Yves Cuilleron, vigneron

Yves Cuilleron, vigneron

Lire entre les vignes

Les sages n’ont pas toujours une barbe blanche et la voix qui chevrote. En revanche, ils sont souvent plongés dans les livres. C’est le cas d’Yves Cuilleron, vigneron bien en chai du côté de Chavannay, entre raisins et bouquins, terroir et grimoires.

Par Mélanie Marullaz – photos : Clément Sirieys

Il s’est fait voler, il y a quelques jours, la Peugeot 404 bâchée de son oncle, qu’il avait rénovée et customisée aux couleurs du domaine. Yves Cuilleron nous promène donc dans son gros 4×4, outil indispensable quand il s’agit de s’attaquer aux raidillons qui mènent aux vignes. Comme l’on passe d’un type de vin à l’autre, il oscille entre rondeur et tension, bonhommie et précision. A l’entrée de son immense cuverie, le regard tourné vers ses parcelles de Condrieu, la mine joviale et le débit rapide, il prend le temps de remettre en contexte ses Côtes-du-rhône natales – il sait qu’il a affaire à des néophytes ! – : “Après le phylloxéra et le mildiou, la 1re Guerre mondiale a mobilisé les hommes, la main d’œuvre. Au début du XXe siècle, ce vignoble avait donc quasiment disparu. Il faut reconnaître qu’il était dur à travailler, pas mécanisable, le vin coûtait donc cher à produire, les vignerons qui restaient se sont donc réorientés vers les plateaux et les cépages hybrides.” Abandonnées à la friche, les pentes se couvrent alors de chênes, d’acacias et de cerisiers. A tel point que, dans les années 60-70, on ne compte plus que 30 hectares de Côte-rôtie et 10 de Condrieu. 

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Livre ou verre

L’oncle d’Yves en possède alors 3 et demi, qui font de lui l’un des plus gros producteurs de la région et lui assurent une belle notoriété. Sa famille est accrochée aux coteaux depuis plusieurs siècles : “on a retrouvé des papiers datant de 1600 et même avant, qui attestent de la présence des Cuilleron dans le coin, et ils sont déjà vignerons ! Mon arrière-grand-père était pépiniériste de vigne, et mon grand-père Claude, qui a créé le domaine, a été l’un des premiers, dans les années 40, à vendre du vin en bouteille, alors que l’usage était à la bonbonne.” Au moment de réfléchir à un métier, Yves choisit pourtant le génie mécanique, parce qu’il aime les belles voitures, et n’est pas l’héritier direct du domaine. 

Mais au milieu des années 80, il est question de le vendre. Pendant son service militaire en Alsace, le jeune bidasse Cuilleron s’est initié au Riesling et autres Gewurztraminer, alors plutôt que de laisser disperser le patrimoine familial, il s’en saisit, se forme à l’œnologie, se plonge dans le vin et les bouquins anciens. Deux passions qui s’alimentent l’une l’autre. “Dans les ouvrages du XVIIIe ou XIXe siècle, les Côte-rôtie, Condrieu, Hermitage sont cités comme des grands vins de France. Les Côtes-du-rhône sont un vignoble très ancien, planté par les Romains, bien situé, bien exposé. Je savais qu’il avait de la valeur, j’y croyais beaucoup, un vignoble comme ça, ça ne peut faire que des bons vins.”

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Pages et cépages

Le défi est de taille, il y a tout à faire. A cette époque, les appellations rhodaniennes sont boudées par le public, mais il y a pléthore de terrains disponibles et abordables. Yves Cuilleron fait donc partie de cette génération qui reconquiert les coteaux. Il investit, défriche, replante des cépages autochtones, adaptés et équilibrés. “On a des appellations réputées historiquement, c’est un devoir de les maintenir, une hérésie de chercher à amener autre chose.”

Tout de suite aux manettes, il fait ses propres choix, dans la continuité familiale : très peu de traitements, pas d’insecticide, des engrais organiques, pas de produits œnologiques… En 1988, il a 26 ans quand il vinifie ses premières Côte-rôtie : “j’ai eu une chance incroyable, on a enchaîné quatre grandes années, j’avais l’impression d’être le roi du monde, le meilleur des vinificateurs ! Mais c’est dans la difficulté qu’on progresse…” Le gel catastrophique de 1991, auquel ses vignes échappent miraculeusement ; 1993, sa pluie quotidienne et ses raisins qui pourrissent sur cep avant d’avoir mûri ; sa cuvée des Serines de 1994, un Saint-Joseph rouge dont le succès a accompagné la naissance de sa fille… Yves Cuilleron se rappelle chacun de ses millésimes, parle plus de ses vins que de lui. Il est la mémoire de son domaine et une véritable encyclopédie vivante des Côtes-du-rhône. Il a d’ailleurs épluché ses vieux précis d’ampélographie pour en exhumer d’anciens cépages et replante, depuis cinq ans maintenant, Dureza – le « père » de la Syrah –, Durif, Chatus ou Persan. 

