en chantier : Annecy

en chantier : Annecy

Un tramway à croquer

En juin prochain, les élus de Grand Annecy doivent choisir des tracés «préférentiels» pour le futur tramway. Des esquisses nécessaires au déclenchement d’études approfondies, et le moment venu, à la décision finale.

Gros malaise lors du conseil municipal d’Annecy de mars dernier quand Isabelle Dijeau (Annecy ensemble) s’est plainte d’avoir découvert le contenu de l’étude «confidentielle» sur le tramway dans le journal. Dans le rapport que nos vilains confrères ont publié, 6 secteurs «prioritaires» à relier entre eux sont identifiés : Annecy centre, Annecy-le-Vieux/Les Glaisins, Pringy, Epagny, Seynod et la rive Ouest du lac. Selon les «destinations», 2 ou 3 tracés sont imaginés. Soit 12 «variantes» dont 6 parmi lesquelles les élus devront choisir.
Outre les itinéraires, Systra évalue les coûts : de 15,6 à 27,3 M€ du kilomètre (montant comparable aux autres tram hors Paris), environ 500 M€ pour le réseau. Pour établir une «hiérarchie» des tracés, les experts ont passé à la moulinette données socio-économiques, faisabilité technique, nombre de déplacements journaliers actuels sur l’agglomération, vitesse commerciale…
La combinaison gagnante, du moins celle à creuser, serait deux lignes de tram : Pringy-Annecy-Seynod et Epagny-Annecy-Les Glaisins, et une de Bus à haut niveau de service (BHNS) : Annecy-Saint-Jorioz, voire Duingt*.

BON SENS ET ALTRUISME

Rien qui étonne Jean-Luc Rigaut : “C’est bien que l’équipe actuelle continue sur les rails qui ont été tracés auparavant. Il y a eu la campagne électorale où il fallait se distinguer. La réalité est en train de rattraper la fiction politique et le bons sens va reprendre le dessus. On a juste perdu un an et demi…” Et l’ancien président de Grand Annecy de redire que pour ce qui est de mettre un tramway sur la rive Ouest du lac : “Il n’y a pas le potentiel à transporter au quotidien. Le tramway, ce n’est pas uniquement pour les touristes deux mois l’été. Sans compter que pour être efficace, le tram doit passer au cœur des villes et villages (donc pas sur la piste cyclable, ndlr). J’entends aussi parler d’aller jusqu’à Faverges, voire Albertville : qui paye ?”. Une fois n’est pas coutume, Denis Duperthuy abonde dans le sens de son de collègue : “Un tram en ville et un bus en site propre le long de la piste cyclable en reprenant le tunnel existant sous la Puya : ça fait dix ans que je porte ça !” Ce qui interpelle le vice-président aux finances de l’Agglo, c’est plutôt… la facture, justement ! “Il faut faire attention. Au Grand Annecy, on a un tiraillement fort des communes extérieures qui demandent de la mobilité. L’Agglo a une capacité de financement de 100 M€ sur lesquels il faut consacrer une enveloppe pour le redéploiement de nos mobilités du côté de Filière, Alby… Sinon, ça va vraiment grincer des dents. A juste titre d’ailleurs…

* La ligne qui ne passera pas sous le Semnoz puisque la présidente de l’Agglo et plusieurs maires de la rive refusent de financer les accès au tunnel. Ce qui contrarie le Département de la Haute-Savoie, maître d’ouvrage, a priori toujours décidé à le réaliser.

urbanisme : villeurbanne

urbanisme : villeurbanne

Villeurbanne vise le cœur

VILLEURBANNE EST VIVANTE, MÉTISSÉE, MINÉRALE ET EN PLEIN BOOM. POUR RÉPONDRE À LA FORTE DEMANDE, CONFORTER SA PLACE DE 2E PLUS GRAND CENTRE-VILLE DE LA MÉTROPOLE LYONNAISE, LA VILLE A DÉCIDÉ D’AGRANDIR SON CENTRE EN DOUBLANT LE QUARTIER HISTORIQUE DES GRATTE-CIEL. DÉTAILS D’UNE GREFFE EN COURS.

Lazare Goujon, le parti communiste, l’ASVEL, Tony Parker, Jean-Paul Bret, de grandes artères fourmillantes, le TNP et les Gratte-Ciel, voilà en substance ce que l’on connaît de Villeurbanne. Les Gratte-Ciel, c’est cet ensemble monumental de hauts bâtiments à la blancheur reconnaissable entre toutes, qui s’illumine dans le soleil couchant et que l’on repère de loin.
Petit retour en arrière : bâtie dans les années 30, cette cité idéale est née de la rencontre entre Lazare Goujon, ouvrier, puis instituteur et enfin médecin, avant d’être élu maire de Villeurbanne en 1924, et l’architecte autodidacte Môrice Leroux. L’édification de ces immeubles intensément géométriques, à gradins -pour fournir à chacun un espace à ciel ouvert entre terrasses et balcons- correspond à une politique visionnaire : offrir tout le confort moderne, pas du tout standard à cette époque, aux foyers les plus modestes, mais aussi de la vie en bas de chez soi : hôtel de ville, théâtre municipal, salles de conférence, piscine, commerces, brasseries. «Visionnaire», le mot n’est pas trop fort. Il s’agit des premiers gratte-ciel français.
Mais ce quartier emblématique, créé de toutes pièces, a fini par se sentir à l’étroit. Il a donc été décidé de l’agrandir pour tenir compte du doublement de la population depuis son édification et d’en profiter pour redynamiser la vie commerciale. Nom du projet urbain : «Gratte-Ciel Centre-Ville». Ce dernier porte sur 7 hectares directement rattachés au quartier historique, lui-même de 7 hectares. Chargée d’assurer la cohérence du futur ensemble architectural, l’Agence Nicolas Michelin et Associés a été désignée architecte-urbaniste en chef du projet par le Groupe SERL, aménageur mandaté par la Métropole. Déjà engagée, l’opération devrait être bouclée en 2029, après 16 ans de travaux et 100 millions d’euros investis.

