MAISON D’HÔTES : Ô ANNECY à st jorioz

MAISON D’HÔTES : Ô ANNECY à st jorioz

LA VUE EN GRAND

Embrasser la quasi-totalité du lac d’Annecy d’un seul regard, tout en profitant de l’ombre des pins pour siroter l’apéro ? C’est possible dans la maison de Ta et Bernard Guénin, pourvoyeurs de tranquillité et de Phat Krapao*, sur les hauteurs de Saint-Jorioz.

(* SPÉCIALITÉ THAÏE DE VIANDE SAUTÉE AU BASILIC)

Au bout de l’allée, il y a d’abord cette imposante bâtisse bourgeoise, façade sable et volets brique. Il y a ensuite le vert des pins, qui donne au jardin des allures de bord de mer, de Côte Atlantique. Le cendré de leur écorce fait écho au mélèze qui enveloppe le nouveau bâtiment. Et c’est là, en haut de l’escalier cloisonné pour préserver le suspense, que se dévoile le véritable spectacle : une fois franchi le seuil d’une chambre, n’importe laquelle, le bleu du lac l’emporte sur tout le reste. Depuis chaque fenêtre, chaque balcon, il s’étend de tout son long, surplombé par le Mont Veyrier, le Parmelan, la Tournette et les Dents de Lanfon.

MONTER AUX FILETS

Pendant près d’un an, Bernard et Ta n’ont pas voulu visiter cet endroit, ils cherchaient plus près de l’eau. Mais le jour où le hasard les fait finalement s’engager dans l’allée, ils tombent sous le charme de la vue, évidemment, de la pinède et des 5000 m2 de terrain. Ils envisagent d’abord d’y construire des cabanes dans les arbres, mais le site fait partie du parc naturel régional des Bauges. Ils se contenteront donc de filets suspendus, dans lesquels on peut faire salon ou dormir à la belle étoile, et se tournent vers un accueil plus traditionnel, dans la maison. Construite à la fin du XIXe-début XXe par un industriel lillois, elle est en bon état. Elle n’a besoin que de retouches «cosmétiques», peintures, déco et salles de bains, ce qui ne les effraie pas : “juste avant, on avait acheté les quatre plus vieux murs du village d’Arthaz, on avait tout cassé et tout refait”, raconte Bernard. Ils n’ont donc pas peur de voir plus gros, s’attaquent à la cave qui doit accueillir la chaudière à bois, et déplacent le garage. Carrément. À la place, ils font construire une annexe moderne par Eden Home, dans laquelle sont aménagés deux chambres, un gîte, une “micro-piscine hyper technique”, chauffée par la fameuse chaudière à bois, et un spa. “On voulait un bâtiment qui fasse agricole, les lames de bois à l’extérieur rappellent les anciens séchoirs”.

THAÏE HÔTE

À l’intérieur, Ta choisit les couleurs, du bleu lac, du vert pin –ah tiens ?–quand Bernard, «fondu d’art contemporain», s’attelle à choisir une toile par chambre. Ensemble, ils chinent le mobilier, «pour casser le côté trop moderne» : “on partait le matin avec la remorque derrière la voiture et on se faisait les salles des ventes”. Côté ambiance, objectif : déconnection. Pas de télévision, pas de téléphone, pas de bruit… Juste le calme et la vue, dont viennent aussi profiter cerfs et sangliers. Pour ce qui est de l’ancien bâtiment, par contre, pas besoin de forcer le trait, il a déjà tout d’une maison de famille. Dans les pièces à vivre, le couple y accroche donc des photos en noir et blanc de leurs ascendants et privilégie les meubles qui ont un sens, une histoire, comme ces fauteuils de couvent, ce lit de bonne sœur, ce rangement industriel d’une usine de la Vallée de l’Arve ou encore cette magistrale table en bois massif, taillée d’un seul tenant dans un chêne centenaire du village natal de Bernard, en Bourgogne. Ta, elle, est née en Thaïlande, et ce n’est pas avec un meuble qu’elle en est revenue, mais avec toute une palette d’épices, de saveurs et de plats traditionnels qu’elle prépare pour leurs hôtes.