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Révision des classiques

A la tête de 75 hectares aujourd’hui, Yves Cuilleron est, comme l’était son oncle, le plus important vigneron producteur du Rhône Nord, avec un domaine qui court sur six des huit appellations autochtones : Condrieu, Saint-Joseph, Côte-rôtie, Saint-Péray, Cornas et Croze-hermitage. Avec fierté, il fait visiter la vaste cuverie ultra-moderne, emblème du chemin parcouru, qu’il a fait construire en 2015 : “je la voulais qualitative, fonctionnelle et pas trop gourmande en énergie.” Sous de très hauts plafonds, s’alignent des cuves de macération en inox rutilantes – une par parcelle, il fait ses assemblages après – dont il contrôle la température depuis son ordinateur de bord, une chambre froide, et tout un système de circulation des fruits et du jus qui utilise au maximum la gravité, permettant ainsi de ne pas brusquer le raisin. 

Car la méthode Cuilleron, c’est ça : un aller-retour constant entre la tradition, les vieux grimoires et les technologies de pointe. Pour donner des vins que les “tendances qui s’enchaînent les unes aux autres : très boisé, très concentré, frais ou nature” ne feront pas dévier de leur ligne directrice : la simplicité. Même la forte pression commerciale pour la labellisation en bio n’a pas encore convaincu le sage-vigneron. “Souvent les conseils de bons principes ne fonctionnent pas”, conclut-il, “il faut avoir beaucoup de sensibilité, beaucoup de ressenti. Il n’y a pas une seule voie, chacun fait selon lui, en fonction de son expérience… Mais il ne faut pas oublier que dans le vin, chaque année, on n’a qu’une seule chance.” 

 + d’infos : www.cuilleron.com

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Le Mot de Meghan Dwyer

C’est un artiste, il fait tout bien ! Chaque fois que je lui rends visite, je suis bluffée, j’aime tout, ses Côtes-rôties, ses Cornas, il a des domaines un peu partout… Yves est accessible et élégant, ses vins sont pareils. J’aime beaucoup son Condrieu « Les Chaillets »: il le laisse aller pratiquement à la fin de la fermentation, donc il est plus sévère, mais pour moi, c’est positif, ça veut dire qu’on ressent le Viognier dans sa pureté, avec juste ce qu’il faut de sucre, de tannins, de corps. Je le boirais avec des asperges blanchies et une petite anchoïade.

un sac désiré à mon image

un sac désiré à mon image

APPELEZ-MOI DESIREE…

DU PEPS, DU ROCK, UN PEU D’IMPERTINENCE ET NOÉMIE CREYX MET L’ACCESSOIRE À SAC. ALLERGIQUE AUX ESPRITS CARRÉS ET TENDANCES TOUTES FAITES, LA CRÉATRICE LYONNAISE DE RUE DÉSIRÉE DONNE LA SIENNE, FLASHY ET PLEINE DE TRALALA, ET NOUS PASSE LE BAG AU BRAS.

PAR MAGALI BUY

Noémie Creyx

Quand j’arrive dans son atelier de Villefranche-sur-Saône, elle travaille en catimini, sur un nouveau modèle sans couture, façon origami. Parce que Noémie est comme ça, l’originalité en bandoulière, un rien provoc’, toujours prête au farfelu et hors de question qu’on lui impose un style. “Du fun, de la légèreté, ne surtout pas se prendre au sérieux, j’aime ce qui interpelle et ce qui dénote, le moment où la femme prend de la carrure, girl power !” Et quoi de plus important que d’être en harmonie avec soi finalement ? Pochette à paillettes, parka jaune ou baskets violettes, montrez qui vous êtes !

RAS LE CABAS

Mais à 40 ans, sous ses airs affirmés et un peu grande gueule, il y a surtout une personnalité restée dans les années 80, fan de Grease et Punky Bruwster, une identité sensible et décalée qui défend ses convictions depuis toujours : “Je me souviens qu’au collège, j’aimais mettre des jeans avec des robes par-dessus, on me disait souvent que je ne devais pas m’habiller comme ça, que ça ne se faisait pas. Et pourquoi donc ?” Croyez-moi ou pas, elle n’a pas franchement opté pour un col droit !

VIE DE BALUCHON

Et c’est avec volonté et instinct, qu’elle a bourlingué, avant d’atterrir devant sa vieille Singer dépoussiérée. “La couture n’est pas une vocation, le côté artistique, oui. J’ai eu un bac arts plastiques, j’ai bossé dans l’évènementiel et le spectacle, avant de tout abandonner pour partir en Slovaquie suivre le père de mon fils. Je ne connaissais rien ni personne, j’avais peur de m’ennuyer, alors j’ai emmené une machine à coudre…” Et là, c’est le coup de foudre ! Elle pique et surpique, brode, découvre le cuir. Elle suit les tutos et met les mains dans le cambouis comme elle dit : “C’était en 2009, j’étais jeune maman. J’ai commencé à faire des turbulettes. Je les voulais à la Lady Gaga avec des pics en molleton, des épaulettes et des jolis plastrons. Je faisais attention aux tissus et quelle infinie possibilité !

