Code de l’urbanisme & tourisme

Code de l’urbanisme & tourisme

Hôtel ou résidence de tourisme ?

Vous imaginiez ouvrir un établissement de tourisme au bord du lac, alors pensez bien à mettre à jour vos connaissances du code de l’urbanisme. Ça peut aider.

On est d’accord, ce code, qui n’a jamais eu de secret pour vous (ou si peu), règlemente notamment les constructions sur le territoire national dont celles en zone de montagne, régies par la Loi Montagne, et celles à proximité du littoral, régies par la Loi Littoral, applicable aux communes du Lac d’Annecy, mais aussi du Bourget et du Léman côté France.
Cependant, le code a longtemps réglementé les constructions sans nuancer suffisamment leur diversité et donc sans tenir compte de la vie économique et touristique. En effet, le code de l’urbanisme prévoit différentes destinations de constructions, dont celles qui nous intéressent « l’hébergement hôtelier et touristique » ; les communes ou intercommunalités ont toute liberté pour organiser les règles propres à cette destination, via leurs plans locaux d’urbanisme (PLU), règlementant ainsi les constructions destinées à l’hébergement temporaire de courte ou moyenne durée proposant un service commercial.
Les bouleversements opérés par l’arrivée rapide et puissante d’AirBnB, et les conséquences qu’elle a engendrées sur l’offre de logements dans les villes touristiques ont obligé les pouvoirs publics à réglementer cette nouvelle offre, et à affiner les règles urbanistiques pour qu’elles correspondent aux réalités du monde du tourisme.

Chacun sa règle et les touristes dormiront mieux !

Pour ce faire, un décret et un arrêté du 31 janvier 2020 ont modifié les sous-destinations des constructions dans les Plans Locaux d’Urbanisme, et ont distingué juridiquement les « hôtels » et les « autres hébergements touristiques » qui auparavant ne nuançaient pas les types de constructions et étaient regroupés au sein des mots « hébergement hôtelier et touristique ».
Si vous hésitez encore sur la nature de votre projet, sachez que cet arrêté définit « l’hôtel » comme les constructions destinées à accueillir des touristes, et concernent des établissements commerciaux offrant à une clientèle de « passage » qui, sauf exception, n’y élit pas domicile, des chambres ou des appartements meublés en location, ainsi qu’un certain nombre de services (en plus des prestations d’hébergement : le petit-déjeuner, le nettoyage quotidien des locaux, la fourniture du linge de maison et la réception de la clientèle).
Ainsi en pratique, s’agissant d’une location meublée de courte durée, elle appartiendra soit à la sous-destination « hôtel » soit à la sous-destination « autre hébergement touristique » en fonction des services qui lui sont associés.
L’arrêté définit encore les « autres hébergements touristiques » comme des constructions autres que les hôtels destinés à accueillir des touristes (exemple : les résidences de vacances) ainsi que les constructions dans les terrains de camping et dans les parcs résidentiels de loisirs.
Vous l’aurez compris, cette distinction est essentielle pour les stations balnéaires et de montagne, car elle permettra de répondre à la multiplicité et l’hétérogénéité des types d’hébergements touristiques.
Concrètement, cette distinction permettra aussi aux communes et intercommunalités dans leurs futurs PLU de définir des règles différentes pour ces deux types de constructions à vocation touristique.

Surtout, en permettant de différencier les règles, le code de l’urbanisme qui n’a plus de secret pour vous, va permettre aux collectivités de mieux encadrer les différents projets immobiliers dans le respect de nos paysages montagneux et lacustres, cette sauvegarde étant essentielle.

PAR MAÎTRE LAUMET, Avocat au barreau d’Annecy

droit de la famille

droit de la famille

Succession, l’accompagnement du notaire

Avec un décès s’ouvre une période de transition délicate, pendant laquelle le notaire se fait, plus encore qu’à l’accoutumée, le conseil des familles. Attentif au respect des volontés du défunt et à l’équilibre entre les droits des héritiers, il mène à bien sa mission tant sur le plan administratif que juridique et humain.

