VISITE DE MAISON… ET D’HISTOIRE

VISITE DE MAISON… ET D’HISTOIRE

HÔTEL RESTAU

Un hôtel particulier, en plein cœur du quartier historique de Chambé, des poutres centenaires, des plafonds voûtés et du parquet racé… de quoi donner du caractère à une rénovation éclairée.

Avoir un coup de foudre pour un bâtiment vieux de plusieurs siècles, c’est un peu comme tomber amoureuse après 45 ans : on se doute que l’objet de nos désirs a vécu plusieurs vies -sinon c’est louche…-. Si, depuis sa rénovation en 2014, Marie-Elisabeth est la première propriétaire de ce 180m2 à deux pas du Château des Ducs de Savoie, elle sait donc bien que l’endroit, à l’origine très bourgeois, s’est ensuite encanaillé pendant plusieurs années, qu’il a ensuite connu une période presque trop rangée, avant de retrouver finalement sa superbe.

Tout le monde à Chambéry connaît l’Hôtel de Morand. Une famille aristocrate locale s’y établit et lui donne son nom au XVIIe siècle. En 1786, après une cour longue de 6 ans, qui lui vaudra le surnom de «Madame Prudence», Françoise-Marguerite de Morand épouse le célèbre sénateur savoyard contre-révolutionnaire Joseph de Maistre, dont la statue trône sur la place du Château. Voilà pourquoi tous les Chambériens connaissent Madame de Morand et son hôtel. C’est peut-être aussi parce qu’avec son passage entre deux rues et ses ferronneries travaillées, il fait partie des visites du patrimoine de la ville. Ou encore parce que la Mairie de Chambéry y avait installé, au début des années 90, ses services du personnel. Ou simplement parce que, 20 ans plus tard, il a fait la Une de la presse régionale au moment de l’expulsion des squatteurs qui avaient investi ses étages désertés. Quoi qu’il en soit, tout le monde à Chambéry connaît l’Hôtel de Morand.

PASSER AU PRÉSENT

Quand Marie-Elisabeth s’y installe, en 2015, l’ensemble a été entièrement restauré. C’est Patrick Bellemin, marchand de biens, passionné d’histoire et d’antiquités, qui en a fait l’acquisition quelques années plus tôt. “Une poutre du XVIIe avait cédé, tout le bâtiment avait été évacué et abandonné depuis plus d’une décennie”, raconte-t-il. “Il fallait prévoir de gros travaux de structure, refaire des dalles, à la fois pour la solidité de la construction, mais aussi pour la sécurité incendie. Le tout en préservant les plafonds à la française, car les architectes des bâtiments de France nous imposaient de les conserver. C’était une rénovation extrêmement complexe et lourde, on a dû retirer près de 200 tonnes de gravats.” Avec l’aide de l’architecte Benoit Chambre, spécialisé dans la réhabilitation de bâtiments anciens, ils étudient les archives, retrouvent des plans vieux de quatre siècles, s’attellent “à faire revivre ce lieu, le faire revenir un peu comme à l’origine”. A l’origine, justement, le rez-de-chaussée abritait des boutiques de menuisier, cordonnier, serrurier et autres tourneurs. Madame de Morand, elle, occupait le deuxième étage et louait le reste de l’immeuble. Aujourd’hui, Marie-Elisabeth vit au premier. Ce qui frappe, pour un appartement de 180 m2 qui n’a pour horizon que les immeubles de l’autre côté de la rue ou les rideaux du voisin d’en face, sur la cour, c’est sa luminosité. Les immenses fenêtres -quatre dans le salon !- jouent parfaitement leur rôle, aidées par les hauts plafonds d’origine, dont les poutres apparentes structurent le vaste volume du salon. En suivant leurs lignes, on découvre d’ailleurs de charmantes imperfections : rares, en effet, sont les angles de cet appartement qui soient vraiment droits ! C’est l’avantage de l’ancien, rien n’y est standard.