DANS LA POCHE !

Mais l’affaire n’est pas dans le sac. Il y a deux ans, exit la mode pour baby, l’idée lui prend de faire un disco bag pour sa sœur, un baluchon à doublure déjantée qui fait waouh. Marin musclé nu à moitié, Alice et son lapin pressé, imprimé façon Frida Khalo ou floral funky pop, si l’extérieur claque et fait briller, l’intérieur réserve bien des surprises ! “J’ai commencé par un exemplaire, puis les copines ont réclamé, alors j’ai récidivé. Du bleu, du rouge ou du mordoré, j’utilise des couleurs brillantes et acidulées, je peux personnaliser les broderies et le coton de la doublure, c’est kitch, parfois à la limite du mauvais goût, mais là est l’originalité, j’adore !” Et si Noémie se laisse aller à quelques délires visuels, aucune crainte : elle s’adapte aussi aux esprits plus réservés.

LA TÊTE DANS LE SEAU

Sacs seau ou disco, pochettes ou petite maroquinerie, chacun trouve son bonheur au coin de sa Rue Désirée et elle en fait une priorité : “J’ai choisi ce nom parce que je voulais un rapport à la ville, au fait d’occuper l’espace et de s’y sentir parfaitement bien. Au départ, j’ai tenté les stations de métro comme Wagram ou Abbesses, mais soit ça existait, soit personne ne connaissait. Puis l’idée de la rue est venue et j’ai trouvé celle-là, en bas des pentes de la Croix Rousse. Cette notion du désir, si importante dans l’ère du body positif, tombait parfaitement. Souvent, je me surprends à dire qu’il faut être sa propre étoile, que personne ne va nous dire quoi faire ou comment être, ni réussir à notre place. Si on a envie de porter un sac brillant, on le fait, tout simplement !

+ d’infos : http://www.ruedesiree.fr

Stéphane Montez, vigneron

Stéphane Montez, vigneron

Bachique Instinct

Le sous-marinier navigue à l’oreille, le parfumeur compose au nez, Stéphane Montez, lui, vinifie à l’instinct. Entre bon sens paysan, hérédité, grain de folie et curiosité, le vigneron de Chavanay, perché sur ses hauteurs, ne manque pas de couleurs.

Par Mélanie Marullaz – photos : Clément Sirieys

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Une série de mails, quelques SMS perdus dans la stratosphère, et, deux jours avant notre départ pour les Côtes-du-Rhône, un synthétique “Allez Go” valide in extremis notre rendez-vous. Ouf ! Première bonne surprise. Arrivée au domaine le jour J, maison de famille en pierres enroulée autour d’une charmante petite cour, et, au bout du chemin, massif comme un château-fort posté, avec sa tour, en vigie au-dessus du Rhône, l’impressionnant caveau de dégustation… Le site est enchanteur, c’est la seconde surprise. Nous sommes en retard, Stéphane Montez l’est aussi. Il a l’air d’avoir mille choses plus importantes à faire que de parler à des journalistes, entre et sort, virevolte d’une table de joyeux goûteurs à l’autre : “c’est un principe, on est perdu à 3 km sur les hauteurs du village, alors on garde toujours un peu de temps pour les particuliers qui font l’effort de monter jusqu’à nous”. Puis il se pose enfin, avec nous, entièrement, et nous comprenons que, de nos surprises, nous ne sommes pas au bout.

De chai et de sens

Stéphane Montez est un drôle d’oiseau. Il entretient d’ailleurs une relation de longue date avec le hibou Grand Duc qui niche en contrebas de ses vignes, dialogue avec lui à grands renforts de hululements, même s’il n’est pas tout à fait sûr de ce qu’il lui dit. Il raconte ça, l’œil facétieux, le sourire à l’affût des réactions de son interlocuteur, mais souligne, l’air de rien, la richesse de la biodiversité qui l’entoure. Parce qu’avec ses 16 hectares en bio sur 24, Monteillet est, à Chavanay, l’un des domaines qui travaillent la plus grande surface dans le respect de l’environnement, “par conviction, et non par décision marketing. De toute façon, dans notre région, le climat est peu favorable au développement des maladies, le Mont Pilat joue son rôle protecteur, le Rhône celui de climatiseur, la vallée est bien ventilée, il n’y a pas de meilleur traitement.” Parcelle après parcelle donc, il se convertit. L’objectif ? “Y arriver sans revendiquer”.
Dans les rangs que nous traversons, juste devant le chai – dont les murs, en pierres, sont orientés dans la même direction que l’étaient les pierres avant leur extraction de la carrière, s’il vous plaît – il tente d’étouffer l’herbe concurrente de la vigne avec de la paille de lin. Mais cette dernière empêche aussi les petites pluies de s’infiltrer, quand parfois, même 5 mm d’eau, surtout pendant ces étés très chauds, feraient une belle différence. C’est un essai. “Il faut y aller à tâtons, pour ne pas se décourager ! Il n’y a pas de solution miracle, de baguette magique, chaque vigne doit avoir son mode de conduite, de travail, son propre outil.” Un de ceux qu’il privilégie ? La taille dite « Poussard », non mutilante et respectueuse des flux de sève. “Je ne considère d’ailleurs pas mes tailleurs comme des salariés viticoles, mais comme des artistes qui sculptent des œuvres d’art. Le cep est une pièce unique qui donne un chef-d’œuvre unique !”, déclame-t-il en faisant sonner ce qu’il dit de sérieux comme léger, et inversement.

