les Z et la planète

les Z et la planète

vert balisé !

DANS LES TRACES DE GRETA (OU PAS), ILS MULTIPLIENT LES (DÉ)MARCHES POUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT. ENTRE ENGAGEMENT ET PARADOXES, LES « Z » S’INSCRIVENT EN DÉCALE-ÂGE PLUS OU MOINS MARQUÉ AVEC LEURS AINÉS.

Consternés et concernés, les « Z » considèrent l’écologie comme une vraie priorité. Une étude réalisée par le CREDOC pour l’Agence de l’Environnement en atteste. Publiée en décembre 2019, elle confirme que: “L’environnement est devenu un enjeu majeur qui, en 2019, se classe chez les jeunes adultes (18-30 ans) en tête des préoccupations (32% des réponses) devant l’immigration (19%) et le chômage (17%). Depuis quarante ans (…), la proportion n’a jamais été aussi forte.” Ainsi, pour cette population, le réchauffement climatique (41%) et la disparition d’espèces végétales ou animales (39%) figurent au premier rang des problématiques environnementales. Et la pandémie qui bouleverse le monde ne masque en rien cette réalité toujours d’actualité.

BÊTES NOIRES

Installée depuis sept ans dans les montagnes de Savoie, Morgane, 27 ans, est végétarienne et affirme, plus que jamais, sa sensibilité à la cause animale. “Je ne supporte pas l’élevage intensif par rapport au bien-être animal et à l’impact que ça a sur l’environnement. Je ne comprends pas qu’en 2020 on utilise des milliers d’hectares juste pour produire des hamburgers, alors qu’avec les céréales nécessaires à la nourriture des animaux, on pourrait quasiment éradiquer la faim dans le monde!! Je n’ai rien contre les gens qui mangent de la viande à partir du moment où c’est raisonné. Mais il faut arrêter les lobbies qui poussent à la consommation des produits laitiers et de la viande. On ne consomme plus aujourd’hui comme la nature le voudrait.” Si elle est particulièrement sensible à la question du “plastique dans les océans et à la gestion des déchets qu’on balance n’importe où et n’importe comment”, Violène, 41 ans, ne se sent pas impactée au quotidien par le changement climatique. Chef d’entreprise et mère de famille, cette Savoyarde d’origine entend surtout agir avec bon sens : “J’essaye de bannir le gaspillage. Je ne prends plus de bain et incite mes enfants à ne pas manger à outrance. Par contre, il est impensable pour moi de faire du covoiturage. Je suis au maximum de ce que je peux faire en termes de protection de l’environnement.

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Violène
Morgane

CONSOMMATION ET CONTRADICTION

L’engagement en faveur de l’écologie serait plus limité pour les générations antérieures que pour les « Z » ? Pas vraiment. Car “Les travaux menés par le CRÉDOC pour l’ADEME révèlent une réalité plus nuancée. Si les jeunes sont réellement inquiets et pénétrés de la catastrophe écologique annoncée, leurs comportements au quotidien ne sont pas bien différents de ceux des générations plus âgées. En particulier, les jeunes montrent un goût certain pour le shopping, les équipements et pratiques numériques, les voyages en avion et une alimentation peu durable. Ils ont des habitudes plus écologiques que leurs aînés dans deux domaines seulement : au quotidien, ils privilégient la marche, la bicyclette, les transports en commun, le covoiturage. Et ils montrent un intérêt fort pour les alternatives à l’achat neuf : achat d’occasion, location, emprunt, revente, troc, etc..
Adepte du tri, du compost et des produits de saison, Morgane paraît davantage impliquée, mais reconnaît toutefois ne pas pouvoir se passer de voyager. Comme 28 % des 18-24 ans interrogés dans l’étude du CRÉDOC, elle admet continuer à prendre l’avion régulièrement. “Mais je limite mes déplacements en prenant des vacances plus longues une seule fois par an. Ceci étant, il est vrai que j’aimerais arriver à consommer encore mieux…”.

VERT DUR(E) ?

Un bon premier pas, mais au-delà des modifications individuelles de comportements au quotidien, comment tendre vers un monde plus écologique?
Certains jeunes manifestent. D’autres prennent des initiatives ayant vocation à s’inscrire davantage dans la durée, comme la Suissesse de 24 ans Marie-Claire Graf, à l’origine d’un important mouvement d’action étudiant international en faveur du développement durable.
Chez les « Z », on note également une tendance de plus en plus marquée à l’engagement dans le bénévolat dédié aux causes environnementales. D’après le CRÉDOC, 3 % des 18- 30 ans s’impliquaient de cette manière en 2016. Trois ans plus tard, le chiffre est multiplié par quatre !
Un autre levier serait de compter sur l’action des politiques. La question fait débat et laisse apparaître quelques différences de points de vue entre les «Z » et leurs aînés, les « X » en l’occurrence.

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EN VERT ET CONTRE TOUT ?