MATCH DE VOÛTES

Deux traits singuliers finissent de dessiner la morphologie particulière de ce logement multi-centenaire. Dans la chambre principale, première surprise : une voûte en pierres, incrustée dans le mur au-dessus du lit. Elle laisse imaginer une ancienne ouverture sur le bâtiment mitoyen : “on parle de XVIIe, mais les bases sont certainement plus anciennes”, commente Patrick Bellemin, “dans le local à vélo au rez-de-chaussée, par exemple, il devait y avoir une cuisine, car il reste une énorme cheminée du XVe siècle !” Dans la petite chambre qui donne sur la rue et dans sa salle de bain attenante, deuxième surprise : des plafonds avec voûtes croisées d’ogive. A la place de ces pièces devait aussi se trouver une cuisine, dont le plafond en pierres aurait empêché la propagation du feu en cas d’incendie. C’est en tous cas l’hypothèse du marchand de biens. Vestige du passé également, le parquet de l’actuelle cuisine, presque-Versailles-mais-pas-tout-à-fait, ménage lui aussi ses effets : assemblé en carrés, ses diagonales ne sont pas entrelacées comme on les attendrait, mais les veines du noyer, aux teintes très contrastées, dessinent des motifs irréguliers et incroyablement modernes. Au siècle précédent, une cheminée réchauffait la pièce. Il n’en reste aujourd’hui que la dalle foyère -la plaque de pierre, scellée dans le sol, qui sert à protéger le parquet des projections de braise-, mais encore faut-il la deviner… Dans la plus pure tradition de Chambéry, ville du trompe-l’œil, Patrick Bellemin l’a peinte lui-même aux couleurs du bois. Marie-Elisabeth, elle, y a installé une déco sobre, pimentée par les pièces-souvenirs rapportées de ses années en Asie. C’est certainement ce qui a fait qu’elle se sente bien ici, car elle aussi a eu plusieurs vies…

+ d’infos : http://espaces-atypiques.com (en vente à Chambéry)

Photos : Lilian Chapel pour Espaces Atypiques

DESIGN : AARHOME

DESIGN : AARHOME

EXPERTS EN ART-MUR

Longtemps ringardisé, recouvert, voire carrément arraché, le papier peint refait le mur depuis quelques années. A Annecy, Aurélie Chazal en propose une version dépoussiérée, sur mesure et inspirée. Bref, la crème de la crème de lés.

Aurélie Chazal est une fille passionnée. Par l’architecture d’intérieur, les matériaux, les couleurs, mais aussi le ski et la communication visuelle. Cette dernière a guidé ses choix professionnels et l’amour de la glisse a poussé la jeune Ligérienne –habitante de la Loire– à quitter sa petite station de Chalmazel pour s’installer à Annecy. L’année dernière, elle change d’appartement et doit rénover la cuisine de son nouveau nid. C’est là que ses envies de déco refont surface. “Pour la crédence, je ne trouvais pas de vinyle avec des motifs qui me plaisaient, j’ai donc demandé à une copine directrice artistique de créer un motif et je l’ai fait imprimer par une entreprise locale. J’ai réalisé qu’on pouvait faire des choses jolies et pas trop chères.

En août 2021, elle décide alors de lancer Aarhome : des papiers peints sur mesure, imprimés en Rhône-Alpes, mais surtout créés par des artistes. “L’idée, c’est d’avoir un peu d’art chez soi, une œuvre dont on connaît l’auteur, dont on peut raconter l’histoire, et des motifs qu’on ne retrouvera pas partout.” La première à la suivre dans cette aventure, c’est son amie Sarah Buscail, basée à St Félix (74). “Je lui ai donné une direction, «maison du sud», et je lui ai dit : travaille comme si c’était un tableau, on redimensionnera.” Résultat : une fresque qui sent bon le thym et le laurier, entre sable et ocre, cyprès et oliviers. Les créations d’Elodie Flavenot, elles, sont très colorées, quand celles d’Hélène Hugues donnent dans le floral et le poétique. Designers textile, illustratrices et bientôt photographes, d’ici la fin de l’année, la communauté Aarhome comptera une douzaine de contributeurs, qu’Aurélie rémunère sur les ventes.