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Ceps gagnants

Parce que du sérieux, à Monteillet, il y en a, évidemment. Du lourd, même. Les ancêtres de Stéphane ont acquis le domaine après la Révolution. Mariniers, tonneliers, vignerons, ils ont prospéré entre le fleuve et les coteaux, acquérant ainsi progressivement les terres qu’il exploite aujourd’hui et qui, toutes, se situent autour de la cave, à moins de 2  km. Dans la droite lignée des neuf générations précédentes, pour lui, il n’a donc jamais été question de faire autre chose. “Mon père, Antoine, m’a transmis de bons gènes et la passion qu’il respire, il m’a contaminé !” Il complète alors ce que l’hérédité et l’école ont forgé en se lançant à la découverte du Nouveau Monde, pour apprivoiser, pendant deux ans, des ceps australiens, californiens, sud-africains… et même, comble de l’exotisme, anglais et suisses.
“J’avais dit en rigolant à mon père, que je reviendrais ici si on avait du Côte-rotie… et il m’en a trouvé !” Alors, en 1997, il retrouve son Rhône sweet Rhône. “Mais j’avais un côté fougueux, je voulais aller plus loin dans les macérations. Mon père préférait faire plus court, et prendre le risque d’oublier d’extraire des choses dans la peau ; moi je penchais vers le plus long, et là, on peut aussi y perdre. On a beaucoup échangé, j’ai écouté la sagesse et il s’est ouvert… mais il m’a fait confiance tout de suite, m’a permis d’avancer plus vite, je lui dois tout.”

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Oiseau de muid

Fougueux peut-être, mais conscient qu’il faut laisser le temps faire son œuvre, côté élevage, il y va piano aussi. Avec ses blancs notamment, ce qui n’est pas courant. “Laisse-lui faire ses Pâques, ça se goûte toujours mieux, disaient les vieux…” Alors il attend que les cloches passent, parfois même deux fois, avant d’embouteiller. “Il faut un terroir qui ait la carrure pour supporter un élevage aussi long ! Mais si ça marche, le vin se garde plus longtemps, développe des arômes tertiaires intéressants, renforce son immunité contre l’oxygène, donc l’oxydation, ce qui nous permet de diminuer les doses de soufre.” Quand je vous disais qu’il était sérieux… mais pas trop longtemps quand même : “la pipette est mon outil de communication avec la barrique, comme une clé USB avec un ordinateur : je prélève, je goûte et le vin me parle. Il dit : « Papa, je suis prêt, tu me soutires ? » ou « je ne suis pas prêt, mais tu peux me débarrasser de mes lies » ou « surtout, tu ne me touches pas ! Là, je suis bien…»” Il vient d’ailleurs de mettre en bouteille son Condrieu Chanson 2018, “après 666 jours d’élevage en demi-muid, en jours fleurs et lune descendante !”.
Demi-muid ? Un gros tonneau de 500 à 650 litres – 590 ici –, dont l’utilisation est l’une des marques de fabrique du domaine. “Je suis un gros fan de ce contenant ! Pour s’étoffer, les vins ont besoin de micro-oxygénation à travers les pores du bois ; dans l’inox, c’est comme une famille avec trois gosses dans un 30m2 pendant le confinement… Mais le demi-muid, c’est plus de volume de vin pour moins de surface de bois, parce que même si le bois, c’est bien, le vin c’est mieux !” Et quels que soient ses choix, Stéphane Montez les résume d’une phrase, une sorte de refrain : “A la vigne, comme à la cave, tout est fait à l’instinct”. Bachique, l’instinct.

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Le Mot de Meghan Dwyer

Pour moi, Montez, c’est Condrieu ! Les deux, « Chanson » et « Grandes Chaillées », parce qu’ils rassemblent tout ce que j’adore dans cette région, l’équilibre entre l’acidité, le fruit, la minéralité. La première fois que je les ai goûtés, c’était avec l’assistant-chef de viticulture de Romanée-Conti, dans un petit bar à vins à Beaune, et c’était vraiment un grand moment. Stéphane, comme Yves Cuilleron, est quelqu’un qui attache plus d’importance à l’art qu’au marché… Ces vins sont aussi incroyables avec des plats asiatiques, thaï ou chinois, qu’avec un St-Marcellin, même si ça paraît complètement illogique !

