mariée en Valérie Pache

mariée en Valérie Pache

les robes qui donnent des ailes

AVANT, C’ÉTAIENT DES PARACHUTES. APRÈS, CE SONT DES ROBES, À LA FOIS DÉLICATES ET FORTES EN CARACTÈRE, CONÇUES POUR LE MOUVEMENT, LA LIBERTÉ, LES GRANDS ESPACES. ENTRE LES DEUX, IL Y A EU LE GRAIN DE FOLIE DE VALÉRIE PACHE !

PAR ESTELLE COPPENS

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©Charlotte Cavaleiro – Danseuse Fiona Wagner

« J’ai ça pour toi, ça t’intéresse ?”, lui lance un matin une voix masculine, au téléphone. “Oui”, s’entend répondre Valérie Pache depuis sa maison chamoniarde. Certainement parce que pour cette styliste formée à Paris, ayant vécu à Bordeaux et à Lyon avant de regagner sa vallée natale, “chaque chose a un sens même si l’on n’en saisit pas immédiatement la portée.” Et puis la jolie brune a horreur de ce qui est perdu. Le soir même, dix toiles de parachute en fin de carrière atterrissent dans son salon. L’ami en question appartient à la fédération française de parachutisme. Réaction de son entourage ? Rigolade générale. “C’est moche, qu’est-ce que tu vas bien pouvoir faire de ça ?
Les moqueries contrarient la couturière qui y puise un supplément de motivation, elle qui, depuis ses débuts, a toujours cherché à ennoblir les matières recyclées. “Ça se tente, on verra bien où cela nous mène”, décrète-t-elle à l’instinct. En 2009, ses premières robes «volantes» fabriquées à partir d’anciennes voiles de parachute voient le jour. A même cette matière première pas banale, Valérie sculpte des créations en volumes, d’une féminité gracile et intrépide, balançant entre mythe et réalité. Au salon parisien Ethical Fashion, la même année, ses pièces uniques font sensation. La maison de couture artisanale Valérie Pache décolle.

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©Charlotte Cavaleiro – Danseuse Fiona Wagner

SKY IS THE LIMIT…

Parachute ou parapente, après mille vols, ces tissus techniques ne sont plus sécuritaires : interdiction formelle de planer. Direction le rebut. Mais la relation de confiance que la Savoyarde a su tisser pour obtenir l’autorisation de les recycler ouvre de nouvelles perspectives. Difficiles à obtenir, la partie couture de ces étoffes vintage n’est pas du gâteau non plus. Il faut démonter chaque voile une par une. Compter 2 heures facile pour un parachute de survie. Vient ensuite l’opération de nettoyage, tic-tac, tic-tac… En revanche, Valérie saute la case «teinture» car les voiles gardent la couleur de leur première vie. Ensuite ? “Ensuite, justement, je me laisse guider par la couleur pour créer et je laisse vivre.” Jeux de transparence, de masse, surpiqûres, fronces, longues traînes : “façonner cette matière est jubilatoire, ça rattrape tout.” La soie naturelle s’invite parfois dans les compositions. A chaque voile sa robe, à raison d’une dizaine de toilettes par an. Les modèles s’inspirent de la puissance des éléments de la vallée du Mont-Blanc, “un terrain de jeu magnifique”, évoquent la pureté d’une nature fragile, menacée.

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© Hlo Photography – Modèles Agathe Petrini & Elodie Chan
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© Hlo Photography – Modèle Agathe Petrini