Pour Morgane: “Ce n’est pas une coïncidence si lors des dernières élections municipales, les candidats des Verts ont eu beaucoup de succès. Ma génération ne s’y retrouve plus au niveau politique, ça ne nous intéresse plus. Les discours écologistes permettent de toucher tout le monde. L’écologie n’est pas forcément liée à un parti marqué politiquement, mais c’est quand même de la politique ! Aujourd’hui, les gouvernements font des beaux discours, mais ne mettent pas assez d’actions concrètes en place.
Violène, quant à elle, “n’aime pas «charger» les politiques. Je pense qu’il est difficile de doser les mesures à prendre et de pouvoir les mettre en application. Mais j’ai quand même une interrogation par rapport à leur volonté de changer les choses. Quand je vois à quelle vitesse on a pu prendre et imposer des mesures lors de la crise liée au Covid, je me demande pourquoi on ne le ferait pas avec d’autres sujets comme l’écologie…
Alors à chacun sans doute de retrousser ses manches, jeunes en tête de cortège.
Car comme le rappelle le sociologue Rémy Oudghiri: “Il y eut des générations dont la mission était de transformer ou de développer le monde. Celle-ci, face aux crises climatiques, au déclin de la biodiversité, aux ressources qui vont manquer dans de nombreux pays, aura la mission de le réparer…

les Z de A à Z

les Z de A à Z

à l’abord d’âges !

ILS ONT LEURS MODES, LEURS CODES, LEURS PODS, ARRIVENT EN TOUTE FIN D’ALPHABET APRÈS DES X EN MANQUE DE REPÈRES ET DES Y EN QUESTIONNEMENT PERMANENT, MAIS QUI SONT DONC CES Z, MATEURS EN SÉRIES, CARRÉMENT INSTA- LIÉS, HYPER CONNECTÉS ET GLOBALISÉS ? DÉCORTIC’ÂGE…

« Le jeune est tourné vers l’avenir, mais aujourd’hui, l’avenir ne se tourne plus vers le jeune. Doit-il aborder l’avenir en lui tournant le dos ?… le Jeune ?…” Dans le Péril Jeune de Cédric Klapisch, le prof de maths, hippie et bienveillant, s’inquiète des aspirations d’une jeunesse des années 70 confrontée à la crise pétrolière et aux premières vagues de chômage. Contre lesquelles elle va d’ailleurs manifester, entre deux pétards et cinq pailles plantées dans un café. Presque 50 ans plus tard, le prix du kawa a été multiplié par 6, le taux de chômage aussi, et le mot crise se décline à toutes les sauces, économique, sociale, humanitaire, environnementale…
Elevée aux écrans tactiles et aux séries TV, brinquebalée entre insouciance et gravité, comment la génération qui arrive aujourd’hui à l’âge adulte se positionne-t-elle sur cette planète abîmée ? Pour mieux la comprendre, Rémy Oudghiri, sociologue et directeur général de Sociovision, filiale de l’IFOP spécialisée dans le décryptage des évolutions des sociétés et des consommateurs, nous aide à en dessiner les contours.

Rémy Oudghiri, Sociologue

Activmag : Génération Z, pour succéder aux X et Y, Génération C pour Connectée, Millenials… On trouve beaucoup de termes différents pour qualifier ces jeunes…
Rémy Oudghiri : Les noms m’importent peu, on en utilise beaucoup, c’est un peu arbitraire et marketing. Ils sont utiles parce qu’ils s’imposent dans le débat public et le simplifient, mais il faut s’en méfier, car on a l’impression que ces générations existent vraiment, d’un bloc, alors qu’en fait la jeunesse est très hétérogène. Je préfère donc m’en tenir à «la jeunesse».

Qu’est-ce qui caractérise donc cette jeunesse en 2020 ?
Il faut distinguer deux choses. La jeunesse est une étape dans la vie que tout le monde traverse, et qui souvent se caractérise par un certain nombre de traits qui reviennent à chaque génération : l’insouciance, une forme de narcissisme, d’impatience… En sociologie, on appelle ça les effets d’âge. Et puis, il y a les effets de génération : à un moment donné, des événements ou un contexte particulier sur le plan historique créent des marqueurs générationnels. Dans notre histoire récente, la génération la plus évidente, c’est 68, qui correspond à un événement daté, et au-delà de cet événement, à un mouvement d’idées qui ont imprégné toute une génération.

Quel serait donc le marqueur principal de cette génération, née après 1995: Internet ?
C’est la 1re chose à laquelle on pense. 1995, c’est en effet une date importante, un tournant, car c’est à ce moment-là que la France bascule justement dans l’ère internet, qu’on commence à s’équiper dans les entreprises. A l’âge où ces jeunes vont commencer à s’en emparer, au début des années 2000, l’utilisation du web est donc largement généralisée. Mais la différence majeure par rapport aux générations précédentes, c’est la culture du réseau : les jeunes ont leur réseau dans leur poche, ils sont tout le temps en train de dialoguer avec. C’est la 1re génération qui, avant même d’arriver au collège ou à l’université, peut connaître les gens qu’elle va fréquenter. Ça crée un gros potentiel de mobilisation, parce que ces réseaux, vous pouvez en faire ce que vous voulez : dialoguer, draguer, vous engager… Résultat : 1 – vous interagissez en permanence et 2 – vous créez des codes particuliers, une communication très horizontale, pas du tout formelle, avec une culture de l’humour et de la décontraction.