©Bibliothèque Municipale de Lyon

PETITS, PETITS, PETITS…

L’ambition est claire : donner une taille critique à Villeurbanne pour pouvoir être entendu et rayonner dans toute la Métropole. Si la ville souffre de l’ombre portée de sa plus flamboyante voisine, avec ses 150 000 habitants, elle n’a, pour autant, jamais cessé de suivre sa propre ligne, plus populaire et mixte. Or aujourd’hui, le centre-ville lyonnais apparaît saturé, cher en stationnement, en loyers commerciaux, des zones entières ayant été acquises par des fonds de pension étrangers. Il y a donc une carte à jouer. «Préparez-vous à venir faire vos emplettes chez nous», semblent susurrer les artisans du projet, lequel prévoit le doublement du nombre des commerces, services et loisirs (+ 21 000 m2).

FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX

Recycler l’idée de «cité idéale» un siècle après, est-ce bien réaliste ? Le défi n’est pas banal : parvenir à inscrire dans une architecture contemporaine la force de bâtiments d’avant-guerre. Pour réussir le trait d’union et réaffirmer l’identité et les valeurs humanistes de Villeurbanne, on troque les immeubles modernistes d’antan, pour ceux à Haute Qualité Environnementale, développement durable oblige, qui rimera, ici, avec abordable. Cela fait sens dans une ville où verdure et modes doux sont à la traîne. Sur le plan architectural, pas de copié-collé, mais une reprise des codes caractéristiques des Gratte-Ciel : architecture en gradins, scansion et couleur claire sur une avenue Henri Barbusse prolongée de 200 mètres, l’équivalent de sa longueur actuelle, où le tramway T6 devrait se balader en 2023.
35 % du terrain aménagé seront consacrés à la création de nouveaux espaces publics, dont une trame verte, le passage Rey en 2022 et une place en 2026. Les habitants pourront ainsi tabler sur un complexe sportif municipal, un pôle cinéma jeunesse et un lycée Brossolette flambant neuf prévu pour fin 2021, le groupe scolaire Rosa-Parks ayant été inauguré en janvier.
Pas question de faire sortir de terre 900 logements sans prévoir les structures adaptées destinées aux familles arrivantes comme à celles déjà installées, sachant que la moitié des habitations réalisées constitueront des logements aidés. La tradition de mixité sociale reste dans l’ADN de Villeurbanne, qui cherche aussi à maîtriser les effets d’une potentielle gentrification qui repousserait les fragiles vers la périphérie. Pour se donner un aperçu de l’équilibre général voulu, un seul immeuble de bureaux figure au programme. Autrement dit, l’économie accompagne la démarche, sans en être la locomotive au détriment du reste. La presqu’île lyonnaise a du mouron à se faire…

Photos : ANMA

en chantier: Annemasse

en chantier: Annemasse

annemasse sur les rails

“CE SOIR AU BAR DE LA GARE, IGOR, HAGARD, N’ARRIVE PAS À Y CROIRE, CAR SON PARVIS, SON PETIT PARVIS A VRAIMENT CHANGÉ”. VOILÀ EN SUBSTANCE CE QU’AURAIT ENTONNÉ BOBBY LAPOINTE S’IL AVAIT ÉCRIT SA CHANSONNETTE À ANNEMASSE, CAR EN QUELQUES ANNÉES, LA GARE ET SES ABORDS SE SONT MÉTAMORPHOSÉS.

Si Igor descendait du train après 3 ans d’absence, il n’y retrouverait en effet pas ses petits. A l’image de la ville dans les deux dernières décennies, le quartier de la gare a entièrement changé de physionomie. A commencer par le bâtiment lui-même, dont on a coupé les ailes, et qui est intégré dans une structure de verre ultra moderne. Seule sa façade historique est encore visible. “Nous avions la volonté de la garder, car si la ville d’Annemasse est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, c’est autour du développement de la gare”, explique le maire, Christian Dupessey. “Elle est le symbole de l’arrivée de la modernité : avant le train (ndlr : à la fin du XIXe siècle), Annemasse était plus petit qu’Ambilly ou Ville-la-Grand. C’est cet emplacement qui a fait qu’elle s’est développée comme ville-centre.” Cette nouvelle gare «augmentée» proposera bientôt les traditionnels points presse et restauration rapide, mais aussi un supermarché aux horaires adaptés aux besoins des voyageurs et doublé d’un espace de co-working. Un dernier emplacement, qui n’est pas encore attribué, espère, lui, attirer les déclinaisons bistronomiques d’un chef étoilé. Et s’il laissait filer son regard un peu plus loin, vers l’entrée de l’avenue Emile Zola, notre Igor désorienté retrouverait quand même un repère : la silhouette arrondie et toujours familière de la Halle Taponnier, une des premières en béton armé réalisée par Eugène Freyssinet, qui appartient toujours à la SNCF, mais pourrait devenir, à moyen terme, un centre de convention ou un tiers-lieu culturel.

