En chantier : Thonon-les-Bains

En chantier : Thonon-les-Bains

Thonon change de main ?

Et ça commence aujourd’hui. L’urbanisation de la cité chablaisienne était l’un des enjeux majeurs des élections municipales de 2020, la nouvelle équipe se positionne donc évidemment à contre-courant de ses prédécesseurs. Premiers jalons posés en 3 projets majeurs.

« Thonon a eu la chance, malgré une dernière décennie assez délétère en terme d’aménagements, de conserver beaucoup de potentiel. On a cette capacité à allier l’urbanité et l’environnement préservé, et si on trouve cet équilibre, on va en faire une ville très agréable à vivre.” Comptes soldés avec l’ancienne municipalité, Christophe Arminjon, le nouveau maire de Thonon, espère associer la population à cette réflexion par le biais des Assises Locales du développement Urbain, qui démarreront au mois de mai. Des citoyens amenés à se positionner sur deux temporalités : quelle ville voulez-vous aujourd’hui ? Quelle ville aimeriez-vous laisser à vos enfants ? En parallèle, de grands projets structurants sont déjà sur les rails.

Places des Arts ©Antoine Berger

LA PLACE DES ARTS REPENSÉE

Edicules de parking, quais de bus, places de stationnement… La plus grande place de Thonon n’en est, pour le moment, pas une. L’objectif est de la rendre aux piétons, d’attirer le cœur de ville vers la gare et renforcer le lien établi par la nouvelle passerelle du pôle gare vers la Place de Crête et la partie haute. 1ère étape : redistribuer le réseau de transport en commun et retirer complètement les bus de la place. Ils circuleront et chargeront en aval, sur le Boulevard du Canal. Au bout de la place, la rue des Allobroges sera fermée à la circulation publique.
Sur cet immense espace ainsi dégagé, on devrait alors trouver : un square du côté de l’école des Arts, le marché hebdomadaire et une halle. “Le concours d’architecture va être lancé dans les prochaines semaines. Ce lieu aura pour objectif d’abriter les étals qualitatifs de la partie alimentaire du marché et de rester modulable pour être totalement libéré et accueillir des événements. Au 2nd niveau, il y aura probablement des activités permanentes, comme un restaurant ou des boutiques de produits de terroir. Il nous faut quelque chose de polyvalent, on ne veut pas prendre le risque d’avoir un bâtiment mono-fonctionnel.

UN PARC PAYSAGER SUR LES TALUS SOUS-BASSUS

Depuis le centre de Thonon, la liaison piétonne vers les bords du Léman se fait par une zone de talus assez raide, qui s’étend depuis le Belvédère jusqu’au Château de Sonnaz et la Sous-Préfecture. “Aujourd’hui, c’est une zone de transition, qui devient un coupe-gorge la nuit. L’idée, c’est donc de réaliser un grand parc étagé, le plus grand de la ville avec 3,5 hectares, en terrasses avec, pour leitmotiv, l’accessibilité.” Un ascenseur vitré devrait desservir le Belvédère, le parking souterrain, puis la promenade aménagée en contrebas. Un concours d’architecture paysagère sera donc lancé à l’échelle européenne, et un budget de 7 millions d’euros est prévu pour ce nouveau parc, qui liera avec fluidité le cœur de la ville à son port et… à son nouveau musée.

UN MUSÉE DANS LE CHÂTEAU DE RIVES

Voilà le plus gros projet en matière de budget et de quantité de travail à mener d’ici la fin du mandat”. Ancienne maison-forte du XIVe siècle, rare exemple de monument médiéval encore visible dans la région, le Château de Rives, dans le port du même nom, n’est actuellement ouvert au public que lors de manifestations organisées par la ville. Il va donc être réhabilité et transformé en pôle culturel majeur, avec comme point d’attraction principal, un département dédié à l’art contemporain, “grâce au dépôt d’une collection d’envergure nationale ou internationale”. Il abritera également un fond Premier Empire, lié au Général napoléonien thononais Joseph Marie Dessaix, le travail de la sculptrice Marguerite Peltzer, représentante d’un courant artistique féminin des années 30, qui a légué l’intégralité de son œuvre à la ville et un fond d’ethnographie plus classique consacré aux populations du Chablais.

