en chantier: Annemasse

en chantier: Annemasse

annemasse sur les rails

“CE SOIR AU BAR DE LA GARE, IGOR, HAGARD, N’ARRIVE PAS À Y CROIRE, CAR SON PARVIS, SON PETIT PARVIS A VRAIMENT CHANGÉ”. VOILÀ EN SUBSTANCE CE QU’AURAIT ENTONNÉ BOBBY LAPOINTE S’IL AVAIT ÉCRIT SA CHANSONNETTE À ANNEMASSE, CAR EN QUELQUES ANNÉES, LA GARE ET SES ABORDS SE SONT MÉTAMORPHOSÉS.

Si Igor descendait du train après 3 ans d’absence, il n’y retrouverait en effet pas ses petits. A l’image de la ville dans les deux dernières décennies, le quartier de la gare a entièrement changé de physionomie. A commencer par le bâtiment lui-même, dont on a coupé les ailes, et qui est intégré dans une structure de verre ultra moderne. Seule sa façade historique est encore visible. “Nous avions la volonté de la garder, car si la ville d’Annemasse est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, c’est autour du développement de la gare”, explique le maire, Christian Dupessey. “Elle est le symbole de l’arrivée de la modernité : avant le train (ndlr : à la fin du XIXe siècle), Annemasse était plus petit qu’Ambilly ou Ville-la-Grand. C’est cet emplacement qui a fait qu’elle s’est développée comme ville-centre.” Cette nouvelle gare «augmentée» proposera bientôt les traditionnels points presse et restauration rapide, mais aussi un supermarché aux horaires adaptés aux besoins des voyageurs et doublé d’un espace de co-working. Un dernier emplacement, qui n’est pas encore attribué, espère, lui, attirer les déclinaisons bistronomiques d’un chef étoilé. Et s’il laissait filer son regard un peu plus loin, vers l’entrée de l’avenue Emile Zola, notre Igor désorienté retrouverait quand même un repère : la silhouette arrondie et toujours familière de la Halle Taponnier, une des premières en béton armé réalisée par Eugène Freyssinet, qui appartient toujours à la SNCF, mais pourrait devenir, à moyen terme, un centre de convention ou un tiers-lieu culturel.

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Vers 1960 ©Archives municipales d’Annemasse

MOBILITÉ ET NOUVEAUTÉS

Devant la gare, Igor cherche un taxi, mais la place, qui, pendant longtemps, fut surtout un parking, est aujourd’hui un parvis de 7000 m2 baptisé «Esplanade François Mitterand», sur lequel poussent des arbres et du mobilier urbain en acier corten. Il s’étend jusqu’à un autre symbole du passé : le bâtiment Braillard d’où, dans la première partie du XXe siècle, partaient les trains en direction de Samoëns et de la Vallée du Giffre. Si son architecture bernoise a été conservée, elle est aujourd’hui parée d’une extension contemporaine aux finitions métalliques, et abrite la Maison de la Mobilité et du Tourisme. C’est là que notre visiteur trouvera le moyen de transport le plus rapide jusqu’à sa destination. Et il ne manquera pas d’options.
L’arrivée du Léman Express, des bus, des voies vertes ou la piétonisation, montrent, qu’encore une fois, c’est la mobilité qui donne un nouvel élan à la ville. Et cette révolution de la mobilité débouche sur une révolution urbaine.” Dans laquelle s’inscrit évidemment ce quartier de la gare. Preuves en sont les paravents, les grues qui tournent et le brouhaha permanent des chantiers alentours. Si celui du bâtiment de la gare a pris un peu de retard pendant le confinement, il devrait s’achever au premier trimestre 2021.

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VIE ET PARVIS

Mais aujourd’hui, si Igor se retrouve au bar de la gare, c’est qu’il ne peut plus, comme il en avait l’habitude, boire son café à l’Hôtel de l’Europe. L’alignement de petits bâtiments et commerces qui faisaient face à la gare a en effet été rasé pour faire place à de grands et hauts ensembles. D’ici la fin de l’année, Igor paiera certainement un peu plus cher qu’au comptoir, mais il pourra siroter son petit noir au 7e étage du nouvel hôtel 4****, pour profiter, depuis le rooftop, de la vue sur le Jura, le Léman, le jet d’eau de Genève et le Mont-Blanc. Un panorama déjà accessible, mais sans café, à celui qui gare sa voiture au dernier étage du nouveau parking Gare-Etoile : 500 places au-dessus de la gare routière, flambant neuve avec ses 9 quais et ses 400m2 de fresque urbaine réalisés cet été par l’association Glitch. A côté de l’hôtel, et aux abords du parvis, se dresse également un immeuble de 33 appartements et studios, prévus à la livraison pour le 2e trimestre 2022. C’est le premier d’une série de bâtiments d’habitation, avec activités commerciales en rez-de-chaussée, qui rhabillera la pointe où se rejoignent l’avenue Emile Zola et l’avenue de la Gare. “Nous avons fait le choix de logements sur cette place, parce qu’on ne voulait pas d’un centre-ville qu’on vide de ses habitants”, précise Christian Dupessey. “On est au cœur de l’agglo, cet espace doit donc vivre naturellement. Aujourd’hui, il voit passer 50 000 voyageurs par jour, mais pour du shopping ou pour un resto, on va vite y venir pour d’autres raisons que pour les transports. Les gens vont se l’approprier sans problème.” D’autant que depuis le mois de septembre, l’ouverture d’un large souterrain au cœur de la gare relie non seulement les deux parvis nord et sud, mais rapproche également les piétons d’Ambilly, de Ville-la-Grand et du futur Eco-Quartier de l’Etoile. Un nouveau morceau de ville de 165 000 m2, qui a commencé à sortir de terre en 2019 et dont la construction s’étalera jusqu’à 2031. “Nous avons fait le pari que cette révolution urbaine maîtrisée améliorera la qualité de vie en ville, et donc aussi l’image de la ville”, conclut Christian Dupessey. “Nous n’avons pas vraiment de centre historique, nous avons donc tout misé sur la contemporanéité. Nous regardons devant.” En criant : “Gare !

design: Atroposmoth

design: Atroposmoth

UN IL DEUX AILES

NAGE, NAGE PETIT POISSON… VOLE, VOLE, VOLE JOLI PAPILLON ! SI CES MOTS D’ENFANTS RÉSONNENT DANS NOS TÊTES COMME UNE RITOURNELLE, POUR RON LAHYANI, TAXIDERMISTE ES-INSECTES GENEVOIS, LES SOUVENIRS SONT PLUTÔT SAUTS DE BICHE, TRALALAS ET BUTTERFLY DANS LES FILETS… DE LÀ À FINIR SOUS VERRE, IL N’Y A QU’UN PAS.