Pour aller jusqu’au bout de l’aventure, la trentenaire suit actuellement une formation en décoration d’intérieur. Il ne s’agit cependant pas, pour elle, d’entamer une reconversion. Aurélie fait partie de cette génération qui ne veut pas choisir entre ses différents talents, quitte, dans l’idéal, à les faire cohabiter dans son planning professionnel : communication visuelle le lundi, promotion de sa marque du mardi au jeudi, déco le vendredi… Une énergie à faire trembler les murs… ou à les rhabiller !

+ d’infos : http://aarhome.fr

visite de maison… d’acier

visite de maison… d’acier

STEEL* LOVING YOU

*acier en anglais

Il y a ceux qui donnent corps à leurs impulsions créatives en photo, en sculpture, en dessin ou par l’écriture. Marc Dentand, artiste polyvalent, a exploré la plupart de ces voies. Et à Thonon, il a aussi pensé une maison, un mariage d’acier et de bois, avec une touche d’abstraction.

Embarcadère de Thonon, ambiance balnéaire, embruns, mouettes et sirènes de bateaux, la Suisse pour horizon. C’est là que gamin, Marc Dentand venait, avec ses copains, pêcher têtards et petits poissons. Installé à l’étranger, l’artiste contemporain n’aurait jamais pensé revenir et construire un jour ici. Mais en accompagnant un ami à la recherche d’une maison au bord du lac, il tombe amoureux de cette parcelle de verger pentue, sur les berges, qui lui rappelle son enfance. Elle est prise en sandwich entre deux grosses villas Belle Epoque -selon la légende, la construction de l’une d’entre elles, propriété d’amis des frères Lumière, aurait d’ailleurs fait l’objet de l’un de leurs premiers films-. Mais ce n’est pas leur allure bourgeoise qui intéresse le plus Marc Dentand, ce qui l’inspire, ce sont leurs hangars à bateaux, quasiment posés sur l’eau.
Il contacte alors les architectes zürichois Kaufmann et Widrig, à qui il avait déjà confié une rénovation. “C’était une maison des années 30, style Bauhaus, que nous avions revue de manière minimaliste, avec de superbes sols en pierre”, explique-t-il, “mais elle était invivable. Ça m’a servi de leçon. Du coup, j’ai envisagé Thonon en réaction contre ce projet. Je voulais que ce soit mon interprétation du savoir-vivre à la française, avec un jardin, des gravillons devant l’entrée, du béton ciré, le bois qui se patine… Le tout dans une architecture contemporaine.” Il tient aussi à envelopper son «hangar» d’acier, dont il aime le mariage de la couleur, une fois rouillé, avec le bleu du lac.

DONNER LA VUE

Les architectes imaginent donc un long pavé métallique, qui prend de la hauteur par paliers, passant de 2,80 à 9 m alors que le terrain, lui, s’incline. Ses lignes sobres, avec les rangées de fenêtres horizontales et la cheminée posée au sommet, évoquent la superstructure d’un paquebot qui aurait accosté au milieu des pommiers. Le terrain, en contrebas du Château de Sonnaz -demeure historique du XVIIe qui abrite aujourd’hui l’Office de Tourisme de Thonon- est situé en zone protégée par les Bâtiments de France. Mais contre toute attente, l’expert qui évalue les plans est totalement conquis : “Il m’a dit : enfin quelque chose de bien en Haute-Savoie !”. En 2009, après deux ans de travaux, la Casa 26 est à flots. A l’extérieur, quand on la regarde d’en haut, elle semble tourner le dos à l’eau, regarder vers le sud. Ce n’est qu’une fois à portée de clapotis qu’on découvre son impressionnante façade vitrée. A l’intérieur, c’est l’inverse : à peine le seuil franchi, le regard est immédiatement attiré par cette fenêtre cathédrale, vers le paysage encadré par les platanes qui se dessine au bout du couloir. Et une fois dans le salon-salle à manger, on est happé par la vue, gagné par le calme, l’intensité, l’étonnant silence… Mais, pour ne pas désacraliser ce précieux décor, ne pas en atténuer l’effet, aucune des autres pièces, chambres ou cuisine, ne regarde dans cette direction. “Il n’y a pas besoin d’avoir de grandes baies vitrées dans toutes les pièces, je trouvais bien plus intéressant qu’une sorte de tube concentre la vue vers le lac. Il est parfois brumeux, mais même quand il pleut ou qu’il y a de l’orage, il y a toujours une belle lumière”, décrit Marc Dentand, “c’est un spectacle fantastique !

