Viens chez moi, j’habite chez une copine…

Viens chez moi, j’habite chez une copine…

Vivre chez son conjoint, et après… ?

La personne dont vous partagez la vie est seule propriétaire ou locataire de votre domicile commun. Etes-vous protégé si elle venait à décéder ? Cela dépend de votre statut de couple.

Lorsque l’un des concubins, propriétaire du logement, décède, le survivant peut-il se maintenir dans les lieux ?
L’union libre ne confère aucune protection au concubin survivant. En cas de décès de son concubin, celui-ci n’a donc aucun droit au maintien dans les lieux et peut se retrouver dans une situation très précaire.
Il est possible de protéger son concubin par la rédaction d’un testament en sa faveur, mais il faut que les droits des héritiers réservataires de la succession (c’est-à-dire les enfants) soient maintenus : à défaut, ceux-ci devront être désintéressés.
Mais en cas de legs au profit du concubin, la fiscalité est prohibitive. En effet, les droits de succession qui s’appliquent au montant du legs (en propriété ou en jouissance du bien légué) sont ceux prévus entre personnes étrangères l’une à l’autre, soit 60 % et ceci sans aucun abattement.

Quelle sera la situation du partenaire de pacs en cas de décès de son conjoint, seul propriétaire de leur résidence principale ?
Elle est plus favorable du point de vue fiscal en cas de succession. Si l’un des pacsés hérite de son partenaire, il est exonéré de droits de succession. Attention, pour cela un testament est nécessaire. En présence d’héritiers réservataires, il faudra là aussi que ceux-ci reçoivent leur part de la succession.
De plus, le partenaire de pacs à le droit de rester dans les lieux pendant l’année qui suit le décès. Ce droit temporaire au logement est gratuit : il n’aura pas à dédommager la succession.
Un testament n’est pas nécessaire, sauf à vouloir priver son partenaire de ce droit.

Que se passe-t-il en cas de location, si le défunt (concubin ou pacsé) avait seul signé le bail d’habitation ?
S’il peut s’acquitter des loyers, le concubin pourra généralement se maintenir dans les lieux même si seul le nom du défunt figure sur le bail. S’il peut prouver le concubinage notoire –concrètement, la cohabitation et le maintien de relations stables et continues avec le défunt depuis plus d’un an- il peut prétendre au transfert du bail. En cas de relation plus récente, il faudra proposer au propriétaire de signer un nouveau contrat de bail.
Dans le cas d’un logement social, aucune condition de durée de l’union n’est exigée et le bail peut se poursuivre au nom du survivant, sans conditions de ressources.
Le partenaire de pacs bénéficie du transfert de bail quelle que soit la durée de la cohabitation. De plus, les loyers sont pris en charge par la succession l’année suivant le décès.

Est-on mieux protégé par le mariage ?
Oui, incontestablement ! Le mariage offre une protection maximale. Le conjoint bénéficie d’une exonération de droits de succession et du même droit temporaire au logement d’un an que le partenaire de pacs. S’y ajoute un droit viager au logement qui lui permet, s’il le demande dans l’année suivant le décès, de demeurer dans le logement jusqu’à la fin de ses jours. Il peut en être privé par testament notarié.
Par ailleurs, si une donation entre époux est consentie, elle peut permettre au survivant de recueillir une part en propriété plus importante, de bénéficier de l’usufruit de la succession… des solutions à étudier au cas par cas, selon sa situation personnelle. En cas de location, le survivant bénéficie d’un droit à conserver le bail à son profit ; à la différence du partenaire de pacs, ce droit ne peut pas lui être disputé par d’autres proches.
Cruciale, la protection du logement du survivant l’est encore plus si le logement n’est pas commun. Il est donc essentiel de prendre conseil auprès de son notaire !

+ d’infos : notaires.fr

Feu : Fonderie Paccard

Feu : Fonderie Paccard

Ainsi fond, fond, fond

Tic-tac, tic-tac, voilà 225 ans que la première cloche Paccard tintinnabule, dans le petit village de Quintal. Depuis 7 générations et de père en fils, une ribambelle de ding-ding-dong résonne dans les clochers : la fonderie, aujourd’hui installée à SEvrier, nous sonne les cloches en beauté.

« Venez jeudi, c’est jour de coulée et c’est toujours un moment magique ! Dans la foulée, je donne un petit concert «cloches voix à l’Ars Sonora». Je suis la seule faire ça…”. Anne Paccard -l’épouse de Philippe Paccard, 7e génération- est tellement pleine d’entrain, qu’entre curiosité et sourire contagieux, l’invitation est sitôt acceptée. Elle m’explique d’emblée que la musique a toujours été au centre des préoccupations de la famille, qu’il fallait faire des cloches, oui, mais surtout des cloches qui sonnent juste et joli. Et quel travail d’orfèvre ! Depuis 1796, année des premières pièces en fusion, tout roule, ça coule, et c’est bien joué.

