dans ce monde de brutes…

1 Sep 2016

Certaines naissent ainsi. D’autres le deviennent à la faveur d’une cérémonie pompeuse. Moi, je l’ai décrété un beau matin, sans formalité, bristol ou tralala. Voilà, c’est officiel, je suis une princesse.

La nouvelle peut surprendre, elle m’a saisie aussi au pied du lit. J’ai vérifié, ce n’était pas un lendemain de cuite. Alors devant l’évidence, j’ai accepté ce destin inopiné. Qui tombait à pic, je venais d’achever une jolie carrière de bulldozer, en haut de la pente, sans frein à main, l’option ne m’étant pas parue opportune sur le moment. Le temps de sauter aussi gracieusement que possible, une gageure en l’occurrence, de mon engin dans des escarpins de verre sans les briser menu, et le tour était joué. Certes, derrière, le bulldozer a tout bulldozer sur son passage, mais une princesse ne s’arrête pas à ce genre de fée d’hiver.

D’ailleurs, une princesse n’écoute plus les infos. Elle ne s’arrache donc pas les cheveux, qu’elle a fort jolis, devant une rentrée politique qui s’annonce aussi nauséeuse que la cuisine de Willy Rovelli : guerres intestines, diarrhées verbales, incontinences démagogiques, crises de mauvaise foi…

Une princesse ne nie pas la réalité, elle s’en préserve. Nuance. Comme elle est maline, malgré ses airs de ne pas y toucher, elle a bien compris qu’elle ne pourrait, hélas, pas empêcher les hommes de s’entretuer, les politiques de se prostituer, les requins de s’ésharker… Son humeur n’est donc pas dictée par les réunions de rédaction, ni les hobbies des lobbys. Elle ne cède pas au chant des sirènes, même quand le thon monte.

Sentimentale et pas vénale, une princesse échange volontiers son royaume contre un principe : ses princes hype contre un roi home. Par la mer, la terre ou l’espace, qu’importe, s’il met la gomme et gare ses chevaux carrossés entre sa licorne cabossée et sa coccinelle écossée.

Elle veut vivre d’amour et de mojitos, mais comme elle est ouverte d’esprit, accepte quelques variantes pour s’adapter au rythme de la production viticole.

Une princesse rêve sa vie, et vit ses rêves. Tous. Même les plus déraisonnables. Surtout eux. Et comme elle est heureuse, elle irradie. Radieuse-active, elle contamine son entourage qui, a son tour… C’est l’effet papillonnage. La vie n’est qu’un compte de faits… Faites le calcul ! Même vous, messieurs, alleeeez, lâchez vos braguettes, prenez une baguette, faites vos princesses !

Lara Ketterer

Lara Ketterer

Lara Ketterer meneuse de revue SURNOM: enfant, c’était Tatouille, en rapport avec mon prénom... PERSONNAGE DE FICTION: depuis toujours : la femme piège, d’Enki Bilal, une reporter mystérieuse et un peu paumée en 2025... OBJET FETICHE: mon téléphone portable, un vrai doudou que je traîne partout ! ADAGE: vivre sans folie, ce n’est pas raisonnable du tout ! JE GARDE: mes yeux et mon esprit rock, toujours provoc ! JE JETTE: mes coups de blues, ça abime les yeux ! DANS 20 ANS ? Adulte ? presse@activmag.fr

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