Y a-t-il un délai obligatoire après un décès ?
Il n’y a pas de délai particulier, mais les héritiers disposent de six mois à compter du décès pour déposer la déclaration de succession aux services fiscaux ; à défaut et si des droits de succession sont dus, ceux-ci pourront être majorés d’un intérêt par mois de retard. Il est donc vivement conseillé de ne pas trop tarder afin d’évaluer le patrimoine transmis et de constater ou non l’obligation au paiement de ces droits de succession. Les héritiers peuvent contacter le notaire de leur choix. S’il existe un testament, et s’il a été rédigé ou déposé dans un autre office, le notaire pourra se le faire communiquer sans difficulté.

Comment se passe habituellement la première rencontre ?
Lors du premier rendez-vous, le notaire interrogera les membres de la famille ou les proches du défunt ayant qualité qui se présenteront à lui. Ces questions permettent d’avoir un premier aperçu général de la situation familiale et patrimoniale du défunt. Viendra ensuite la collecte auprès des banques et des administrations des documents essentiels au traitement du dossier.

Quelles informations le notaire doit-il réunir ?
Elles sont très nombreuses et dépendent de chaque situation. Le notaire doit identifier avec précision les droits et qualités des personnes qui seront appelées à la succession. Ce travail nécessite parfois des recherches approfondies et le recours à un généalogiste. Il doit faire un bilan du patrimoine du défunt au jour de son décès, actif et passif, ce qui peut l’amener à dresser un inventaire. Il doit ainsi reconstituer les opérations de transmission faites du vivant de la personne (donations, donation-partage… ) et s’assurer d’avoir connaissance de l’ensemble de ses dispositions de dernières volontés. Ces renseignements lui permettront de préparer les actes civils et administratifs de la succession.

Qu’est-ce que l’acte de notoriété ?
Cet acte authentique établit qui sont les héritiers, avec leur état civil, et dans quelle proportion ils vont hériter. Ce rendez-vous permet aussi de faire un point sur l’avancement du dossier. Le notaire pourra notamment apporter son conseil sur l’acceptation, ou non, de la succession, ainsi que sur les formalités urgentes à effectuer (traitement des assurances-vie, vente de la maison familiale… ).

A quoi sert la déclaration de succession ?
Cette déclaration adressée aux services des impôts informe officiellement l’administration du décès du défunt, du nom et de la qualité des ayants droit et permet d’établir la liquidation fiscale de la succession. Cette déclaration fiscale permet aussi de connaître le montant des droits de succession éventuellement dus. L’impôt est généralement versé en même temps que la déclaration, mais un étalement dans le temps ou un report peuvent être demandés sous certaines conditions fixées par la loi.

Comment se passe le partage ?
A moins que les héritiers ne s’accordent pour demeurer sous le régime de l’indivision, le notaire va préparer un acte de partage, qui répartira les biens entre les ayants droit en respectant les droits de chacun. Une fois cet acte signé par tous, chacun entre en possession de sa part dans l’héritage.

+ d’infos : www.notaires.fr

les bronzés font plus d’ski

les bronzés font plus d’ski

QU’EST-CE SKI SE PASSE ?

Si la planète tourne au ralenti, les remontées mécaniques, elles, ne tournent pas du tout… Qu’en est-il du ski de haut niveau, vitrine d’une montagne en souffrance ? Réponses avec Fabien Saguez, Directeur Technique National auprès de la Fédération Française de Ski.

Activmag : Quel est l’impact de la crise sanitaire sur la saison 2020-2021 ?
Fabien Saguez : Il y a eu un peu plus de 20% d’annulations sur l’ensemble des disciplines. En temps normal, on est plutôt sur 10%, liées essentiellement à la météo. On est donc à peu près au même nombre d’épreuves que la saison dernière, qui s’était arrêtée fin mars avec l’arrivée du Covid. Mais là, je parle essentiellement des Coupes du Monde et d’Europe, du très haut niveau. Pour ce qui est des autres courses de la filière, notamment les jeunes, les courses régionales ou départementales, les annulations sont de 100% : l’impact est majeur sur nos clubs et comités régionaux. D’ailleurs, ce n’est pas que pour le ski, mais le sport en règle générale. Nous, nous avons l’autorisation d’encadrer nos jeunes en club et certaines stations ont ouvert un téléski ou un télésiège, on est donc globalement privilégiés. Mais j’ai beaucoup de contacts avec mes collègues d’autres disciplines, comme les sports de combat, les sports collectifs ou la natation, et ils sont en énorme souffrance. On risque d’avoir des trous de génération, ça paraît assez évident.