D’ASIE ET D’AILLEURS

Et quand ce n’est pas avec la cuisine de la maîtresse des lieux, c’est à l’étage, dans l’une des trois chambres, que l’on est transporté en Asie : “c’était une sorte de tradition française du XIXe”, explique Bernard, “dans les grandes maisons, on trouvait souvent une pièce asiatique, les meubles dans cette chambre sont donc issus d’une collection du Bon Marché de cette époque, fabriquée en France, mais imitant le style asiatique.” Pas de thématique exotique dans les deux autres chambres de la maison principale, mais de belles lumières, avec ces grandes fenêtres qui appellent toujours vers l’incroyable panorama, des draps en lin et des couleurs douces pour le côté cocon et une décoration qui n’en fait pas des caisses. Tous les deux connaissent très bien le monde de l’hôtellerie : Bernard en tant que professionnel de l’accueil, formé à l’École Hôtelière de Lausanne (EHL), a géré plusieurs établissements, et Ta en tant que cliente –car son domaine à elle, c’est plutôt la chimie et les hydrocarbures–. Et pourtant : “notre idée, c’était de faire un anti-hôtel, de virer tous les marqueurs, tout ce qui nous paraissait logique.” Avec leurs bons petits plats, leurs tasses faites à la main, leurs confitures et gâteaux maison, pari réussi : on s’installe chez Bernard et Ta comme on s’installerait chez des amis.

+ d’infos : http://chambre-hotes-o-annecy.com

DESIGN AU JARDIN

DESIGN AU JARDIN

TENUES DE SORTIE

Exit la chaise pliante à moitié désoudée et le parasol publicitaire délavé, cet été dans le jardin, on met un coup de neuf, un coup de fouet, un coup d’air frais, dans son mobilier !

Galets décalés

La tendance est au mimétisme, si, puisqu’on vous le dit. C’est en tous cas le parti-pris de l’atelier familial Imperfettolab, en Emilie-Romagne, qui propose, entre art et design, du mobilier inspiré de la nature environnante. Avec leurs courbes douces, presque liquides, ces bancs-galets «Mercurio» en fibre de verre finition chromée, ne feront peut-être pas illusion, mais sensation dans un extérieur ultra contemporain. Dispo en plusieurs dimensions. + d’infos : imperfettolab.com

Bonnes feuilles

Puisqu’on parle mimétisme… il n’y a rien de plus agréable que l’ombre végétale, celle des grandes feuilles de bananiers, de monstera, de catalpa bignonioides ou de fatsia japonica… Mais quand on n’habite pas sous les bonnes latitudes et qu’on n’y connait rien en plantes, on peut aussi opter pour la version voile d’ombrage. Et on n’est pas embêté par l’arrosage. Dispo en 5 coloris, base pivotante, envergure 310cm. + d’infos : hopus.eu

Nicolle en terrasse

En 2022, la cultissime chaise Nicolle, son célèbre dossier «queue de baleine» et son compère tabouret, prennent l’air ! Revisitée par la designer italienne Paola Navone, pour pouvoir s’installer en terrasse, la plus-que-centenaire –la 1re de ces assises, conçues à l’origine pour le personnel des usines, a été
assemblée en 1913– est perforée et se pare de couleurs soleil et océan. Dispo en 4 hauteurs : 45, 60, 65 et 75 cm. + d’infos : chaises-nicolle.com

Céramique chic

Parce que mobilier d’extérieur, imperméable et résistant, ne rime pas forcément avec plastique, chez Gloster, on donne dans la table basse en céramique, en version rustique-chic. Surmontées d’un plateau en teck, avec leurs couleurs et lignes sobres, Coso et Blow accueilleront orangeade, roman du moment et autres lunettes de soleil avec élégance et assurance : de 13 à 18kg, il faudra plus qu’une légère brise pour les faire flancher… Modèles Coso et Blow dispo en 2 hauteurs. + d’infos : gloster.com

LA FOLIE À CHAMBÉRY !

LA FOLIE À CHAMBÉRY !

SOYONS FOUS !

Il ne manquait plus au Petit Hôtel Confidentiel, 5 étoiles à Chambéry, qu’un restaurant à son image pour se régaler grâce au chef malaisien Shasitharan Manogeran. C’est désormais chose faite. Et c’est de la Folie !