Vers 1960 ©Archives municipales d’Annemasse

MOBILITÉ ET NOUVEAUTÉS

Devant la gare, Igor cherche un taxi, mais la place, qui, pendant longtemps, fut surtout un parking, est aujourd’hui un parvis de 7000 m2 baptisé «Esplanade François Mitterand», sur lequel poussent des arbres et du mobilier urbain en acier corten. Il s’étend jusqu’à un autre symbole du passé : le bâtiment Braillard d’où, dans la première partie du XXe siècle, partaient les trains en direction de Samoëns et de la Vallée du Giffre. Si son architecture bernoise a été conservée, elle est aujourd’hui parée d’une extension contemporaine aux finitions métalliques, et abrite la Maison de la Mobilité et du Tourisme. C’est là que notre visiteur trouvera le moyen de transport le plus rapide jusqu’à sa destination. Et il ne manquera pas d’options.
L’arrivée du Léman Express, des bus, des voies vertes ou la piétonisation, montrent, qu’encore une fois, c’est la mobilité qui donne un nouvel élan à la ville. Et cette révolution de la mobilité débouche sur une révolution urbaine.” Dans laquelle s’inscrit évidemment ce quartier de la gare. Preuves en sont les paravents, les grues qui tournent et le brouhaha permanent des chantiers alentours. Si celui du bâtiment de la gare a pris un peu de retard pendant le confinement, il devrait s’achever au premier trimestre 2021.

VIE ET PARVIS

Mais aujourd’hui, si Igor se retrouve au bar de la gare, c’est qu’il ne peut plus, comme il en avait l’habitude, boire son café à l’Hôtel de l’Europe. L’alignement de petits bâtiments et commerces qui faisaient face à la gare a en effet été rasé pour faire place à de grands et hauts ensembles. D’ici la fin de l’année, Igor paiera certainement un peu plus cher qu’au comptoir, mais il pourra siroter son petit noir au 7e étage du nouvel hôtel 4****, pour profiter, depuis le rooftop, de la vue sur le Jura, le Léman, le jet d’eau de Genève et le Mont-Blanc. Un panorama déjà accessible, mais sans café, à celui qui gare sa voiture au dernier étage du nouveau parking Gare-Etoile : 500 places au-dessus de la gare routière, flambant neuve avec ses 9 quais et ses 400m2 de fresque urbaine réalisés cet été par l’association Glitch. A côté de l’hôtel, et aux abords du parvis, se dresse également un immeuble de 33 appartements et studios, prévus à la livraison pour le 2e trimestre 2022. C’est le premier d’une série de bâtiments d’habitation, avec activités commerciales en rez-de-chaussée, qui rhabillera la pointe où se rejoignent l’avenue Emile Zola et l’avenue de la Gare. “Nous avons fait le choix de logements sur cette place, parce qu’on ne voulait pas d’un centre-ville qu’on vide de ses habitants”, précise Christian Dupessey. “On est au cœur de l’agglo, cet espace doit donc vivre naturellement. Aujourd’hui, il voit passer 50 000 voyageurs par jour, mais pour du shopping ou pour un resto, on va vite y venir pour d’autres raisons que pour les transports. Les gens vont se l’approprier sans problème.” D’autant que depuis le mois de septembre, l’ouverture d’un large souterrain au cœur de la gare relie non seulement les deux parvis nord et sud, mais rapproche également les piétons d’Ambilly, de Ville-la-Grand et du futur Eco-Quartier de l’Etoile. Un nouveau morceau de ville de 165 000 m2, qui a commencé à sortir de terre en 2019 et dont la construction s’étalera jusqu’à 2031. “Nous avons fait le pari que cette révolution urbaine maîtrisée améliorera la qualité de vie en ville, et donc aussi l’image de la ville”, conclut Christian Dupessey. “Nous n’avons pas vraiment de centre historique, nous avons donc tout misé sur la contemporanéité. Nous regardons devant.” En criant : “Gare !

en chantier: Albertville

en chantier: Albertville

(RE)QUALIFICATIONS

ENTRE FUTUR CAMPUS DE FORMATION ET QUARTIER PRIORITAIRE EN MUTATION, ALBERTVILLE ÉVOLUE SUR DIVERS FRONTS.

(1) LA CONTAMINE TOUR À TOUR…

Prioritaire pour la municipalité, le renouvellement urbain du quartier populaire de la Contamine suit son cours. Le site compte aujourd’hui trois grands ensembles immobiliers comportant respectivement 53, 91 et 100 logements. La démolition prévue du bâtiment 3 passe par le relogement des 57 dernières familles qui y demeurent, ce qui devrait être effectif d’ici la fin de l’année.
La destruction de l’immeuble pourrait alors intervenir dans le courant de l’été 2021, en fonction de la délivrance des différentes autorisations.
Le projet de requalification du site prévoit aussi, pour 2022, la construction d’un nouveau bâtiment de 5000 m2 abritant une recyclerie. Visant à remettre en circulation des objets anciens restaurés à destination d’un public fragilisé, elle serait placée sous la responsabilité du CAPS. Cet organisme à vocation sociale est aujourd’hui installé dans le centre-ville.
A terme, le quartier de la Contamine verra également l’édification de petits bâtiments destinés à l’accession à la propriété.

(2) CAMPUS DES MÉTIERS DE LA MONTAGNE FORMATIONS À LA HAUTEUR

Sans se cristalliser sur son passé olympique, Albertville capitalise sur son image de cité de montagne dynamique. La création d’un Campus des Métiers de la Montagne s’inscrit directement dans cette lignée. Initiée il y a trois ans et depuis soumise à variations, l’opération aujourd’hui affinée, consiste à réhabiliter un ancien foyer de travailleurs vacant depuis quinze ans. Le but est d’y aménager des espaces permettant de recevoir des organismes dispensant des formations en relation avec les différentes activités professionnelles du monde de la montagne.
Propriété du bailleur social, le bâtiment se déploie sur 2000 m2 divisés en plateaux. Il fait actuellement l’objet d’une première phase de rénovation.
Pour finaliser totalement le projet, la commune table sur 50% de pré-réservations -que ce soit à la location ou à la vente– effectuées par diverses sociétés de formation. Et l’échéance est proche, puisque les travaux devraient pouvoir être lancés en totalité en début d’année prochaine.

réforme olympique

CRÉÉ POUR ACCUEILLIR LA CÉRÉMONIE DES JO, LE PLUS GRAND PARC D’ALBERTVILLE N’AVAIT PAS CHANGÉ DE VISAGE DEPUIS 1992. IL ÉTAIT TEMPS DE RESSORTIR LE SPORT DU PLACARD !