UN NOUVEAU STADE A VONGY « Par deux fois, le Stade Moynat n’a pas pu, de par sa configuration, accompagner des équipes de 1ère et 2ème divisions. Je me suis dit qu’il fallait absolument réaliser cette mutation” explique Christophe Arminjon. Une mutation à double détente : dans un 1er temps, la construction à partir de mai 2021 d’un stade d’athlétisme à Vongy, à côté du Boulodrome et des terrains de foot. Cette nouvelle structure permettra, dans un 2nd temps, de supprimer l’anneau d’athlétisme du Stade Moynat, de réaménager un terrain polyvalent foot/rugby/foot américain, et de construire une nouvelle tribune sud sur l’équivalent de la place gagnée.

RENOVATION ET RE-QUALIFICATION DE L’EXCELSIOR Fin 2020, la municipalité a préempté et fait l’acquisition de l’ancien cinéma. “A 20 m de la mairie, c’est une opportunité pour la ville”, constate le premier magistrat thononais. “On pourra y faire nos instances du Conseil Municipal, des séminaires d’entreprise, des formations… c’est l’occasion de lui redonner sa façade d’origine Art Déco, et, comme il y a quelques immeubles de la même époque sur la place adjacente, nous allons la réaménager dans cet esprit, retirer toutes les voitures et lui redonner une vraie identité. Le maître d’œuvre est lancé, c’est un des 1ers projets qui va sortir de terre.” !

En chantier : Annecy

En chantier : Annecy

Stationnement, du neuf pour l’été !

Projet de l’ancienne équipe, le parking du boulevard du Fier va enfin arriver. On l’annonce pour cet été. Au même moment, une dizaine de zones de stationnement, jusque-là gratuites, vont devenir payantes…

340 places de stationnement, dont 10 pour les véhicules électriques, 20 emplacements dédiés aux deux-roues motorisés, des consignes à vélo sécurisées pour une quarantaine de cycles, le tout sur quatre niveaux : le parking situé en face de l’Arcadium doit ouvrir mi-juillet, annonce-t-on à l’hôtel de ville d’Annecy. Ces travaux d’un montant de 3,5 M€ HT, autofinancés par Annecy parkings, ont été maintenus pour «développer l’offre de stationnement en dehors de l’hyper-centre», car, selon la Ville, garer son véhicule en dehors du centre-ville épargne stress et pépettes aux automobilistes tout en diminuant embouteillages, bruit et pollution. Ce nouveau parking sera gratuit «dans un premier temps», la durée du fameux «premier temps» n’est pas encore connue.
Ces nouvelles places de stationnement donneront peut-être du baume au cœur de ceux qui regrettent l’abandon du projet «Préfecture». Un secteur qui reste cependant dans le viseur de la Ville : “On réfléchit à un aménagement global sur la circulation” (schémas directeurs sur la mobilité et les stationnements, ndlr), confirme son maire. Et François Astorg d’ajouter : “j’espère qu’on arrivera là-dessus avec l’Agglo en septembre ou octobre, peut-être même avant”.

LA « POUBELLE » DU CENTRE-VILLE

Autre nouveauté pour l’été : le passage au stationnement payant (zone verte) sur les parkings Colmyr, Marquisats, Esaaa, Tillier, SRVA, Impérial, Sainte-Bernadette, Belle étoile, Petit port et Chavoires. “Il est très clair qu’on ne souhaite pas revivre l’été dernier en terme de congestion des rives du lac”, a en effet expliqué Marion Lafarie, lors du conseil municipal de mars dernier. Et l’adjointe en charge de la voirie, des espaces publics, du stationnement et des mobilités actives d’expliquer qu’il s’agit d’un «outil» parmi d’autres (bus des plages, navettes lacustres, vélos en libre-service…) “pour essayer de réduire absolument la circulation au bord du lac. La plage reste gratuite, nul n’empêche à tout à chacun d’aller un tout petit peu plus loin se garer et de marcher si véritablement ils ne peuvent pas prendre le bus ou venir à vélo.
Il n’en fallait pas plus pour que les cheveux de Christiane Laydevant (Annecy ensemble) ne se dressent sur sa tête : “Nous, dans les communes déléguées, on n’a pas envie d’être la poubelle du centre-ville ! On a déjà un certain nombre de personnes qui se garent et qui ne sont même pas de l’Agglo…

Illustration : Empreinte virtuel / MILK architectes

en chantier : Val-Thorens

en chantier : Val-Thorens

Toit des neiges

A Val-Thorens, le ski est un atout, mais n’est pas tout. La plus haute station d’europe refait entièrement son centre multi-activités et il y a du p(a)in sur la planche !

