Hip-hop, popping, locking, break, krump, house… Crac, boum, hue… Les hommes en tombent à mes genoux. Qui a parlé de facilité ? Non, parce que ce grand tout que nous appelons hip-hop recèle en réalité moult variantes stylistiques : mouvements crantés pour le locking, flot ondulé pour le popping, intensité saccadée pour le krump, figures acrobatiques pour le break dance… Alors, pour nous, ce sera la version house… J’en appelle aux esprits des nineties, âge d’or de ma révolu(e)-tion durant laquelle j’avais la prétention (ou l’inconscience) d’exhiber mes talents sur la piste.

SUR QUEL PIED DANSER ?

Entrez dans la danse, les soucis n’ont pas de chance, la musique commence… (Seuls les plus que trentenaires pourront retrouver la référence à ces paroles.) Je me jette donc sans l’ombre d’une hésitation dans l’arène des hip-hopeurs qui s’exercent chaque semaine sur le parquet de Raca Danse.
Avoir la tête et les membres souples, les hanches déverrouillées et laisser le flot de musique nous traverser. Mes réminiscences d’ex-danseuse classique qui tenait la posture me cantonnent un peu… beaucoup. Je n’ai pas franchement les atouts pour devenir une star du twerk, ça crève le miroir.
Tant que l’on décompose les mouvements, je fais illusion, mais dès que la musique enclenche et avec elle le rythme puissance 10, me voilà vite rattrapée par un sens approximatif de la coordination (la danse classique, c’était dans une autre vie) et aléatoire de l’enchaînement. Que dire de mes capacités de mémorisation, iraient-elles en déclinant ? Non, déjà ? Paix à mon intellect. Attention, neurones en perdition.

MENER LA DANSE

Quel que soit le style, le hip-hop impose d’en avoir, du style. Force est de constater que je n’ai pas encore tout à fait trouvé le mien. Si ce n’est qu’après plusieurs répétitions du mouvement (que je serais tout à fait incapable de reproduire seule, soyons clairs), je comprends qu’il faut en fait surtout ressentir l’idée du mouvement et l’inscrire au mieux dans le flot de la musique. Il ne s’agit pas seulement de reproduire un schéma imposé, qui serait plutôt l’antithèse de l’esprit affranchi du hip-hop. Après, question de génération peut-être (ok, sûrement !), y’a indubitablement comme un truc qui bloque dans ce corps de quarantenaire. Malgré tout le plaisir que je prends à essayer, il me faudrait sans aucun doute 4 fois plus de séances que n’importe quel autre novice de 20 ans pour parvenir à décoincer ce je-ne-sais- quoi qui me limite à des mouvements restés bloqués dans les années 90 et ne correspondent de toute évidence plus au genre actuel.
«J’ai fumé dans des restaurants […], j’ai écouté des faces A et des faces B […], j’ai dansé des pogos, des lambadas et même des slows dans des discothèques […] alors vieille ou pas vieille ?». Il y a un moment où il faut se rendre à l’évidence.

 

+ d’infos : http://raca-danse.com

© Olly

new vintage

new vintage

mono manie

En voyant re-débarquer le chouchou/demi-queue dans les cheveux, l’accord jean neige/crop top dans les dressings et la fratrie Brandon/Brenda sur les écrans, j’aurais dû m’en douter… Les années 90 sont bien de retour. Et à cette époque-là, qui paradait sur la neige avec une combi multicolore et un stick à lèvres fluo ? Le mono !

A voir la manière dont les autres skieurs le regardaient quand il sortait sa planche et enchaînait élégamment les courbes, je prenais mon père pour le tout dernier monoskieur sur la terre. Aveuglée par l’amour filial, je n’ai certainement prêté aucune attention aux autres mono-glisseurs perdus dans la foule des snowboarders. Je n’ai pas vu qu’ils défendaient, discrètement, cette pratique d’un autre temps, préparant lentement, mais sûrement, son retour en piste.
“Il n’a jamais disparu ! confirme Pierre Bidault, président de Monoski France. Cette année, aux 7 Laux, nous allons fêter les 20 ans du Mondial du Monoski -le plus grand rendez-vous planétaire de la discipline-, et ceux de l’association. La fréquentation sur nos événements (une dizaine de compétitions chaque année) explosent, et nos adhérents, même s’ils ne reflètent pas tous les pratiquants, sont de plus en plus nombreux.” 45 membres en 2013, 200 aujourd’hui… Si ça, ce n’est pas le signe d’un regain !