Implanté sur ce qui fut le «Théâtre des Cérémonies», l’emblématique mât olympique se dresse sur fond de végétation et de montagne. Mais le terrain n’est plus qu’un simple espace goudronné. “Quand j’ai découvert ce parc, lors de mon arrivée à Albertville, j’ai été déçu. Je m’attendais à un lieu davantage «mis en scène», ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui”, explique le maire, Frédéric Burnier Framboret. “Les travaux ont pour objectif de réaménager le tour du mât pour le remettre en valeur et le requalifier. On va revégétaliser, installer des parcours sportifs et des espaces ludiques pour les enfants, et créer une esplanade (1), lieu de rencontre des habitants de la ville, qui permette aussi d’organiser des animations”.
La construction d’un complexe sportif multi-activités (2) est également en cours et devrait être achevée pour le premier trimestre 2021. Il comprendra des terrains intérieurs et extérieurs de tennis et de pétanque, ainsi qu’une salle polyvalente accueillant notamment une école de cirque.
Dans la continuité, le projet prévoit l’aménagement d’une zone de développement économique favorisant l’implantation de structures privées liées au sport et au bien-être.

LES JEUX SONT FAITS

Dans le détail, 16 hectares au total vont ainsi faire l’objet de cette opération de requalification, qui voit la plantation de 173 arbres (20 étant supprimés). Au programme également, la débitumisation de 5671 m2 autour du mât comme sur la moitié de l’avenue Joseph Fontanet (3) qui longe le site, afin d’étendre le parc. La rue conservera toutefois son double-sens de circulation, des stationnements et des voies cyclables. Revégétalisée, l’entrée du parc va également être réaménagée avec un merlon (sorte de talus) formant une arène de verdure, afin de couper le bruit de la rue, potentielle source de nuisance lors des animations.
Côté commercial, une demande de permis a été déposée pour l’implantation d’un centre de bien-être (thalassothérapie et massages). La construction d’un bâtiment dédié au vélo et d’un autre au padel (tennis) sont également envisagés, ainsi que l’éventuelle installation d’un centre hôtelier au fonctionnement similaire à une auberge de jeunesse.
A l’horizon 2031, les ventes des lots à construire devraient permettre le financement de l’ensemble des aménagements.

+ d’infos : http://www.albertville.fr


urbanisme: Annecy et l’agglo

urbanisme: Annecy et l’agglo

urb’animé !

MACDO, STADE, «CORONAPISTE»… CET ÉTÉ, L’ACTUALITÉ ANNÉCIENNE N’A PAS PRIS DE VACANCES ! MALICIEUSE, ELLE S’EST MÊME OFFERT UN PEU DE RAB AVEC LE PARKING DE LA PRÉFECTURE. LA CONCERTATION POUR LE PARC DU HARAS ET LA RÉUSSITE DE LA FERME MARAÎCHÈRE URBAINE VONT PEUT-ÊTRE APAISER L’AUTOMNE? À MOINS QUE LE DÉBAT SUR L’AÉRODROME ENFLAMME L’HIVER!

CORONAPISTE

TOUT ÇA… POUR ÇA !

500 cyclistes par heure! La piste cyclable du quai Eustache Chappuis a, selon la Ville, «remporté un vif succès auprès des cyclistes», mais aussi permis de sécuriser le trajet entre le quai de la Tournette et le Pâquier, et de «terminer la liaison entre les deux rives du lac via la voie verte». Malheureusement, ces arguments n’ont pas suffi à modérer le mécontentement d’habitants (plus de 2 800 signataires d’une pétition contre la «coronapiste»), d’urgentistes, d’ambulanciers ou encore de maires des communes voisines d’Annecy. “On a beaucoup de gens qui souhaitent s’installer chez nous, et c’est très bien. Et il y a de plus en plus qui s’installent sur les bords du lac. Et donc de plus en plus d’embouteillages. Un moment donné, il faut aussi trouver des solutions alternatives, celle-là en est une, mais c’est un test”, a expliqué François Astorg, maire d’Annecy lors du conseil d’agglomération de juillet 2020.

PROBLÈME DE MÉTHODE

Au-delà de la solution proposée, c’est aussi la méthode qui a pour le moins agacé certains élus de l’Agglo. “Quand Jean-Luc Rigaut nous a parlé de ce projet, on lui a expliqué toutes nos réticences. Du coup, il s’est arrêté”, résumait Ségolène Guichard, maire d’Épagny Metz Tessy et 1re vice-présidente de l’Agglo en juillet dernier. “Ce qui nous a surpris, c’est la manière très rapide et abrupte avec laquelle le projet a été remis en œuvre. Personne n’était au courant. Aujourd’hui, au-delà des temps de trajets, il faut regarder les réactions des gens. On est en train de dresser les uns contre les autres les automobilistes et les cyclistes. On était en train de développer un schéma cyclable où on donnait plus de place au vélo. Là, tout d’un coup, mettre le vélo à la place de la voiture, je ne suis pas sûre que ça va vraiment résoudre le problème. Ça va cristalliser des oppositions sur lesquelles on aura peut-être du mal à revenir après”. Annoncée pour durer jusqu’au 15 septembre, l’expérimentation est allée à son terme. Un mois plus tard, les «acteurs concernés par la mobilité saisonnière autour du lac» se sont réunis lors d’une première conférence dont «l’objectif est d’améliorer les choses, dès l’été 2021». En attendant que tout ce petit monde trouve les solutions qui vont bien, des propositions pour régler l’épineux problème de la cohabitation cyclistes/ automobilistes/piétons sur le trajet entre le rond-point des Marquisats et Bonlieu font parler d’elles. Il se dit que l’Arlésienne de passerelle pourrait être testée au niveau du pont de la Halle. Quand? Mystère!
Denis Duperthuy propose, quant à lui, d’en mettre une seconde, de passerelle, sur le canal du Vassé. Celle-ci relierait directement le parvis de l’hôtel de ville au Pâquier dans l’axe du caroussel. A suivre…