Construire ex nihilo une station à 2300 m d’altitude, c’est du sport ! L’animer aussi. Ce n’est pas « ski » a freiné les pionniers à l’origine de l’édification de Val-Thorens ! Pour créer aussi de la vie « hors piste », ils ont implanté en plein centre du village savoyard un centre sportif et récréatif de plus de 10000 m2.

EN PISTE POUR LE FUTUR

Edifié en 1980, le bâtiment inséré entre une galerie commerciale et la gare routière, méritait bien un sérieux rafraîchissement.
La commune a confié le chantier à la Société d’Aménagement de la Savoie (SAS). En charge des équipements sportifs et grands événements aux Menuires et à Val-Thorens (par DSP), la Sogevab est également associée au projet”, précise Valérie Hudry, à la mairie des Belleville (stations de Val-Thorens, Les Menuires et Saint-Martin). Au-delà de la rénovation et de la restructuration d’installations vieillissantes, “les travaux vont notamment per- mettre de générer davantage de vie à cet endroit et d’améliorer la gestion des flux de circulation. Il s’agit aussi de répondre à l’évolution des besoins de la clientèle. Avec la création d’un « centre de conférence », le projet d’aujourd’hui est ambitieux”.

SURF EN SURFACE

En charge de la maîtrise d’œuvre, Dubuisson Architecture a d’ailleurs dessiné une structure dotée d’un specta- culaire « toit-belvédère » en forme de snow-board. “Son architecture s’intègre parfaitement dans la station, en été comme en hiver. Et cet espace de 4000 m2 va être utilisé pour l’organisation d’événements”, ajoute Valérie Hudry.
Se déployant sur 4 niveaux (avec la toiture), le nouveau centre comptera 3 espaces principaux : la salle de conférence de 450 places, l’espace aqualudique (bassin balnéo, sauna, hammam…) et l’espace multi-activités dédié à la pratique sportive (squash, tennis, sports collectifs…) et aux loisirs (fun park, organisation de concerts, etc). “Le permis de construire porte sur 10 200 m2 de surface de plancher. C’est globalement le même gabarit que l’existant, avec un petit empiètement sur la place des Arolles et vers la piste de ski. La structure sera en béton enduit ou bardage et habillée de brise-soleil apportant de la volumétrie”, complète Fanny Vandoolaeghe, chef de projets SAS.

PLAN DE TRAVAIL

Après le désamiantage en mars et la déconstruction progressive de l’édifice en avril et mai, le terrassement et le gros œuvre devraient se dérouler de mai à novembre 2021. Les travaux de second œuvre s’échelonneront jusqu’à fin novembre 2022. Un projet d’envergure qui se chiffre à 37 millions d’euros répartis entre la mairie, la SAS et la SETAM (société des remontées mécaniques).

+ d’infos : http://lesbelleville.fr

Images : Dubuisson architecture

En chantier : parking Ravet, Chambéry

En chantier : parking Ravet, Chambéry

Voix de circulation

Dans les tuyaux depuis plus de trois ans, le controversé parking Ravet de Chambéry est finalement en phase d’achèvement. Pour l’équipe municipale élue en 2020, l’ouvrage doit s’inscrire dans sa politique de mobilité douce.


Sujet de cristallisation entre l’ancienne et la nouvelle équipe municipale, le parking Ravet a occupé bien plus que ses 490 places dans l’actualité de la cité ces dernières années.
De par sa situation à proximité de l’hyper-centre et dans le champ de vision de la patrimoniale «Fontaine des Eléphants», l’ouvrage de 6 étages (7 niveaux de stationnement avec la toiture) a fait l’objet de plusieurs recours et de spectaculaires occupations de chantier par des riverains et associations. Débutée en 2018, la construction a été stoppée l’été dernier par la municipalité pour entamer une phase de concertation avec les habitants et potentiels usagers. Elle a finalement repris fin 2020 pour être poursuivie sous la forme prévue à l’origine.