Charlotte et Jérôme Reyes Million n’ont pas fait les choses à moitié, comme à leur habitude. Leur nouveau restaurant est une adresse qu’on n’oublie pas. Côté déco, on en prend plein les yeux. Atmosphère feutrée, niches végétales, banquettes arrondies, cuisine ouverte, pas de style ostentatoire, ni de mise en scène grandiloquente, des teintes sobres, mais fortes ont été retenues par Caroline Lory, architecte d’intérieur formée par Starck. Ses réalisations chez Mauro Colagreco ou Anne-Sophie Pic ont suffisamment marqué les esprits pour que le couple d’hôteliers lui confie leur nouveau bébé : Folie. “Parce que tout le monde nous a dit que c’était une folie d’ouvrir un restaurant !

UNE FOLIE BIEN ASSUMÉE

Côté cuisine, encore une excellente pioche. Le chef Shasitharan Manogeran a un parcours qui marque ses assiettes. Un parcours gastronomique bien sûr avec de très grandes tables étoilées, Marc Meneau, Jean-Michel Lorrain, Jean-Luc Rocha… et un parcours de vie digne d’un film. Deux ans étudiant en médecine à Londres et un week-end en France qui se termine mal : le retour en Angleterre lui est refusé pour défaut de visa. Une année de grosse galère, sans papiers, et enfin une main tendue, celle d’un chef qui croit en lui et l’envoie reprendre des études… de cuisine. Shasitharan Manogeran ne regrette pas la médecine pédiatrique (sa spécialité), il préfère tellement être le nez dans ses casseroles à concocter une nouvelle recette. Sa cuisine est d’ailleurs un métissage savamment dosé entre Savoie et Asie.
Pas d’épices extrêmes. Elles sont juste la ponctuation de mes recettes. J’adore le végétal, car j’ai été végétarien toute mon enfance. Mais j’aime travailler la viande, le poisson, une découverte à l’âge adulte”. Le pigeonneau royal à la pomme cannelle ou l’omble chevalier s’associe au thé fumé, avec du poivron fermenté et de la citronnelle. “Ma cuisine est métissée, mais locale, car j’aime les produits de cette région”. Hayet, en salle, vous accueille avec chaleur et élégance. Denis Colonge vous raconte tout sur les vins. On se laisse tenter par ce coup de folie, une folie séduisante et gourmande.

+ d’infos : Folie – 23 rue Bonivard à Chambéry – 04 85 86 03 65. Menu 3 plats 59 €, 4 plats 89 €, 6 plats 119 € ou à la carte. http://restaurant-folie.com

styliste : maison maëlie

styliste : maison maëlie

MAËLIE… AUSSIE*

Il fut un temps où les voyages en Inde bouleversaient des vies. Aujourd’hui, ce sont les séjours en Australie. L’île-continent offre une qualité de vie, un rapport au travail et… un style de robes de mariées, que la créatrice lyonnaise Amélie Guesnet a décidé de rapatrier.

(*DIMINUTIF D’AUSTRALIEN EN ARGOT… AUSTRALIEN)

« Les gens ne font pas de voyages, ce sont les voyages qui font les gens » disait Steinbeck -parce qu’il est toujours bon d’invoquer un prix Nobel de littérature avant de parler couture !–. Quand, en 2017, elle part pour un an en Australie, avec son visa vacances-travail et son mari, Amélie Guesnet veut surtout perfectionner son anglais et voir du pays. Elle n’a alors que 24 ans et ne pense pas en revenir avec une décision qui va changer sa vie professionnelle.
Depuis plusieurs années, elle gravite dans le monde de la haute-couture à Paris. Artiste dans l’âme depuis toute petite, elle s’est tournée vers des études de modélisme : “j’aimais l’idée de partir d’un morceau de tissu et d’arriver à un vêtement durable, qu’on puisse porter longtemps”. Elle se spécialise dans le tailleur dame et la couture flou à la chambre syndicale de la couture parisienne et, en travaillant pour un atelier de confection renommé, enchaîne les expériences dans les coulisses des grandes maisons, Dior, Chanel, Saint Laurent… Mais c’est un microcosme particulier, dont elle préfère vite s’éloigner : “j’avais peur de finir par détester un métier que j’avais choisi par passion”. Elle prend donc le large, direction Melbourne.