Acherontia, thysania aggripina, Iosaria coon ou hypolimnas dexithea, quand Ron retourne sa veste de professeur de français, alea jacta est et laissez voler les p’tits papiers ! Parce que si corriger des copies et conter littérature rythment ses journées, depuis 6 ans, il rajoute un peu de folie dans l’alexandrin, des insectes en déco à glisser dans notre quotidien ! Ben quoi ? Y’a un truc qui cloche ?

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PAS BÊTE

Vous ne croyez pas si bien dire ! Sous cloche, sous verre ou façon tableaux, les bestioles, c’est son credo. “Je suis passionné par les insectes et les papillons depuis tout petit et j’ai eu la chance de grandir dans la campagne genevoise avec pour voisin, un entomologiste -docteur en étude des insectes- à l’université de Bâle. C’est lui qui m’a montré les gestes et offert le matériel que j’utilise encore aujourd’hui.” Parce qu’il ne faut pas croire, chercher la p’tite bête, c’est tout un art. Pinces, spatules et précision, c’est un sacré boulot de rendre scarabées, sauterelles et papillons beaux : “J’ai un savoir-faire taxidermique, l’essentiel de mon travail est de préparer les insectes pour les présenter. Les papillons me parviennent tout secs, avec les ailes fermées. Je dois les humidifier, les faire sécher dans la bonne posture et ce sont des gestes qui s’apprennent.

design / Atroposmoth Un il, deux ailes

ASIAN BEAUTY

Parce qu’avant de frimer dans nos salons ou nos salles de bains, ils en ont fait du chemin… En provenance de fermes d’élevage d’Amazonie ou d’Asie du Sud-Est, à l’arrivée, ils ont grand besoin de se rafraîchir les idées. Alors quand ils atterrissent dans son atelier, en plein centre de Genève, les spécimens suivent un protocole bien huilé : quelques jours au congel’ pour détruire toute invasion de parasites, un p’tit coup d’acétate d’éthyle au pinceau pour exterminer la vermine récalcitrante et hop, mission «papillonner» activée ! “Les gens n’aiment pas trop se réveiller le matin et voir leur papillon grignoté par un vers… On évite !!!” Une fois décapés, Ron les humidifie, les ouvre et les place sur une planche de bois. Il les recouvre d’un papier transparent qui permet de maintenir les ailes ouvertes, de passer entre les interstices aussi, les fixe avec des aiguilles et laisse sécher. Mais quand même, ça fait un peu poupée vaudou, cette histoire !!!

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DU ZÈLE !

Et pourtant, les papillons n’ont de mystique que leur beauté chamarrée, délicate et légèrement poudrée, cette fragilité élégante qui les rend distingués. Rouge carmin, bleu roi ou jaune poussin, de races communes pour la plupart, mais on peut aussi trouver des spécimens plus rares, voire des pièces uniques dans son atelier. Parce que s’il est taxidermiste, du haut de ses 33 ans, il est avant tout lepidoptérophile -collectionneur de papillons, quoi !- de la tête au pied et ne laisse jamais une demande battre de l’aile : “Certaines personnes recherchent des papillons particuliers, des bêtes de chasse même. Et puis, il y a ceux qui descendent de la montagne après une randonnée avec un coléoptère trouvé sur la route, ceux qui récupèrent des vieilles pièces pour leur redonner vie.

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EN PLEIN VOL

Et oui, si la mode du papillon accroché au mur ou du scarabée posé sur un bureau est aujourd’hui tendance, n’oublions pas qu’ils étaient déjà stars des cabinets de curiosités, super héros du vintage : “Il y a 5-6 ans, ces objets sont revenus sur le devant de la scène. Mes amis et mes proches savaient que j’avais des insectes et ont commencé à me demander de leur en filer un dans une petite boîte pour leur déco ! C’était cool ! Alors ça m’a donné l’idée. Et puis j’avais l’impression qu’il y avait une demande, j’avais envie de faire quelque chose de mes mains, quelque chose de plus manuel, avec un début et un aboutissement.” Ça tombait plutôt bien !

ATTERRISSAGE CONTRÔLÉ

Depuis, de bouche à oreilles et de lui en ailes, 2000 pièces se sont envolées. Contemporaines et épurées, uniques dans des cadres, ou clochées sur des branches perchées, l’imagination du créateur s’arrête là où les papillons se posent. Poétique et enjouée, sa petite entreprise Atropos a plutôt bien décollé… Et il ne l’a pas volé !

+ d’infos : http://atroposmoth.com

en chantier: Albertville

en chantier: Albertville

(RE)QUALIFICATIONS

ENTRE FUTUR CAMPUS DE FORMATION ET QUARTIER PRIORITAIRE EN MUTATION, ALBERTVILLE ÉVOLUE SUR DIVERS FRONTS.