DÉCROCHER LES TOILES

C’est un menuisier autrichien qui a accepté de fabriquer la porte coulissante de cette fenêtre aux dimensions et au poids hors normes. “Un type extra, complètement amoureux de son métier, qui a également fait le montage du Musée d’art contemporain de Bregenz. Et dans la maison, il a fait un travail d’orfèvre.
Il a notamment concrétisé les intentions des architectes en alignant parfaitement les panneaux de pin des murs aux plafonds : tous les joints se poursuivent et se répondent, d’une pièce à l’autre. Quant au bois, dont les nuances font écho à l’acier corten de l’extérieur, il apporte la chaleur qui pourrait manquer à des espaces si vastes. Marc Dentand, lui, a laissé sa patte en dessinant meubles et placards ou en… décrochant des toiles : “j’ai vraiment planifié qu’il y ait des marques de tableaux sur les murs, pour qu’on les voie. J’ai donc décroché des plaques et j’ai déclaré que c’était des œuvres d’art ! Comme dans mon travail, j’aime les choses zen, simples, mais avec plusieurs couches.

NE PAS SE RETOURNER

Pendant plusieurs années, Marc Dentand passe ses vacances sur les bords du lac Léman, puis il vend la Casa 26, sans regret : “ça fait partie de la vie d’un artiste que d’apprendre à se séparer des choses.
Elle est rachetée en 2018 par un propriétaire lyonnais qui a tenu à en conserver fidèlement l’esprit : en dehors des «marques», quelques œuvres sont restées au mur ; certaines pièces iconiques de mobilier, comme le Lounge Chair de Charles & Ray Eames ont encore leur place dans une sélection d’objets design pointue ; et les salles de bains, avec leur mosaïque bleu-vert Le Corbusier, n’ont pas bougé. La cuisine, par contre, a troqué son jaune poussin contre un anthracite plus classique, et dans les chambres, les têtes de lit se sont faites plus cosy. Mais, pour respecter le parti-pris minimaliste de cet intérieur, aucun placard n’a été rajouté, aucun luminaire n’a été encastré.
C’est comme une œuvre d’art que cette maison a été pensée, et c’est comme telle qu’elle est aujourd’hui occupée.

+ d’infos : otoctone.com/otoctone-thonon-2

Photos : Zariel

DESIGN : H’S FABRIC PICTURES

DESIGN : H’S FABRIC PICTURES

COUD D’ŒIL

Voyager en restant sur son canapé, on peut le faire en regardant la télé, ou en agrémentant son intérieur des coussins dépaysants d’Hélène, une Annécienne qui a préféré le tissu au papier, pour imprimer ses clichés.

Une vis dans un banc, le cœur d’un artichaut ou une bande de jeunes fêtards qui vient terminer sa nuit sur la plage… L’œil de cette quadra souriante et bien dans ses lunettes ne s’arrête jamais, il furète, s’intéresse à tout. Et ça remonte à très loin. 

C’est son père qui l’a initiée, petite, à la photo. Pour ses 12 ans, il lui offre son premier Canon et lui apprend à développer ses négatifs dans la salle de bains. Depuis, elle a toujours, sur elle, de quoi immortaliser une situation ou un paysage, “j’aime les souvenirs, revoir les endroits où je suis allée, mais aussi capter les moments qui feront la photo qu’on ne verra pas partout.” Elle n’en fait pourtant pas son métier, préfère rester une passionnée. Régulièrement, son entourage lui suggère d’exposer : “mais je voulais trouver une idée plus originale de valoriser mon travail.

Pendant cinq ans, Hélène cherche, fait le tour des imprimeurs pour voir tout ce qui existe et trouve finalement que sur le tissu, ses clichés ont de la gueule. “J’aime bien acheter une pièce unique ou tirée d’une série limitée, et je pense que beaucoup de gens sont pareils, veulent quelque chose d’original. En 2019, j’ai donc fait quatre premiers modèles de housses de coussins, pour voir, et ça a très bien marché, alors je me suis lancée. J’avais une machine que je n’avais jamais utilisée, je savais à peine coudre un bouton à la main, il a donc fallu que je m’y mette, et là, c’est ma mère qui m’a appris.