NOUVELLES LIGNES

Et les fabricants ne s’y trompent pas, qui, eux aussi, relancent la machine à mono. “Depuis 4 ans environ, il y a plus de vente et de demandes sur les nouveautés”, constate Amina Toukabri, directrice commerciale chez Duret, la marque iséroise qui avait sorti, en 1979, le 1er monoski de production et n’a jamais cessé d’en fabriquer depuis. “Du coup, nous allons relancer la Recherche & Développement et le prototypage.” Car pour son come-back, le mono s’est fait beau… Lifté de partout, moins raide, moins épais et plus court que son aïeul, il s’est également affiné la taille pour attaquer dans les courbes, flirter avec l’horizontale. Il est plus fun aussi. S’encanaille en freestyle, ce qu’il n’avait jamais fait avant. Et pour dompter la poudreuse, SON élément, certains modèles donnent également dans l’ultra large, version bodybuildée. Bref, les formes ont explosé.
Résultat, des marques qui paraissent éloignées de l’image mono, comme le très branché collectif Faction, se penchent sur son berceau, et d’après France Monoskis, on compte aujourd’hui plus de fabricants qu’au moment de son âge d’or au milieu des années 80. A cette époque, popularisé par le mythique Apocalypse Snow I – un film dans lequel des méchants monoskieurs poursuivent un gentil snowboarder détenteur du secret de la glisse, un classique à revoir absolument ! Il s’en vendait quand même près de 120 000 par an.

PLAISIR INTACT

Autres signes de la reprise : l’intérêt des plus jeunes et des écoles de skis. Même s’il s’agit encore de niches, son enseignement est de nouveau proposé aux jeunes locaux dans certains clubs de sports, et aux vacanciers curieux dans quelques stations, aux 7 Laux évidemment, à Vars, Chamonix, Val Thorens… par des écoles de glisses alternatives souvent, mais c’est un début !
Car le plaisir lui, n’a pas pris une ride. “Pour moi, ça reste la plus belle des glisses, sourit Pierre Bidault, c’est un peu une combinaison du ski et du snowboard : on est face à la pente, face à son destin, mais sur une planche unique, donc beaucoup plus facile à manier. En poudreuse notamment, on bouge une oreille et ça tourne.
C’est exactement ce que disait mon père…

 

+ d’infos : www.http://monoski-france.com

©DuretXColbachini

le swimcross

le swimcross

hors d’eau hors d’air

RAVIGOTÉE PAR MA DERNIÈRE TENTATIVE DE REÉCONCILIATION EXTRA-SPORTIVE ET CONVAINCUE QUE LE MILIEU AQUATIQUE ME RÉSERVAIT ENCORE BIEN DES JOYEUSETÉS, J’AI TENTÉ LA TENDANCE CROSS QUI SE CONJUGUE À TOUS LES SPORTS… KRIS KROSS WILL MAKE YOU JUMP JUMP ET J’AI JUMPÉ INTO THE SWIMMING POOL…

Le swimcross appartient à la catégorie des sports new generation qui savent allier défi sportif et esprit collaboratif, dépassement de soi et franche rigolade. Plus à l’aise dans un aspect que dans l’autre (je vous laisse le soin de deviner lequel), je me suis prêtée au jeu de l’exercice avec la plus naïve décontraction.

A L’ASS-EAU !

Après la 4G (bientôt dépassée), le 2.0, la PS4 et le S10, voici venue l’aire du sport en 3D. J’ai donc envoyé mon hologramme se jeter à corps perdu dans les eaux aussi translucides que lui du bassin chloré pour une expérience qui n’a rien eu d’édulcoré. Objectif: suer en 3 dimensions en enchaînant des exercices dans, sur et hors de l’eau. Et pour le coup, j’ai été bien dans le jus, grave sur les rotules et clairement hors d’usage après ma prestation dont les chorégraphies millimétrées de natation synchronisée feraient bien de s’inspirer, histoire de renouveler un peu le genre.
Top départ, la session de parcours en individuel dure environ 25 minutes et il faut enchaîner le maximum de tours. Autant le 1er passage passe encore, le côté ludique l’emportant sur la culture du résultat, autant le second se gâte franchement. Et que dire des suivants… Chaque obstacle à franchir me semble à chaque fois plus insurmontable, je me traîne comme une otarie échouée qui aurait errée dans les eaux gelées de l’Arctique durant des semaines à la recherche d’un bout d’iceberg auquel s’accrocher. Lorsque je parviens à m’extraire de l’eau, à moitié en apnée et encore bleuie par l’effort fourni, j’enchaîne avec une série de pompes et de squats sur des tapis mouvants avant de me faire une série de fentes au bord du bassin. Sérieux, rien ne m’aura été épargné !