Bell histoire

Tout démarre de là. Un coup du hasard ou du bon dieu, allez savoir ! La révolution a laissé des traces et la terreur vidé tous les clochers de France et de Navarre pour en faire des canons. Derrière la montagne du Semnoz, à Quintal comme ailleurs, on déchante : le clocher est vide et le prêtre a déserté de peur de «se faire raccourcir», explique avec humour Caroline, guide à la fonderie. “A cette époque, on interdit également la fabrication des cloches puisqu’il y a des discordes entre les religieux. Les appels à la messe sont impossibles, on ne peut fêter ni les évènements heureux ni les malheureux, et comme il n’y avait pas de montre à cette époque, difficile de rythmer les journées !”. Le maire prend alors le taureau par les cornes et part toquer chez l’évêque pour réclamer un prêtre. L’évêque accepte, mais lui demande, en gage de bonne foi, d’équiper son clocher d’une cloche, sinon rien ! Conquête des diables pour trouver un fondeur itinérant. C’est le Carougien Jean-Baptiste Pitton qui répond à l’appel, malgré les interdictions. Il a lui aussi une exigence : avoir un apprenti pour l’aider à façonner, lettré de préférence, autant éviter d’écrire des fautes sur la cloche ! Le maire a le profil, il lui file un coup de main et se découvre une vraie passion. Antoine Paccard est dans la place.

Coulée de cloches à la Fonderie PACCARD

Coulée douce

Il crée son petit atelier qu’il préfère à l’itinérance. Il est attaché à son village et ne souhaite pas en partir, ce qui lui permet aussi de peaufiner son apprentissage et d’en découvrir les moindres secrets. Il mène son bout de chemin et passe le flambeau à la deuxième génération, qui met le turbo. La gare d’Annecy est en construction, et la fonderie devenue trop juste déménage à Annecy-le-Vieux entre 1854 et 1857. Plutôt malin ! Les cloches profitent du wagon, voyagent de plus en plus et s’exportent à gogo. En France, puis dans le monde entier, la Maison Paccard se fait un nom et depuis, rien ne l’arrête. “On a étudié notre sujet en profondeur : la taille, le profil, vont donner des notes particulières. Ce sont des instruments de musique au final. L’Orchestre National de Paris était d’ailleurs ici la semaine dernière. C’est la musicalité qui fait beaucoup la différence de nos cloches”, précise Anne. Car c’est l’épaisseur qui joue. Plus c’est fin plus c’est grave, plus c’est épais et étroit à l’intérieur, plus les vibrations sont rapides et le son aigu. Tout un art !

Sortir de ses dong !

Et quand l’heure de la coulée sonne, le monde s’arrête. Dans l’immense atelier aujourd’hui à Sevrier, fondeurs et maîtres fondeurs ont des allures de cosmonautes et de soudeurs de l’espace, protégés de la chaleur, des projections et de la lumière dégagées par les métaux. Et quel spectacle ! Il faut dire que le bronze en fusion, ça rougeoie sévère ! Composé de 78% de cuivre et 22% d’étain, le métal à cloche est très particulier, mais parfait pour la musicalité. A 1200 degrés, il est coulé avec une précision qui donne chaud. Autour se trouve un autre moule, en argile, appelé carapace, où sont gravés à l’envers et à l’intérieur, tous les reliefs qui apparaîtront à l’endroit sur la cloche. “Un test est toujours fait au préalable avant la coulée finale pour voir si le bronze est parfait. Comme un bon pain, la mie serrée !”, plaisante Anne. Fastoche !

Equipe du musée

C’est Ding !

Et de là sont fabriquées toutes les cloches. D’église, d’orchestre, de maison, carillons et même Ars Sonora®  - concept sculptural inventé par la fonderie, avec plusieurs cloches accordées  -, des emblématiques et exceptionnelles, de la plus petite à la plus imposante. Pour le passage à l’an 2000, les Américains ont passé commande d’une cloche de 33 tonnes, 4 mètres de haut et 4 mètres de diamètre pour sonner les 12 coups de minuit. “En 1950, on a fait la Liberty Bell, réplique de celle qui a sonné l’indépendance aux Etats-Unis, une pour chaque état américain soit 54 pièces. Mais on a aussi coulé la Savoyarde, la plus grosse cloche de France placée dans la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre, et celle du Pourquoi Pas, navire du commandant Charcot. Vous imaginez, on a des lettres de lui dans nos archives !!! En 225 ans d’histoire, on en a des choses à raconter…”

+d’infos : www.musee-paccard.com

Photos : Yannick Perrin

justice : violences conjugales

justice : violences conjugales

Quand le danger vient de l’intérieur

Durant le premier confinement, les pouvoirs publics relayés par les médias se sont « souvenus » que le logement familial peut devenir un piège pour bon nombre de femmes et hommes, victimes de violences, situation aggravée par le huis clos sanitaire.

Une information massive quant aux solutions d’urgence s’est alors développée avec des résultats plus ou moins significatifs, mais qui aura eu au moins le mérite de mettre en lumière l’ampleur de ces violences et la difficulté pour les victimes d’en sortir.
Le confinement strict n’étant plus de mise actuellement, il n’en demeure pas moins que la réduction des échanges sociaux, le chômage partiel, le télétravail, les difficultés économiques accrues depuis un an maintiennent encore trop de femmes notamment, dans des conditions de vie inacceptables.