ETAT DES LIEUX

Adjointe à la mobilité durable à la Ville de Chambéry, Isabelle Dunod remet le projet en perspective : “La municipalité précédente a passé un contrat de Délégation de Service Public avec la société Q-Park. Etabli pour une durée de 30 ans à partir du 1er septembre 2017, il englobe l’exploitation et la gestion des 10 parkings existants de la ville, ainsi que la construction de 2 nouveaux ouvrages : Cassine (mis en service mi-février 2021) et Ravet. Des parkings de Chambéry ont déjà été réalisés sur ce modèle de concession dans lequel une société privée finance la construction et se rémunère sur l’exploitation. Cela permet de créer des ouvrages importants qui ne viennent pas impacter le budget de la ville, mais cela se paye forcément d’une autre façon”. En l’occurrence, notamment par cette durée contractuelle qui couvre 5 mandats. “Cela fige pour 30 ans l’usage d’un espace public !”, se désole l’élue. “La Ville peut toujours négocier avec Q-Park afin de dégager des places de parkings en-clos pour un autre projet, mais ce serait assorti d’indemnités qui peuvent vite se chiffrer en millions d’euros !”.

UNE VILLE À 2 VITESSES ?

Au-delà du stationnement, le «dossier Ravet» fait ainsi émerger deux conceptions divergentes : celles d’une ville avec ou sans voiture. Les opposants à l’ouvrage en dénoncent la localisation et la jauge. Ces contradicteurs estiment, qu’outre la disgrâce esthétique, le parking risque d’attirer un nombre encore plus important de véhicules en centre ville. Pour d’autres, l’emplacement permettrait justement d’éviter que certains automobilistes s’engagent plus avant dans l’hyper-centre.
Ayant repris cette opération déjà engagée, la municipalité compte en tirer partie selon sa philosophie : “Nous allons utiliser ce parking comme un levier pour reconquérir de l’espace public en ville”, expose Isabelle Dunod. “Ces 500 places ne doivent pas venir en supplément, mais plutôt se substituer pour partie à des emplacements existants. Nous souhaitons supprimer des places de stationnement pour en faire autre chose : redonner de l’espace aux cycles ou aux piétons, revégétaliser, etc. Il y a un enjeu majeur à sortir du stationnement de centre ville, mais nous n’allons pas faire cela brutalement. Il y aura une concertation”.

UN AUTRE CYCLE

En attendant, la municipalité entend appliquer au parking Ravet sa politique de mobilité douce. “Même si ce n’est pas aussi simple, on peut dire que c’est globalement le projet d’origine qui a été repris, après l’arrêt lié à la concertation. Mais nous l’avons fait évoluer sur plusieurs points en urbanisme et mobilité. Nous l’avons retravaillé pour améliorer le maillage de cheminement piétons-cycles autour du parking, pour reconnecter les modes doux avec le quartier derrière. Nous travaillons aussi à la modification du local à vélos pour le rendre plus ergonomique et spacieux que prévu initialement. Et nous avons modifié la vocation du local commercial de 300m2 (construit par Q-Park) prévu quai Ravet, devant le parking. Ce devait être un garage automobile et nous avons fait le choix d’en faire une sorte de Maison du vélo. Nous transformons ainsi la vocation de ce parking qui était au départ un temple dédié à la voiture”.
D’un coût prévisionnel de 10 millions d’euros HT, le parking Ravet devrait être livré en novembre 2021. Partiellement dédiée au stationnement, sa toiture sera équipée d’installations photovoltaïques et d’un belvédère-sculpture, imaginé par le cabinet Herault Arnod Architectures avec l’artiste Krijn de Koning. Une sorte de plate-forme d’observation de la circulation. Ou pas…

+ d’infos : http://chambery.fr

Photos : Herault Arnod Architectures

en chantier : Annecy

en chantier : Annecy

Un tramway à croquer

En juin prochain, les élus de Grand Annecy doivent choisir des tracés «préférentiels» pour le futur tramway. Des esquisses nécessaires au déclenchement d’études approfondies, et le moment venu, à la décision finale.