Il y a, d’après vous, d’autres éléments qui ont un impact plus profond sur cette génération ?
Elle arrive à un moment particulier de l’histoire de l’Humanité : en résumé, on est passé de décennies d’utopie à la confrontation à la dystopie, non plus dans la science-fiction, mais dans la réalité. C’est un peu comme si on avait éteint toutes les lumières. 90-2000, c’est la grande décennie des espoirs démocratiques, avec la Chute du Mur de Berlin, la fin de l’Apartheid… Mais depuis une dizaine d’années, on voit plutôt le contraire, des régimes qui deviennent moins démocratiques en Russie, Turquie, Brésil, Europe de l’Est… Le 2e élément, c’est la crise écologique. Il y a quelques années on disait : “ce sera pour les futures générations”, aujourd’hui, le réchauffement climatique, c’est maintenant. La 3e chose, c’est l’intelligence artificielle et les robots, qui vont énormément se développer dans les années qui viennent, et ça crée beaucoup d’incertitudes sur le monde de demain : cette génération est en train d’apprendre des choses à l’université, mais est-ce qu’elles lui serviront vraiment, vu que des machines pourront le faire ? Le 4e élément, ce sont les maladies de civilisation, que nos modes de vie ont créées, comme l’obésité, les allergies, certains cancers… Et le dernier élément, c’est l’économie, la montée des inégalités, qui jettent le doute sur le modèle sur lequel on est assis depuis plusieurs décennies. Il y a donc ce sentiment que le modèle du passé ne tient plus.

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Du coup, est-ce que cette génération se mobilise, se met en ordre de bataille ?
Elle a les moyens de le faire, et une capacité d’influence beaucoup plus importante que les générations précédentes. En même temps, et c’est un peu contradictoire, elle est complètement dépendante de la technologie et de la culture du divertissement, comme les séries consommées en masse ou les jeux vidéos, qui les rendent plutôt passifs et démobilisés. Le contexte appelle à l’engagement, les moyens sont là, mais il faut aussi arriver à sortir d’une indifférence renforcée par cette culture du divertis- sement qui, grâce au numérique, n’a jamais été aussi facilement accessible qu’aujourd’hui. Il sera intéressant, d’ailleurs, de voir comment les choses évoluent à travers le phénomène TikTok, par exemple, puisqu’au départ, c’est un réseau social sur lequel les jeunes sont plutôt dans l’insouciance absolue, font des petites vidéos marrantes pour être vus, pour créer du buzz, mais depuis quelques mois, on voit de plus en plus que c’est utilisé comme une plateforme de mobilisation.

Ceux qui se mobilisent ne sont donc finalement pas très nombreux…
En 68 aussi, ceux sur les barricades étaient une toute petite minorité. Mais ce qui est très clair, c’est que ceux qui entraînent les autres sont imprégnés des idées d’écologie, ils sont plutôt favorables au bien-être des animaux, et sont surtout convaincus qu’il faut changer fondamentalement les règles du jeu, qu’il faut inventer un nouveau type de société de consommation, et ça, je pense que c’est assez nouveau. Ce genre d’idée était plutôt porté par les adultes avant, des intellectuels, des hommes politiques, et ça va être maintenant de plus en plus porté par les jeunes.

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Ils consomment déjà différemment ?
Ça correspond plutôt à une certaine partie de la jeunesse, mais c’est assez fort : ils achètent de l’occasion, du vintage. Même si c’est une tendance globale de société, c’est intéressant de le noter chez les jeunes, parce qu’il y a 20 ans, ils ne juraient que par le neuf. Comme ils sont à une période de leur vie où ils se cherchent, les marques sont souvent des symboles et des repères rassurants, ou en tous cas structurants, et là, ce qui est nouveau dans cette génération, et ça s’est accéléré ces dernières années, c’est qu’ils passent très vite à l’achat d’occasion. En partie pour des raisons économiques, évidemment, mais ça participe aussi de la sensibilité écologique dont on a parlé tout à l’heure. Et en matière d’alimentation, je l’appelle la génération «PNNS» d’après le Plan National Nutrition Santé, imaginé à la fin des années 90, «mangez bougez», etc. Parce qu’elle a grandi avec ces messages, qu’elle a donc plus de notions que les générations précédentes et qu’elle a été conditionnée, mais aussi à cause des problèmes de santé qui nous attendent, c’est une génération pour laquelle la santé va devenir une exigence plus forte qu’avant.

C’est donc une génération pour laquelle il n’est pas si simple d’être léger…
Heureusement, les jeunes restent insouciants et optimistes, on l’a vu en sortie de confinement, ce sont des traits de cet âge, et s’ils ne l’étaient pas, ce serait inquiétant ! Mais le contexte leur interdit de l’être trop. Et je pense que c’est une des premières générations, en Occident, qui, quand elle se projette sur les 20 prochaines années, ne voit que du brouillard et de l’incertitude. Elle va avoir comme mission, non plus de transformer le monde, c’était l’utopie des années passées, mais de le réparer. C’est pour ça que pour l’incarner, on peut difficilement ne pas citer Greta Thundberg, qui s’érige dans cette logique. Cette jeunesse qui entre sur le marché du travail, qui arrive à son âge de conscience a donc, en fait, la lourde tâche de changer un grand nombre de comportements qui étaient les nôtres jusque-là, d’inventer un nouveau monde. Ce serait vraiment ça LE marqueur de cette génération.