(1) LA CONTAMINE TOUR À TOUR…

Prioritaire pour la municipalité, le renouvellement urbain du quartier populaire de la Contamine suit son cours. Le site compte aujourd’hui trois grands ensembles immobiliers comportant respectivement 53, 91 et 100 logements. La démolition prévue du bâtiment 3 passe par le relogement des 57 dernières familles qui y demeurent, ce qui devrait être effectif d’ici la fin de l’année.
La destruction de l’immeuble pourrait alors intervenir dans le courant de l’été 2021, en fonction de la délivrance des différentes autorisations.
Le projet de requalification du site prévoit aussi, pour 2022, la construction d’un nouveau bâtiment de 5000 m2 abritant une recyclerie. Visant à remettre en circulation des objets anciens restaurés à destination d’un public fragilisé, elle serait placée sous la responsabilité du CAPS. Cet organisme à vocation sociale est aujourd’hui installé dans le centre-ville.
A terme, le quartier de la Contamine verra également l’édification de petits bâtiments destinés à l’accession à la propriété.

(2) CAMPUS DES MÉTIERS DE LA MONTAGNE FORMATIONS À LA HAUTEUR

Sans se cristalliser sur son passé olympique, Albertville capitalise sur son image de cité de montagne dynamique. La création d’un Campus des Métiers de la Montagne s’inscrit directement dans cette lignée. Initiée il y a trois ans et depuis soumise à variations, l’opération aujourd’hui affinée, consiste à réhabiliter un ancien foyer de travailleurs vacant depuis quinze ans. Le but est d’y aménager des espaces permettant de recevoir des organismes dispensant des formations en relation avec les différentes activités professionnelles du monde de la montagne.
Propriété du bailleur social, le bâtiment se déploie sur 2000 m2 divisés en plateaux. Il fait actuellement l’objet d’une première phase de rénovation.
Pour finaliser totalement le projet, la commune table sur 50% de pré-réservations -que ce soit à la location ou à la vente– effectuées par diverses sociétés de formation. Et l’échéance est proche, puisque les travaux devraient pouvoir être lancés en totalité en début d’année prochaine.

réforme olympique

CRÉÉ POUR ACCUEILLIR LA CÉRÉMONIE DES JO, LE PLUS GRAND PARC D’ALBERTVILLE N’AVAIT PAS CHANGÉ DE VISAGE DEPUIS 1992. IL ÉTAIT TEMPS DE RESSORTIR LE SPORT DU PLACARD !

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Implanté sur ce qui fut le «Théâtre des Cérémonies», l’emblématique mât olympique se dresse sur fond de végétation et de montagne. Mais le terrain n’est plus qu’un simple espace goudronné. “Quand j’ai découvert ce parc, lors de mon arrivée à Albertville, j’ai été déçu. Je m’attendais à un lieu davantage «mis en scène», ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui”, explique le maire, Frédéric Burnier Framboret. “Les travaux ont pour objectif de réaménager le tour du mât pour le remettre en valeur et le requalifier. On va revégétaliser, installer des parcours sportifs et des espaces ludiques pour les enfants, et créer une esplanade (1), lieu de rencontre des habitants de la ville, qui permette aussi d’organiser des animations”.
La construction d’un complexe sportif multi-activités (2) est également en cours et devrait être achevée pour le premier trimestre 2021. Il comprendra des terrains intérieurs et extérieurs de tennis et de pétanque, ainsi qu’une salle polyvalente accueillant notamment une école de cirque.
Dans la continuité, le projet prévoit l’aménagement d’une zone de développement économique favorisant l’implantation de structures privées liées au sport et au bien-être.

LES JEUX SONT FAITS

Dans le détail, 16 hectares au total vont ainsi faire l’objet de cette opération de requalification, qui voit la plantation de 173 arbres (20 étant supprimés). Au programme également, la débitumisation de 5671 m2 autour du mât comme sur la moitié de l’avenue Joseph Fontanet (3) qui longe le site, afin d’étendre le parc. La rue conservera toutefois son double-sens de circulation, des stationnements et des voies cyclables. Revégétalisée, l’entrée du parc va également être réaménagée avec un merlon (sorte de talus) formant une arène de verdure, afin de couper le bruit de la rue, potentielle source de nuisance lors des animations.
Côté commercial, une demande de permis a été déposée pour l’implantation d’un centre de bien-être (thalassothérapie et massages). La construction d’un bâtiment dédié au vélo et d’un autre au padel (tennis) sont également envisagés, ainsi que l’éventuelle installation d’un centre hôtelier au fonctionnement similaire à une auberge de jeunesse.
A l’horizon 2031, les ventes des lots à construire devraient permettre le financement de l’ensemble des aménagements.

+ d’infos : http://www.albertville.fr


design Wo&Wé

design Wo&Wé

sacrément allumeur !

DU MÉTAL, DU GOÛT, DE L’HUILE DE COUDE, UN PEU DE CULOT ET DE LA SUITE DANS LES IDÉES, C’EST LA RECETTE SIMPLE ET EFFICACE DE LA RÉUSSITE DES LAMPES INDUSTRIELLES WO&WÉ, CONÇUES PAR LE DESIGNER LYONNAIS OLIVIER ABRY.

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Olivier Abry ©Thibault De Schepper

Au début, c’est troublant. Puis rapidement, on met des mots sur l’impression : Vincent Cassel. Oui, Olivier Abry, designer de luminaires, a bien la voix de l’acteur et même son phrasé si particulier, mélange d’empressement et de douceur. Ajoutez à cela un air de François Cluzet et voilà un portrait façon «grande famille du cinéma». Si par la force des choses, ce Lyonnais aime être dans la lumière, sa famille d’élection est plus métallique, moins remuante. Depuis 10 ans maintenant, à 56 ans, Olivier Abry dessine, fabrique en partie et assemble une collection de lampes, appliques et plafonniers inspirés de l’époque industrielle. Pas grand-chose à voir avec son précédent métier.

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CHANGE DE BRANCHE….