TULLE PERLÉ ET FÉMINITÉ

En débarquant dans la capitale australienne de la mode, elle est prête à perdre le fil, à se contenter de petits boulots loin des aiguilles, mais elles la rattrapent vite : “c’est ce que je sais faire de mieux”, et elle est embauchée dans l’atelier d’une créatrice de robes de mariées. “En dehors du côté couture, je suis tombée amoureuse du style australien, il est différent, très glamour. En France, il y a un côté historique, un passé intense, même dans la mode ; là-bas, c’est un pays neuf qui prend les styles de différentes provenances et les mixe pour donner une mode libre, légère, colorée. Il y a aussi moins de pudeur, on aime les coupes sexy qui mettent les formes en valeur, les choses fendues ou très près du corps… Et pour les robes de mariées, on utilise des matières qui se tiennent bien et qui ne se voient plus trop chez nous, comme le tulle perlé ou le satin duchesse. C’est plus audacieux dans l’affirmation de la féminité, de la confiance en soi, c’est un peu plus show-off (ndlr : frime) aussi.
Cette plongée dans le grand blanc s’impose alors pour elle comme une révélation : “c’est un peu de la haute-couture que tout le monde peut porter une fois dans sa vie.” La voilà donc face à de nouvelles perspectives…

NOUVELLE VIE ET SYMÉTRIE

Teint hâlé et cheveux blondis par plusieurs mois de soleil, Amélie regagne donc l’hémisphère nord et s’installe à Lyon, où elle chamboule les lettres de son prénom pour lancer «Maison Maëlie». Ses créations sont évidemment inspirées par son séjour au pays du barramundi et de Margot Robbie : “même si les marques australiennes commençaient à prendre un peu d’ampleur, ce style-là n’était pas encore très visible, et je pouvais y apporter le savoir-faire français.” Elle travaille la transparence, les décolletés, le perlé…
Après une collection 2021 autour de la mer et des Néréides, sa mariée 2022 se pare de lignes fortes, très graphiques, et d’un travail sur la symétrie. Chacune des robes porte le nom d’une personnalité ayant également joué avec ce principe géométrique, comme les architectes Franck Gehry et Zaha Hadid, les artistes Escher et Mondrian, ou le plasticien Vasarely. “J’ai un faible pour la robe Otto, avec ses deux pièces et son satin duchesse, une matière un peu oubliée qui se faisait beaucoup dans les années 80-90. Travaillée de manière plus actuelle, c’est une alternative moderne à la robe de princesse.

ÊTRE TOUTE « OUI »

Amélie, qui a toujours œuvré en atelier, doit désormais aussi appréhender la dimension humaine de l’univers du mariage : “ça ne se résume pas uniquement à la création de la robe, on est beaucoup dans l’affect avec les futures mariées, on découvre leur histoire, il y a des moments où elles se dévoilent vraiment et au-delà de la confection, il faut leur donner des conseils, les guider jusqu’au bout.
Un rôle qu’elle a appris à endosser, tout comme celui de cheffe d’entreprise, dans lequel elle s’est, là aussi, révélée. Et elle ne compte pas s’arrêter là : “l’idée serait de développer le dressing de la mariée, de l’enterrement de vie de jeune fille jusqu’au brunch du lendemain de la cérémonie, peut-être en partenariat avec d’autres créateurs.” Elle a d’ailleurs déjà fait un premier pas dans cette direction, en lançant, avec la marque de lingerie écoresponsable Maline, un maillot de bain de mariée. Pour celles qui voudraient se dire oui sur une plage… en Australie ?

+ d’infos : maisonmaelie.fr

DESIGN AU JARDIN

DESIGN AU JARDIN

EXTÉRIEUR JOUR…

Le jardin, on le sait bien, plus qu’un espace, c’est une pièce supplémentaire, à aménager, décorer… et à ce petit jeu-là, les plus inspirés sont souvent les Transalpins.

Espace vert…ical

Pour diviser les espaces ou les scénographier, on peut imaginer des claustras, des parois de bambous, des rideaux de canisse, mais le fin du fin, c’est le mur végétal, chatoyant, luxuriant et synonyme de fraîcheur. Le «greenery slide», c’est une structure double-face de 2m de haut, en acier inoxydable, qui peut être fixée au sol, et des bacs à plantes amovibles dans lesquels on fait pousser des plantes d’ornementation ou du potager. Rien de compliqué, le tour est joué. + d’infos : http://paolalenti.it

Balance ton corps

Et bien la voilà ! Ah, ils sont forts ces Italiens… Tout ce qui passe entre les mains de leurs designers s’élèvent d’un cran sur l’échelle de la classe et du bon goût. Formes arrondies et osier acidulé, coussins rebondis et cordes assorties, la balancelle revue par Francesco Rota pour Paola Lenti donne plus qu’envie… Seule ou à deux, pour un moment en suspens, hors du temps. Modèles Swing ou Adagio, disponibles en plusieurs coloris. + d’infos : http://paolalenti.it

