dans mes p’tits papiers…

C’était un dimanche, l’un de ceux qui voient le soleil tirer la langue après un tour de piste estival mené tambour battant, la ligne d’arrivée à portée de rayons. Un dimanche qui s’en fout, qui sent bon les grillades, les grands crus, les blagues potaches et les vacances à peine remballées.

Autour de la table, une douzaine de potes. Ça parle fort, ça chahute, boit un peu, voire beaucoup, rit surtout. Et à l’heure éméchée où l’on sort l’ode à la vie, bref quand l’eau de vie dévie la vue, trop tard pour sortir les boules. En cette fin de journée, les terrains d’Evires ont viré leur cuti, rendant les pentes trop savonneuses pour les cochonnets et nos jambes bien trop fanny’antes pour s’y risquer.

C’est à ce moment que Gégé sortit ses p’tits papiers, l’œil goguenard, sous les exclamations de ses voisins. Jean-Phi, devant mon air hébété, me souffla : “tu vas voir, c’est marrant.” Et Gégé de rappeler les règles à l’assistance dissipée. “Chacun aura une feuille devant lui et un stylo. Dans un premier temps, vous devrez écrire le nom d’une personne qui vous passe par la tête, d’ici ou d’ailleurs, vous replierez le haut de la feuille afin de cacher votre ligne, et ferez glisser votre feuille à votre voisin de droite. Sur la feuille qui vous arrive de l’autre côté, vous inscrirez le nom d’une autre personne, celle que la première va rencontrer. N’hésitez pas à broder, à délirer. De même vous replierez le haut de la feuille et ferez passer. Sur la troisième ligne, il s’agira d’indiquer le lieu de cette rencontre, puis on plie et passe, on précisera ensuite à quel moment cette rencontre a lieu, on plie, on passe. La question que la première personne va poser, on plie, on passe. Ce que l’autre va lui répondre, on plie, on passe. Le cadeau que la première personne lui offre (on plie, on pisse, l’alcool aidant et on passe). Sa réaction en recevant ce présent (on plie, on passe). Et enfin, vous écrirez la morale de votre histoire. On plie et on me rend les copies. Reste ensuite à découvrir ce que ces p’tits papiers noircis à 12 mains, et autant d’esprits tordus par la poire, l’hysope et autre gentianette, vont révéler…” “Et c’est là qu’on se marre, tu vas voir!” me souffle au génépi mon voisin…

1 heure plus tard, après 3 tournées de papiers et presqu’autant de verres, hilare, je salue la bande : “Eh, je sens que je tiens mon prochain édito…”, avant de rentrer chez moi, les précieuses histoires improbables chiffonnées au fond de mon sac. En voilà quelques-unes tombées du camion…

Bourvil croisa le Pape Jean-Paul II au bordel. C’était une nuit d’étoiles filantes. Justement, il y en a une qui passait. “Et si on se faisait un 5 à 7?” lança Bourvil à sa sainteté. “C’est gentil, mais ça me gratte en ce moment.” Bourvil, ému, lui proposa “un truc qui glisse bien”. Surpris Jean-Paul s’écria : “Oh punaise, il est tout petit!” Moralité : On ne doit pas mettre la charrue avant les bœufs.

Hercule Poirot aperçut Hélène de Troyes, qu’on appelle aussi Hélène et les glaçons, sur la plage abandonnée, à l’heure où blanchit la campagne. “J’aime pas les garçons”, marmonna-t’il. “Moi, j’en ai déjà connu plus de 350 kilos!” Pour fêter ça, le gominé moustachu lui offrit un bouchon de champagne. “Il faut le sucer ou le croquer?” s’interrogea la belle Hélène. Moralité : En Charente Poitou, ça rentre partout!

Quand l’abbé Pierre rencontra Brigitte Bardot, à la cave, entourés de pinards, c’était vers 18h12. Il lui confia adorer les sushis. “Ah oui? Je vais chez un toiletteur pour chat, d’habitude”. Il lui proposa une glace vanille chocolat. “Des cadeaux comme ça, j’en ai rêvé toute ma vie ! Si tu veux, tu peux rester dormir.” Moralité : l’habit fait le moine, mais ton pote fait le reste!

Jean-Phi du Sofitel tomba sur Manuela Sanchez di Oliveira chez Régine dans une soirée contact, juste après la traite du soir, “tu chais qu’t’es belle !” tenta-t-il maladroitement dans une langue approximative. “J’peux pas, ce soir, j’ai pétanque!” Dépité, il lui tendit son cadeau : une perceuse à percussions. “Oh my god!” s’exclama-t’elle. Moralité : J’te l’avais dit, c’est bien fait pour toi!

Obélix avait rendez-vous avec Bernadette Soubirous dans une grotte d’uranium, par lune décroissante, pile au moment de planter les légumineuses. “Dis donc, t’as vachement perdu depuis que t’as arrêté le rhum arrangé!” Gênée, Bernadette avoua, “non, j’ai juste perdu mon dentier.” Pour leurs retrouvailles, il lui offrit une poupée gonflable, “uniquement à l’hélium”, précisa-t’il. “Oh merci, ça manquait justement à ma collection!” Moralité : un de perdu, tous les autres à trouver!

Vous aussi, laissez parler les p’tits papiers…

Lara Ketterer

Lara Ketterer

Lara Ketterer meneuse de revue SURNOM: enfant, c’était Tatouille, en rapport avec mon prénom... PERSONNAGE DE FICTION: depuis toujours : la femme piège, d’Enki Bilal, une reporter mystérieuse et un peu paumée en 2025... OBJET FETICHE: mon téléphone portable, un vrai doudou que je traîne partout ! ADAGE: vivre sans folie, ce n’est pas raisonnable du tout ! JE GARDE: mes yeux et mon esprit rock, toujours provoc ! JE JETTE: mes coups de blues, ça abime les yeux ! DANS 20 ANS ? Adulte ? presse@activmag.fr

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