PARC DES SPORTS

C’EST PAS MOI, C’EST LUI !

Récapitulons. Le parc des sports d’Annecy a été construit en 1963. Identifié comme patrimoine architectural du XXe siècle, il accueille de nombreux clubs sportifs. Au fil des ans, le site a été inspecté, modernisé, transformé et entretenu au point qu’en 2010, il a reçu les homologations nécessaires pour accueillir les matches de l’ETG évoluant à l’époque de L2 puis en L1.

PRIVÉS DE TERRAIN

C’est aussi une histoire d’homologation qui crispe élus annéciens et utilisateurs du site aujourd’hui. Plus exactement une autorisation qui tarde à venir: la faute à une étude qui n’aurait pas été faite selon certains, ou faite hors délai selon d’autres. Et au milieu de ce formidable concours de patate chaude -l’ancien maire n’aurait pas entretenu correctement le site et le nouveau aurait décidé de fermer le stade trop vite, par principe «d’ultra» précaution et manque de connaissance du dossier-, des clubs qui n’ont plus de lieu pour s’entraîner ni pour jouer. Parmi eux : les boulistes qui ont dû céder leur toit aux judokas, boxeurs, haltérophiles… et les footeux, promus en National 1 pour la saison 2020-1921. “La situation est intenable, si ça ne bouge pas, on rend les clés”, s’énerve Sébastien Faraglia, président du FC Annecy.

VERDICT EN NOVEMBRE ?

Fin octobre, les résultats d’une énième étude devraient être connus. Ce qui pourrait permettre à la commission de sécurité de passer début novembre, selon Catherine Allard, maire adjointe en charge des sports et des associations sportives. “Je suis plutôt confiant, sans préjuger d’une réouverture”, a complété François Astorg, maire d’Annecy, en amont du conseil municipal du 12 octobre dernier.

AMAZON…

FAITES CE QUE JE DIS…

Amazon Annecy@Eric-Renevier

Les manif’ d’Extinction rébellion, les coups de gueule d’élus et autres indignations quant à la méthode employée, n’auront servi à rien (le permis de construire n’a pas été demandé par Amazon, mais par une société civile immobilière de construction-vente dont Monod entreprise est l’une des parties prenantes). Les 6800 m2 de la plateforme Amazon dédiée à la livraison des derniers kilomètres ont bel et bien accueilli, à Seynod, leurs premiers colis et salariés en octobre 2020 (une cinquantaine de CDI). Si ce centre de logistique serait calqué sur l’unité de Saint-Priest, on ne connaît pas le nombre d’allers et venues que va générer la nouvelle installation…

HARAS

À VOS PROPOSITIONS CITOYENS !

Présenté au conseil municipal de novembre 2018 par Dominique Puthod, le projet de transformation du haras d’Annecy a vu son volet architectural validé six mois plus tard, avec le choix du scénario développé par Devaux & Devaux architectes.
Dans le détail, cette «métamorphose» s’articulait autour de la création de la Cité du cinéma d’animation composée, outre des bureaux de Citia (Cité de l’image en mouvement, organisateur du festival international du film d’animation), “d’un dispositif de médiation (la Fabrique), d’espaces d’expositions (permanente et temporaire), d’une salle de projection, d’un lieu d’expérimentation des techniques de l’animation pour le grand public (l’Arène) et d’une résidence d’artistes”. Ce nouveau lieu totem du cinéma d’animation était complété par une halle gourmande dédiée «aux produits locaux et artisanaux» (le contrat liant son futur gestionnaire et la Ville doit être soumis au conseil municipal du 14 décembre 2020), et par un parc public paysager englobant l’actuelle carrière transformée en place fontaine, un carrousel mi œuvre d’art mi manège pour enfants et une salle de convivialité.

Haras vue parvis vers manège@DDA

DÉBUT DES TRAVAUX POUR FIN 2021

C’est sur le parc paysager que la nouvelle municipalité a choisi d’« imprimer sa marque ». D’une part, en réduisant la « place fontaine » d’environ 25 % et d’autre part, en lançant une concer- tation pour “définir les usages souhaités par les Annéciens – comment les différents publics veulent-ils en profiter ? – et les types de nature – sauvage, urbaine, cultivée… – de ce parc”, explique la Ville par la voie de Fabien Géry, maire adjoint à la Culture. Côté calendrier, l’élu cran-gevrien annonce un début des travaux pour fin 2021, ce qui pourrait décaler d’environ une année la livraison du site initialement prévue pour 2023.

PARKING DE LA PREFECTURE

CIRCULEZ, Y’A PLUS RIEN À VOIR !