CRÉATRICE PAS TERRE À TERRE

Dans le sillage des robes volantes et évènementielles, il y a eu des créations incrustées des fameux cristaux de la vallée, des robes amphibies, clignotantes, de princesse avec jupon en tulle, et des robes de mariée, sur mesure ou à louer. Les grandes boutiques se montrent plutôt frileuses à les diffuser. Qu’importe, Valérie Pache est du genre à l’aise sur les chemins des crêtes. D’ailleurs, au fil de ses pièces uniques, cette autre aventurière des aiguilles prend conscience que sa production confidentielle lui convient bien. Même si les fins de mois sont, elles aussi, sportives. Avec peu de moyens, Valérie soulève des montagnes. Elle fédère autour d’elle une communauté artistico-athlétique, conquise par son univers de rêve et de défi cousu main. Vidéastes, photographes, circassiens, parapentistes, musiciens et même un PDG l’aident à concrétiser ses idées de mises en scène poétiques et culottées. Dont le coup de maître de la créatrice écologique : réexpédier dans le ciel les voiles transformées en robes. Les vidéos de trapézistes drapées de sa marque fendant l’air avec grâce, pendues au bout de parapentes valent le coup d’œil. “J’aime être à tous ces confluents : mode, sport, MLF, arts, environnement…”, se réjouit celle qui a été invitée à la Biennale de Venise, à la COP 21 pour une performance avec Laurie Lubbe, danseuse virevoltante de l’équipe de France de soufflerie, habillée par ses soins.

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© Benjam Picture – Modèle Mary Zanco

HÉROÏNES DU QUOTIDIEN

Son dernier pari ? Intégrer le vestiaire de tous les jours. Soit dix ans d’évolution pour arriver au prêt-à-porter. “Un jour, j’ai fabriqué une grande cape en toile de parachute. Pourquoi ? Mystère. On a 10 ans à nouveau”. Les capes sont à passer sur des robes en maille taillées dans le coton et le velours bio mettant en valeur la silhouette. Genre : faussement sages. Même éloge de la féminité qui accomplit inlassablement de petits miracles sans attendre d’applaudissements. L’esprit de jeu demeure, consigné dans les accessoires : cape, longs gants, capeline, loups. Les modèles portent des noms de pierres, pour mieux souligner leurs supers pouvoirs. Ceux des vêtements, comme ceux des femmes…

à la mode de chez nous

à la mode de chez nous

bouton d’or

LAURIE ANN NGUYEN, STYLISTE LYONNAISE POUR ENFANT, N’EST PAS TRÈS À L’AISE AVEC L’EXERCICE DE L’INTERVIEW ET NE S’EN CACHE PAS DU TOUT. UNE BARBOTEUSE ANTI STRESS ENTRE SES MAINS, ELLE ROULE EN BOULE L’HISTOIRE DE SON 16 RUE SAINT GEORGES DANS SA GORGE… ET QUE D’ÉMOTION !

PAR MAGALI BUY

« 16 rue Saint Georges, c’est l’adresse où je suis née, celle où j’ai grandi et j’en garde des souvenirs merveilleux. Une poignée de boutons glanée à la mercerie du coin, les dimanches au marché de la création la main dans celle de mon père, les fêtes de famille, déguiser mes cousines, rire aux éclats, j’en ai tellement…” Et dans ses yeux comme dans ses mots, ça a l’air plutôt sympa ! La découverte des arts et des tissus au bout de sa rue, le regard qui pétille, la richesse d’une culture moitié France, moitié Vietnam, transmise par des racines qu’elle cultive dans ses collections. “Faire de la mode pour enfant rend hommage à l’éducation que mes parents m’ont donnée, cette maison du bonheur où j’ai vécu des moments magiques. Depuis peu, mon père l’a mise en vente et pour qu’elle reste gravée à jamais, j’ai donné son nom à ma petite entreprise.

LES P’TITS MOUCHOIRS

Mais avant d’en découdre avec sa ligne du 16 rue Saint Georges, la jeune femme fait ses premiers pas, bien loin de là. “J’ai travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant une dizaine d’années, puis j’ai eu ma fille et mon fils, et j’ai commencé à me poser des questions sur l’avenir, à me demander si je devais suivre cette voie ou pas.” Et la réponse a claqué du doigt. Une amie lui offre un livre de couture et lui sert sa madeleine de Proust sur un plateau. “Petite, j’adorais coudre, ce cadeau symbolisait un retour de passion et je trouvais ça touchant.” Et puis ça tombe bien ! La jeune maman ne trouve pas son bonheur dans les boutiques, alors quand on a tout sous la main et qu’on aime faire fines broderies et petits points, faut pas se priver ! Les vieux réflexes reviennent, les robes tournent et les barboteuses gigotent, ses modèles plaisent et ne tardent pas à faire boule de neige chez les copains… Février 2019, bye bye la pharmacie, place à la mode pour bambins !

C’EST MOI LE PATRON !