UN TEMPS POUR PARLER

Il n’est donc pas inutile de rappeler que les numéros d’urgence (3919) largement diffusés lors du premier confinement sont bien évidemment toujours d’actualité. Mais si la peur «qu’il sache» prend parfois le pas sur le besoin de dénoncer, et en tout cas de mettre fin aux violences, qu’elles soient physiques ou psychologiques, les victimes doivent savoir que leur parole peut être entendue de manière anonyme, ce qui, bien souvent leur permet ce premier contact, qui peut ensuite tout déclencher dans un climat de confiance et de sécurité.
Parallèlement aux associations nombreuses et très dynamiques, les avocats soumis au secret professionnel peuvent accompagner en mettant à disposition les outils judiciaires que ce soit en termes de plainte pénale, mais aussi d’organisation de la famille.
Ils sont là également pour soutenir les démarches des victimes vis-à-vis des différentes administrations et notamment lorsqu’il s’agit de déposer plainte et que la victime ne sait pas forcément comment s’y prendre ou ne se sent pas ou mal écoutée.

UN TEMPS POUR SE PROTÉGER

Après l’écoute et l’information initiales indispensables, 2 types de procédures, qui peuvent se cumuler le cas échéant, se présentent aux victimes.
Ainsi, elles peuvent déposer une plainte pénale et en conséquence, bénéficier de différentes mesures associées à cette plainte, visant à les protéger et notamment via une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire rendue immédiatement à la fin de la garde à vue à l’égard du conjoint violent, qui se verra ainsi, en attendant d’être jugé, interdit de l’approcher.
Par ailleurs, la victime peut obtenir du Juge aux Affaires Familiales, Juge civil, dans des délais rapides, une ordonnance de protection, visant également à un éloignement du conjoint violent, notamment en lui interdisant de paraître au domicile de la famille, mais aussi à organiser les conséquences cruciales de cette séparation : résidence des enfants, droits de visite ou non du conjoint, pension alimentaire, ce qui permet à la victime de «se poser», de prendre soin d’elle, avant d’envisager des suites éventuelles, comme un divorce par exemple s’il s’agit d’un couple marié.
Plus que jamais, celles et ceux qui sont prêts, peuvent donc accéder à ces procédures.

Sur l’eau : l’Espérance III

Sur l’eau : l’Espérance III

La Fabrick d’Espérance

Il était un petit navire qui n’avait ja, ja, jamais plus navigué… depuis 1930. Et ce n’est pas faute d’avoir largement favorisé l’essor d’Annecy pendant plus d’un siècle. Et puis plus rien. Les bricks se sont cassés du lac… C’est à en perdre ses voiles latines ! Mais quand l’espoir fait vivre, Esperance renaît… Ohé, ohé matelots !

Les voiles latines rayées de la surface du lac… Tel devait être leur destin. Mais contre toute espérance et grâce à l’idée un peu barrée d’un homme et à l’audace -voire l’inconscience- d’une poignée d’autres qui ont répondu : « chiche ! », l’emblématique Espérance revient à la vie… un siècle plus tard. Inespéré…

OH MON BATÔÔÔÔ…

Depuis l’Antiquité, le lac d’Annecy a représenté une voie de circulation plus rapide, plus économique et plus sûre que les mauvaises routes. Il faut dire que les voies sont restées longtemps impraticables du côté d’Angon et en face, au niveau de la pointe de la Puya. Les 2 rives étant compliquées d’accès, ne restait que la voie d’eau”, explique l’historien annécien Philippe Grandchamp. Ainsi, jusque la fin du 18e, les marchandises -raisin, fourrage, bois, tuiles…- étaient transportées à bord de chalands alpins, les «naus». Ces grandes barques à voile carrée, sans gouvernail ni quille, étaient peu maniables : il fallait choper le vent de dos ou sortir les rames et l’huile de coude ! Mais leur fond plat permettait d’accoster n’importe où, même quand les eaux étaient peu profondes. Les naus faisaient donc l’affaire pour les besoins du petit cabotage ici, comme sur le Léman.

DE GALÈRES EN GALÈRES…

Mais au Moyen-Âge, la situation féodale de la région va conduire à donner, à la flotte du Léman, un visage quelque peu insolite et pour le moins unique en Europe pour de la batellerie d’eau douce. Les Comtes de Savoie possèdent, au 13e siècle, la totalité du littoral lémanique. Tout, à l’exception de Genève. Pour en assurer le contrôle et surtout se protéger des attaques bernoises qui convoitent le territoire vaudois, ils vont faire construire une flottille de galères par des charpentiers venus de Méditerranée, les Génois. Ainsi, les rivalités entre Savoie, Genève et Berne entraîneront la construction de véritables armadas, avec batailles navales, pillages et exactions à la clé. Certains navires pouvaient transporter jusqu’à 380 marins et soldats ! Vision surréaliste sur ce lac, aujourd’hui si paisible. Les conflits y feront pourtant rage jusqu’au milieu du 16e siècle. Les galères subsisteront, quant à elles, jusqu’au 18e, en évoluant vers un usage mixte, tout en s’adaptant aux lacs : faible tirant d’eau, flancs larges, immenses voiles latines et pont permettant de charger des marchandises… ou les canons au besoin ! C’est ainsi que l’histoire des barques à voiles latines inscrit ses premiers faits d’armes en terre alpines. “Car jusque-là, on ne les trouvait qu’en Méditerranée sous forme de galères ou en Mer Rouge avec les fameuses felouques. La forme des voiles triangulaires suspendues à une antenne oblique croisant le mat les rendait bien plus maniables que les voiles carrées traditionnelles. Elles sont donc arrivées sur le Léman dans ce conflit contre les Bernois, puis se sont reconverties dans le transport de marchandises”, rappelle l’historien. Jusqu’à faire des petits sur les autres lacs de la région…