S’il y a bien un dossier que l’on s’attendait voir réduit en confettis par la nouvelle majorité, c’est bien lui! RIP le parking de la Préfecture dont on ne verra rien d’autre que les esquisses. Si certains Annéciens se réjouissent que François Astorg et ses colistiers tiennent la promesse faite pendant la campagne des municipales (ça ne devrait pas toujours être le cas ? Ok, je sors !), évidemment d’autres montent dans les tours.
A commencer par les commerçants du centre-ville. Par les voix des Vitrines d’Annecy et de l’antenne locale du Groupement national des indépendants hôtellerie & restauration (GNI Annecy & environs), les professionnels rappellent que les parkings du centre-ville sont «saturés» ce qui non seulement «décourage la clientèle», mais représente aussi un sérieux problème pour les commerçants eux-mêmes et tous les salariés et professionnels en quête de stationnement. Selon ces associations, le futur parking permettait en outre d’anticiper les flux générés par le réaménagement du haras et le report des voitures qui ne pourront plus utiliser le parking Carnot lorsque celui-ci sera réservé aux riverains. Des riverains qui auraient peut-être apprécié, eux aussi, de pouvoir profiter des places de stationnement nouvellement créées ?

25 MILLIONS D’ÉCONOMIE… OU PAS

Que tout le monde se console! Le parking de la Préfecture n’aurait servi qu’à attirer des voitures supplémentaires, provoquer saturation de la circulation et pollution (c’est mécanique, paraît-il). Il n’aurait pas rendu service aux commerçants non plus, puisque “dans les grandes villes métropolitaines, 64 % des clients de petits et moyens commerces de centre-ville s’y rendent à pied et dans une moindre mesure à vélo, 10 % en transports en commun, et seulement 24 % en voiture” (c’est une étude du Cerema qui le dit). Cerise sur le gâteau: on économise 25,6 millions d’euros HT ! Euh… en fait non ! A Annecy, les parkings font l’objet d’un budget annexe qui s’autofinance, rappelle Jean-Luc Rigaut. Excédentaire, c’est ce budget qui devait financer la construction du fameux parking, complété par un emprunt.
On n’aura pas de parc, mais des voitures qui auront vu sur le Pâquier”, regrette un Denis Duperthuy qui martèle que, tant qu’on n’aura pas des transports en commun efficaces, ça ne sert à rien de pénaliser la voiture. Et les transports en commun, qui en est « responsable » ? C’est l’Agglo ! Comme les parkings relais, d’ailleurs…

HÔTEL DE VILLE

1 600 TONNES À ÉVACUER

Après des mois sans mouvements perceptibles à l’œil nu, l’installation du parapluie (la structure qui permet notamment de mettre le bâtiment hors d’eau) devrait être terminée pour cette fin octobre. Dans le même temps, la deuxième phase de curage doit permettre d’évacuer 1600 tonnes de matériaux d’ici février 2021. D’ici là, les résultats des tests effectués en septembre 2020 pour évaluer la possibilité de chauffer et de rafraîchir par géothermie le bâtiment seront peut-être connus, et la conservation de pièces de décor datant du XIXe siècle réalisée.
Pour ce qui est du démarrage des travaux annoncé fin 2021, le covid et les Municipales se sont chargés de faire exploser le calendrier !

LES EX SERRES MUNICIPALES

« CEUX QUI SEMENT » : UN MARAICHER EN VILLE !

C’est l’un des rares héritages du Covid qui fait plaisir à voir! Depuis mai 2020, Sylvain Leroux a emménagé sur le site des anciennes serres municipales1 pour y installer une «ferme maraîchère urbaine agroécologique». L’initiative a été prise par la Ville, durant le confinement. “Nous avons signé une convention pour quatre ans, le temps de penser l’évolution du quartier”, résume Jean-Luc Rigaut alors maire d’Annecy. Et d’ajouter que si un projet d’urbanisation venait à prendre forme sur le site avant la fin de la convention, le nouveau locataire serait relogé sur un autre terrain de la ville.

ATELIERS CULINAIRES, DÉFILÉ & EXPO PHOTO !

Même si le vent -politique- a tourné, le projet de Sylvain Leroux prend tranquillement de l’ampleur. Outre le volet «production agricole», qui repose sur les principes de la permaculture et bannit des plantations les semences reproductibles hybrides F1 et autres pesticides, «ceux qui sèment» animent des ateliers pour enfants (en partenariat avec les écoles de la ville) et pour les adultes (avec des chefs annéciens dont Laurent Petit, Daniel Baratier et Éric Prowalski), mais aussi des rendez-vous plus étonnants: défilé de mode, expo photos… En s’installant sur les 2800 m2 (7 serres et 2 pleins champs), Sylvain Leroux voulait tester la viabilité économique de son projet: cultiver en pleine ville, sur des petits terrains, une production bio, abordable et vendue exclusivement sur place2. L’expérience semble réussir : des bénévoles viennent régulièrement lui donner un coup de main pour prendre soin des légumes, fleurs comestibles, petits fruits, ruches… Mieux, aujourd’hui le jeune homme recherche d’autres terres sur la ville pour y cultiver des pommes de terre! A bon entendeur…

1. 49 avenue des Barattes à Annecy.
2. Tous les vendredis de 16 à 19 h et les samedis de 10 à 12 h – www.http://facebook.com/ceuxquisement74

AÉRODROME DE MEYTHET

LA DERNIÈRE SÉANCE ?

L’Insee nous annonce 50 000 nouveaux habitants à l’horizon 2050, où va-t-on les loger ? Les «dents creuses» ne suffiront pas ; les gens en ont marre de la densification de la ville ; il faut protéger les espaces agricoles et naturels…” A ses questions, Denis Duperthuy a heureusement une réponse! Depuis des mois, dont un gros coup d’accélérateur durant la campagne des Municipales, le conseiller d’opposition et son équipe («Les Annéciens») portent à bout de bras la “non-reconduction de la concession d’exploitation de l’aérodrome (de Meythet, N.D.L.R.) sous perfusion, déficitaire et polluant”, pour créer sur ce site de 110 hectares: une forêt de 80 hectares (a priori dix fois le Pâquier), un ensemble de logements et une cité administrative communale. Ce terrain étant situé au milieu d’une zone déjà urbanisée, cela permettrait, selon Denis Duperthuy, de ne pas utiliser des terrains aujourd’hui non construits.