Velours pour l’hiver, coton et lin pour l’été, elle adapte aussi ses collections de visuels en fonction des saisons : ambiance basque et atlantique ou plutôt remontées mécaniques. Elle aime également tout ce qui est citadin, très graphique, mais quelles qu’elles soient, ses photos ont toujours une histoire. “Quand nous sommes partis à New York en 2012, c’était juste après le passage de l’Ouragan Sandy. Tout était à l’arrêt, on ne pouvait faire aucune des visites prévues, alors on s’est rabattus sur un vol en hélico… Dans d’autres circonstances, nous ne l’aurions pas fait et je n’aurais jamais pris cette vue aérienne de la ville.” Manhattan, l’Algarve au Portugal, Londres ou Lausanne, Hélène aime autant ces destinations photogéniques que le soleil qui se couche sur la Tournette en face de chez elle, qu’elle fige ensuite “pour mettre de l’extérieur dans l’intérieur des gens.”  

 + d’infos : hsfabricpictures facebook

DESIGN : BC MEUBLES

DESIGN : BC MEUBLES

A LA SCIURE DE LEUR FRONT

Rien ne dit qu’ils soient particulièrement superstitieux, mais, du côté du Val Montjoie, quand ils planchent sur une de leurs compositions à quatre mains, Lisa Cerioli et Laurent Bibollet touchent vraiment du bois.

Le soir au coin du feu, il y a des couples qui parlent organisation familiale, vacances ou nouvelle déco. Lisa et Laurent aussi, mais le plus souvent, ce qui meuble –et c’est le cas de le dire- leurs conversations, ce sont les lignes d’une table, l’arête d’un buffet ou le dessin d’un chevet.
Tous deux ont grandi dans un atelier de menuiserie, entre les odeurs de copeaux et la stridence des scies : aux Contamines-Montjoie pour Laurent, qui reprendra l’entreprise paternelle après un CAP complété par un certificat en ébénisterie, marqueterie et sculpture sur bois ; à Megève pour Lisa, passionnée de dessin depuis l’enfance, qui, à chaque déménagement, imaginait les éléments de sa nouvelle chambre pour que son père les fabrique. Elle ne savait pas qu’elle en ferait son métier.

Quand ils se rencontrent, il y a 10 ans, elle travaille en service dans la restauration. La maison de Laurent n’est pas encore terminée, alors ils en conçoivent le mobilier. Leur première création commune ? Une table basse en noyer, avec quatre cubes-tabourets qui s’insèrent dessous ou servent de bouts de canapés. “Elle a un aspect très fonctionnel”, décrit Lisa, “mais la touche de Laurent, c’est le plateau en marqueterie, une sorte de Tetris composé de plusieurs teintes différentes, bois de rose, citronnier ou palissandre.” Bois durs, beaux contrastes, Lisa apprend sur le tas à manier rabot et ciseaux, pour être en mesure, elle aussi, de fabriquer un meuble de A à Z, en suivant les conseils techniques de Laurent.
Binôme créatif, rebondissant sur l’idée proposée par l’un ou par l’autre, ils finissent par associer leurs initiales (le B de Bibollet avec le C de Cerioli) et se lancent professionnellement ensemble en 2018, tout en restant double-actifs : Laurent est guide de haute-montagne et Lisa, monitrice de ski. “On fait aussi beaucoup d’escalade à deux, la nature c’est notre espace. On est tout le temps dehors, ça rejaillit donc forcément sur ce qu’on dessine.” Une table qui rappelle les ailes d’un oiseau, une console qui joue avec les cimes alpines ou un chevet «perchoir»… Entre leurs quatre mains, le bois révèle aussi bien sa force brute que toute la finesse de son répertoire.