MEGHAN DWYER, SOMMELIERE

MEGHAN DWYER, SOMMELIERE

QUAND SYRAH, SYRAH…

… WHATEVER WILL BE, WILL BE. QUAND ELLE ÉTAIT ÉTUDIANTE, MEGHAN DWYER ENVISAGEAIT SA CARRIÈRE ENTRE DIAPOS ET CADRAGE, LA VOILÀ POURTANT QUI OFFICIE AUJOURD’HUI ENTRE COTEAUX ET CÉPAGES. LE MONDE DU VIN L’A HAPPÉE, LA SYRAH L’A ENVOÛTÉE !

PROPOS RECUEILLIS PAR MÉLANIE MARULLAZ – PHOTOS : SYLVAIN THIOLLIER

Toutes les routes mènent au Rhône. Meghan Dwyer, pour y arriver, a d’abord vendu des jets privés avec son père, puis s’est mise à la photo. Mais pour payer son loyer et ses cours à l’université de New York, elle décroche, dans le resto doublement étoilé du bouillonnant Ecossais Gordon Ramsay, un petit boulot de serveuse. “Je ne pouvais pas servir les vins sans les avoir goûtés, alors j’ai demandé à déguster avec l’équipe de sommellerie.” C’est ainsi qu’un soir, un Bourgogne et un Riesling d’Allemagne lui changent la vie : pour eux, elle décide d’arrêter ses études, de changer de métier. Signe du destin, la sommelière de Ramsay démissionne le lendemain. Meghan apprend donc sur le tas et tombe vite amoureuse de la Syrah. Elle la vinifie d’abord à Adelaida Cellars en Californie, du côté de Paso Robles, puis comprend que pour courtiser son cépage préféré toute l’année, il va lui falloir jongler entre les deux hémisphères : elle le poursuit donc jusque dans le prestigieux vignoble de Villa Maria en Nouvelle-Zélande ou les plus vastes coteaux de Torbreck, dans le sud de l’Australie – où il s’appelle Shiraz – avant de poser son tastevin dans le petit village médiéval de Malleval, chez Pierre Gaillard, puis chez Jean-Louis Chave, à Mauves. Vendanges, sélection de grappe, surveillance de fermentation, elle veut tout savoir. Dans la foulée, elle continue aussi à se professionnaliser, en enchaînant notamment les différents niveaux du Wine and Spirit Education Trust à Londres.
A 39 ans aujourd’hui, Meghan a pris de la bouteille. Depuis 2011, elle travaille pour l’hôtel Le Lana à Courchevel, où elle est directrice des vins. Elle est également experte viticole pour la plateforme américaine Born, spécialisée en lifestyle and design. Mais quelles que soient les contrées vers lesquelles le vin la mène, elle le dit haut et fort, sa région préférée, ce sont les Côtes-du-rhône Nord !

Activmag : Quel est le 1er Côtes-du-rhône que vous avez goûté, votre 1er souvenir ?
Meghan Dwyer :
Un Côte-rôtie de Stéphane Ogier, d’abord chez Gordon Ramsay, puis à Hospices du Rhône, un grand salon de vins en Californie pour lequel j’étais sommelière. C’était très poivré, je l’ai dit à Stéphane quand je l’ai rencontré le soir-même et il m’a dit : “Oui, c’est exactement ça !

Côte-rôtie, Hermitage, Cornas, Saint-Joseph… Quel est le point commun entre toutes ces différentes appellations ?
Pour les rouges, c’est tout bête à dire, c’est le cépage, la Syrah. Mais il y a tellement d’expressions différentes entre chaque appellation, que c’est presque comme si c’étaient des cépages différents, on ne peut pas les confondre. Le Cornas, c’est le grand-père de la région, un peu sicilien, costaud et corsé ; le Saint-Joseph est plus accessible, il est aussi sur l’élégance, le poivre, avec plus de fruit ; l’Hermitage serait le plus concentré, le plus austère, droit dans ses bottes ! Celui qui est vraiment à part, c’est La Côte-rôtie. La Syrah est l’un des cépages le plus tannique du monde, c’est très puissant, très sexy. Mais en Côte-rôtie, il est co-vinifié avec le Viognier, qui est un cépage blanc –ndlr : l’AOC accepte jusqu’à 20% de Viognier dans l’assemblage des Côte-rôtie–, c’est une des seules appellations qui acceptent de vinifier les deux côte à côte. Et ils ne sont pas seulement co-fermentés, mais ils poussent ensemble, dix ceps de Syrah avec un de Viognier, qui s’embrassent depuis qu’ils ont été plantés. C’est pour ça que c’est tannique et soyeux en même temps, et c’est quelque chose qu’on trouve très très rarement. J’aime cette juxtaposition de puissance et d’élégance, c’est très séducteur : une main de fer dans un gant de velours.