Arch. dép. Haute-Savoie

ON NE CASSE PLUS DE BRICKS !

La Révolution, avec l’entrée des troupes françaises en Savoie en 1792, va brasser les cartes, entraînant le départ de toute une population de nobles et de religieux pour Turin. “Jusqu’à la Révolution, Annecy était une ville de couvents, à la fois refuge des catholiques chassés de Genève par le calvinisme, et le bastion de la Contre-Réforme. On en comptait, de mémoire, une quinzaine sur la ville.” Les révolutionnaires débarquant et la religion n’étant plus en odeur de sainteté, les couvents se vident en un tour de main. Et se remplissent aussitôt. On y installe des usines et manufactures qu’il faut maintenant faire tourner.
Et ça tombe bien, car en 1794, c’est l’effervescence : on vient de découvrir deux mines de lignite -un charbon bas de gamme mais charbon quand même-, situées au sud du lac, à Montmin et Entrevernes. Une aubaine pour alimenter en combustible les fabriques nouvellement créées.
Mais encore faut-il transporter ce matériau trop lourd pour les capacités des naus (6 tonnes max). Or, les barques à voiles latines du Léman, peuvent, quant à elles, supporter jusqu’à 40 tonnes ! Et cerise sur le bateau, on peut y entreposer les marchandises directement sur le pont, et pas à fond de cale comme sur les naus. Bien plus pratiques pour la manutention.
Ni une, ni deux, le premier « brick » est fraîchement commandé à Pierre-Joseph Portier, charpentier naval de Thonon. Puis 2, puis 3… Au total, ce sont une douzaine de voiles latines qui sortiront des chantiers navals du Léman de 1794 à 1911 pour tremper leur quille aux eaux annéciennes. Jamais plus de 3 en même temps. L’Innocente, la Belle Etoile, la Dame du Lac, la Charbonnière, la Céleste… C’est Espérance 2 qui ferme le bal, à la tuilerie de St-Jorioz, lève la quille et puis s’en va. L’arrivée du chemin de fer entre Albertville et Annecy, longeant le lac en 1901 (ligne aujourd’hui fermée et transformée partiellement en piste cyclable), la concurrence de la route et l’épuisement du minerai seront fatales aux bricks. Dans les années 30, c’est la claque, elles ont disparu du lac.
Fin de l’histoire.

L’ESPÉRANCE, LE RETOUR

Enfin… du tome 1. Et pourquoi ne pas en écrire la suite ? L’idée a germé dans les sillons des vignes de Veyrier, un matin de mars 2016. “Pierre Lachenal m’a fait venir sur ce site pour me présenter son association «Vignes du Lac». Il s’agissait de voir s’il y avait des synergies possibles entre le vignoble et la Fondation du Patrimoine”, raconte Renaud Veyret, délégué de la Fondation pour la Haute-Savoie. “A l’issue de la visite, il me dit, en sortant une vieille carte postale : Et puis mon rêve, un jour, quand je serai vieux et que je ne saurai plus quoi faire, dans 10 ans quoi (il en avait déjà 70 à l’époque !), ce serait de construire une barque à voiles latines, comme autrefois, pour pouvoir transporter le vin des vignes de Veyrier…” Sur la photo jaunie par le temps, la Comète, grande sœur de Espérance 2. Un rêve farfelu ? Irréalisable ? Sans doute.
Quelques semaines plus tard, le représentant de la Fondation réunit un noyau de chefs d’entreprises avec dans l’idée de monter un club de mécènes. Il se rappelle : “Autour de la table : Mobalpa, Salomon et Botanic. « Soutenir le patrimoine, why not… Mais sur quel projet ? », ils me demandent… Bah, à la Fondation, on a pas mal de bâtiments religieux qui auraient bien besoin… « Ah non, on n’en veut pas ! » Je m’y attendais un peu… Alors on a des châteaux, des maisons fortes ? « Oh, c’est vieillot pour communiquer dessus ! » OK. Et la cinémathèque ? « Déjà vu ! » J’arrivais à court d’idée et je leur lance, un peu au bluff, et puis on a un projet de barque à voiles latines sur le lac d’Annecy… « Mais c’est génial ! En plus, c’est un bateau de marchandises, un projet d’entrepreneurs ! On marche ! »” Les 3 patrons sautent sur le ponton à pieds joints et embarquent dans leur sillage une trentaine de membres de l’APM (clubs de chefs d’entreprises autour du management) sous l’impulsion de Serge Delemontex. 100 000 € sont ainsi débloqués, l’aventure peut commencer. L’association Espérance 3 se jette à l’eau avec, à la barre, Pierre Lachenal, son président, et mise sur un budget d’1,5 million d’euros. Le département et la région sortent alors les voiles (400 000 € chacun), le public est mis à contribution au travers d’une grande souscription (220 000 € seront recueillis par la Fondation du Patrimoine). De quoi se mettre au travail, même si le budget est encore incomplet. L’association emprunte, et espère encore convaincre mécènes et donateurs. L’Agglomération annecienne devrait, quant à elle, en ajouter 100 000 d’ici quelques semaines.

