dans le gard : la maison du farfadet

20 Oct 2016

gard au farfadet !

Dany Legrèle a changé de vie. Installé dans le Gard depuis 13 ans, il construit désormais son destin de farfadet dans une demeure au cœur de pierres. Et place la barre très hôtes.

Ne cherchez pas l’ostentatoire chez Dany Legrèle. Ne cherchez pas le mobilier de marque ou les signes tapageurs d’un luxe affirmé, le farfadet est un homme simple. Il reçoit dans une vaste cuisine encombrée de petits plaisirs, s’accoude à la table de bois chargée de gourmandises. Il parle beaucoup, il sourit beaucoup. On dirait qu’il s’amuse de tout et c’est probablement vrai. De tout, sauf de son métier. Qu’il exerce en mêlant décontraction et rigueur. La maison est bourrée de caractère, Dany aussi. Intarissable sur les anecdotes qu’il raconte avec saveur, humour et légèreté. 13 années de petits bonheurs à Vézénobres, un village médiéval qu’il ne connaissait même pas. Avant de choisir de s’y installer.

FEU DE DÉSTRESS

Dany Legrèle n’a jamais eu de plan de carrière. Touche à tout, passé par des études commerciales en farfadet insouciant, l’Alsacien d’origine avance hors cadre. De Paris, où il vit avec Olivier, il plonge dans le bain du Gard en 2002. Parce qu’il veut être son propre patron : “Je reconnais volontiers mon problème avec l’autorité !”, s’exclame- t-il en riant. “Il me fallait un travail où je serais mon propre patron, avec lequel je pourrais éliminer ce qui me stressait dans la vie… ” Une demeure d’hôtes lui permettrait de s’affranchir de toute forme de hiérarchie. Et de mettre à profit ses expériences professionnelles aux Gîtes de France et dans l’hôtellerie.

Le couple visite une quarantaine de bâtiments, le coup de cœur tarde à venir. Trop isolés, trop grands, trop tout. Et puis, un jour d’orage, le couple prend la foudre à Vézénobres.

Encore faut-il trouver la maison : “Le cahier des charges était simple. Il fallait qu’elle ne soit pas trop éloignée d’une gare TGV, pour qu’Olivier puisse me rejoindre le week-end, que nous puissions avoir un espace de vie indépendant des hôtes, et que nous puissions construire une piscine.” Le couple visite une quarantaine de bâtiments, le coup de cœur tarde à venir. Trop isolés, trop grands, trop tout. Et puis, un jour d’orage, le couple prend la foudre à Vézénobres. Enfouie sous la vigne rouge d’automne, la maison de Joséphine les enflamme et Dany s’en enthousiasme encore : “J’ai adoré d’emblée cette maison aux niveaux inégaux ! Elle avait absolument tout ce que nous cherchions. Et surtout, quelque chose d’affectif s’est passée avec Joséphine…” Affectif au point que la propriétaire accepte une offre qu’elle avait refusée à d’autres éventuels acquéreurs. Séduits par l’atmosphère, par tous les niveaux de guingois, le couple signe immédiatement. Et Dany s’installe, dans ce village paisible.

LA MAISON DE LA RENAISSANCE

Le farfadet reste seul à Vézénobres. Pas toujours facile. Il faut s’intégrer, se faire accepter. Heureusement, Dany est bon vivant. Ouvert, curieux. Et surtout, il est débordé. Il faut aménager la maison, casser des murs, remettre la plomberie et l’électricité aux normes. Bricoleur dans l’âme, Dany apprend vite, il fait tout lui-même. Et le bâtiment vide révèle peu à peu son histoire. En décroûtant l’enduit d’un mur, il découvre un linteau en accolade période Renaissance qu’il réhabilite délicatement. Il défriche, aménage, décore aux bonheurs de la découverte. Dany aime la patine, l’ancien, le vécu. Le détournement.

Dans un espace à tout faire, où s’entassaient jadis des chèvres et des sacs de charbon, le propriétaire crée « les voûtes ». Et renforce l’atmosphère troglodyte de la chambre en bâtissant un mur de pierres en tête de lit. Ces pierres du pays, trouvées au gré des promenades, il les détourne en tables de chevet dans la Suite. Installe près du mur une baignoire rétro, avant d’inviter l’Orient et l’Afrique dans 2 autres chambres. Et recase soigneusement quelques objets laissés par Joséphine à leur place d’origine : “Elle vient me voir de temps en temps. Elle ne reste jamais longtemps, je pense que c’est une forme de nostalgie. Mais je n’ai pas dénaturé l’esprit d’origine, c’est ce qui lui plaît. Joséphine se reconnaît toujours dans la maison”, précise Dany avec un brin de fierté.

ET FAIRE CARRIERE DANS LA PIERRE

En construisant le couloir de bain, Dany apporte de la vague à l’âme de la propriété. Mais les travaux continuent et ne s’achèveront probablement jamais. Rempli de projets, le farfadet lorgne aujourd’hui sur la maison voisine. Et défriche une immense salle voûtée pour en faire un salon. Totalement intégré au village, dont il connaît tous les secrets, il ne se contente plus de bâtir sa maison d’hôtes pour fuir l’autorité et la hiérarchie. L’accueil, l’échange, la connivence, il adore ça. Il est maître de son destin. En créant son calme paradis luxuriant, il grave désormais dans les pierres sa propre carrière.

+ d’infos :
www.lamaisondufarfadet.com
A partir de 79 euros la nuit

© Thierry Kubisiak

Pascale Godin

Pascale Godin

Journaliste
SURNOM: Ficelle ou Momotte. PERSONNAGE DE FICTION: les frères Bogdanov. OBJET FETICHE: mon premier stylo plume. ADAGE: le temps passe et les œufs durs. JE GARDE: mes cicatrices. J'ECHANGE: échange fesses concaves contre fesses convexes. DANS 20 ANS? Déambuler à Honolulu. Ou Honolulu en déambulateur.

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