© Victor Moussa / © Jacob Lund / © Mirko

OCTOBRE ROSE

OCTOBRE ROSE

remède de cheval

UNE FEMME SUR DEUX EST TOUCHÉE PAR UNE DÉPRESSION PLUS OU MOINS PROFONDE APRÈS LES TRAITEMENTS CONTRE UN CANCER. POUR LES ACCOMPAGNER, L’ASSOCIATION HOPE ET ANNABEL BROURHANT, ANCIENNE JOURNALISTE, ARTISTE PEINTRE SURVOLTÉE ET ÉQUI-PÉE, LÂCHENT LES CHEVAUX.

A quelques jours d’Octobre Rose, elles sont 12 à participer à l’un des stages proposés gratuitement chaque année par Hope. Il y a Marion, 31 ans, qui rend visite à d’autres malades dans les hôpitaux du sud de la France, “parce que quand je serai capable d’écouter les gens qui vivent ce que j’ai vécu sans l’associer à moi, ça ira…” ; Véronique, 39 ans, marcheuse émérite qui a vaincu le Grand Paradis et le Mont-Blanc, à qui tout le monde dit qu’elle est forte, mais qui réclame le droit de ne pas l’être; Audrey, 36 ans, qui ne dit rien à la maison pour protéger ses deux enfants ou encore Cynthia, 42 ans, fiancée au moment du diagnostic, mais: “le cancer a eu raison de nous, il m’a volé du temps, des années”.
Chacune vient déposer son histoire, ses douleurs, ses colères contre ce coup du sort, “coup de pied au cul” ou “coup de tonnerre”, cette grande “injustice” qui a bouleversé leur quotidien et le bouleverse encore. Et si chaque parcours est unique, une connexion se noue quasi instantanément entre toutes ces femmes, comme un lien invisible que la maladie aurait tissé. “On connaît l’importance du groupe, le fait de se rencontrer et de se dire qu’on n’est plus seule”, rappelle Annabel Brourhant dont la chambre, à l’hôpital, ne désemplissait pas de copines. Elle s’est sentie “tellement soutenue par cette force, cette solidarité” qu’elle a eu envie de la partager.

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LE PIED À L’ÉTRIER

Annabel est une cavalière passionnée depuis l’enfance, qu’elle a passée à chevaucher dans les bois et les prés de Saint-Cergues, à côté d’Annemasse. Une première vie de journaliste TV l’éloigne du Genevois, elle anime d’abord des émissions pour la Cinquième, France 3, LCI puis pour la RTBF à Bruxelles. Ce sont les pérégrinations professionnelles de son homme qui ramènent la famille aux abords du Léman, il y a une quinzaine d’années. Malgré ce retour aux sources, Annabel est formelle, elle ne vivra pas à Saint-Cergues.
Mais ses rêves de petite fille la rattrapent dans les ruines du Château de Neydens, où, petite, elle traînait souvent les sabots. Le bâtiment attise convoitises et plans de promotions, Annabel convainc pourtant la mairie de la laisser tenter une rénovation et la construction d’écuries, entourées de chemins et de milliers d’arbres. En 2014, elle a 44 ans et quatre enfants quand son projet est validé… Et son cancer du sein diagnostiqué.

CHEVAL DE BATAILLE

Devant la liste d’oncologues qu’on lui propose, elle ferme les yeux et plante le doigt sur le nom de Nicolas Chopin, chirurgien à Léon Bérard, à Lyon, et cavalier lui aussi. “Du coup, je ne crois plus du tout au hasard !” s’amuse-t-elle. “Je déclare la maladie au moment où les écuries se font, et plouf, je tombe sur un médecin qui monte à cheval… C’est comme si j’avais eu le cancer pour faire ça, pour créer l’association !” Parce qu’à force de parler plus juments que traitements, tout en voyant les écuries se construire, la patiente et son spécialiste envisagent d’y accueillir des femmes que le crabe a pincées et qui, pour une grande majorité, se retrouvent en dépression. Quand elle a un coup de mou -ce qu’on n’imagine même pas quand on voit cette «tornade blanche» en mouvement-, Annabel, elle, peint ou monte, pour se vider la tête. Alors en 2017, ils fondent Hope, pour Helping wOmen by Painting and Equestrian Experience. “Ce nom, c’est le fruit d’un brainstorming familial”, sourit-elle. “Mon mari m’a dit : «choisis quelque chose d’international, parce que te connaissant, ça va se développer ! ».” Au programme de l’asso, des événements et des partenariats, pour financer une journée de découverte alternant équi- et art-thérapie, et quatre demi-journées de suivi, dans l’une ou l’autre des disciplines.

EN ÉQUI-LIBRE

Dans le manège ce matin, c’est avec Arizona qu’Audrey, 47 ans aux très beaux cheveux gris-blanc, s’est laissé aller. “Je ne m’attendais à rien de particulier, mais j’ai été surprise par ce que j’ai ressenti : la chaleur qui se dégageait de l’animal, très calme, à l’aise, vraiment posé sur ses pattes arrière. Je n’arrêtais pas de le toucher, j’ai fermé les yeux, et j’étais toute seule avec lui, le monde s’arrêtait.” Autour d’elle, il y a pourtant Pile Poil, le demi-poney dont les grands yeux doux ont conquis Sylvie, la psychologue, et Magie, l’Alezane d’Annabel Brourhant. “Les juments sont souvent moins câlines”, explique-t-elle. “Magie était un peu fougueuse quand je l’ai eue, elle ne me ménageait pas, me collait contre le pare-bottes (paroi du manège), mais quand je l’ai remontée, trois semaines après ma reconstruction mammaire, elle était complètement à l’écoute. Là, elle regarde les femmes, se tourne vers elles. Et demain, après avoir reçu toutes leurs émotions, elle sera complètement HS !” Cheval vidé, âmes rechargées!