Gros malaise lors du conseil municipal d’Annecy de mars dernier quand Isabelle Dijeau (Annecy ensemble) s’est plainte d’avoir découvert le contenu de l’étude «confidentielle» sur le tramway dans le journal. Dans le rapport que nos vilains confrères ont publié, 6 secteurs «prioritaires» à relier entre eux sont identifiés : Annecy centre, Annecy-le-Vieux/Les Glaisins, Pringy, Epagny, Seynod et la rive Ouest du lac. Selon les «destinations», 2 ou 3 tracés sont imaginés. Soit 12 «variantes» dont 6 parmi lesquelles les élus devront choisir.
Outre les itinéraires, Systra évalue les coûts : de 15,6 à 27,3 M€ du kilomètre (montant comparable aux autres tram hors Paris), environ 500 M€ pour le réseau. Pour établir une «hiérarchie» des tracés, les experts ont passé à la moulinette données socio-économiques, faisabilité technique, nombre de déplacements journaliers actuels sur l’agglomération, vitesse commerciale…
La combinaison gagnante, du moins celle à creuser, serait deux lignes de tram : Pringy-Annecy-Seynod et Epagny-Annecy-Les Glaisins, et une de Bus à haut niveau de service (BHNS) : Annecy-Saint-Jorioz, voire Duingt*.

BON SENS ET ALTRUISME

Rien qui étonne Jean-Luc Rigaut : “C’est bien que l’équipe actuelle continue sur les rails qui ont été tracés auparavant. Il y a eu la campagne électorale où il fallait se distinguer. La réalité est en train de rattraper la fiction politique et le bons sens va reprendre le dessus. On a juste perdu un an et demi…” Et l’ancien président de Grand Annecy de redire que pour ce qui est de mettre un tramway sur la rive Ouest du lac : “Il n’y a pas le potentiel à transporter au quotidien. Le tramway, ce n’est pas uniquement pour les touristes deux mois l’été. Sans compter que pour être efficace, le tram doit passer au cœur des villes et villages (donc pas sur la piste cyclable, ndlr). J’entends aussi parler d’aller jusqu’à Faverges, voire Albertville : qui paye ?”. Une fois n’est pas coutume, Denis Duperthuy abonde dans le sens de son de collègue : “Un tram en ville et un bus en site propre le long de la piste cyclable en reprenant le tunnel existant sous la Puya : ça fait dix ans que je porte ça !” Ce qui interpelle le vice-président aux finances de l’Agglo, c’est plutôt… la facture, justement ! “Il faut faire attention. Au Grand Annecy, on a un tiraillement fort des communes extérieures qui demandent de la mobilité. L’Agglo a une capacité de financement de 100 M€ sur lesquels il faut consacrer une enveloppe pour le redéploiement de nos mobilités du côté de Filière, Alby… Sinon, ça va vraiment grincer des dents. A juste titre d’ailleurs…

* La ligne qui ne passera pas sous le Semnoz puisque la présidente de l’Agglo et plusieurs maires de la rive refusent de financer les accès au tunnel. Ce qui contrarie le Département de la Haute-Savoie, maître d’ouvrage, a priori toujours décidé à le réaliser.

urbanisme : villeurbanne

urbanisme : villeurbanne

Villeurbanne vise le cœur

VILLEURBANNE EST VIVANTE, MÉTISSÉE, MINÉRALE ET EN PLEIN BOOM. POUR RÉPONDRE À LA FORTE DEMANDE, CONFORTER SA PLACE DE 2E PLUS GRAND CENTRE-VILLE DE LA MÉTROPOLE LYONNAISE, LA VILLE A DÉCIDÉ D’AGRANDIR SON CENTRE EN DOUBLANT LE QUARTIER HISTORIQUE DES GRATTE-CIEL. DÉTAILS D’UNE GREFFE EN COURS.