On connaît en effet plus les Côtes-du-rhône rouges, mais la cote des blancs monte en flèche…
Quand je suis arrivée à Courchevel en 2011, il était impossible de vendre une bouteille de Côte-du-rhône blanc, personne ne savait ce que c’était. Déjà le rouge, c’était compliqué, alors le blanc on n’y pensait même pas ! Condrieu, personne ne savait ce que c’était. Pourtant, même si c’est une des plus petites appellations du monde, 100% Viognier, c’est un des cépages les plus parfumés, comme le Riesling, il peut être sec, demi-sec, on garde un peu de sucre pour conserver les parfums… Ces blancs sont donc pleins de corps, parfumés, élégants… Et si les gens aiment bien associer le rouge avec les mecs, les blancs avec les femmes, alors là, on peut le dire : les femmes, elles arrivent, et elles sont incroyables!

Peut-être aussi que le grand public est prêt à les recevoir ?
On voit en effet que le marché est mieux éduqué aujourd’hui, qu’il se tourne plus vers l’élégance, vers ce qui n’est pas forcément le plus évident dans la région, ça vient aussi des plateformes digitales, d’internet. Moi-même, quand j’ai commencé, à 23 ans, il y avait un pub irlandais à côté de chez Gordon Ramsay, et quand on terminait le service, j’y allais et je commandais un verre de Pinot Grigio avec des glaçons ! Aujourd’hui, les gens sont plus connectés aux infos qui vont aller les faire déguster, on doit donc faire notre job de sommelier virtuel, en complément de celui de sommelier physique.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans cette région ?
D’abord, c’est la région où j’ai le plus d’expérience, mais je pense surtout que ce sont les meilleurs blancs du monde ! Révélés par Robert Parker, il faut le dire, car même si tout le monde ne l’aime pas, c’est quand même lui qui les a placés sur la carte. Il faut dire qu’il y a une concentration de vignerons vraiment passionnés. Prenons Jean-Louis Chave, par exemple, à Hermitage, chez qui j’ai travaillé en 2009, il a un terroir et un climat exceptionnels, mais aussi une passion, qui commence dans les vignes et finit dans la bouteille, j’ai des frissons rien que d’en parler ! Il y a, chez chacun d’entre eux, une attention et un respect pour le cépage, pour la grappe, qui commence avant même qu’elle soit née. Moi, je suis la plus âgée de 8 enfants, j’ai aimé tous mes frères et sœurs avant qu’ils ne naissent, au moment où ma mère me disait : “je suis encore enceinte”, et qu’elle n’avait pas encore de petit bidon. Ces vignerons pour moi, c’est pareil, ils aiment les vignes avant qu’elles ne soient plantées et donnent une récolte.

Le vignoble tel qu’il est aujourd’hui est plutôt jeune, puisqu’il n’a repris de la vigueur que dans les années 80, est-ce que ça lui donne un caractère particulier ?
C’est un peu comme le Barolo, en Italie, ou le Priorat en Espagne, il a un côté sauvage, familial, accueillant et sans prétention. Les vignerons de Côtes-du-rhône ont encore des choses à prouver, mais comme tous les vignerons aujourd’hui, car finalement, le monde du vin est en train de changer. Mais là-bas, c’est une combinaison de «oui, on veut vendre et être connus» mais «non, on ne fera jamais de compromis sur la qualité». Pour moi, c’est la région, avec ce niveau de qualité, la moins prétentieuse et c’est un peu comme rentrer à la maison!

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C’EST LE NOOOOORD…

De Vienne à Valence, quoi que votre boussole interne vous en dise, nous sommes au nord… au nord du sud, je vous l’accorde. Il s’agit en tous cas des Côtes-du-rhône septentrionales –nord, donc– par opposition aux Côtes-du-rhône méridionales, qui s’étendent de Valence à Avignon et Arles. Cette région regroupe plusieurs appellations :
– en vins rouges : Côte-rôtie, Cornas, Saint-Joseph, Hermitage et Crozes-hermitage – cépage Syrah.
– en vins blancs : les appellations Condrieu et Château-Grillet, issues du seul cépage Viognier ; et les Saint-Joseph, Saint-Péray, Crozes-Hermitage et Hermitage, qui sont traditionnellement des assemblages Roussane et Marsanne. Voilà, maintenant, vous savez…

MON SAC VEGAN

MON SAC VEGAN

C’EST UN BEAU ROMAN

ET UNE SACRÉE HISTOIRE ! NE L’APPELEZ PAS STYLISTE OU IL BONDIT, LUI SON TRUC, C’EST LE DESIGN PRODUIT ! ET POURTANT… FRAÎCHEMENT ARRIVÉ À LYON, À 32 ANS, ROMAN RAIBAUDI LANCE SA PREMIÈRE COLLECTION DE SAC EN CUIR DE RAISIN. C’EST VEGAN, C’EST TENDANCE ET UN PEU FOU… GARE AU COUP DE MOÛT !