Les épreuves de Coupe du Monde américaines notamment ont été annulées, mais est-ce que les sportifs nord-américains, eux, ont pu participé aux compétitions qui se tenaient en Europe ?
Les Américains et les Asiatiques, oui, car ils se sont installés en Europe. Mais c’est déjà le cas sur une saison normale : la plupart du temps, ils ont des bases en Autriche ou en Italie. Une seule nation a souhaité faire un grand break cette année, et dans une seule discipline, c’est la Norvège, en ski de fond. Elle a décidé mi-décembre de ne plus participer aux compétitions pendant plus d’un mois.

Certaines disciplines sont plus touchées que d’autres ?
Il y a un traitement assez disparate en fonction de l’importance des marchés, des droits télé, du marketing et des contraintes d’organisation. Un ski cross ou un snowboard cross implique énormément de production de neige, beaucoup d’heures de préparation. Pas mal de fédérations ont donc préféré annuler les épreuves, plutôt que d’engager des coûts très importants. En snow-board cross par exemple, pour le moment, il n’y a plus que deux week-ends de Coupe du Monde programmés. On espère qu’il y en aura un 3e.

Est-ce que cette pandémie, qui va avoir un impact profond sur le monde de la montagne, peut amorcer aussi des changements dans le ski de haut niveau ?
Il y a encore quelques semaines, on était dans la gestion d’urgence. Maintenant, on commence à réfléchir sur les conséquences de cette crise sur l’ensemble du milieu sportif, du milieu associatif et par déclinaison, sur la Fédération et les Equipes de France. On sait que nos partenaires institutionnels, les Domaines Skiables de France ou l’ESF par exemple, sont, malgré les aides, très fortement impactés. Et nos partenaires privés, qui jusqu’à présent nous ont pourtant suivis, comme les institutionnels, de manière impeccable, vont eux aussi être touchés. Il y a donc de fortes chances pour que, dans les prochaines semaines, on engage des discussions avec eux afin de trouver des solutions pour continuer à soutenir le ski français, trouver la bonne jauge pour que l’ensemble du monde économique s’y retrouve, nous y compris.

Alexis Pinturault

Alexis Pinturault

Slalom de vie d’un géant

En 10 ans de carrière, il compte 33 victoires mondiales, 3 médailles olympiques et 4 «Petits globes de cristal». A l’orée de ses 30 ans, Alexis Pinturault surfe sur un succès gagné de haute lutte, entre ascensions fulgurantes et difficultés formatrices.

Sa récente victoire à deux épreuves consécutives de slalom géant dans la mythique station d’Adelboden a déclenché une avalanche d’enthousiasme. Ce doublé historique vient compléter le palmarès du premier skieur alpin à compter des victoires dans 6 disciplines différentes : Slalom, Slalom Géant, Super-G, Combiné Alpin, City Event et Géant Parallèle. La preuve -si besoin en était- qu’Alexis Pinturault en a sous la spatule, en un parfait combiné d’atavisme familial et de tempérament hors pair.

©Renaud Corlouer

(A)DROIT AU BUT

Un papa très sportif et une maman norvégienne peuvent laisser présager d’un destin lié aux pistes enneigées. En attendant, Alexis partage son enfance avec sa sœur Sandra et son frère Cédric entre Menthon-Saint-Bernard et Courchevel, où la famille possède un hôtel 5*. Hyperactif, le gamin trouve dans le sport un exutoire à son énergie débordante et dévoile déjà son caractère de bat- tant : “Avec mon père, on faisait des matchs de foot à un contre un, sur des petits terrains, avec des cages d’un mètre. Il était en pleine force physique et ne me faisait pas de cadeaux ! J’étais tout petit, je ne courais pas vite. J’ai pris des roustes ! Pourtant, à chaque fois qu’on attaquait le match, j’étais convaincu que je pouvais gagner !”. Une conviction si ancrée chez l’enfant qu’elle esquisse déjà un avenir dans le sport de haut niveau : “Je ne me disais pas «je veux devenir un champion». Mais je sentais que j’aurais ma place dans le milieu du sport, plus particulièrement comme athlète professionnel.