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MODE HOPE-RATOIRE

Et nous aussi, ces journées nous rechargent !” complète Nicolas Chopin, le chirurgien, qui est là pour répondre aux interrogations des stagiaires. “Ici, ce ne sont pas des malades, on sort du cadre formaté de l’hôpital. Et même si je suis l’empêcheur de tourner en rond, très cartésien de par mon métier, à l’opposé des médecines alternatives, je sais aussi que la médecine classique ne se suffit pas à elle-même, qu’il faut du sou- tien psychologique dans l’avancée du parcours de soins. Globalement, en partant d’ici, les femmes vont bien, mais est-ce que ça durer?” Signe des temps, et de la considération croissante pour ces alternatives, l’université de Metz voudrait justement monter à Saint-Cergues une étude clinique pour en mesurer les effets, et Hope a ouvert, mi-septembre, une antenne en région parisienne. De quoi être Hope’timiste !

  • le 3 octobre, La Foulée Annemasse s’unit à Hope afin d’organiser les Foulées Roses, autour du Château de Neydens – marche nordique, courses enfants et relais adultes – Inscriptions: l-chrono.com/inscriptions-foulees-roses
  • du 7 au 10 octobre : exposition itinérante « Cicatrices – Portraits de femmes » par Emmanuel Berrod, à l’Espace 55 à Poisy.

© Emmanuel Berrod

les Z & la sexualité

les Z & la sexualité

appli, sex & geek

ILS ONT LE CERVEAU CONNECTÉ AU WIFI ET LE SMARTPHONE GREFFÉ SUR LA MAIN. DE LÀ À PENSER QUE LE SEXE VIRTUEL EST LÉGION… SI L’ENVIRONNEMENT DE LA GÉNÉRATION Z EST FORCÉMENT MIS EN ONDE, QUID DE LEURS ASPIRATIONS EN MATIÈRE DE SEXUALITÉ ET D’AMOUR ?

La génération ascendante aura forcément le réflexe d’opposer les us de celle qu’elle enfante (alors qu’elle parvient finalement très bien à en adopter les codes, l’hypocrite, rappelez-vous de votre dernier apéro visio…), mais en matière de sexualité, en quoi les normes de la génération Z sont-elles différentes de celles de leurs aînés? Si l’on a tendance à penser de prime abord que la génération née après 1995 oscille entre boulimie et abstinence sexuelle, qu’en est-il vraiment ?

GÉNÉRATION PORNO

Oui, ces derniers ont été immédiatement immergés dans l’image et c’est entre 8 et 12 ans que l’accès aux premières images pornographiques se fait (et rien que de le savoir, mon cœur de maman saigne). Pour autant, pour Samuel Dock, psychologue et auteur de «Punchlines des ados chez le psy», “Il faut arrêter de penser que la génération Z passe son temps à consommer des films pornographiques. C’est un cliché que j’entends très, très souvent en consultation. Et que cela pervertirait leur représentation du corps, de la sexualité. Ce n’est pas vrai. Je ne vois pas une génération d’obsédés sexuels, marqués par les films pornos.
En réalité, plusieurs études tendent même à montrer que la génération Z aurait moins de rapports sexuels que les précédentes, à l’instar de l’une d’entre elles menée par des chercheurs de la Florida Atlantic University et reprise dans une dépêche de l’AFP de 2016. Ainsi les jeunes milléniaux américains nés dans les années 1990 entreraient dans la catégorie de population la plus inactive sexuellement depuis la Grande dépression des années 1920. “Savoir ce qu’est une relation sexuelle et pouvoir en regarder en vidéo ne conduit pas à davantage de sexe réel pour les jeunes”, souligne l’étude.