A L’ABORDAGE !

Voilà pour les moyens. Le projet ? La reconstitution à l’identique d’un patrimoine disparu, à partir de plans pour le moins sommaires retrouvés de Esperance 2 : même ligne, même gabarit, quant aux couleurs, “on suppose qu’elle était blanche rouge et verte, mais ce n’est pas garanti sur facture, juste une libre interprétation d’une dizaine de photos… en noir et blanc ! C’est la seule piste qu’on a en notre possession. Pour les réclamations, merci de retourner vos greniers, si vous avez des clichés cou- leurs (de 1910 à 1930), on reprend les pinceaux !”, lance en boutade Renaud Veyret, secrétaire général de l’association. D’ici qu’on le prenne au mot… A l’identique sur le rendu, mais pas sur la méthode. “On s’est demandé : si on avait continué à en construire, comment on aurait fait aujourd’hui ? Il s’agit donc d’une réplique, mais avec les technologies et le savoir-faire d’aujourd’hui. On aurait tort de s’en priver. Rien que le lamellé collé devrait lui offrir une durée de vie bien plus longue”, explique Renaud Veyret. “Sur le lac d’Annecy, il n’y a jamais eu de foc, contrairement au Léman et il n’y en aura pas non plus sur Espérance 3. Il y aura en revanche des haubans, qui n’existaient pas, mais que la législation nous impose aujourd’hui, de même pour les garde-corps et les chandeliers ou encore la motorisation qu’on a choisie électrique, alimentée par des batteries (quand sur le Léman, on est au diesel). Construire un bateau à valeur patrimoniale, même identique à l’historique, est plus contraignant qu’une restauration d’un bateau monument historique. Il faut s’adapter aux normes drastiques d’aujourd’hui”, rappelle Philippe Grandchamp, aujourd’hui parrain de l’association. “Il aurait fallu partir d’un morceau de Espérance 2 pour pouvoir prétendre à une rénovation… Or les seules pièces retrouvées sont les mats reconvertis en avant-toit d’une vieille maison de St-Jorioz ! Pas sûr que la propriétaire aurait accepté de défaire sa charpente pour nous permettre de bénéficier de l’ancienne réglementation !!”, sourit-il. Durant près de deux ans, dans les anciennes forges de Cran-Gevrier, 4 charpentiers de marine (voir encadrés) vont ainsi travailler d’arrache-pieds pour faire renaître l’Espérance, rejoints ces dernières semaines par 2 autres et une volée d’artisans (chaudronniers, électriciens, peintres…) sur la dernière ligne droite… Le bateau est maintenant prêt à jeter les amarres du tome 2.

BATEAU SUR L’EAU…

La trame de l’aventure sera patrimoniale, de fait, mais surtout environnementale -il sera l’emblème de la transition écologique, notamment vers une navigation en tout électrique sur le lac- et pédagogique. Mais pas touristique. “Mis à part l’effet carte postale, sa vocation première n’est pas de faire voyager les touristes. Il y aura peut-être quelques sorties publiques, 35 personnes au maximum, mais c’est avant tout un outil de transition écologique. Il accueillera en revanche des missions scientifiques autour des 3 réserves du lac, et surtout des scolaires pour en faire un lieu de pédagogie et de sensibilisation sur la fragilité de l’eau de montagne confrontée aux changements climatiques. De nombreuses animations seront organisées à quai, en lieu et place du Libellule. Pour autant, Espérance 3 jouera de la voile sur tous les grands événements du lac”, assure Jean-Luc Baudin, chargé de la communication au sein de l’association. Espérance 3 quittera les Forges de Cran-Gevrier le 22 juin à 19h pour une traversée périlleuse de la ville : quand on fait 6,70 mètres de large, la circulation devient épique et les ronds-points impossibles à négocier ! Après une mise à l’eau progressive le lendemain aux Marquisats, la barque ira se faire dorer le pont en cale à Sevrier tout l’été (visible du public), pour les dernières finitions, histoire de se faire reluquer la quille au passage… Retour dans le grand bain en septembre pour une inauguration en grande pompe lors des Journées du Patrimoine.
Ohé ohé matelots