Et Laurie Ann fonce ! Elle dessine et fait ses patrons, se perfectionne à l’huile de coude et met même ses enfants à contribution : “Je fais les tests sur eux et à force, je prends l’habitude d’ajuster les tailles. J’ai les prototypes que je décline en fonction des commandes, mais je ne crée rien d’avance, il est hors de question de surproduire.” Non seulement la styliste ne fait que des mini séries, mais surtout, elle est allergique au gaspi. Elle recycle ses chutes en lingettes ou petits produits pratiques, respecte environnement et éthique de production, ça lui va bien comme ça et pour les textiles, c’est pareil : “J’utilise des tissus Oeko-tex pour la majorité, des cotons confortables et sains pour la peau des petits, c’est le plus important, je ne me vois pas faire autrement.” Qu’à cela ne tienne !

T’IMPRIMES ?

Cape de bains, gigoteuse, bloomer ou tunique réglable, à 34 ans, la jeune femme s’affirme et décline ses modèles, de la naissance au 8 ans. Sa tendance ? Only 16 rue Saint Georges, évidemment : “Je regarde ce qui se fait et je vois bien que la mode répond à une ligne de conduite particulière. Mais moi, je fais ce qui me plaît, au coup de cœur. C’est le tissu qui m’inspire l’idée, surtout les fins de série qui permettent de proposer une originalité qu’on ne voit pas ailleurs.” Liberty ou jaune curry, vert amande, blanc lin ou plumetis d’or pour l’origine orient, Marie Pearl, Eve, Olivia et toute la bande, donnent le ton d’une collection bucolique, aérienne, poétique et un peu espiègle. Gambader culottes courtes en chantant “je porte, je porte la clé de Saint Georges…” Quoi de mieux finalement?

un sac désiré à mon image

un sac désiré à mon image

APPELEZ-MOI DESIREE…

DU PEPS, DU ROCK, UN PEU D’IMPERTINENCE ET NOÉMIE CREYX MET L’ACCESSOIRE À SAC. ALLERGIQUE AUX ESPRITS CARRÉS ET TENDANCES TOUTES FAITES, LA CRÉATRICE LYONNAISE DE RUE DÉSIRÉE DONNE LA SIENNE, FLASHY ET PLEINE DE TRALALA, ET NOUS PASSE LE BAG AU BRAS.

PAR MAGALI BUY

Noémie Creyx

Quand j’arrive dans son atelier de Villefranche-sur-Saône, elle travaille en catimini, sur un nouveau modèle sans couture, façon origami. Parce que Noémie est comme ça, l’originalité en bandoulière, un rien provoc’, toujours prête au farfelu et hors de question qu’on lui impose un style. “Du fun, de la légèreté, ne surtout pas se prendre au sérieux, j’aime ce qui interpelle et ce qui dénote, le moment où la femme prend de la carrure, girl power !” Et quoi de plus important que d’être en harmonie avec soi finalement ? Pochette à paillettes, parka jaune ou baskets violettes, montrez qui vous êtes !

RAS LE CABAS

Mais à 40 ans, sous ses airs affirmés et un peu grande gueule, il y a surtout une personnalité restée dans les années 80, fan de Grease et Punky Bruwster, une identité sensible et décalée qui défend ses convictions depuis toujours : “Je me souviens qu’au collège, j’aimais mettre des jeans avec des robes par-dessus, on me disait souvent que je ne devais pas m’habiller comme ça, que ça ne se faisait pas. Et pourquoi donc ?” Croyez-moi ou pas, elle n’a pas franchement opté pour un col droit !

VIE DE BALUCHON

Et c’est avec volonté et instinct, qu’elle a bourlingué, avant d’atterrir devant sa vieille Singer dépoussiérée. “La couture n’est pas une vocation, le côté artistique, oui. J’ai eu un bac arts plastiques, j’ai bossé dans l’évènementiel et le spectacle, avant de tout abandonner pour partir en Slovaquie suivre le père de mon fils. Je ne connaissais rien ni personne, j’avais peur de m’ennuyer, alors j’ai emmené une machine à coudre…” Et là, c’est le coup de foudre ! Elle pique et surpique, brode, découvre le cuir. Elle suit les tutos et met les mains dans le cambouis comme elle dit : “C’était en 2009, j’étais jeune maman. J’ai commencé à faire des turbulettes. Je les voulais à la Lady Gaga avec des pics en molleton, des épaulettes et des jolis plastrons. Je faisais attention aux tissus et quelle infinie possibilité !