MOLL-EAU

C’est ensuite sous forme de challenge collectif que le jeu se poursuit. Dommage l’équipe, chacun sa croix, aujourd’hui, ce sera moi… Et autant vous annoncer tout de suite, le départ plongeon on oublie, perso je saute à pieds joints en me bouchant le nez, vous ne m’en voudrez pas ? Petites sessions de nage rapide (à l’indienne, ça marche ?), modules à escalader, glissades improvisées, abdos-fessiers-souffle coupé, poids immergés au fond du bassin à rapporter… Touchée, coulée… sous-marin HS.
Dans la lignée des marathons semi ou archi, des épreuves de crossfit, bi-triathlon et autres ironman tous plus extrêmes, le swimcross a lui aussi ses événements dédiés avec une vraie saison de défis à relever à travers la France. Avis aux amateurs d’effort haute intensité, vous en aurez pour votre engagement.
Petit conseil pratico-indispensable: on évite absolument le bikini échancré-ficelles sur le côté sous peine de finir en string de dos… comme de face. Idem pour le haut triangle-m’en fous-j’ai pas de seins, parce qu’autant y aller topless tout de suite. Alors bien sûr, les plus sportives d’entre vous s’en doutaient… Gna-gna-gna… Moi pas.

 

+ d’infos :http://chatel-formedo.com

 

jeûne et jolie

jeûne et jolie

stage de jeûne

« TU ES DINGUE ? JAMAIS JE NE POURRAIS FAIRE ÇA ! CE N’EST PAS MAUVAIS POUR LA SANTÉ ? TU ES MASO MA FILLE OU QUOI ?? » VOILÀ LE GENRE DE CHOSES QUE J’AI ENTENDUES AVANT DE ME LANCER DANS MA SEMAINE DE JEÛNE.

Je me voyais déjà vivre un enfer : pensez-vous, ne rien ava- ler de solide pendant 5 jours pleins, en plus des 3 jours avant et après uniquement avec des fruits et légumes cuits. Moi qui ne dis rarement non à un bon petit plat, et pour qui sauter un repas est un sacrifice surhumain !
Telle une condamnée promise au bûcher, une semaine avant le départ pour le centre de jeûne, je me suis accordé un dernier verre de vin, suivi de mon dernier café le lendemain matin. Puis, il a fallu arrêter la viande et les produits laitiers. Un mal de tête lancinant s’est installé, accompagné d’une humeur disons tatillonne… Je n’étais pas à prendre avec des pincettes ! Enfin, il a fallu attaquer les 3 jours légumes et fruits cuits. Les maux de tête ont alors laissé la place à des sensations de faim au cours de la journée, calmées par un verre d’eau.

J’arrive le dimanche soir au centre de jeûne, délestée de 2 kilos, mais totalement angoissée à l’idée de ne plus rien avaler. Dans quelle galère je me suis mise ?

Après un entretien avec un médecin généraliste, je suis déclarée apte à faire mon jeûne. Impossible de faire marche arrière ! Bruno, le directeur du centre nous distribue alors du chlorure de magnésium à boire avant d’aller se coucher. C’est absolument immonde, mais je m’exécute… Cela permet de vider les intestins, et de cette manière, éviter la sensation de faim.

Le lendemain matin, réveil à 4h50 : je cours aux toilettes… La vidange est visiblement enclenchée ! Je tente de me rendormir, mais en vain…
Un peu comme à l’armée, le déroulement des journées est invariable :
9h00 : cours de Pilates ou de Yoga
9h30 : nous avons droit à une merveilleux jus de pommes, carottes, céleri, gingembre. Hummm, le meilleur moment de la journée! Je déguste pour faire durer le plaisir le plus possible !
10h00 : c’est parti pour 3 heures de randonnée. Sensation d’avoir les jambes très lourdes, surtout dans les montées, mais je n’ai pas du tout faim, surtout quand je bois de l’eau.
13h45 : sieste bien méritée
16h00 : séance de méditation en pleine conscience. Très agréable, malgré le ventre qui gargouille un peu.
17h00 : jacuzzi, sauna. Détente garantie. Attention à la tête qui peut tourner
18h00 : dîner ! Euh… enfin bouillon clair de légumes…
20h00 : séance de sophrologie
21h30 / 22h00 : dodo !

