dans la famille Marcon…

la gloire de mon père

Se construire une identité, quand on est le fils de… N’est pas toujours une partie de plaisir. Jacques, Paul et Thomas, Marcon s’imposent pourtant à Saint-Bonnet-De-Froid, au royaume de Régis.

Ils sont les fils de Régis Marcon, une bête à concours, Prix Taittinger (1989), Prix Brillât Savarin (1992), Bocuse d’Or en 1995 et, bien sùr, trois étoiles au Michelin pour son restaurant en Haute-Loire. Et pourtant les trois frères n’ont pas eu besoin de se rebeller pour exister. De la personnalité, ils en ont à revendre ! Du talent aussi.

Pour autant, le parcours n’a pas été si simple. “En tant que fils du chef, je devais fatalement en faire plus”, explique Jacques qui bosse aujourd’hui en duo avec son père. Bien sûr, il y a les avantages. Celui d’un savoir-faire transmis bien volontiers, un passage de témoin qui se prépare depuis la petite enfance, quand Régis communiquait à ses 3 petits gars sa passion des champignons, produit phare de la maison, lors de sorties cueillettes en famille.

Chez les Marcon, Jacques, Paul et Thomas sont de la troisième génération de chefs. La première, fut une femme, Marie-Louise, veuve et cuisinière, qui, aux fourneaux de l’Auberge des Cimes, éduqua seule ses sept enfants ! En 1979, Régis, le benjamin, reprend le flambeau avec son épouse Michèle. La petite auberge devient grande… et gastronomique. Régis se pique à la compétition, décroche le Bocuse d’Or et accroche 3 étoiles sur la porte. La famille s’agrandit. L’ainé de la fratrie, Jacques, songe sérieusement à exercer le métier familial. Trouver sa place en cuisine, auprès d’un tel monument, n’allait pas être une sinécure.

UN CARACTÈRE À FEU VIF

“Je savais que je ne bénéficierais d’aucun passe-droit ». Le BTS hôtellerie sitôt obtenu, Jacques part piocher un peu d’expérience chez Pacaud, Briffard et Benoit Violier. Puis, il entre, par la petite porte, dans les cuisines de son père, et gravit tous les échelons, un à un, de commis à chef de partie, avant de devenir enfin chef de cuisine, en 2008. « On ne m’a fait aucun cadeau. J’ai dû composer, apprendre et beaucoup donner. Et bizarrement, quand mon père m’a dit qu’il voulait appeler le restaurant Régis et Jacques Marcon, j’avoue qu’à 25 ans, j’ai trouvé ça surréaliste ! Maintenant, je le comprends, puisque j’y fais mes propres recettes ».

Mais Jacques n’est pas le clone de son père, qu’on se le dise… « Mon père, comme moi, nous avons des caractères un peu vifs… Alors forcément, de temps en temps, il y a des frictions… Il faut faire des compromis, mais je n’ai jamais eu envie d’aller voir ailleurs si j’y étais, je me sens ici dans ma cuisine… comme lui dans la sienne. »

Régis Marcon en compagnie de ses trois fils : Thomas, Jacques et Paul.

ET UN, ET DEUX, ET TROIS MARCON !

La famille Marcon a deux autres atouts dans sa manche. Thomas, le cadet, travaille lui aussi dans la maison. Il a lancé un concept «santé et nutrition» et gère de main de maître le Spa de l’établissement. « Je n’ai pas suivi la voie des cuisines, j’ai préféré prendre le chemin de traverse, celui de mes aspirations, et j’ai pu imposer un concept qui marche très bien ». Enfin, il y a le petit dernier, 22 ans : “Je m’appelle Paul, comme Paul Bocuse. En fait, je suis né 9 mois exactement après le Bocuse d’or… » Et oui, forcément, ça se fête… En 2017, c’est lui qui, après 6 ans de préparation, a défendu aux Olympiades Mondiales des Métiers, à Abu Dhabi, les couleurs de la France en finale. « Je pense avoir hérité des gènes du concours, comme mon père, bien que mes parents ne me mettent aucune pression”. Lui non plus d’ailleurs : pour l’heure, Paul a rejoint les cuisines familiales, mais ne se pose pas trop de questions. « Il y a déjà Jacques qui est en place et Thomas au Spa, j’ai encore le temps de réfléchir à mon avenir”. Le plus jeune des Marcon, compétiteur né, est en mode révélation.

Patience… Ça mijote et ça sent déjà diablement bon chez les Marcon !

+ d’infos :
regismarcon
.fr

ÇA VOUS A MIS L’EAU À LA BOUCHE ?

Découvrez la recette du biscuit aux cèpes de la famille Marcon, c’est ici que ça se passe.

Fleur Tari Flon

Fleur Tari Flon

Journaliste
SURNOM: Taty Bonbon (depuis que je suis grande) - Machounette (quand j’étais petite) PERSONNAGE: Simone Veil. OBJET FETICHE: un livre. ADAGE: donne du bonheur, il en restera toujours quelque chose, mais n’attends pas de miracle, lève-toi et agis. JE GARDE: le cerveau. JE JETTE: rien. DANS 20 ANS? La même en forme, grand-mère gâteaux, complice de mes petits-enfants.

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