VALENTIN, 25 ANS, DE FRANGY – CHARPENTIER DE MARINE

©Frédéric Seux

Si tu étais une partie du bateau ?
Une membrure. Parce que c’est un ensemble, celui des pièces en bois qui forme le squelette du bateau.
Un bois ?
Le chêne, c’est vraiment la matière noble par excellence. Top à travailler.
Un bateau ?
Plutôt un voyageur, pour de grandes traversées. Un bateau pirate, ça m’irait bien !
Ton meilleur souvenir sur ce chantier ?
Quand on a fini de poser la préceinte, le bordage en haut de la coque, on avait ainsi ceinturé le bateau, tout était apparent, on voyait vraiment les volumes se créer. C’était un moment fort.
Le pire ?
Les collages… Il y en a eu beaucoup. On a passé 4 mois à contre-coller… C’est pas l’étape la plus palpitante ! Mais les volumes et les courbures qu’on voulait atteindre l’exigeaient.
Qu’est-ce que tu garderas de ce chantier ?
Beaucoup d’expériences, de confiance en moi et des amis ! C’était vraiment exceptionnel ces 2 années passées ensemble.

PIERRE, 33 ANS, D’AIX-LES-BAINS, CHARPENTIER DE MARINE

©Frédéric Seux

Si tu étais une partie de bateau ?
Une étrave, la partie avant du bateau, celle qui tranche l’eau ! Qui fonce sans se poser de questions.
Un bois ?
Un bois dur. Le chêne me va bien.
Un bateau ?
Un bateau avec de belles formes élancées. Un cotre-pilote ! Ou un cormoran du Finistère. J’ai travaillé dans les chantiers Jezequel, là-bas. Et ils en fabriquaient. Je les trouvais particulièrement élégants, très bien dessinés, parfaitement finis…
Le meilleur souvenir sur ce chantier ?
Avec Valentin, quand on était sur l’étape de bordage. Du printemps à l’automne 2020, on a constitué la «peau» du bateau. Et c’était vraiment un très bon moment.
Qu’est-ce que tu garderas d’Espérance 3 ?
Ç’aura été un chantier ultra formateur sur la durée, et qui nous donne surtout l’envie de continuer dans cette branche-là. Même si c’était dur, et il ne m’a pas dégouté ce chantier, bien au contraire !!! J’ai presque envie d’en faire un autre, là, pour aller plus vite et progresser encore.
Et demain ?
Je vais prendre des vacances, finir mon bateau perso et régater avec les potes du chantier. Etre enfin au contact de l’eau !

CYRIL, 34 ANS, DU NORD, PRÈS DE LILLE, CHARPENTIER DE MARINE

©Frédéric Seux

Si tu étais une partie de bateau ?
Un bordé qui glisse sur l’eau. C’est ces planches qui forment la coque externe du bateau.
Un bois ?
Le chêne, c’est local, agréable à travailler et ça sent bon. Quand je fais du chêne, je suis content.
Un bateau ?
Les bateaux que j’aime particulièrement, ce sont les Smacks, des vieux voiliers de pêche traditionnels des côtes sud de l’Angleterre. Des bateaux assez puissants avec de superbes lignes. Ou je serais un dragueur de fond dans le sens où j’ai une énergie au long cours. Sur des projets de 2 ans, je n’ai pas le sentiment d’arriver essoufflé.
Ton meilleur souvenir sur ce chantier ?
La pose des galbords, le bordage le plus près de la quille, les pièces les plus difficiles à étuver. Un beau travail d’équipe !
Le pire ?
Le ponçage des peintures ou les collages…
Qu’est-ce que tu garderas de ce chantier ?
Une opportunité incroyable. C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de se voir confier un tel chantier. On a hâte de le voir maintenant sur l’eau… Même si ce sera la fin d’une aventure.

AMAURY, 21 ANS, DE VENDÉE, SUR LE CHANTIER DEPUIS JANVIER 2021

©Frédéric Seux

Je suis entièrement novice. Je venais de finir un BTS en gestion et protection de la nature. Et je suis tombé ici un peu par hasard. Mais j’y ai pris goût, et je pourrais bien rester dans ce domaine.
Si tu étais une partie de bateau ?
Je serais la quille !
Un bois ?
De l’if. Un bois magnifique que j’aime travailler.
Un bateau ?
Un vieux voilier avec un gros équipage, qui aurait bien baroudé…
Le meilleur souvenir ici ?
Quand on a fini de poser le pont. La dernière latte. C’était gratifiant.
Le pire ?
Le pire… c’est quand j’ai mis à l’envers tous les petits bouchons en bois sur le pont. Ça m’a pris une demi-journée pour tout recommencer ! C’est le métier qui rentre (rire) !!
Qu’est-ce que tu garderas de ce chantier ?
Quelle expérience ! Et quelle fierté !