DÉCISION EN FIN D’ANNÉE ?

La fameuse concession -entre le Conseil départemental de la Haute-Savoie et Edeis, respectivement propriétaire du terrain et gestionnaire de l’aérodrome- doit prendre fin au 31 décembre 2020. Pour «Les Annéciens», il y a urgence à se mobiliser. Et au Département qui lui rappelle que ce n’est pas la Ville qui est propriétaire du terrain, le conseiller municipal répond que rien n’empêche d’avoir des projets, et de citer avec un léger sourire le centre de congrès ou encore le tunnel sous le Semnoz qui ont tous deux nécessité d’acheter une partie du foncier!

OPEN SKY

LE RDV DES SHOPPING ADDICTS

Lucky Luke de la carte bleue, réjouissez-vous ! Les 7 000 m2 de commerces non alimentaires promis par la compagnie de Phalsbourg (ainsi que 1 700 m2 de restauration et 2 300 m2 d’espace de loisirs, voir notre numéro de novembre 2018) vont bien être construits dans le centre commercial du Grand Épagny, sur un terrain propriété de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Haute-Savoie. En juin dernier, la justice a en effet sifflé la fin du bras de fer qui opposait élus et commerçants (y compris dans leurs propres rangs !). Potentiel calendrier : début des travaux courant 2021, ouverture au second semestre 2022.

MEGARAMA

SEYNOD VA POUVOIR FAIRE SON CINÉMA…

Le dernier recours en date venant d’être rejeté par le Conseil d’Etat, les soutiens du complexe de cinéma Mégarama à Seynod, à deux pas du Géant Casino, peuvent désormais danser la gigue ! La construction de 9 salles et 1 380 places devrait pouvoir commencer courant 2021. Suivie de la création d’une vingtaine d’emplois. Il aura donc fallu plus de 5 ans pour que le projet, qui a semé la zizanie jusque dans les plus hautes instances de l’aménagement cinématographique, reçoive toutes les autorisations nécessaires pour voir le jour.

PISCINE DES MARQUISATS

RIEN DE NOUVEAU SOUS LE TOIT VÉGÉTALISÉ

Parmi les gros dossiers hérités de l’ancienne municipalité, la piscine des Marquisats fait partie de ceux qui ont suscité un vif débat, notamment lors de la présentation du projet architectural retenu (Dubuisson architecture). En cause: un projet «en béton» préféré à celui «en bois». Dix mois et une élection plus tard, la Ville confirme que les travaux de rénovation de la piscine, construite il y a 50 ans au moins, devraient démarrer avant la fin de l’année 2020, avec trois modifications: les bassins seront tous en inox, le toit sera pour partie végétalisé et, pour financer ces changements, les espaces intérieurs seront «optimisés». Et le fameux béton de la discorde? Bah finalement, on le garde !

MAC DO

LE KETCHUP LEUR MONTE AU NEZ

Il n’y a pas que les militants écolo qui ont crié youpi au soir du 28 juin dernier, suite à la victoire de la liste emmenée par François Astorg aux Municipales. Ce changement de majorité donne en effet une occasion en or à la bande à Ronald McDonald de remettre le couvert! Des années que la fameuse enseigne de fast-food tanne sans succès Jean-Luc Rigaut pour ouvrir un restaurant en centre-ville. Avec une nouvelle équipe aux manettes -quelle qu’elle soit d’ailleurs-, les compteurs sont remis à zéro. La preuve, un nouveau permis de construire a été déposé le 24 juillet pour l’installation du cinquième restaurant de l’agglo, quai Eustache Chappuis, face au lac, dans un édifice classé «remarquable».

PROMIS JURÉ !

Depuis l’annonce du projet, c’est le grand déballage ! Le patron du Splendid hôtel, situé juste au-dessus de l’emplacement convoité, s’emporte sur Facebook, fort de ses 4818 signatures récoltées via une pétition lancée début septembre. L’actuel maire prévient qu’il ne veut pas “d’un deuxième fast-food sur les bords du Pâquier” et qu’il se battra de “toutes [ses] forces, avec l’équipe majoritaire, pour bloquer ce projet”. Équipe qui comprend Frédérique Lardet, en charge de l’économie locale et du commerce de proximité, mais qui, elle, ne semble pas autant déterminée à faire barrage à la firme américaine que son collègue.

QUESTION DE VOLONTÉ

Du côté de l’opposition, Jean-Luc Rigaut et Denis Duperthuy ont du mal à digérer les manœuvres du géant américain (outre l’opportunisme de la démarche, McDo empêche la Ville d’exercer son droit de préemption commerciale). Le premier maintient que ce n’est qu’une question de volonté politique et que si François Astorg continue de refuser l’autorisation de travaux, comme lui-même l’a fait, “McDo lâchera.” Quant au second, passée la colère, il s’inquiète que le spécialiste des burgers et autres sundaes finisse par aller en justice… Et s’il gagne, l’addition pourrait être salée: “C’est l’arbre qui cache la forêt”, ajoute le conseiller municipal. “Quid de toutes ces chaînes de mal bouffe qui s’implantent en centre-ville et de ces 1 200 logements Airbnb dans les vieux quartiers ? Quelle évolution voulons-nous pour notre ville ?

urbanisme : bonneville

urbanisme : bonneville

quitter les îles

«LES ILES», UN NOM EXOTIQUE POUR UN QUARTIER PRIORITAIRE DE BONNEVILLE SANS SABLE NI PAILLOTTES, MAIS AVEC DES BARRES D’IMMEUBLES. S’IL EST FAIT DE BÉTON, IL Y RÈGNE POURTANT UN ESPRIT DE VILLAGE, QU’UN DOCUMENTAIRE VA CAPTER AVANT QUE LES TOURS NE DISPARAISSENT.