Olivier Abry a fait carrière chez Pier Import, boutique de la Part-Dieu où sa mère était employée. Entrée : job d’étudiant. Sortie : directeur. Entre-temps, il a gravi tous les échelons. A 45 ans, alors qu’il s’occupe d’un énième plan de départs volontaires, il comprend que c’est le moment pour lui d’aller voir ailleurs s’il y est. “A force d’en parler, je me suis rendu compte que c’était pour moi ce truc-là”. Il a déjà un penchant pour les lampes, qu’il chine avec assiduité, remet en jambes, avant de les revendre. Pas le tout venant : les lampes d’atelier américaines. Celles d’OC White notamment, dont l’esthétique «droit au but» l’éblouit. Elles ont l’avantage d’être moins vues que les Gras, Serge Mouille… De chineur-bricoleur à designer de ses propres lampes, il n’y a qu’un pas, qu’Olivier Abry franchit rapidement. Hop, la fabrication d’un premier modèle sui generis, offert à sa mère, lui montre qu’il s’est bien fait la main.

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LA BARAKA

Il décide alors de foncer, enquille les journées de 12 heures. Six mois plus tard, tous les voyants sont au vert. “Jamais je n’ai dû prendre un crédit ni me rémunérer moins de 1500 euros par mois”. Il faut dire qu’actif très tôt sur Tumblr, le designer autodidacte est vite repéré par un public de futures influenceuses, de prescripteurs. Aujourd’hui, Instagram reste sa meilleure carte de visite, ses créations ultra géométriques, pivotantes, ondulantes, articulées à une, deux, trois, et même quatre branches rehaussant de magnétiques intérieurs californiens, berlinois ou copenhaguois. Excusez du peu.
Bien sûr, les lignes simples et graphiques des collections Wo&Wé puisent dans un patrimoine esthétique industriel déjà familier. D’où peut-être une certaine évidence et une attraction quasi immédiate quand on les découvre. L’intéressé assume cette filiation. “Mes lampes, j’en suis fier, mais ce n’est pas la révolution. Tout n’est pas simple pour autant. Je recherche un équilibre. Je fais des essais. C’est moche, je recommence. Parfois, deux ans s’écoulent entre le prototype et la mise en ligne sur le site”, constate-t-il. Par rapport aux modèles dont il s’inspire, Olivier Abry a su apporter des variations, une expressivité bien à lui. Ses créations ont quelque chose de plus virevoltant et joueur que leurs aînées, sans se départir de leur implacable sens de la géométrie. Car pour lui, “les choses doivent filer à l’essentiel, sans chichis, ni trucs qui traînent susceptibles de nuire à l’effet de pureté voulu”. Aussi mordantes éteintes qu’allumées, les belles impriment leur rythme aux murs.

FABRICATION LOCALE

L’essentiel du travail d’atelier est réservé au cintrage à la main des tubes et abat-jour, étape consistant à tordre le métal pour lui faire adopter la forme souhaitée. Chaque courbe, équerre ou pliure est ainsi unique. Vient ensuite l’étape finale de l’assemblage. A part les douilles, des rééditions importées des Etats-Unis «pour le style», les autres pièces en acier et en laiton sont façonnées à côté de Lyon. Bras, articulations, abat-jour sont fabriqués à la demande, pour Wo&Wé uniquement, suivant les cotes définies par l’ancien dirlo car “chaque composante visible apporte quelque chose au design”.

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NUL N’EST PROPHÈTE…

Si l’on additionne les combinaisons possibles, le voilà à la tête d’une trentaine de modèles. Un des secrets de sa réussite : travailler sans stock, en vente directe via le site, et en solo. Sauf quand la fille d’Olivier, étudiante en école de design, vient lui prêter main forte. C’est dans les pays anglo-saxons et scandinaves que les lampes Wo&Wé cartonnent le plus. Olivier Abry figure dans le carnet d’adresses de nombreux décorateurs, dont celui des lyonnais Maison Hand, tout de même. Mais “curieusement, ça marche mieux à l’étranger…
Au fait, pourquoi «Wo&Wé» ? Un clin d’œil à la façon dont ses sœurs l’appelaient petites, n’arrivant à détacher les syllabes d’O-li-vier. Mais à regarder le fruit de son travail joliment mis en scène dans son bel, mais frisquet atelier, on aurait davantage penché pour un «Wow !» et «Ouais !»… La ville des lumières peut être fière !

+ d’infos : http://woandwe.com

un chalet à Megève

un chalet à Megève

Perle de culture

ON POURRAIT IMAGINER HEIDI DESCENDRE DE LA VALLÉE ET DÉBOULER EN RIANT DANS LE PETIT CHALET AUX VOLETS VERTS, MAIS QUELQUES CAISSES DE BOIS TAGGUÉES TROUBLENT MON TABLEAU CHAMPÊTRE… UNE SCULPTURE SAPIN PLUS LOIN ET MES DOUTES S’ENVOLENT, ÇA SENT L’ART À PLEIN NEZ, FLUMET PREND DES AIRS DE MUSÉE.

Et pour cause ! Baptisé Chalet du Collectionneur, le refuge, face au Mont Blanc, porte bien son nom. Et c’est toute la volonté de ses propriétaires, Armel Soyer et Gilles Pernet, d’en faire un lieu des curiosités.
Elle, est éditrice de mobilier d’artistes, lui, photographe professionnel, difficile de ne pas poser bagages et fibre artistique au même endroit, quand on s’éprend des alpages et qu’on a l’art dans la peau. Installés depuis 2015 avec leurs deux enfants, ces Parisiens d’origine ont d’abord jeté leur dévolu sur la Ferme de Prasset, avant de s’attaquer, l’œil coquet, à leur petite maison de bois annexe. Laissons à Armel le soin d’une visite guidée, ça ne manque pas d’air frais !

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LOVE STORY

Et la propriétaire est totalement habitée. Par l’histoire des lieux, sa typicité et l’envie d’y apporter booste et créativité. “Avec mon mari, on aime l’architecture des montagnes, cette atmosphère authentique à laquelle on rajoute le design contemporain. C’est le challenge de notre vision que de mélanger les deux, en touchant le moins possible à l’état vernaculaire, sans être dans du froid ou des choses déjà vues mille fois.” Et question surprise, c’est plutôt réussi. Parce que si le chalet se fond dans le paysage, dès l’entrée, c’est le choc ! Pas de bidon de lait, ni de parquet râpé, pas plus de poêle bouillant que de rideau ballant et même si l’effet petite maison dans la prairie est démodé, personne ne s’attend non plus, à tant de modernité d’un coup. Et l’histoire, alors ?