PIEDS AUX PLANCHE(R)S

Egalement passionné de ballon rond, Alexis hésite à l’adolescence entre une carrière de skieur ou de footballeur. “Même si j’aime le foot que j’ai pratiqué sans discontinuer de 5 à 15 ans, le côté individuel du ski me correspond beaucoup mieux au final. Et venant de la montagne, cette discipline m’inspirait naturellement plus”. Outre ses aspirations, ce sont les résultats encourageants du skieur de 15 ans qui lui ouvrent les portes de la réputée section ski étude du lycée Jean Moulin d’Albertville en 2006. Deux ans plus tard, Alexis intègre l’équipe de France. Dans la foulée, il obtient un titre de champion du monde junior (2009). De quoi générer une certaine pression? “Je ne sais pas si on peut dire ça. Mais ce qui est sûr, c’est que beaucoup de gens attendaient énormément de moi et très vite. En raison des blessures des uns et des autres, j’ai été parfois mis aux avant-postes comme si je devais absolument faire des résultats, alors que c’était peut-être un peu trop tôt. Même si je fais plutôt partie des «rapides», je pense qu’un athlète a besoin de temps.” Mais à défaut d’en avoir et nature oblige, Alexis donne le maximum à chaque fois.

Saison 2018/2019

REMONTE-PENTE

Après son entrée chez les seniors, il enchaîne les titres de champion de France, une première victoire en Coupe du Monde à l’âge de 21 ans, des médailles olympiques… Le jeune skieur de Courchevel bataille dur face à des ténors comme Marcel Hirscher, son rival historique, mais ne lâche rien. Et fait même un atout de ses difficultés : “L’un des plus mauvais souvenirs de ma carrière, ce sont les championnats du monde de Saint-Moritz en 2017. A ce moment-là, j’étais parfaitement capable d’aller chercher un titre et j’ai fait complètement chou blanc. Mais cela m’a énormément appris. Après ces épreuves, j’ai presque tout changé dans ma manière de m’entraîner, de fonctionner. Cela a été une étape importante qui m’a permis de me remettre en question, d’ajuster tout ce qui avait be- soin de l’être, de prendre une nouvelle direction permettant de faire face aux problèmes auxquels j’étais confronté. Je pense que les difficultés sont indispensables pour nous permettre d’aller encore plus haut, de prendre le recul nécessaire, de se construire. Elles te rendent plus fort.
Et la formule semble fonctionner pour l’athlète. Deux ans après ce passage délicat, Alexis devient champion du monde en Combiné, et ce, pour la première fois à titre individuel.

DES PISTES POUR L’AVENIR

Particulièrement épaulé par son épouse Romane, notamment chargée de sa communication, le skieur de génie envisage tranquillement son futur. Aujourd’hui en lice pour l’obtention du «Grand Globe de Cristal» -distinction attribuée au vainqueur du classement général de la Coupe du monde-, il se projette déjà vers les Mondiaux de 2023 qui se tiendront dans son fief, à Courchevel et Méribel. Et puis, «si l’envie est toujours là», Alexis envisage de poursuivre jusqu’aux J.O. de 2026. “S’il faut aller encore plus loin, mon rêve serait de continuer l’histoire familiale. Ma sœur s’occupe de l’hôtel que mon grand-père a construit et légué à mon père. Et moi j’aimerais me lancer dans la construction d’un nouvel hôtel, respectueux de l’environnement, idéalement en France dans nos montagnes”. Histoire de continuer à tutoyer les sommets autrement…

SOELDEN, AUSTRIA, 18 octobre 2020 / Photo : GEPA pictures/ Harald Steiner

+ d’infos : www.alexispinturault.com

Coût de fourchette

Coût de fourchette

Tables rases

Ouverts. Fermés. Ouverts. Fermés… Après une année 2020 en pointillés, les bars, restaurants et un grand nombre d’hôtels attaquent cette nouvelle année rideaux baissés. Sans perspective datée et confirmée d’un retour à la normale. Dur de garder le moral.

Ils représentent plus de 30 000 emplois sur les 2 départements savoyards (source Savoie Mont-Blanc – chiffres clés 2019). A l’arrêt depuis le 30 octobre, certains ont essayé de trouver des solutions, comme la vente à emporter pour ouvrir a minima, d’autres se sont résignés.
Sébastien Buet est vice-président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) des Savoie. Il gère aussi l’hôtel-restaurant Les Cygnes à Evian, véritable institution locale, dans laquelle il emploie près de 40 salariés, tous au chômage. Il nous fait part du ras-le-bol d’une profession qui se sent injustement stigmatisée.