DANS LA POCHE !

Mais l’affaire n’est pas dans le sac. Il y a deux ans, exit la mode pour baby, l’idée lui prend de faire un disco bag pour sa sœur, un baluchon à doublure déjantée qui fait waouh. Marin musclé nu à moitié, Alice et son lapin pressé, imprimé façon Frida Khalo ou floral funky pop, si l’extérieur claque et fait briller, l’intérieur réserve bien des surprises ! “J’ai commencé par un exemplaire, puis les copines ont réclamé, alors j’ai récidivé. Du bleu, du rouge ou du mordoré, j’utilise des couleurs brillantes et acidulées, je peux personnaliser les broderies et le coton de la doublure, c’est kitch, parfois à la limite du mauvais goût, mais là est l’originalité, j’adore !” Et si Noémie se laisse aller à quelques délires visuels, aucune crainte : elle s’adapte aussi aux esprits plus réservés.

LA TÊTE DANS LE SEAU

Sacs seau ou disco, pochettes ou petite maroquinerie, chacun trouve son bonheur au coin de sa Rue Désirée et elle en fait une priorité : “J’ai choisi ce nom parce que je voulais un rapport à la ville, au fait d’occuper l’espace et de s’y sentir parfaitement bien. Au départ, j’ai tenté les stations de métro comme Wagram ou Abbesses, mais soit ça existait, soit personne ne connaissait. Puis l’idée de la rue est venue et j’ai trouvé celle-là, en bas des pentes de la Croix Rousse. Cette notion du désir, si importante dans l’ère du body positif, tombait parfaitement. Souvent, je me surprends à dire qu’il faut être sa propre étoile, que personne ne va nous dire quoi faire ou comment être, ni réussir à notre place. Si on a envie de porter un sac brillant, on le fait, tout simplement !

+ d’infos : http://www.ruedesiree.fr

MON SAC VEGAN

MON SAC VEGAN

C’EST UN BEAU ROMAN

ET UNE SACRÉE HISTOIRE ! NE L’APPELEZ PAS STYLISTE OU IL BONDIT, LUI SON TRUC, C’EST LE DESIGN PRODUIT ! ET POURTANT… FRAÎCHEMENT ARRIVÉ À LYON, À 32 ANS, ROMAN RAIBAUDI LANCE SA PREMIÈRE COLLECTION DE SAC EN CUIR DE RAISIN. C’EST VEGAN, C’EST TENDANCE ET UN PEU FOU… GARE AU COUP DE MOÛT !

PAR MAGALI BUY – PHOTOS : TREIZE GRAMMES

« Au départ, l’idée n’était pas franchement de créer un sac, mais plutôt de travailler la matière pour en faire quelque chose d’utile”. Un hommage aux femmes et leur fourre-tout préféré ? Non ? Pas du tout ? “Ce sac en cuir de raisin est surtout dû à un accident de manipulation il y a dix ans…” Ah…

RAISON ET OBJET

Originaire du Var, c’est proche de Marseille que Roman découvre, il y a une quinzaine d’années, sa passion pour l’objet. Allergique au collège, au lycée et tout ce qui s’en rap- proche, il se réfugie dans un monde pratico-pratique qu’il explore avec envie, avant de se spécialiser en école de design, bien plus adaptée pour lui : “je me souviens du jour où tout a démarré. On avait un atelier sur les matériaux souples. On pouvait découper, brûler, faire des nœuds ou tout autre chose. Au bout de 15 minutes, j’ai sorti une sorte de bol télescopique d’un bloc de mousse, qui en s’écrasant, avait un effet de transformation très beau et très intéressant. C’était génial et je me suis dit qu’il fallait en faire quelque chose.

LA MAIN DANS LE SAC !