CÉLIA, 33 ANS, DE PARIS SUR LE CHANTIER DEPUIS JANVIER 2021

©Frédéric Seux

J’ai aucune expérience dans ce genre de chantier. Depuis 8 ans, je suis plutôt une voyageuse ! J’apprends des métiers sur ma route, en fonction de là où je tombe, Asie, Océanie, Amérique Centrale ou Europe… Mais avec le confinement, je me suis retrouvée bloquée en France, et je suis tombée sur l’annonce de ce chantier qui recherchait même des débutants. Et me voilà !
Si tu étais une partie de bateau ?
Les voiles forcément ! Pour partir au gré du vent.
Un bois ?
Du mélèze. C’est celui que j’ai le plus travaillé ici.
Un bateau ?
Un petit voilier de mer… intimiste.
Le meilleur souvenir du chantier ?
Les phases collectives, où on était tous sur une même tache. Celle du collage du pont par exemple. Cette énergie de groupe, où il faut envoyer, où il y a du rythme, une dynamique et un changement de visuel en 2 jours !
Le pire…
Les bobos…
Qu’est-ce que tu garderas d’Espérance 3 ?
Le savoir-faire, l’apprentissage du bois et cette équipe !
Et demain ?
Me lancer dans une transat cet hiver. Direction les îles !

JÉRÔME, 32 ANS, DE TOURS CHARPENTIER DE MARINE, CHEF D’ÉQUIPE

©Frédéric Seux

Ton dernier fait d’armes ?
Avant de venir ici, j’ai eu la chance de travailler 3 ans aux côtés d’Hubert Stagnol sur un superbe voilier dessiné en 1889 par l’Écossais Watson, avec des élancements vertigineux devant, derrière. Un bateau qui est parti pour Singapour. Ultra kiffant !
Si tu étais une partie de bateau ?
Une vis ! Il n’y a pas de pièces superflues sur un bateau, de même pour une équipe. Le principe même du bateau en bois, c’est que toutes les pièces se soutiennent entre elles.
Un bois ?
J’adore l’acacia. Il permet de très belles réalisations autant en tradi qu’en régate ou en yachting. Et le symbole de l’acacia est super fort, l’éternel espoir, l’immortalité…
Un bateau ?
Une hirondelle de la Manche… Comme le Marie-Fernand (1894). Ces cotres-pilotes connus pour aller chercher la performance, en vitesse surtout. Superbes !
Le meilleur souvenir du chantier ?
Le jour où on a levé la quille, Pierre, Valentin et moi. On devait attendre un camion grue, des membres de l’association, des photographes… Et on était prêt. Et Valentin nous a lancé : “Merde, on le fait pour nous !?” On était assez créatifs pour mettre un bout de bois de 900kg sur 3cales ! Et à 3, on l’a fait. Un moment vraiment intense. Qu’est-ce que tu en garderas ?
Le souvenir d’une équipe fabuleuse. J’ai énormément appris à son contact.
Et demain ?
Vacaaaaances !

Et du côté du Léman…

De cette époque, seuls 2 bateaux ont été sauvegardés. A Lausanne, la Vaudoise, le dernier brick construit en 1932 à Meillerie, navigue aujourd’hui sous les couleurs de la Confrérie des Pirates d’Ouchy. Et à Genève, la Neptune, construite en 1904, a été sauvée de la démolition en 1974.
Ils ont été rejoints par 3 nouvelles voiles latines : à Thonon le 11 juin 2000, par la Savoie, réplique d’une barque construite à Genève en 1896 et démolie en 1945 sur les lieux-mêmes qui verront sa renaissance, puis de l’Aurore, une cochère reconstruite à St-Gingolph et de la Demoiselle à Villeneuve qui sillonnent aujourd’hui les eaux du Léman.

Plagiat ? Mes droits…

Plagiat ? Mes droits…

Je pique… ça pique !

Quelle est la différence entre Montaigne, Georges Harrison, Calogero et un étudiant ? Aucune, ils pratiquent le plagiat.

Le plagiat consiste à s’approprier l’idée d’un autre en la faisant passer pour sienne, il touche tous les domaines, et celui du domaine artistique est bien connu tant les procès se sont multipliés.
A l’heure d’internet, l’information n’a jamais été aussi disponible pour les copieurs, mais aussi pour les internautes prêts à les dénoncer, aidés par des outils comme des logiciels détecteurs de plagiat.
Dans le jargon juridique, on l’appelle «contrefaçon». Elle est définie par l’article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle : «Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur… est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la trans- formation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque».
Elle est un délit puni d’une peine maximale de 3 ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende. Des dommages et intérêts peuvent également être accordés pour réparer le préjudice économique et moral de l’auteur.

COPIER N’EST PAS JOUER !

Dans l’industrie musicale, mélodies, rythmes, paroles, tout peut être pillé par d’illustres inconnus ou stars patentées. Mais l’imposture reste difficile à prouver, car l’originalité d’une mélodie est difficile à établir.
Utiliser le dessin d’un artiste, ou bien insérer un extrait vidéo sans créditer son auteur, peuvent constituer également un plagiat.
Le scénario d’un film ou d’une vidéo qui reprend la trame ou les personnages d’une autre vidéo, voire s’inspire très largement d’un livre, est un plagiat.
Plus étonnant, l’utilisation de GIFS constitue un plagiat pouvant tomber sous le coup du délit de contrefaçon, mais cette utilisation est tellement fréquente qu’il n’y a encore jamais eu de recours pour cette arnaque 2.0.
La littérature n’est pas épargnée par le phénomène, et de nombreux auteurs, deviennent des gentlemen cambrioleurs des mots.