Activmag : En écartant la date du 20 janvier pour la réouverture des bars et restaurants, est-ce qu’on vous a donné une autre échéance ?
Sébastien Buet : Non. On nous dit février, mais c’est complètement fantaisiste. Fausse ou vraie nouvelle, la date du 6 avril a aussi été évoquée, mais pas confirmée par le gouvernement. Ça nous ferait encore deux mois et demi à attendre… sans certitude. La seule chose à peu près sûre, c’est que les cafés et les bars ne rouvriront pas en même temps que les hôtels et restaurants. Comme pour les discothèques, ce ne sera pas avant l’été. Le problème, c’est qu’on est toujours dans le tâtonnement, de 15 jours en 15 jours. Si on nous disait : “voilà, la situation est catastrophique, vous n’ouvrirez pas avant Pâques”, on serait les premiers à comprendre, mais au moins, il y aurait une perspective, on pourrait s’organiser. Parce qu’un hôtel ou un restaurant, ça ne s’ouvre pas d’un coup de baguette magique, c’est long ! Mais on s’en fout, on vous dira la veille pour le lendemain quand vous pourrez rouvrir. C’est une méconnaissance complète de nos métiers.

Qu’en est-il des aides ?
On a de la chance en France d’avoir ces aides, il faut le reconnaître. Même si parfois, elles ne sont pas adaptées. Le chômage partiel, par exemple, était nécessaire, mais il ne correspond pas à nos professions, parce que nos salariés sont plutôt à 40 ou 42h, et là, ils ne sont payés que sur 35, voire 39h. Ils perdent donc beaucoup sur leur salaire. Et puis les mesures, comme les dates, changent tout le temps. Quand une a été donnée le lundi, on reçoit le texte le vendredi, mais entre temps, le Premier Ministre a donné une conférence de presse qui le désavoue, donc on est obligé d’attendre la modification du décret, etc… On est dans une espèce d’imbroglio franco-français qui est épouvantable.

Celles qui ont quand même été mises en place vous permettront-elles de tenir ?
Le gros hic, c’est qu’on crée de l’endettement. Le Prêt Garanti par l’Etat (PGE) a bien fonctionné, c’était très rapide pour obtenir l’argent, mais quand il va falloir le rembourser, ce sera au taux que la banque va bien vouloir nous faire. Et pour ce qui est des frais fixes, le gouvernement a commis une erreur, il n’a pas voulu re-négocié le fait de proroger nos prêts, alors que c’est tout ce qu’on demandait. Du coup, on nous propose de prendre un autre PGE pour rembourser des prêts qu’on n’a pas prorogés, donc de rajouter de la dette à la dette… On marche sur la tête !

Connaissez-vous déjà l’étendue des dégâts, des risques de fermeture ?
Nous avons lancé des enquêtes économiques, re-coupées avec différents organismes dont l’INSEE, et on s’est aperçu qu’au premier confinement, un établissement sur trois n’allait pas s’en relever. Aujourd’hui, on est davantage à un sur deux.

Des établissements qui étaient déjà fragilisés avant la crise ?
Les économistes du gouvernement expliquent que même si c’est très triste, ça va faire une sélection, seuls les meilleurs vont rester, mais ça n’est pas la réalité ! Il y a des gens très pro avec des entreprises qui fonctionnaient bien qui ont fait des investissements, et donc des prêts pas prorogés. Ils se retrouvent maintenant à refaire un prêt pour pouvoir assurer le remboursement de leur emprunt. Bon ou pas bon, ce n’est pas la question…

Quelle est la part des établissements qui ont mis en place un service de vente à emporter ?
Grosso modo, 40% des entreprises ont décidé de faire tout ce qu’elles pouvaient pour ouvrir et 60% ont baissé les bras parce que ce n’était pas rentable. Ceux qui ont proposé de l’emporté ont bricolé, et même si ça ne couvre pas les frais, il l’ont fait pour garder un lien avec les clients.

Avec les stations qui ne rouvrent pas, c’est un nouveau coup dur pour la région ?
D’autant qu’un tas de fournisseurs dépendent de nos activités, de l’hôtellerie, de la restauration, des remontées mécaniques… Tout s’imbrique. Les agriculteurs de la région sont nos premiers fournisseurs… Eux aussi sont impactés par nos fermetures. En décembre, les stations ont connu un peu l’effet «crèche de Noël», les gens sont venus au moins pour prendre l’air. En février, ils veulent skier. Sans eux, les répercussions seront encore plus importantes.