SOFT STORY

Pas de panique, elle est là. Dans des recoins ou des détails affinés. Le cosy plaqué d’une chambre, la rambarde de l’escalier, une lauze rajoutée ou une vieille horloge conservée. Et puis ces chalets sont tellement typiques, pour le couple, hors de question de dénaturer : “Dans les années 50, beaucoup de gens vivaient dans des fermes si grandes qu’il était compliqué et onéreux d’apporter de la modernité. Ils faisaient donc le choix de construire un petit chalet tout confort devant pour pallier à cela, comme la dame qui logeait là. Elle gardait ses vaches, juste derrière, dans la ferme que nous avons rachetée et que nous habitons. Et quand le chalet a été mis en vente, on s’est dit qu’il était dommage d’avoir des voisins si proches. Alors on a racheté aussi et entièrement rhabillé de vieux bois.” Entre autre… Parce qu’en dehors du fait qu’il était inscrit dans les tendances de l’époque, niveau déco, le chalet, ce n’était pas la folie ! Etriqué, bas de plafond et plein de portes partout, ça manquait clairement d’air. “On a tout décloisonné et tout ouvert, il y avait beaucoup de petites pièces, comme le voulait la tradition de l’époque, par volonté de garder la chaleur au maximum. Sur le rez-de-chaussée, on a tout cassé pour créer un espace où on respire.” Trois coups de masse et des gravas plus loin, la lumière fût, enfin.

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SOUS LES FUNS LIGHT

Place nette faite, le couple s’entoure de THG pour la robinetterie, Dédar et Bisson Bruneel pour les textiles, Norki pour les fourrures moumoute, et orchestre son chalet à 4 mains. Sapin brossé aux murs -teinté par le propriétaire-, touches de cuivre détonantes, marbre des Alpilles, tapisserie forêt noire ou tentures bouclettes, ils réchauffent l’ambiance et laissent parler leur créativité, mission : culture, évasion et curiosité. “L’idée est de vivre une expérience. A chaque fois qu’on pose son regard, on s’arrête sur une œuvre qui appelle à la réflexion, l’imagination, la déconnexion.” Et je confirme, le Chalet du Collectionneur réserve un beau voyage. Luminaires en biscuit de porcelaine et fer battu by Olga Engel, appliques Christopher Boots ou Miroir flocon Milovanov, chevets, casier à ski ou canapé douillet parachutent notre esprit d’un bout à l’autre de la galaxie, la tête penchée pour mieux voir, l’oreille tendue vers l’histoire : “La table à manger, par exemple, c’est Piet Hein Eek, une grande pointure du design qui l’a créée. Il travaille dans l’idée du up cycling depuis une dizaine d’années, il recycle tout, achète le bois par lots, les trie par couleurs et fait ensuite les pièces à la demande. Je lui ai commandé quelque chose de totalement all over, en immersion totale avec l’environnement et sa touche magnifique que sont ses vernis hyper profonds… Ça donne ce côté précieux à la pièce.

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DANS UN ÉCRIN

Dans ce chalet musée où sculptures et mobilier d’artistes font la causette, l’art grimpe aux murs, aux rideaux et même aux bibliothèques. Ambitieux et un peu culottés, Armel et Gilles aiment avoir un temps d’avance en sublimant les vestiges d’époque. Visionnaires et chaleureusement installés, ils mènent à la baguette leur tendance ultra contemporaine avec panache et totale beauté : “on a essayé d’aller au bout du design, on a gardé les traces du passé et on les a mélangées. On peut avoir des matériaux classiques déjà vus et innover, ce n’est pas incompatible. Dans mon travail, mon ambition est d’écrire une page des arts décoratifs contemporains, dans l’idée de faire des nouvelles choses. Je me souviens de mon arrivée ici, alors que je commençais à mettre des plaques d’interrupteurs partout, l’électricien m’a gentiment dit que ça ne se faisait plus du tout. Je lui ai répondu avec humour que ça ne tarderait pas à revenir !” Voilà le sujet, bien éclairé.

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Photos : Agence Pernet

urbanisme: Annecy et l’agglo

urbanisme: Annecy et l’agglo

urb’animé !

MACDO, STADE, «CORONAPISTE»… CET ÉTÉ, L’ACTUALITÉ ANNÉCIENNE N’A PAS PRIS DE VACANCES ! MALICIEUSE, ELLE S’EST MÊME OFFERT UN PEU DE RAB AVEC LE PARKING DE LA PRÉFECTURE. LA CONCERTATION POUR LE PARC DU HARAS ET LA RÉUSSITE DE LA FERME MARAÎCHÈRE URBAINE VONT PEUT-ÊTRE APAISER L’AUTOMNE? À MOINS QUE LE DÉBAT SUR L’AÉRODROME ENFLAMME L’HIVER!

CORONAPISTE

TOUT ÇA… POUR ÇA !

500 cyclistes par heure! La piste cyclable du quai Eustache Chappuis a, selon la Ville, «remporté un vif succès auprès des cyclistes», mais aussi permis de sécuriser le trajet entre le quai de la Tournette et le Pâquier, et de «terminer la liaison entre les deux rives du lac via la voie verte». Malheureusement, ces arguments n’ont pas suffi à modérer le mécontentement d’habitants (plus de 2 800 signataires d’une pétition contre la «coronapiste»), d’urgentistes, d’ambulanciers ou encore de maires des communes voisines d’Annecy. “On a beaucoup de gens qui souhaitent s’installer chez nous, et c’est très bien. Et il y a de plus en plus qui s’installent sur les bords du lac. Et donc de plus en plus d’embouteillages. Un moment donné, il faut aussi trouver des solutions alternatives, celle-là en est une, mais c’est un test”, a expliqué François Astorg, maire d’Annecy lors du conseil d’agglomération de juillet 2020.