Les 3 premiers jours ont été les plus durs, mais rien d’insurmontable : sensation de faiblesse, de tête qui tourne à l’effort, le ventre gargouille constamment… Je perds à peu près entre 700 et 900 grammes par jour. Puis le 4e jour, réveil avec une pêche d’enfer. Je parcours mes 8 kilomètres sans problème. Le cerveau fonctionne bien, j’ai vraiment le sentiment d’avoir les idées claires.
Le dernier jour, je n’ai pas dormi de la nuit, mais je me suis réveillée en pleine forme ! Comme si je n’avais pas du tout besoin de cette nuit de sommeil. Je rentre, les traits reposés, j’ai bonne mine, mes cheveux sont brillants, et j’ai perdu entre 5 et 6 kilos !
Au retour, il a fallu être raisonnable, quelques jours de fruits et légumes cuits, puis réintroduction des céréales, féculents, et en dernier les produits laitiers, et la viande. Enchantée par cette cure, j’ai hâte de renouveler l’expérience l’année prochaine !

ça vous branche ?

ça vous branche ?

l’art-bre de grimper

CHEVILLE EN VRAC… ON M’AVAIT POURTANT DIT DE M’ENTRAÎNER AVANT DE M’INITIER AUX STILETTOS. LE TALON AIGUILLE, C’EST UN SPORT EN SOI (CE SERA PEUT- ÊTRE MÊME LE PROCHAIN OBJET DE MA CHRONIQUE). PASSONS… LE SPORT AVEC UNE ATTELLE, C’EST POSSIBLE ? EH BIEN OUI, J’AI TROUVÉ ! LA GRIMPE D’ARBRES, C’EST POUR TOUS, MÊME À MOBILITÉ RÉDUITE, PASSAGÈRE OU NON D’AILLEURS.

Et la discipline serait même assez ancienne, une trentaine d’années (ancienne, pas tant que ça, non mais oh !) et reconnue par l’Etat depuis 2009. Mais elle peine encore à se faire connaître. Qu’à cela ne tienne, ma malléole ébréchée et moi, on y court (clopine ?). Clopin-clopant donc, c’est au pied d’un (h)être majestueux que je me rends et qu’Audrey m’attend. En pleine sève, bien juteux, la feuille chlorophyllée à souhait et le tronc recouvert d’un épais duvet mousseux, il en impose. Verdoyant, mais mûr comme je les aime.

HAUT PERCHÉE

Tout de force et de légèreté, il trône au cœur de la forêt, là où le silence s’est naturellement imposé. Séance spéciale, rien que pour moi, privilège ultime. Audrey a préparé les cordes, une par grimpeur, et tout disparaîtra après notre passage. Toujours éphémères, les installations sont pensées pour limiter leur impact sur le milieu qu’elles empruntent. Ni frottement de l’écorce, ni dégradation de l’hêtre, à bon entendeur. Baudrier harnaché, il est temps de penser ascension. Dans le calme ambiant, j’ai les écoutilles qui grésillent (pas habituée) et l’impression que même les bestioles nocturnes ont été arrachées à leur sommeil par celui qui tape dans ma poitrine. J’agrippe ma corde et glisse mon seul pied valide, l’autre pendulera, dans le nœud autobloquant qui permet de faire coulisser la corde et de me hisser haut (ou pas, je ne suis qu’à 2 mètres). J’évite de zieuter en bas, inspire fort et raccroche mon regard aux branches, les premières qui me donneront l’impression de moins pendouiller dans le vide.

EN « ARBROSENTEUR »

Vert-tige au sommet, celui-ci me délaisse parfois pour me laisser profiter des vertus apaisantes de celui qui me porte. Petit pas chassé latéral, j’atteins une branche sur laquelle je pose ma main, comme pour l’apprivoiser. Audrey en profite pour me révéler quelques-uns de ses secrets, elle en a des tas. Petit haut-le-cœur quand ça balance, je tremblote un peu du gauche et frôle la tendinite du poignet à force de serrer la corde, mais prend la liberté de me déplacer d’une branche à l’autre. Johnny Weissmuller, si tu me regardes…
Pas de volonté de dépassement physique au programme (prières exaucées) et encore moins de technique à avoir, l’heure est plus à la découverte sensitive. J’en oublierais les 5 mètres et des peufs qui me séparent maintenant de la terre ferme. Vous avez prévu du renfort pour me redescendre ? Moi, plus bouger. On verra ça plus tard, Audrey m’a réservé une surprise : un hamac tendu entre deux branches… Quel pied ! Ma cheville vrillée et mon esprit galopant se mettent sur off. Je prends l’option sieste, mode chenille larvaire enclenché et j’attends l’apéro. Si, si, c’est possible, il existe des tables suspendues : débrief entre collègues, goûter en famille ou apéro mojito (à condition de hisser la glacière)… Perché et branché, reconnexion assurée, ça le fait !  

 

 + d’infos : http://facebook.com/escalearbres/

 

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