clémentine iacono en blanc pas gnangnan

la mariée était trop belle !

Qu’on se le dise, les robes de mariée façon meringue et chantilly collent de l’urticaire à Clémentine Iacono. Allergique à la guimauve, la créatrice lyonnaise, autodidacte, futée et sacrément passionnée, lui préfère des pièces montées de fil en aiguille, sobres et forcément uniques, du blanc sans sucre ajouté, ni chichis lourds à digérer.

Clémentine Iacono

Disons-le tout net, personnellement, l’univers du mariage me passionne autant qu’un match télévisé de baseball. Rooooaaa (bâillement d’ennui). Mais comme on est bien élevée, on feint un minimum d’enthousiasme lorsque les copines, au summum de l’hystérie la description méticuleuse des détails de la cérémonie, abordent le chapitre graalistique de LA robe de mariée. Autant dire qu’avec ces a priori, on ne s’attendait pas à tomber sur une drôle de nana.

Et en découvrant le parcours de Clémentine Iacono, yeux bleus limpides perchés pas bien haut – elle est toute petite -, vivacité déterminée et «grande gueule» au visage d’ange, on se dit qu’il n’y a pas de hasard : voilà un OVNI dans le monde ouaté et dans notre esprit forcément peuplé de licornes et d’arcs-en-ciel des créatrices de robes de mariée. Bon, en guise de licornes, on fera avec de vrais chevaux dont elle est tant passionnée qu’elle se destinait à être vétérinaire équine. La jolie brune bossera tout de même 5 ans dans une écurie. Puis, pendant une dizaine d’années, elle officiera comme commerciale dans la diffusion d’offres d’emploi. Pour le formatage chiffon, on repassera…

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LE DADA DE LA MARIÉE

En parallèle de cette activité, à l’orée de ses 30 ans, Clémentine Iacono se met à coudre. Au moindre temps libre. Pour elle, pour ses deux filles fraîchement pondues et, le bouche-à-oreille faisant son œuvre, pour un cercle qui s’agrandit. Et comme elle se pique au jeu du fil et des aiguilles, Clem’ part se former quelques mois à cet art, plaque son job et se met à son compte.

La Lyonnaise commence par concevoir des vêtements sur mesure, robes, petits hauts… Jusqu’à cet après-midi où une jeune femme s’adresse à elle pour sa tenue du jour J. Chiche. “Je ne m’étais pas du tout imaginée là-dedans et aujourd’hui, je ne ferais plus autre chose !” Depuis 3 ans, Clémentine Iacono reçoit ainsi des promises dans son atelier du 5ème arrondissement de Lyon. Chez elle, vous ne trouverez pas de trucs lacés dans le dos, de bustiers, de nuages de tulle blanc et rouge, qui ne correspondent pas à son univers bohème. “J’aime ce qui est simple, sobre et qui, pour moi, crée l’élégance. Aux détails, des manches fines rebrodées de perles par exemple, de faire la différence”.

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JE ME FICHE DE SAVOIR SI ÇA SE FAIT OU PAS, DU MOMENT QUE CELA REND BIEN.

Son dada absolu : la recherche de nouveaux tissus, de textures inattendues, de mélanges inédits de matières. Rien qu’au chapitre de la dentelle, cette «fouineuse» dispose d’une centaine d’options. Idem pour les galons, les perles… Et quand une jeune femme débarque en précisant détester la dentelle, les robes comme tout le monde, mais kiffer Game of Thrones, la créatrice jubile. Elle lui propose une jupe en néoprène, oui le tissu technique employé pour les combinaisons de plongée, qu’elle rebrode. La (encore) demoiselle adore. Bref, elle est libre Clem’ et pas conditionnée par des enseignements, des techniques ni une vision arrêtée de l’attirail de la mariée : “Je me fiche de savoir si ça se fait ou pas, du moment que cela rend bien”.

Boulimique de mode, affective, la bientôt quadra s’investit corps et âme dans chaque histoire… La bonne nouvelle, c’est que celle qui ne s’ennuie jamais envisage de lancer une ligne de hauts en dentelle, faciles à marier avec un jean et des baskets. Pour le coup, c’est sûr qu’on dit oui.

+ d’infos :
clementineiacono
.com

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Photos : Chloe Lapeyssonnie

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Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

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