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PROBLÈME DE MÉTHODE

Au-delà de la solution proposée, c’est aussi la méthode qui a pour le moins agacé certains élus de l’Agglo. “Quand Jean-Luc Rigaut nous a parlé de ce projet, on lui a expliqué toutes nos réticences. Du coup, il s’est arrêté”, résumait Ségolène Guichard, maire d’Épagny Metz Tessy et 1re vice-présidente de l’Agglo en juillet dernier. “Ce qui nous a surpris, c’est la manière très rapide et abrupte avec laquelle le projet a été remis en œuvre. Personne n’était au courant. Aujourd’hui, au-delà des temps de trajets, il faut regarder les réactions des gens. On est en train de dresser les uns contre les autres les automobilistes et les cyclistes. On était en train de développer un schéma cyclable où on donnait plus de place au vélo. Là, tout d’un coup, mettre le vélo à la place de la voiture, je ne suis pas sûre que ça va vraiment résoudre le problème. Ça va cristalliser des oppositions sur lesquelles on aura peut-être du mal à revenir après”. Annoncée pour durer jusqu’au 15 septembre, l’expérimentation est allée à son terme. Un mois plus tard, les «acteurs concernés par la mobilité saisonnière autour du lac» se sont réunis lors d’une première conférence dont «l’objectif est d’améliorer les choses, dès l’été 2021». En attendant que tout ce petit monde trouve les solutions qui vont bien, des propositions pour régler l’épineux problème de la cohabitation cyclistes/ automobilistes/piétons sur le trajet entre le rond-point des Marquisats et Bonlieu font parler d’elles. Il se dit que l’Arlésienne de passerelle pourrait être testée au niveau du pont de la Halle. Quand? Mystère!
Denis Duperthuy propose, quant à lui, d’en mettre une seconde, de passerelle, sur le canal du Vassé. Celle-ci relierait directement le parvis de l’hôtel de ville au Pâquier dans l’axe du caroussel. A suivre…

PARC DES SPORTS

C’EST PAS MOI, C’EST LUI !

Récapitulons. Le parc des sports d’Annecy a été construit en 1963. Identifié comme patrimoine architectural du XXe siècle, il accueille de nombreux clubs sportifs. Au fil des ans, le site a été inspecté, modernisé, transformé et entretenu au point qu’en 2010, il a reçu les homologations nécessaires pour accueillir les matches de l’ETG évoluant à l’époque de L2 puis en L1.

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PRIVÉS DE TERRAIN

C’est aussi une histoire d’homologation qui crispe élus annéciens et utilisateurs du site aujourd’hui. Plus exactement une autorisation qui tarde à venir: la faute à une étude qui n’aurait pas été faite selon certains, ou faite hors délai selon d’autres. Et au milieu de ce formidable concours de patate chaude -l’ancien maire n’aurait pas entretenu correctement le site et le nouveau aurait décidé de fermer le stade trop vite, par principe «d’ultra» précaution et manque de connaissance du dossier-, des clubs qui n’ont plus de lieu pour s’entraîner ni pour jouer. Parmi eux : les boulistes qui ont dû céder leur toit aux judokas, boxeurs, haltérophiles… et les footeux, promus en National 1 pour la saison 2020-1921. “La situation est intenable, si ça ne bouge pas, on rend les clés”, s’énerve Sébastien Faraglia, président du FC Annecy.

VERDICT EN NOVEMBRE ?

Fin octobre, les résultats d’une énième étude devraient être connus. Ce qui pourrait permettre à la commission de sécurité de passer début novembre, selon Catherine Allard, maire adjointe en charge des sports et des associations sportives. “Je suis plutôt confiant, sans préjuger d’une réouverture”, a complété François Astorg, maire d’Annecy, en amont du conseil municipal du 12 octobre dernier.

AMAZON…

FAITES CE QUE JE DIS…

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Amazon Annecy@Eric-Renevier

Les manif’ d’Extinction rébellion, les coups de gueule d’élus et autres indignations quant à la méthode employée, n’auront servi à rien (le permis de construire n’a pas été demandé par Amazon, mais par une société civile immobilière de construction-vente dont Monod entreprise est l’une des parties prenantes). Les 6800 m2 de la plateforme Amazon dédiée à la livraison des derniers kilomètres ont bel et bien accueilli, à Seynod, leurs premiers colis et salariés en octobre 2020 (une cinquantaine de CDI). Si ce centre de logistique serait calqué sur l’unité de Saint-Priest, on ne connaît pas le nombre d’allers et venues que va générer la nouvelle installation…

HARAS

À VOS PROPOSITIONS CITOYENS !

Présenté au conseil municipal de novembre 2018 par Dominique Puthod, le projet de transformation du haras d’Annecy a vu son volet architectural validé six mois plus tard, avec le choix du scénario développé par Devaux & Devaux architectes.
Dans le détail, cette «métamorphose» s’articulait autour de la création de la Cité du cinéma d’animation composée, outre des bureaux de Citia (Cité de l’image en mouvement, organisateur du festival international du film d’animation), “d’un dispositif de médiation (la Fabrique), d’espaces d’expositions (permanente et temporaire), d’une salle de projection, d’un lieu d’expérimentation des techniques de l’animation pour le grand public (l’Arène) et d’une résidence d’artistes”. Ce nouveau lieu totem du cinéma d’animation était complété par une halle gourmande dédiée «aux produits locaux et artisanaux» (le contrat liant son futur gestionnaire et la Ville doit être soumis au conseil municipal du 14 décembre 2020), et par un parc public paysager englobant l’actuelle carrière transformée en place fontaine, un carrousel mi œuvre d’art mi manège pour enfants et une salle de convivialité.

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Haras vue parvis vers manège@DDA

DÉBUT DES TRAVAUX POUR FIN 2021

C’est sur le parc paysager que la nouvelle municipalité a choisi d’« imprimer sa marque ». D’une part, en réduisant la « place fontaine » d’environ 25 % et d’autre part, en lançant une concer- tation pour “définir les usages souhaités par les Annéciens – comment les différents publics veulent-ils en profiter ? – et les types de nature – sauvage, urbaine, cultivée… – de ce parc”, explique la Ville par la voie de Fabien Géry, maire adjoint à la Culture. Côté calendrier, l’élu cran-gevrien annonce un début des travaux pour fin 2021, ce qui pourrait décaler d’environ une année la livraison du site initialement prévue pour 2023.