Un architecte, un vidéaste, 6 semaines d’immersion dans un QPV, Quartier Prioritaire de la Ville… Ce pourrait être le pitch d’un nouveau programme de télé-réalité. C’est de la réalité tout court. En septembre dernier, Adam Pugliese, architecte artiste et Maxime Faure, auteur-réalisateur, ont répondu à l’appel de la Maison de l’Architecture de Haute-Savoie et se sont installés en résidence dans le Quartier des Iles, à Bonneville pour en documenter le «renouvellement urbain». Un renouvellement plutôt radical, puisque les 258 logements sociaux qui le constituent, répartis sur 4 barres et 5 tours datant des années 70, vont être démolis. Dans cette perspective, le quartier se vide doucement de ses habitants -environ un quart ont déjà été relogés-. Certains y avaient construit toute leur vie.

TRANQU’ILES

Dans la rue, dans les transports, sur le marché ou chez eux, Adam et Maxime sont donc allés à leur rencontre. “Ce qui nous a marqués en arrivant, c’est cet esprit de village. Tout le monde se connaît, les gens veillent les uns sur les autres. Il y a de vraies relations de voisinage, des repères au sein du quartier et de leurs immeubles. Ils dialoguent, échangent entre les appartements, entre les différents étages, c’est comme si, finalement, les logements se prolongeaient par circulation verticale, de manière assez fluide. Ça décloisonne complètement l’idée qu’on peut se faire des grands ensembles.” Parce que les Iles, c’est “beaucoup de solidarité”, résume Hakim Benamar, responsable du service Ville et Quartiers. Il accompagne, dans leurs démarches de relogement, les habitants de ces immeubles au pied desquels il a grandi. Sa mère revendique même d’être la première à y avoir emménagé, “mais il y a bataille avec quelques voisins”, plaisante Hakim. “Elle n’en a jamais bougé, elle y a toutes ses attaches. Il y a toujours un gamin pour lui porter ses courses, quand elle a besoin d’une baguette, elle en appelle un autre par la fenêtre pour qu’il aille à la boulangerie… Pour comprendre le quartier, je dis souvent qu’il faut venir un soir d’été, à 1h du mat’, on se croirait au milieu de l’après-midi : les pères jouent aux cartes, les enfants au foot ou au loup et les mères boivent le thé. Quand il y a un décès, elles font à manger pour tout le monde, offrent le repas. Adam et Maxime ont vite vu tout ça, ils ont réussi à créer une complicité, et quand ils se sont faits invités à manger, c’était gagné. Ça toujours été comme ça aux Iles.”

JAMAIS SANS MES ILES

Même s’il y a eu des périodes moins roses, “quand j’étais petit, tu ne rentrais pas si tu n’étais pas du quartier, il y avait une espèce de douane.” Mais, dans les années 2000, une vague de réhabilitation, modifiant la circulation et remettant du vert dans le béton, change les mentalités. A tel point que les Iliens,aujourd’hui, n’ont pas envie de s’en aller. “En grandissant, les enfants ne sont pas partis, ils se sont juste installés dans un autre bâtiment. Ce n’est donc pas un projet de relogement facile. Là, c’est comme si on devait réinstaller toute une grande famille. Pour ma mère, par exemple, il faudrait qu’on déplace tout son immeuble dans un autre quartier, avec les mêmes gens.” Il y aura bien sûr des possibilités d’emménagement dans les nouvelles constructions, sur le même site, mais pour les 23 premiers logements, le bailleur a déjà réceptionné 67 demandes… En France, on compte 1300 quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville, rebaptisés QPV et identifiés selon deux critères : minimum 1000 habitants, dont la moitié au moins à bas revenus, soit 60 % du revenu fiscal médian de référence.Il y en a 4 en Savoie et 6 en Haute-Savoie. “Nous espérons que notre film permettra de comprendre ce qui se passe à l’échelle nationale, au sein des grands ensembles, dans le cadre de ces renouvellements urbains” concluent Adam et Maxime. “Là, on le capte vraiment de l’intérieur.”

Archi-cinématographique !

Le film de Maxime Faure et Adam Pugliese sera projeté à l’occasion de la 21e édition du Festival Ciné Archi,une action de sensibilisation à l’architecture, basée sur la projection de longs métrages, documentaires,films d’écoles ou d’animation. L’occasion de voir, entre autres, une mariée dans les combles de l’Hôtel de Ville d’Annecy après son incendie, la conception des lieux de culte par l’architecte suisse Mario Botta ou encore la complicité entre Le Corbusier et le menuisier Charles Barberis.
Plus d’infoswww.maison-architecture-74.org

Maxime Faure et Adam Pugliese

Le nouveau programme

De 258 logements, le Quartier passera, par phases, à 192, pour une répartition placée sous le signe de la mixité sociale: 49 appartements seront donc en accession libre, 34 en accession sociale, 42 en locatif intermédiaire et 67 en locatif social. Les premières livraisons de logements sont prévues pour 2021. L’objectif est également de transférer le stationnement de surface dans des parcs souterrains, prévus sous les nouveaux immeubles, pour laisser de la place à deux grands espaces verts, l’un au cœur du site, l’autre à proximité du groupe scolaire, qui sera également rénové.

© Vincent Bleyenheuft architecte

Photos : FAURE / PUGLIESE

Pin It on Pinterest