PAS UNE,
MAIS DES SEXUALITÉS

Là où le champ s’est élargi, c’est dans le type de schémas possibles. Le sexe sans l’amour, l’amour sans le sexe, ou les «sex friends», même si dans l’absolu, tous rêvent d’allier les deux sans s’enfermer absolument dans cette quête. L’omniprésence de l’image aurait davantage désacralisé et décomplexé l’acte sexué, sans pour autant simplifier la relation amoureuse. Deux jeunes Haut-savoyardes, vivant du côte de Nangy et Ville-la-Grand, que nous avons rencontrées, auteures du livre « L’art du râteau » le confirment, malgré des situations personnelles très différentes. Pour Elodie, 26 ans, en couple, “il est plus facile d’avoir une relation sexuelle sans enjeu que de se dévoiler, d’affirmer ses sentiments et de construire une relation pérenne”. Charlotte 26 ans, célibataire, de confirmer: “il est clairement plus facile de coucher avec un garçon que de dire je t’aime.” Tous se rejoignent toutefois sur leurs aspirations à l’amour -malgré des histoires familiales très différentes- pourvu qu’il soit inconditionnel. Peu de place pour le consensus. Pour Charlotte, “si je ne suis pas heureuse, je zappe”, l’idée de rester mariée à tout prix a passé son chemin. Idem pour l’infidélité, inenvisageable, rien ne les oblige à rester liés, à se battre. Et les quadras en sont déjà les parfaits exemples. La radicalité de la jeunesse et de ses idéaux en moins.
Mais alors qu’en est-il de la tendance à l’asexualité ? Selon les observations d’Emmanuelle Richard, qui en a fait le sujet central de son livre «Les corps abstinents», si la jeune génération est peut-être plus à l’aise avec cette possibilité, elle n’en a pas pour autant l’incarnation, il s’agit plutôt d’un nouveau tabou qui se lève.
Le mythe d’une génération extrême s’effondrerait-il ? Selon André, 22 ans de Nangy, et déjà en couple: “Perso, des couples où il n’y a pas de sexe, je n’en connais pas, ça me paraît inconcevable”. Et d’ajouter que la plupart des garçons de son âge sont fiers de pouvoir afficher leurs PQR, Plans Culs Réguliers –rien que de très ordinaire quand on a 25 ans- sans pour autant avoir des pratiques ultra-débridées. Juste la liberté d’emprunter plusieurs voies.

Elodie, 26 ans
André, 22 ans
Charlotte, 26 ans

INSTANTANÉ, MAIS PAS SPONTANÉ

Selon Michel Bozon dans l’ouvrage «Sociologie de la sexualité», plusieurs transformations ont ébranlé les cadres sociaux de la sexualité. Avec la contraception, celle-ci s’est écartée de la nécessité de procréer et avec l’affaiblissement de l’institution du mariage, elle s’est différenciée de l’idée de s’unir à long terme. A présent, parmi celles qui distinguent les quadras de la génération Z, il y a évidemment l’omniprésence des réseaux sociaux. Et à entendre les différentes générations exprimées, ce ne serait pas tant le passage à l’acte et ses codes qui les opposeraient, mais plutôt le chemin et les moyens d’y parvenir. Si tous disent ne pas avoir véritablement de tabous sur les pratiques sexuelles – celles-ci dépendent plus de la relation et de la sphère intime que de l’appartenance à telle ou telle génération -la question des modes de séduction a, quant à elle, considérablement évolué. A en croire Charlotte et Elodie, la rencontre passe obligatoirement par voies dématérialisées… Et Dieu sait que celles-ci ne sont pas impénétrables! Sur les sites dédiés, Tinder, Adopteunmec, Happn et autre Meetic, on expose son CV du lover, et forcément on aura tendance à faire émerger la face la plus valorisante de soi. L’étincelle ne tient alors plus qu’à un seul rendez-vous, le 1er. Pour André, “on ne se laisse pas le temps de se découvrir, c’est un peu : ça passe ou ça casse”. Pour Charlotte, la quadra du panel, auteure annécienne, “les réseaux sociaux changent forcément l’approche, il n’y a pas la même spontanéité, mais c’est vrai quel que soit l’âge de l’utilisateur, c’est l’outil qui veut ça”. Dans les années 90, on pouvait se laisser le temps de s’apprivoiser, là, les dés sont plus vite jetés. Une fois la rencontre physique consommée, la relation passe nécessairement au crible des réseaux sociaux. Charlotte et Elodie nous expliquent que «stalker» (enquêter sur la «target», alias «la cible» sur le web), est une étape incontournable. Merci Facebook et Instagram qui dressent le portrait-robot fantasmé ou non, fidèle ou non, de ladite cible. Quant à l’après, c’est aussi via les réseaux sociaux que l’on garde le contact. C’est à ce moment-là que les écrits et les images choisies sont pesés à l’extrême et prennent le risque d’être soumis à l’interprétation, voire à l’instrumentalisation. Autant dire qu’avant d’envoyer des sextos enflammés, il faut une certaine dose de confiance.
Un cercle opérationnel qui relègue même le «wild-dating», c’est-à-dire sortir en espérant rencontrer quelqu’un (quadras, je vous vois déjà vous dire… Ben ouais, normal quoi !), est qualifié par beaucoup de jeunes de pratique dangereuse. Quadras, nous sommes bel et bien les Mike Horn de la relation ! En somme, lorsque des portes s’ouvrent, d’autres se referment.

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Conceptual photo of a couple sitting on laptop