PARKING DE LA PREFECTURE

CIRCULEZ, Y’A PLUS RIEN À VOIR !

S’il y a bien un dossier que l’on s’attendait voir réduit en confettis par la nouvelle majorité, c’est bien lui! RIP le parking de la Préfecture dont on ne verra rien d’autre que les esquisses. Si certains Annéciens se réjouissent que François Astorg et ses colistiers tiennent la promesse faite pendant la campagne des municipales (ça ne devrait pas toujours être le cas ? Ok, je sors !), évidemment d’autres montent dans les tours.
A commencer par les commerçants du centre-ville. Par les voix des Vitrines d’Annecy et de l’antenne locale du Groupement national des indépendants hôtellerie & restauration (GNI Annecy & environs), les professionnels rappellent que les parkings du centre-ville sont «saturés» ce qui non seulement «décourage la clientèle», mais représente aussi un sérieux problème pour les commerçants eux-mêmes et tous les salariés et professionnels en quête de stationnement. Selon ces associations, le futur parking permettait en outre d’anticiper les flux générés par le réaménagement du haras et le report des voitures qui ne pourront plus utiliser le parking Carnot lorsque celui-ci sera réservé aux riverains. Des riverains qui auraient peut-être apprécié, eux aussi, de pouvoir profiter des places de stationnement nouvellement créées ?

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25 MILLIONS D’ÉCONOMIE… OU PAS

Que tout le monde se console! Le parking de la Préfecture n’aurait servi qu’à attirer des voitures supplémentaires, provoquer saturation de la circulation et pollution (c’est mécanique, paraît-il). Il n’aurait pas rendu service aux commerçants non plus, puisque “dans les grandes villes métropolitaines, 64 % des clients de petits et moyens commerces de centre-ville s’y rendent à pied et dans une moindre mesure à vélo, 10 % en transports en commun, et seulement 24 % en voiture” (c’est une étude du Cerema qui le dit). Cerise sur le gâteau: on économise 25,6 millions d’euros HT ! Euh… en fait non ! A Annecy, les parkings font l’objet d’un budget annexe qui s’autofinance, rappelle Jean-Luc Rigaut. Excédentaire, c’est ce budget qui devait financer la construction du fameux parking, complété par un emprunt.
On n’aura pas de parc, mais des voitures qui auront vu sur le Pâquier”, regrette un Denis Duperthuy qui martèle que, tant qu’on n’aura pas des transports en commun efficaces, ça ne sert à rien de pénaliser la voiture. Et les transports en commun, qui en est « responsable » ? C’est l’Agglo ! Comme les parkings relais, d’ailleurs…

HÔTEL DE VILLE

1 600 TONNES À ÉVACUER

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Après des mois sans mouvements perceptibles à l’œil nu, l’installation du parapluie (la structure qui permet notamment de mettre le bâtiment hors d’eau) devrait être terminée pour cette fin octobre. Dans le même temps, la deuxième phase de curage doit permettre d’évacuer 1600 tonnes de matériaux d’ici février 2021. D’ici là, les résultats des tests effectués en septembre 2020 pour évaluer la possibilité de chauffer et de rafraîchir par géothermie le bâtiment seront peut-être connus, et la conservation de pièces de décor datant du XIXe siècle réalisée.
Pour ce qui est du démarrage des travaux annoncé fin 2021, le covid et les Municipales se sont chargés de faire exploser le calendrier !

LES EX SERRES MUNICIPALES

« CEUX QUI SEMENT » : UN MARAICHER EN VILLE !

C’est l’un des rares héritages du Covid qui fait plaisir à voir! Depuis mai 2020, Sylvain Leroux a emménagé sur le site des anciennes serres municipales1 pour y installer une «ferme maraîchère urbaine agroécologique». L’initiative a été prise par la Ville, durant le confinement. “Nous avons signé une convention pour quatre ans, le temps de penser l’évolution du quartier”, résume Jean-Luc Rigaut alors maire d’Annecy. Et d’ajouter que si un projet d’urbanisation venait à prendre forme sur le site avant la fin de la convention, le nouveau locataire serait relogé sur un autre terrain de la ville.

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ATELIERS CULINAIRES, DÉFILÉ & EXPO PHOTO !

Même si le vent -politique- a tourné, le projet de Sylvain Leroux prend tranquillement de l’ampleur. Outre le volet «production agricole», qui repose sur les principes de la permaculture et bannit des plantations les semences reproductibles hybrides F1 et autres pesticides, «ceux qui sèment» animent des ateliers pour enfants (en partenariat avec les écoles de la ville) et pour les adultes (avec des chefs annéciens dont Laurent Petit, Daniel Baratier et Éric Prowalski), mais aussi des rendez-vous plus étonnants: défilé de mode, expo photos… En s’installant sur les 2800 m2 (7 serres et 2 pleins champs), Sylvain Leroux voulait tester la viabilité économique de son projet: cultiver en pleine ville, sur des petits terrains, une production bio, abordable et vendue exclusivement sur place2. L’expérience semble réussir : des bénévoles viennent régulièrement lui donner un coup de main pour prendre soin des légumes, fleurs comestibles, petits fruits, ruches… Mieux, aujourd’hui le jeune homme recherche d’autres terres sur la ville pour y cultiver des pommes de terre! A bon entendeur…

1. 49 avenue des Barattes à Annecy.
2. Tous les vendredis de 16 à 19 h et les samedis de 10 à 12 h – www.http://facebook.com/ceuxquisement74

AÉRODROME DE MEYTHET

LA DERNIÈRE SÉANCE ?