+ d’infos : http://bc-createursdemeubles.com

DESIGN : PETITES SÉRIES ENTRE ILLUMINÉES

DESIGN : PETITES SÉRIES ENTRE ILLUMINÉES

UNE IDÉE LUMINEUSE

Empotés, arborés, cuivrés, embobinés, enfourchés… les luminaires de Stéphanie Calemard sont à des années-lumière d’une lampe classique. Depuis qu’elle a déclaré sa flamme au tissu africain avec sa série Mégawax, ses suspensions se déclinent aussi en une guirlande méga colorée.

Il suffit d’une illumination pour faire une collection. C’est ce qui est arrivé à Stéphanie un jour dans le métro parisien en admirant le pagne magnifique d’une Africaine. “Je lui ai demandé où elle l’avait acheté, elle m’a répondu à Château Rouge, le quartier africain de Paris. Je m’y suis rendue dans la foulée et j’ai adoré cet endroit. J’avais l’impression d’être dans un autre pays. J’ai acheté une valise sur place et je l’ai remplie de tissus wax. Quand je suis rentrée chez moi, l’idée est vite venue : j’ai monté mon grillage de cuivre, commencé à tisser des bandes de wax préalablement plasti- fiées. Ma série Mégawax était née.” Ces suspensions aériennes, légères et colorées, elles les décline selon les goûts et les envies des clients qui choisissent le diamètre de l’abat-jour (de 15 cm à 1,20 mètre) et le coloris. C’était il y a 4 ans. Depuis Stéphanie a dû réaliser 4 ou 5000 lampes de cette collection branchée !

SOUS LES FEUX DE LA LAMPE

Cette envie de créer, elle l’a toujours eue depuis son enfance à Saint-Etienne : petite déjà, elle dessinait, peignait à l’huile, sur soie, à l’aquarelle… Après des études à l’École d’arts Appliqués de Lyon, elle occupe le poste de graphiste en agences de communication à Lyon, Paris et Grenoble. Puis, elle se lance en freelance et se spécialise dans les affiches d’événements culturels. Un jour, elle commence à fabriquer des lampes pour son intérieur. Après une expo privée de son travail et un passage au salon ID d’Art Lyon, elle se rend compte que ses «Petites Séries Entre Illuminées» plaisent. Alors, il y a 15 ans, elle sort de l’ombre et participe à son premier salon Maison & Objet à Paris. Depuis, elle n’en a manqué aucun !

HABITS DE LUMIÈRE

Sa première série, les Empotées, un détournement de transplantoirs, est directement inspirée de la nature et de son environnement. “J’habite à Saint-Ismier, dans la vallée du Grésivaudan. Un endroit merveilleux et en haut du village : ma maison, qui date de 1739, au bord d’une forêt, entourée de biches, d’oiseaux… Un vrai paradis, c’est très inspirant comme lieu, complètement hors du temps… J’y ai mon petit atelier de 20 m2, qui s’est étalé dans toutes les pièces, maintenant que mes trois enfants sont partis !” Entre nature et haute-couture, elle propose «Les Arbres voyageurs», des lampes en bois habillées de lainage, «Les Enfourchées», une fourche devenant le pied de la lampe… Elle voulait être styliste. Cela ne s’est pas fait, mais elle habille désormais ses luminaires de toute sorte de tissus en jouant sur les couleurs et les imprimés.

HISTOIRES DE FAMILLE

Aujourd’hui, sa série Mégawax ayant méga pris le dessus sur les autres, elle s’y consacre presque entièrement entre confection et présentation sur des salons comme Le Printemps des Docks (19 au 21 novembre à Lyon). Presque, car elle a aussi retrouvé sa passion pour la peinture pendant la pandémie de Covid. Elle s’entoure alors de personnages colorés, sa Family Wax, qui lui tiennent compagnie lors de ses expositions au Luxembourg, à Lausanne… “Mes tableaux sont un petit bout de moi, mes enfants qui sont partis, c’est ma famille”. Une mise en lumière d’une autre facette artistique de cette boule d’énergie qu’est Stéphanie, génie de la lampe…

https://www.petites-series-entre-illuminees.com/

Ses créations sont à retrouver chez Intérieur Altitude à l’entrée de Thônes.

Photos : Stéphanie Calemard

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