TRANS-GENRÉS

L’autre processus de mutation des codes repose sur cette possibilité que la génération Z a de se définir sur le plan de l’identité sexuelle. Pour Charlotte, “ce qui nous différencie le plus de la génération qui suit, c’est cette liberté qu’ils ont de pouvoir appartenir à une multitude de genres”. Une sorte d’ouverture du champ des possibles qui se résumait, pour les quadras que nous sommes, à l’homosexualité, l’hétérosexualité et la bi-sexualité, à la limite. A tel point qu’il est parfois difficile de s’y retrouver même pour ceux qui ont ouvert la voie avec le PACS et le mariage gay. Pansexuels, ceux qui sont attirés indifféremment par un sexe ou l’autre, lithromantiques, ceux qui ne recherchent surtout pas la réciprocité, graysexuels, à la frontière de la sexualité et de l’asexualité… l’ère des queers a sonné et avec elle le rejet de la possibilité d’un déterminisme génétique de la préférence sexuelle.
Tous ces termes créent une tension et cela introduit des opportunités que d’autres générations n’avaient pas. Mais il faut choisir, c’est le poids de la liberté”, affirme Véronique Mottier, professeure en sociologie à Lausanne. Et avec ces termes, la question identitaire toujours sous-jacente. Selon André, “en cherchant toujours à rentrer dans des cases, on recherche surtout la reconnaissance du groupe et de ses codes. Il faut appartenir à une catégorie. Mais au fond l’enjeu est de pouvoir s’en foutre complètement de savoir quelle est la préférence de chacun…”. Voilà sans doute le défi que la génération Z aura à relever, plus encore que la revendication quelle qu’elle soit, il s’agira juste du droit de pouvoir aimer qui l’on veut et de toutes les façons possibles, à condition d’instaurer un vrai rapport d’égalité. Sur ce point la route est tracée, mais le chemin reste encore et encore à parcourir. #MeToo. Une vieille histoire. Et gare au travers du sexisme inversé.

+ d’infos : «L’art du râteau, l’amour de A à R» – Charlotte Bernasconi et Elodie Boisier. «Sexologie de la sexualité» – Michel Bozon «Les corps abstinents» – Emmanuelle Richard

la maison des ados

la maison des ados

MAISON DE JE

IL Y A CEUX QUI GARDENT TOUT, PODS DANS LES OREILLES ET MÈCHE DEVANT LES YEUX. ET CEUX QUI NE CACHENT RIEN, À L’AISE DANS LEURS CONVERSE®. TOUS, ILS ONT DES INTERROGATIONS, DES INQUIÉTUDES, DES DOUTES, QUE LE CINQ À CRAN-GEVRIER, ACCUEILLE SANS FILTRE, DE 11 À 21 ANS.

« Je cherchais des personnes pour me comprendre, m’aider à avancer, passer un cap que je n’arrivais pas à passer toute seule.” En février dernier, Lucie, collégienne annécienne de 14 ans, est confrontée à un événement qu’elle qualifie “d’assez grave”, suffisamment en tous cas pour qu’elle n’ait pas envie de s’en ouvrir à la première journaliste qui passe. Mais elle en parle avec ses parents, ils font ensemble “tout ce qu’il faut” sans pour autant réussir à trouver de solution au problème de l’adolescente. Ils toquent alors au Cinq, pour en discuter avec d’autres adultes.

DÉCO DÉCLIC

Le Cinq, c’est la 116e Maison des Adolescents (MDA) en France, 2e en Haute-Savoie après celle de Vetraz-Monthoux. Elle a été inaugurée en décembre 2019. Et comme son nom l’indique, c’est avant tout une maison, avec, au 1er niveau, son salon au mobilier chiné, son coin bar pour boire un thé en musique et son armoire customisée par le collectif Art by Friends; à l’étage, sous la toiture, chaque professionnel a choisi la décoration de son bureau comme il l’aurait fait pour sa chambre, avec du bleu canard, du orange, du violet, des photos et des citations, pour un ensemble vivant, lumineux et ultra personnalisé. “Si nous, on se sent bien ici, on peut accueillir bien les ados et leurs parents”, résume Nathalie Magnin, coordinatrice du lieu. “La déco –comme les petites scènes de vie représentées sur des étagères par des Playmobil®- est un motif d’échange, une amorce de conversation, elle interpelle… Une jeune fille nous a même dit un jour : « si je travaillais ici, je prendrais des selfies toute la journée ! »

PORTE OUVERTE

La grande idée, c’est qu’on peut venir de manière spontanée,” explique Aurélie, la psychologue. “Juste par curiosité, ou parce qu’on est bloqué, on pousse la porte. On vient voir ce qui s’y passe, on peut déposer quelque chose, une incompréhension, une préoccupation, et quelqu’un en accuse réception.” Le postulat de base? “Le fait que grandir n’est pas facile” ajoute Nathalie Magnin, “qu’il n’est pas évident de se positionner en amitié, en amour, ou dans la vie en général, si on ne trouve pas à qui parler sans jugement et sans idée préconçue. C’est pour ça que le premier contact n’est pas un entretien, mais une rencontre de personne à personne. On se pose, on discute puis on réfléchit en équipe à une association éventuelle avec un professionnel.
Avec des éducateurs, psychologues, psychiatres, infirmiers, mais aussi spécialistes des consommations (tabac, alcool, cannabis…) ou médecins du planning familial, tous les échanges que propose le Cinq sont gratuits, anonymes si souhaité et sans autorisation parentale –un tiers des adolescents se présentent d’ailleurs seuls-. Comme sur un bateau, chacun prend son quart de surveillance, de disponibilité.