PAR MAGALI BUY – PHOTOS : TREIZE GRAMMES

« Au départ, l’idée n’était pas franchement de créer un sac, mais plutôt de travailler la matière pour en faire quelque chose d’utile”. Un hommage aux femmes et leur fourre-tout préféré ? Non ? Pas du tout ? “Ce sac en cuir de raisin est surtout dû à un accident de manipulation il y a dix ans…” Ah…

RAISON ET OBJET

Originaire du Var, c’est proche de Marseille que Roman découvre, il y a une quinzaine d’années, sa passion pour l’objet. Allergique au collège, au lycée et tout ce qui s’en rap- proche, il se réfugie dans un monde pratico-pratique qu’il explore avec envie, avant de se spécialiser en école de design, bien plus adaptée pour lui : “je me souviens du jour où tout a démarré. On avait un atelier sur les matériaux souples. On pouvait découper, brûler, faire des nœuds ou tout autre chose. Au bout de 15 minutes, j’ai sorti une sorte de bol télescopique d’un bloc de mousse, qui en s’écrasant, avait un effet de transformation très beau et très intéressant. C’était génial et je me suis dit qu’il fallait en faire quelque chose.

LA MAIN DANS LE SAC !

Alors chaque été, pendant 15 jours et 5 années durant, comme un rituel, il structure son idée, l’agrandie, la manipule, la roule aussi. Il retouche son sésame à dose infinitésimale et le laisse mûrir, jusqu’à sa première ébauche… de sac à main ! Dans une seule et unique pièce de matière, il forme un accessoire ajouré et riveté aux effets aériens et hyper léger. Et il cavale pour trouver LA matière idéale : “J’avais une structure tonique que je voulais conserver à tout prix. J’ai testé le cuir animal, j’ai vendu quelques modèles, mais je n’étais pas convaincu…” Et puis, ses convictions sont ailleurs. Natures, éthiques et éco responsables, la totale quoi !

ECO TEST !

Il se met alors à la page et teste, sans succès, le Pinatex –cuir d’ananas– quand le salon vegan 2020 lui donne du grain à moudre. Cuir de pommes, cuir de liège ou de cactus, un éventail végétal s’ouvre à lui. Il fouille, il veut du local, le cuir de raisin lui fait de l’œil et vient du coin : parfait ! “C’était beau ! J’ai tenté, fait mes tests, mes gravures, mes découpes, la structure tenait bien.” Cuir de raisin d’un côté, composite recyclé de l’autre, aujourd’hui, Roman Raibaudi décline sa maroquinerie nature petit à petit. Tendance malgré lui, ses sacs s’ajustent de lanières aimantées qui permettent soit une version longue, pratique et citadine, soit une pochette élégante et stylée version soirée. Assortis d’un pochon intérieur de couleur, ils habillent notre allure avec originalité, glamour et sobriété, pas de quoi craindre de coup de mou du coup !

+ d’infos : http://www.romanraibaudi.com

LE PROCÉDÉ

Le cuir de raisin est, comme tout matériau nouveau, une recette de cuisine avec ses secrets. Il est fabriqué à partir du marc de raisin constitué d’un en- semble de résidus secs comme les peaux de raisin, tiges et de pépins rejetés lors de la production de vin. La transformation de marc de raisin en véritable cuir de raisin vient de la manipulation d’un composé biologique d’origine végé- tal secret, dont l’aspect de surface final est rendu possible grâce à de différents jeux de rouleaux de marquage ».

Les Frères Graillot, vignerons

Les Frères Graillot, vignerons

Savoir-Frères

Comme deux millésimes du même cépage, issus de la même parcelle, Antoine et Maxime Graillot se ressemblent, mais pas tant que ça… Filons la métaphore : il y en a un plus rond et l’autre plus tendu, à la tête du domaine créé par leur père Alain, le « mage » de Crozes-hermitage.

Par mélanie Marullaz – photos : Clément Sirieys

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Antoine et Maxime sont tout petits quand le pater, ingénieur en agro-chimie, fait sa crise de la quarantaine. On est au milieu des années 80. Passionné par le vin, “comme tout cadre supérieur parisien”, il fraie souvent du côté de Morey-St-Denis, où son ami Jacques Seysses, héritier des biscuits Belin, devenu vigneron et propriétaire du Château Dujac, l’initie à l’art de la dégustation. “Mais la Bourgogne est déjà inabordable pour quelqu’un qui n’a ni terres familiales ni héritage”, re-situe Antoine. Il vise alors plus bas, du côté des Syrah et trouve son bonheur à Pont-de-l’Isère, au confluent du Rhône et de l’Isère, comme son nom l’indique. “Il a débarqué là un peu comme Jean de Florette”, complète Maxime, “pour racheter le domaine à un pied-noir, un personnage qui devait être assez atypique, qui avait fait du vin en Algérie. Ici, en plus des fruits et des cochons, il avait aussi planté des vignes et travaillait avec un négociant pour produire du vin en vrac.”
Alain Graillot signe la vente une semaine avant les vendanges, et pendant la première année, fait des allers-retours entre Paris, où il n’a pas encore quitté son poste et ses rangs de raisins, dont il a laissé la culture à un des ouvriers historiques du domaine. Il ne reprend définitivement les vignes que 3 ans plus tard, et sort son premier millésime en 1989, après avoir transformé en chai l’une des chambres froides, où l’ancien propriétaire stockait des fruits. Antoine et Maxime l’utilisent d’ailleurs toujours, comme ils utilisent les cuves en béton qu’il avait installées et qui donnent un petit côté « vintage » à leur cave.