L’Insee nous annonce 50 000 nouveaux habitants à l’horizon 2050, où va-t-on les loger ? Les «dents creuses» ne suffiront pas ; les gens en ont marre de la densification de la ville ; il faut protéger les espaces agricoles et naturels…” A ses questions, Denis Duperthuy a heureusement une réponse! Depuis des mois, dont un gros coup d’accélérateur durant la campagne des Municipales, le conseiller d’opposition et son équipe («Les Annéciens») portent à bout de bras la “non-reconduction de la concession d’exploitation de l’aérodrome (de Meythet, N.D.L.R.) sous perfusion, déficitaire et polluant”, pour créer sur ce site de 110 hectares: une forêt de 80 hectares (a priori dix fois le Pâquier), un ensemble de logements et une cité administrative communale. Ce terrain étant situé au milieu d’une zone déjà urbanisée, cela permettrait, selon Denis Duperthuy, de ne pas utiliser des terrains aujourd’hui non construits.

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DÉCISION EN FIN D’ANNÉE ?

La fameuse concession -entre le Conseil départemental de la Haute-Savoie et Edeis, respectivement propriétaire du terrain et gestionnaire de l’aérodrome- doit prendre fin au 31 décembre 2020. Pour «Les Annéciens», il y a urgence à se mobiliser. Et au Département qui lui rappelle que ce n’est pas la Ville qui est propriétaire du terrain, le conseiller municipal répond que rien n’empêche d’avoir des projets, et de citer avec un léger sourire le centre de congrès ou encore le tunnel sous le Semnoz qui ont tous deux nécessité d’acheter une partie du foncier!

OPEN SKY

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LE RDV DES SHOPPING ADDICTS

Lucky Luke de la carte bleue, réjouissez-vous ! Les 7 000 m2 de commerces non alimentaires promis par la compagnie de Phalsbourg (ainsi que 1 700 m2 de restauration et 2 300 m2 d’espace de loisirs, voir notre numéro de novembre 2018) vont bien être construits dans le centre commercial du Grand Épagny, sur un terrain propriété de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Haute-Savoie. En juin dernier, la justice a en effet sifflé la fin du bras de fer qui opposait élus et commerçants (y compris dans leurs propres rangs !). Potentiel calendrier : début des travaux courant 2021, ouverture au second semestre 2022.

MEGARAMA

SEYNOD VA POUVOIR FAIRE SON CINÉMA…

Le dernier recours en date venant d’être rejeté par le Conseil d’Etat, les soutiens du complexe de cinéma Mégarama à Seynod, à deux pas du Géant Casino, peuvent désormais danser la gigue ! La construction de 9 salles et 1 380 places devrait pouvoir commencer courant 2021. Suivie de la création d’une vingtaine d’emplois. Il aura donc fallu plus de 5 ans pour que le projet, qui a semé la zizanie jusque dans les plus hautes instances de l’aménagement cinématographique, reçoive toutes les autorisations nécessaires pour voir le jour.

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PISCINE DES MARQUISATS

RIEN DE NOUVEAU SOUS LE TOIT VÉGÉTALISÉ

Parmi les gros dossiers hérités de l’ancienne municipalité, la piscine des Marquisats fait partie de ceux qui ont suscité un vif débat, notamment lors de la présentation du projet architectural retenu (Dubuisson architecture). En cause: un projet «en béton» préféré à celui «en bois». Dix mois et une élection plus tard, la Ville confirme que les travaux de rénovation de la piscine, construite il y a 50 ans au moins, devraient démarrer avant la fin de l’année 2020, avec trois modifications: les bassins seront tous en inox, le toit sera pour partie végétalisé et, pour financer ces changements, les espaces intérieurs seront «optimisés». Et le fameux béton de la discorde? Bah finalement, on le garde !

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MAC DO

LE KETCHUP LEUR MONTE AU NEZ

Il n’y a pas que les militants écolo qui ont crié youpi au soir du 28 juin dernier, suite à la victoire de la liste emmenée par François Astorg aux Municipales. Ce changement de majorité donne en effet une occasion en or à la bande à Ronald McDonald de remettre le couvert! Des années que la fameuse enseigne de fast-food tanne sans succès Jean-Luc Rigaut pour ouvrir un restaurant en centre-ville. Avec une nouvelle équipe aux manettes -quelle qu’elle soit d’ailleurs-, les compteurs sont remis à zéro. La preuve, un nouveau permis de construire a été déposé le 24 juillet pour l’installation du cinquième restaurant de l’agglo, quai Eustache Chappuis, face au lac, dans un édifice classé «remarquable».

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PROMIS JURÉ !

Depuis l’annonce du projet, c’est le grand déballage ! Le patron du Splendid hôtel, situé juste au-dessus de l’emplacement convoité, s’emporte sur Facebook, fort de ses 4818 signatures récoltées via une pétition lancée début septembre. L’actuel maire prévient qu’il ne veut pas “d’un deuxième fast-food sur les bords du Pâquier” et qu’il se battra de “toutes [ses] forces, avec l’équipe majoritaire, pour bloquer ce projet”. Équipe qui comprend Frédérique Lardet, en charge de l’économie locale et du commerce de proximité, mais qui, elle, ne semble pas autant déterminée à faire barrage à la firme américaine que son collègue.

QUESTION DE VOLONTÉ

Du côté de l’opposition, Jean-Luc Rigaut et Denis Duperthuy ont du mal à digérer les manœuvres du géant américain (outre l’opportunisme de la démarche, McDo empêche la Ville d’exercer son droit de préemption commerciale). Le premier maintient que ce n’est qu’une question de volonté politique et que si François Astorg continue de refuser l’autorisation de travaux, comme lui-même l’a fait, “McDo lâchera.” Quant au second, passée la colère, il s’inquiète que le spécialiste des burgers et autres sundaes finisse par aller en justice… Et s’il gagne, l’addition pourrait être salée: “C’est l’arbre qui cache la forêt”, ajoute le conseiller municipal. “Quid de toutes ces chaînes de mal bouffe qui s’implantent en centre-ville et de ces 1 200 logements Airbnb dans les vieux quartiers ? Quelle évolution voulons-nous pour notre ville ?

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