Lazare Goujon, le parti communiste, l’ASVEL, Tony Parker, Jean-Paul Bret, de grandes artères fourmillantes, le TNP et les Gratte-Ciel, voilà en substance ce que l’on connaît de Villeurbanne. Les Gratte-Ciel, c’est cet ensemble monumental de hauts bâtiments à la blancheur reconnaissable entre toutes, qui s’illumine dans le soleil couchant et que l’on repère de loin.
Petit retour en arrière : bâtie dans les années 30, cette cité idéale est née de la rencontre entre Lazare Goujon, ouvrier, puis instituteur et enfin médecin, avant d’être élu maire de Villeurbanne en 1924, et l’architecte autodidacte Môrice Leroux. L’édification de ces immeubles intensément géométriques, à gradins -pour fournir à chacun un espace à ciel ouvert entre terrasses et balcons- correspond à une politique visionnaire : offrir tout le confort moderne, pas du tout standard à cette époque, aux foyers les plus modestes, mais aussi de la vie en bas de chez soi : hôtel de ville, théâtre municipal, salles de conférence, piscine, commerces, brasseries. «Visionnaire», le mot n’est pas trop fort. Il s’agit des premiers gratte-ciel français.
Mais ce quartier emblématique, créé de toutes pièces, a fini par se sentir à l’étroit. Il a donc été décidé de l’agrandir pour tenir compte du doublement de la population depuis son édification et d’en profiter pour redynamiser la vie commerciale. Nom du projet urbain : «Gratte-Ciel Centre-Ville». Ce dernier porte sur 7 hectares directement rattachés au quartier historique, lui-même de 7 hectares. Chargée d’assurer la cohérence du futur ensemble architectural, l’Agence Nicolas Michelin et Associés a été désignée architecte-urbaniste en chef du projet par le Groupe SERL, aménageur mandaté par la Métropole. Déjà engagée, l’opération devrait être bouclée en 2029, après 16 ans de travaux et 100 millions d’euros investis.

©Bibliothèque Municipale de Lyon

PETITS, PETITS, PETITS…

L’ambition est claire : donner une taille critique à Villeurbanne pour pouvoir être entendu et rayonner dans toute la Métropole. Si la ville souffre de l’ombre portée de sa plus flamboyante voisine, avec ses 150 000 habitants, elle n’a, pour autant, jamais cessé de suivre sa propre ligne, plus populaire et mixte. Or aujourd’hui, le centre-ville lyonnais apparaît saturé, cher en stationnement, en loyers commerciaux, des zones entières ayant été acquises par des fonds de pension étrangers. Il y a donc une carte à jouer. «Préparez-vous à venir faire vos emplettes chez nous», semblent susurrer les artisans du projet, lequel prévoit le doublement du nombre des commerces, services et loisirs (+ 21 000 m2).

FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX

Recycler l’idée de «cité idéale» un siècle après, est-ce bien réaliste ? Le défi n’est pas banal : parvenir à inscrire dans une architecture contemporaine la force de bâtiments d’avant-guerre. Pour réussir le trait d’union et réaffirmer l’identité et les valeurs humanistes de Villeurbanne, on troque les immeubles modernistes d’antan, pour ceux à Haute Qualité Environnementale, développement durable oblige, qui rimera, ici, avec abordable. Cela fait sens dans une ville où verdure et modes doux sont à la traîne. Sur le plan architectural, pas de copié-collé, mais une reprise des codes caractéristiques des Gratte-Ciel : architecture en gradins, scansion et couleur claire sur une avenue Henri Barbusse prolongée de 200 mètres, l’équivalent de sa longueur actuelle, où le tramway T6 devrait se balader en 2023.
35 % du terrain aménagé seront consacrés à la création de nouveaux espaces publics, dont une trame verte, le passage Rey en 2022 et une place en 2026. Les habitants pourront ainsi tabler sur un complexe sportif municipal, un pôle cinéma jeunesse et un lycée Brossolette flambant neuf prévu pour fin 2021, le groupe scolaire Rosa-Parks ayant été inauguré en janvier.
Pas question de faire sortir de terre 900 logements sans prévoir les structures adaptées destinées aux familles arrivantes comme à celles déjà installées, sachant que la moitié des habitations réalisées constitueront des logements aidés. La tradition de mixité sociale reste dans l’ADN de Villeurbanne, qui cherche aussi à maîtriser les effets d’une potentielle gentrification qui repousserait les fragiles vers la périphérie. Pour se donner un aperçu de l’équilibre général voulu, un seul immeuble de bureaux figure au programme. Autrement dit, l’économie accompagne la démarche, sans en être la locomotive au détriment du reste. La presqu’île lyonnaise a du mouron à se faire…

Photos : ANMA

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