CINQ SUR CINQ

Au Cinq, nous ne mettons pas en place de soins dans la durée,” précise toutefois Nathalie Magnin, “nous sommes un premier lieu d’accueil, mais on n’initie pas de protocole ou de prise en charge. Par contre, nous faisons partie d’un réseau, dans lequel nous aidons les jeunes à circuler de la manière la plus fluide possible, si nécessaire, nous les redirigeons vers les lieux appropriés.
Ici, l’accompagnement se fait en moyenne sur trois rendez-vous, sans aucune obligation, sans cadre rigide, avec une adaptation au cas par cas. Lucie, elle, a d’abord rencontré la psy- chologue, puis elle a continué à discuter avec d’autres intervenants, dont Sylvie, l’éducatrice, par téléphone : “je me suis dit que je pouvais leur faire confiance, qu’ils s’y connaissaient dans les histoires d’ados. On m’a énormément écoutée, on m’a donné des conseils pour améliorer la situation et faire attention, et depuis, je me sens plus en mesure de gérer.
Si le décor est convivial, l’ambiance détendue et bienveillante, les numéros de portable communiqués volontiers, pas question cependant d’essayer de séduire les ados, de faire les «djeuns». Le Cinq offre à leurs incertitudes un ilôt de stabilité. “Mais quand il y a une certaine confiance, il peut y avoir du mouvement”, nuance Philippe, l’infirmier. “On a le droit de ne pas être d’accord, le conflit peut être intéressant. C’est comme la tectonique des plaques, quand elles se frottent, elle peuvent s’écrouler ensemble ou former de petites montagnes.” “Ce qui est bien, avec les ados, c’est que tout va vite,” complète Sylvie. “Tout est en transformation permanente, tout est possible. Le plus inquiétant, c’est quand ils ne pensent plus à rien, ne savent pas s’ils souffrent et haussent les épaules sans rien dire.

TRAVAIL D‘EQUIPE
Pour soutenir la charpente et consolider les fondations d’une maison, il faut des appuis, physiques, politiques et pécuniers. Le Cinq est donc financé par le Centre Hospitalier Annecy Genevois (CHANGE), l’Agence régionale de santé (ARS), le Département et la Ville d’Annecy. Il travaille également avec d’autres partenaires, dont l’Académie de Grenoble, le Ministère de la Justice, l’Ecole des Parents et des Educateurs, ou l’Instance Régionale d’Education et de Promotion Santé (IREPS).

+ d’infos : Au Cinq – 5, av. de la République – Cran-Gevrier – Annecy – 04.56.49.73.55

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PAR CLÉMENTINE DELAFONTAINE

La signature d’un contrat de mariage avant votre union n’est pas obligatoire. Néanmoins, dans certains cas, le choix d’un régime matrimonial vraiment adapté à votre situation mérite d’être étudié avec un notaire. Le contrat de mariage est signé chez lui, en général quelques semaines avant le mariage. C’est à cette occasion que le certificat demandé par la mairie est délivré. Il faut prévoir au moins un rendez-vous avant la signature.
Il s’agira de faire un tour d’horizon des objectifs de vie et des projets des futurs époux. Le notaire leur exposera les avantages et inconvénients du ou des régimes qui correspondent à leur situation. Outre le régime de la communauté, qui peut être aménagé par le contrat de mariage (communauté universelle), on trouve la séparation de biens et la participation aux acquêts. Si l’un des conjoints est d’une autre nationalité ou si le couple prévoit de s’installer dans un autre pays, cette situation internationale peut ouvrir d’autres possibilités…

POT COMMUN

S’il ne fait pas de contrat, le couple sera marié sous le régime légal de la communauté de biens réduite aux acquêts. Dans ce régime, les salaires des conjoints perçus pendant le mariage sont mis en commun. Tous les biens mobiliers ou immobiliers achetés pendant le mariage avec les salaires sont aussi communs. Les époux deviennent donc propriétaire chacun de la moitié. Par contre, chacun conserve ce qu’il a acquis avant le mariage, et est seul propriétaire des biens reçus par succession ou donation. Un écueil : les dettes contractées pendant le mariage sont communes, y compris les emprunts professionnels du conjoint. Autre point important : les loyers issus d’un appartement locatif qui appartient à un seul époux (car il l’a reçu par donation par exemple) tombent dans la communauté.

CHACUN SON SIEN

Si l’un des époux exerce une profession risquée financièrement, le régime de la séparation de biens peut être adapté. Ici, les biens achetés pendant le mariage n’appartiennent pas forcément aux époux moitié-moitié, cela dépendra de la contribution financière réelle de chaque époux. Par exemple, si l’un des époux finance 10 %, il devient propriétaire de 10 % du bien et l’autre de 90%. Avantage : les dettes issues du conjoint qui exerce la profession « risquée » ne sont pas dues par l’autre époux. Le patrimoine personnel de l’autre époux est donc protégé.
En plus de l’adoption d’un régime matrimonial, le contrat de mariage peut comporter des clauses qui permettent d’organiser le patrimoine du couple, de protéger le conjoint en cas de décès… Un exemple, un futur conjoint est propriétaire du terrain sur lequel le couple fera construire sa maison. Il pourra le mettre en commun dans le contrat de mariage.

SÉANCE DE RATTRAPAGE

Vous n’avez pas fait de contrat de mariage et vous vous rendez compte que le régime matrimonial de la communauté n’est pas adapté à votre situation personnelle et patrimoniale. Pas de panique ! Il est possible, après le mariage, et sous certaines conditions, de changer de régime matrimonial ou de modifier son contrat de mariage, avec l’intervention du notaire. Ce changement, qui doit être conforme à l’intérêt familial, se fait par acte notarié.
Depuis 2019, il n’est plus nécessaire de respecter un délai de deux ans entre le mariage et le changement de contrat de mariage (ou entre deux changements de contrat de mariage !).

+ d’infos : http://www.notaires.fr

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