Qu’est-ce que vous espérez aujourd’hui ?
On aimerait un peu de considération, ne plus être stigmatisés, et qu’on nous permette de travailler, avec une date fixe d’ouverture sans un énième protocole sanitaire. On l’a déjà modifié deux fois, STOP ! Ça suffit. On sait garantir la sécurité, on est constamment contrôlé par les services vétérinaires. Il n’y a pas eu de clusters de tout l’été alors qu’il y a eu beaucoup de monde dans nos établissements. Les foyers de covid viennent principalement du milieu privé, de l’entreprise, pas de la restauration. On ne prend rien à la légère, on sait avec les réseaux sociaux, la vitesse à laquelle une réputation peut être démolie. On a intérêt, à 200%, d’être vigilant.

ça m’énerve

ça m’énerve

c’est pas du gâteau !

« Mamaaaaaan j’ai faim !!! C’est 4 heures !!!! » C’est fou comme ils arrivent toujours pile, comme si 15 minutes plus tard, l’hypoglycémie allait les attaquer! Aujourd’hui, Galaad est là pour le goûter, alors, c’est double ration.

Non, nous ne faisons pas de jeux de rôle pour apprendre le Moyen Age. Vous m’avez bien regardée ? Je suis plutôt «tuto vite fait» que légende d’Excalibur pour réviser !! Galaaaad (avec 15 A), c’est le fils de ma voisine. Charlotte qu’elle s’appelle, je l’aime pas. C’est le genre de bonne femme qui donne un nom de chevalier de la table ronde à sa progéniture, parce que déjà, même pas accouché, ça fait bien. Il sort, il est intelligent, vaillant et courageux. Il est obéissant, fidèle à la légende, pas un mot plus haut que l’autre, sinon, popopo, au bûcher, il a même la raie sur le côté, c’est pour dire ! Alors pauvre gosse, il écoute, tu parles !!!
Ce jour-là, mes fils ouvrent le graal. Dans le tiroir, que des cochonneries !!! Chocolat, biscuits, bonbons, gaufrettes, madeleines et j’en passe, tout y est pour plaire à mes petits écoliers. Quand soudain, un coup de tonnerre s’abat sur l’orgie : “Moi je ne mange que les gâteaux faits maison !” Nianiania !!!! Ça va l’enfant roi, ouais ???? C’est fou comme même un gamin de 8 ans peut réussir en moins de deux à me foutre les boules, sur le sapin, il va sans dire ! (Ouais, ben moi, j’suis pas ta mère, je bosse, figure-toi !!! J’ai pas que ça à faire que de me prendre pour une pâtissière !!!) Mais je me tais. Je pense à Florence Foresti et je serre les dents avec le sourire, en imaginant mes doigts enfoncés dans les yeux de biche de Charlotte. Aaaahhh… ces mères parfaites, toujours prêtes à tout ! Et on en parle du matin quand t’arrives, le survet par-dessus les bottes, le chignon de biais et l’œil qui pleure et qu’elles sont fraîches comme des tanches et IM-PECC-ABLES ??!!! Brush, manucure, talons, taille de guêpe et rimmel au poil, même leur langage est assorti… Tandis que «Barnabééééé, mets ton anorak, j’te dis !!!» m’échappe pour la 6e fois en hurlant, elles récitent Dolto à la lettre et hop, le tour est joué ! Du coup, j’ai voulu tenter le diable et être une bonne mère moi aussi. Des fois que, sur un malentendu, j’arrête le prozac. Le lendemain, je me suis levée à 6 heures, Bree Vandekamp power. Farine, œufs, lait, petite pincée de cannelle et poêle huilée, j’ai fait sauter des crêpes, histoire, de m’la péter, d’avoir des enfants bien élevés et de mettre Charlotte aux fraises… Quand je les ai entendus arriver en criant, l’odeur plein le nez et les yeux en appétit : «Mamaaaaan t’as fait des crêpes??? Ah mais t’es vraiment la meilleure des meilleures mamans du monde tu sais!!!! Mais attends… T’es sérieuse??? T’as plus de Nutella???? Ben du coup…. Ça va être compliqué, là…»
Ci-git Louis XVI réincarné.

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