Harmonie en hut

Il n’y a pas d’âge pour avoir envie d’une cabane. Dans notre jardin idéal, elle ressemble plutôt à un tipi en bois, ajouré, dont les lattes de mélèze offriraient un ombrage zébré sur un immense canapé rond et des coussins moelleux… Ça tombe bien, cette cabane de rêve existe ! Où ? Je vous le donne dans le mille : en Italie ! Légère, élégante et poétique, l’Alcôve Hut d’Ethimo se déplace facilement et peut même être agrémentée d’un rideau pour plus d’intimité… + d’infos : ethimo.com

Hauts les nains !

Dans la famille des incontournables du jardin, je demande… le nain. Tantôt ringardisé, tantôt starisé, il fait toujours recette. Repensé aujourd’hui par l’atelier italien de design Plato, qui donne d’habitude dans la lampe en béton, Nino –c’est le nom de la version stylisée de cette icône du kitsch– est lui aussi en béton, 100% fait à la main. À quand la balancelle revisitée ? Disponible en 2 tailles et 4 coloris. + d’infos : platodesign.it

Tous égaux ?

Tous égaux ?

ENCORE DU TRAVAIL

Depuis 1946, l’égalité femmes-hommes est un principe constitutionnel. La loi garantit aux femmes, en entreprise comme dans tous les domaines, des droits égaux à ceux des hommes. Malgré pléthore de textes législatifs sur l’égalité professionnelle venus compléter la Constitution, ce n’est pas encore gagné…

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’objet de la législation n’est plus de protéger, mais de garantir l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Si la loi du 22 décembre 1972 pose le principe de l’égalité de rémunération “pour un même travail ou un travail de valeur égale”, la loi Roudy, du 13 juillet 1983, réaffirme –besoin étant– le principe de l’égalité dans tout le champ professionnel : recrutement, rémunération, promotion ou formation.

ON REND LES COPIES !

Depuis 2020, toutes les entreprises de plus de 50 salariés doivent calculer et publier leur Index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cet index prend la forme d’une note sur 100, calculée à partir de 4 critères (pour les entreprises de 50 à 250 salariés) et 5 critères (pour celles de plus de 250 salariés) :

• la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, par catégorie de postes équivalents et par tranche d’âge (40 points) ;
• la même chance d’avoir une augmentation (20 points) ;
• la même chance d’obtenir une promotion (15 points) ;
• l’augmentation de salaire garantie au retour de congé maternité (15 points) ;
• la parité parmi les 10 plus hautes rémunérations (10 points).

Ces informations doivent rester en ligne au moins jusqu’à la publication des résultats de l’année suivante.

PEUT MIEUX FAIRE…

Cette année encore, les résultats progressent, mais sont loin d’être satisfaisants. Seulement 2% des entreprises concernées ont obtenu la note maximale de 100/100. Cela signifie qu’encore 98% des entreprises françaises de plus de 50 salariés doivent continuer, ou pour certaines, commencer à produire des efforts pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes dans leur établissement. Ainsi, sachez, qu’en matière de recrutement par exemple, il est interdit pour une entreprise de tenir compte du sexe comme critère d’embauche (ou de licenciement). Aucune offre d’emploi ne peut mentionner la situation de famille ou encore le sexe du candidat recherché. Pas de questions intrusives sur la vie personnelle pendant l’entretien et pas d’élimination de candidat en fonction de sa situation familiale (parentalité, grossesse, vie maritale n’ont rien à voir avec les compétences, la disponibilité ou la motivation de la personne). Une fois recrutée, il est strictement interdit de refuser une augmentation de salaire, une promotion, une formation à une personne en raison de son sexe. À compter de cette année, en cas d’Index inférieur à 85 points, les entreprises ont jusqu’au 1er septembre pour fixer et publier des objectifs de progression de chacun des indicateurs. Et s’il est inférieur à 75, elles ont le même délai pour publier leurs mesures de rattrapage. En cas de non publication de ses résultats de manière visible et lisible, de non mise en œuvre de mesures correctives ou d’inefficience de celles-ci, l’entreprise s’expose à une pénalité financière jusqu’à 1% de sa masse salariale annuelle.

©Anna

Pin It on Pinterest