DES CHERCHEURS AUX ÉTUDIANTS…

Les copieurs investissent également le domaine scientifique en volant les idées de leurs collègues, jetant le discrédit sur les chercheurs. Pour eux aussi, les suites seront lourdes : ils risquent de perdre le financement de leur recherche, l’annulation du diplôme, et le plagiaire aura des difficultés à trouver un poste ou à se faire publier dans des revues spécialisées. Il sera également rappelé aux étudiants que copier-coller n’est pas jouer. Certes, la tentation du crtl-C, crtl-V est grande, et le geste peut paraître anodin, mais ses conséquences ne le sont pas, puisque l’étudiant pompeur encourt une sanction pédagogique par la baisse de la note de l’épreuve, mais ça peut aller du simple avertissement jusqu’à l’exclusion temporaire ou définitive. Préférez le fil à broder à la colle !

POMPER OU S’INSPIRER ?

La création se nourrit nécessairement d’autres œuvres, la frontière est donc mince et pas toujours nette entre l’influence, l’hommage, la rencontre fortuite, le clin d’œil, l’inspiration maladroite et l’authentique contrefaçon susceptible de poursuites. Lors du travail de réappropriation et de réinterprétation, l’origi- nalité ne doit pas rimer avec le clonage de l’original, sous peine de sanction.
De nombreux humoristes ont été épinglés pour s’inspirer de shows, mais comme le rappelle François Rollin, Coluche avait tracé la route en disant « qu’une blague appartenait à celui qui s’en servait le mieux ».
Point de procès pour ces blagueurs en mal d’inspiration, mais le plagiat nuira surtout à leur réputation.

Maître Anne Delzant

mes sous sans soucis

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Bonnes nouvelles fiscales

Chaque année apporte son lot de nouveautés et 2021 ne fait pas exception : élargissement de MaPrimeRénov’, baisse du tarif des notaires et du droit de partage, réduction d’impôt pour les prestations compensatoires…

Qui peut bénéficier de MaPrimeRénov’ au 1er janvier 2021 ?

Les propriétaires, copropriétaires et bailleurs d’un logement occupé ou loué à titre de résidence principale peuvent bénéficier du dispositif MaPrimeRénov’ sans condition de ressources. En revanche, les autres conditions d’éligibilité demeurent applicables. Le montant de la prime est calculé en fonction des revenus du foyer et du gain écologique. Il peut atteindre jusqu’à 90% du montant du devis. La plupart des travaux de rénovation énergétique qui visent à réduire la consommation d’énergie sont concernés. Tous les devis signés depuis le 1er octobre 2020 sont éligibles.

Quel est l’impact de la baisse du tarif des notaires en 2021 ?

La somme versée au notaire est appelée frais de notaire. Ceux-ci comprennent les taxes reversées à l’Etat, les débours acquittés pour le compte du client et la rémunération du notaire (émoluments et honoraires). Le tarif du notaire, c’est-à-dire sa rémunération, ne représente que 10% des « frais de notaire ». L’impact de la baisse est plutôt symbolique puisqu’elle ne concerne que les tarifs réglementés du notaire (les émoluments). En effet, depuis le 1er janvier 2021, ils ont diminué de 1,9%. Or, pour une transaction immobilière de 100 000 €, la baisse est seulement de 23,16 €.

Quels sont les autres actes profitant de cette baisse ?

Cette baisse du tarif s’applique à tous les actes notariés. 2 actes bénéficient d’une réduction sensible : le montant de l’établissement du pacte civil de solidarité (pacs) chez un notaire est réduit à 102 € au lieu de 230,77 €. La mainlevée d’une hypothèque est tarifée à 93,60 € pour un capital inférieur à 77090 € et de 180 € pour un capital supérieur.

Quelle baisse est prévue pour le droit de partage ?

Depuis le 1er janvier 2021, le droit de partage (droit d’enregistrement perçu par l’Etat) est passé à 1,8% contre 2,5% sur la valeur nette des biens indivis concernés. Cependant, ce droit de partage réduit ne concerne que les partages des intérêts patrimoniaux consécutifs à une séparation de corps, à un divorce ou à une rupture de pacs. Cette diminution est indépendante de la baisse du tarif du notaire.

Quelles sont les autres nouveautés de 2021 ?

Concernant les divorces, toutes les prestations compensatoires feront l’objet d’une réduction d’impôt en 2021. Les plus aisés pourront profiter d’un premier dégrèvement de 30% sur leur taxe d’habitation cette année. Enfin, d’autres dispositifs ont été renouvelés pour 2021 : le dispositif d’investissement locatif Pinel, le prêt à taux zéro, le plafond de 1 000 € pour la réduction d’impôt de 75% pour don aux associations, la réduction d’impôt de 25% pour un investissement dans une PME française.

Dans quels cas consulter un notaire ?

Le notaire intervient à de nombreux moments de la vie : projet immobilier, familial (mariage, divorce, pacs), transmission… pour obtenir des informations sur les nouveautés et sur les impacts qu’elles peuvent avoir sur votre situation et pour mettre en place une stratégie optimale en anticipant les évolutions législatives.

+ d’infos : http://notaires.fr

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