Alors chaque été, pendant 15 jours et 5 années durant, comme un rituel, il structure son idée, l’agrandie, la manipule, la roule aussi. Il retouche son sésame à dose infinitésimale et le laisse mûrir, jusqu’à sa première ébauche… de sac à main ! Dans une seule et unique pièce de matière, il forme un accessoire ajouré et riveté aux effets aériens et hyper léger. Et il cavale pour trouver LA matière idéale : “J’avais une structure tonique que je voulais conserver à tout prix. J’ai testé le cuir animal, j’ai vendu quelques modèles, mais je n’étais pas convaincu…” Et puis, ses convictions sont ailleurs. Natures, éthiques et éco responsables, la totale quoi !

ECO TEST !

Il se met alors à la page et teste, sans succès, le Pinatex –cuir d’ananas– quand le salon vegan 2020 lui donne du grain à moudre. Cuir de pommes, cuir de liège ou de cactus, un éventail végétal s’ouvre à lui. Il fouille, il veut du local, le cuir de raisin lui fait de l’œil et vient du coin : parfait ! “C’était beau ! J’ai tenté, fait mes tests, mes gravures, mes découpes, la structure tenait bien.” Cuir de raisin d’un côté, composite recyclé de l’autre, aujourd’hui, Roman Raibaudi décline sa maroquinerie nature petit à petit. Tendance malgré lui, ses sacs s’ajustent de lanières aimantées qui permettent soit une version longue, pratique et citadine, soit une pochette élégante et stylée version soirée. Assortis d’un pochon intérieur de couleur, ils habillent notre allure avec originalité, glamour et sobriété, pas de quoi craindre de coup de mou du coup !

+ d’infos : http://www.romanraibaudi.com

LE PROCÉDÉ

Le cuir de raisin est, comme tout matériau nouveau, une recette de cuisine avec ses secrets. Il est fabriqué à partir du marc de raisin constitué d’un en- semble de résidus secs comme les peaux de raisin, tiges et de pépins rejetés lors de la production de vin. La transformation de marc de raisin en véritable cuir de raisin vient de la manipulation d’un composé biologique d’origine végé- tal secret, dont l’aspect de surface final est rendu possible grâce à de différents jeux de rouleaux de marquage ».

VITE, LA PLUIE !

VITE, LA PLUIE !

METS TA CAPUCHE

LE PARAP’? ON LE PERD TOUT LE TEMPS. L’IMPER’? TROP ENCOMBRANT. NON, NON, POUR NE PLUS ÊTRE TRISTE COMME LA PLUIE QUAND LE CIEL S’ASSOMBRIT, RIEN DE TEL QU’UN BON VIEUX TRUC DE GRAND-MÈRE…

PAR MELANIE MARULLAZ

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C’est avec Gisèle, du côté de Chambéry, que tout a commencé. Gisèle déteste que ses cheveux soient mouillés, mais elle a aussi le sens de l’esthétique et tient, en toutes circonstances, à avoir l’air chic. “Et on peut toujours l’être, me disait ma grand-mère, il suffit de savoir assembler les choses”, se rappelle Juliette Babelot, sa petite-fille. “Elle portait donc un foulard sous sa capuche en plastique. Quand elle a déménagé, j’ai ouvert un tiroir dans lequel elle en avait des dizaines !” Alors au milieu de la trentaine, quant à la faveur d’une reconversion professionnelle, Juliette doit créer sa petite entreprise, cette jeune directrice artistique parisienne sait exactement quel filon exploiter : elle revisitera la capuche de sa mémé.

OND(É)E DE CHIC

Le concept ? Une seule pièce de tissu, en coton ou synthétique imperméabilisé, “mais je ne voulais pas qu’il y ait un côté K-way®”, une capuche qu’on peut ranger dans une pochette et trimballer dans son sac à main toute la journée. Ses 1ers modèles, en 2017, Juliette les pense noirs, puis, pour donner de la couleur aux jours gris, elle les décline en wax, à partir de pagnes africains, puis en tartan ou vichy. Dernièrement, elle a également collaboré avec le photographe Raphaël Lagussy, en transformant en motif l’un de ses travaux sur la météo. Et pour rester cohérente avec l’esprit de Gisèle, qui a toujours été investie dans le milieu associatif, elle fait fabriquer 30% de sa production dans un atelier ESAT, Etablissement d’Aide par le Travail.
Cet été, un rayon de soleil a traversé le ciel que Juliette aime chargé: elle a été sélectionnée pour faire partie des quatre jeunes marques accom- pagnées, pendant 3 ans, par le programme «Talents» de la Fédération Française du Prêt-à-porter.
Alors l’avenir de sa Capuche à Mémé, elle le voit rose, mais surtout de plus en plus responsable – elle aimerait passer de 40 à 100% de tissu recyclé – et international, en exportant au Japon ou aux USA ce fichu typiquement français: “il va falloir adapter les modèles aux cultures, et ça, c’est super intéressant !” Mais d’ailleurs comment dit-on : «Chic ! Il pleut» en japonais ?