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Sous les galets, le mage

“Quand notre père s’est lancé, il y avait très peu de propriétaires récoltants, la grande majorité des producteurs étaient aussi arboriculteurs, parce que le vin était moins rémunérateur que les fruits. Ils travaillaient avec la coopérative, qui portait l’appellation, mais personne ne connaissait Crozes, ni Alain Graillot.” L’autodidacte va pourtant réveiller ce terroir, révéler, sous les galets roulés, son potentiel de garde et ses qualités. Pour toute théorie, il a quand même récupéré quelques cours de Max Léglise, œnologue bourguignon qui développe et applique de nouvelles méthodes biologiques à la vinification. Pour la pratique, c’est sur le tas… ou l’échalas.
Première (r)évolution, le vigneron débutant bannit donc la chimie. Peut-être parce qu’il en a trop manipulé dans sa précédente vie. Mais dans une région où fruitiers et vignes sont travaillés industriellement, avec abondance de désherbants, il fait figure d’ovni. Par chance, son prédécesseur, qui labourait ses terres à la charrue, les a laissées vierges de traitements. A l’époque, avec son voisin du domaine Combier, ils ne sont que deux à n’utiliser aucun produit, convaincus que la qualité du vin n’est que la conséquence de la qualité du raisin. Dont Alain Graillot utilise, en vinification, la grappe entière. Et ça, c’est la 2e révolution du nouveau venu : avec ce choix, il impose son style. Aujourd’hui encore, il n’y a pas d’égrappeur sur le domaine. Et, dans les premiers temps, il n’y avait pas de certification bio non plus, pas de chapelle ou de tendance dans laquelle s’enfermer

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Faire lies à part

A force de passion et de convictions, le domaine Graillot devient, en moins de deux décennies, l’un des producteurs les plus sûrs et les plus performants de Crozes-hermitage. Et c’est sur ce terreau favorable que la 2e génération prend racine. Après des études de biologie et d’œnologie, Maxime, l’aîné, rejoint son père au début des années 2000 ; pour prendre le contre-pied de son père, entré dans le métier par le vin, il se penche de plus près sur la vigne. Antoine, lui, ne donne pas tout de suite dans le tonneau. Il roule d’abord sa bosse loin de l’Isère, se spécialise dans les énergies renouvelables, bourlingue de l’Afrique au Moyen-Orient, mais finit quand même par se poser, un pied sur les bords du Rhône, l’autre à Barcelone. Comme son père en son temps, il se partage entre deux vies, deux carrières, avant de réintégrer entièrement le domaine en 2016.
La 2e génération initie le passage de tous les blancs en bouchons à vis, un choix technique, “la seule façon de garder de la fraîcheur et de la tension pour nos vins”, et la construction d’un nouveau chai. Elle pousse aussi un peu plus loin la démarche environnementale et passe, de manière assez naturelle, en bio. “Mais on ne s’est pas dit qu’on allait révolutionner les choses”, explique Antoine, “on avait aussi envie de mener chacun nos propres expériences, séparément, sur des projets annexes, un peu plus aventuriers, en s’adaptant au réchauffement climatique, par exemple.” Avec les jeunes vignes en syrah du domaine des Lisses pour Maxime, travaillées à quelques encablures du domaine familial ; en Galice, sous influence atlantique, avec des vins frais de la région du Bierzo, pour Antoine.

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Monter en Gam…ay

Alain, lui, a lâché les rênes du domaine. Président de l’Académie des vins de France, il conseille, accompagne et fait profiter de son expérience à d’autres domaines. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à vinifier avec ses fils, mais plus au nord, où les trois vignerons ont renoué avec leurs racines. En 2013, ils ont en effet transformé en cuverie la grange d’une maison de famille dont ils étaient propriétaires du côté de Tournus, et acquis 5 hectares en Beaujolais pour donner dans le Gamay, version Fleurie et Saint-Amour. “Globalement, on fait du vin partout de la même manière”, résume Maxime, “les approches sont différentes dans la façon dont on le voit, et dont on le consomme. Si on s’implique dans tous ces autres vignobles, c’est justement pour comprendre un maximum de choses, continuer à en apprendre toujours le plus possible.” Et finir, quel que soit le cépage, par sortir le grand jus !

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Le Mot de Meghan Dwyer

❝Vraiment une référence en Crozes-hermitage ! Leur cuvée « La Guiraude », me fait rêver. Ils vinifient en béton, donc il y a du corps, mais le béton fait respirer le vin très doucement, lui donne une finesse incroyable. Ce cépage est l’un des plus tanniques du monde, il a une colonne vertébrale d’acidité, il est équilibré, avec juste ce qu’il faut de fruit. Pour moi, c’est le vin de Thanksgiving, avec de la dinde, mais frite, comme dans le sud des Etats-Unis, des pommes de terre et du confit de cranberries.❞

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