A L’ECOUTE DE SES OREILLES

A L’ECOUTE DE SES OREILLES

ON VA FAIRE SAUTER LE BOUCHON!

LES SYMPTÔMES SONT BÉNINS, MAIS FORTEMENT DÉSAGRÉABLES. C’EST UNE BAISSE DE L’AUDITION QUI EST LE SIGNE LE PLUS CARACTÉRISTIQUE DE LA FORMATION D’UN BOUCHON DE CÉRUMEN ET NON PAS DE «CIRE HUMAINE» ! ALLÔ, TU M’ENTENDS ?

PAR CHRISTINE MOUEZ-GOJON

Acouphènes, bourdonnement, sensations d’oreille bouchée, effets larsen avec sifflements lancinants… Un faisceau d’indices qui peut caractériser l’accumulation de cire dans le canal auditif externe. Une fois, le diagnostic établi : ne pas psychoter, ni culpabiliser, car contrairement à une idée reçue, la présence de cérumen ne correspond pas à un manque d’hygiène. On a tous de la cire dans les oreilles. Il s’agit d’une substance naturelle et protectrice. Seulement, point trop n’en faut. Le cérumen peut s’accumuler au fond du conduit, et, a fortiori s’il est régulièrement tassé contre le tympan par des cotons-tiges (première cause de la formation d’un bouchon). Il arrive, pour des raisons génétiques ou environnementales, que le cérumen ne s’élimine pas naturellement, c’est alors que le bouchon se forme. Le stress et l’anxiété peuvent également déclencher une surproduction de cire.

EFFETS BARRIÈRE

Le cérumen est un cocktail de cellules mortes, de minéraux, d’acides aminés, salicyliques, de corps gras… mélange de sécrétions issues des glandes sébacées situées dans la partie cartilagineuse du conduit auditif. Il sert à le lubrifier, prévenant son dessèchement. Il joue un rôle important en assurant la protection mécanique et chimique du tympan, en piégeant les bactéries, les particules toxiques que l’on retrouve dans l’air ambiant (corps étrangers, insectes, eau, poussière…). Avec l’âge, le cérumen devient plus sec, plus dense, plus délicat à évacuer. Dans certains cas, le bouchon, quand il est ancien, a tendance à se dessécher et à durcir. Il peut même adhérer au tympan et s’avérer difficile et douloureux à extruder.

COMME UN TIRE-BOUCHON

On connaît plus festif que de déboucher une oreille… On considère que vous êtes prioritairement à risques de «fabriquer» un bouchon de cérumen, si vous portez un appareil auditif ou si vous utilisez fréquemment des bouchons d’oreilles pour atténuer les effets des décibels qui vous entourent. Idem, si vous êtes un adepte des cotons-tiges ou si la forme de votre conduit auditif empêche l’élimination spontanée de la cire. Quoi qu’il en soit, mieux vaut faire pratiquer cet acte un tantinet barbare par un médecin généraliste ou un ORL afin de pallier tous risques de lésion du tympan. Si vous vous sentez d’attaque pour procéder vous-mêmes à l’intervention, assurez-vous au préalable de l’intégrité de votre tympan par un professionnel de santé. Des préparations auriculaires qui vont ramollir le bouchon, à utiliser en gouttes, sont en vente libre dans les pharmacies. Autre protocole : par lavage d’oreille (eau tiède savonneuse, bicarbonate de soude)… Faites-vous assister par un proche, car ce n’est pas une partie de plaisir. Reste l’otoscopie : le praticien retire le bouchon par aspiration avec une pince adaptée. Et puis, oubliez les recettes de grand-mère… Rien de plus safe que le geste d’un pro…

Image : © Tierney

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