escapade dans le Gard

Egards et garrigues

Là où la rivière Céze slalome entre collines, villages et paysages en pleine liesse, La Maison Papillons – avec chef et café d’hôtes s’il vous plaît – diffuse en continu sa dolce vita.

Quand la plupart des visiteurs ne voient qu’une ruine, Caroline et Olivier Girault de Burlet sont, quant à eux, en proie à une rare émotion. Face à certaines de ces maisons qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, le couple ressent déjà comment la lumière pénétrera dans les bâtisses, les espaces qui ne demandent qu’à être révélés et surtout la vie qu’ils pourront leur réinsuffler. Ce qu’ils ont fait à cinq reprises jusqu’à La Maison Papillons : 5 chambres d’hôtes et un gîte en duplex, à l’esprit bohème où l’on respire. Petit retour en arrière pour comprendre comment cette Parisienne d’adoption et ce Rémois ont atterri dans un petit village médiéval du Gard, aux frontières de l’Ardèche méridionale.

DU SOLEIL D’ARABIE SAOUDITE À CELUI DU GARD

Un père belge, une mère anglaise, Caroline naît à Londres et grandit en Arabie Saoudite. “C’était l’aventure, à l’époque !” A son arrivée en France, elle a 8 ans, ne parle pas français et ne peut plus se balader pieds nus au grand air, comme avant. Changement d’ambiance pour le moins compliqué pour toute la famille, qui quitte Paris pour l’Eure-et-Loir. Là non plus, la greffe ne prendra pas. Le temps passe. Etudes en tourisme à Paris, expérience pro palpitante à New York, job et salaires confortables dès son retour à la capitale. Pourtant, quand un médecin du travail demande à la jeune embauchée si elle est heureuse, c’est le déclic. Le jour même, elle donne sa démission et sa dédite. “J’avais l’impression d’avoir enfilé les chaussures de quelqu’un d’autre…
Cap au sud, près de la Camargue, où ses parents vivent désormais. Là-bas, Caroline se sent enfin chez elle. “Cette lumière incroyable, c’est ce qui me manquait”. Elle crée son entreprise, en spécialiste de la relocalisation de salariés à l’étranger. Apprivoise le pays un poil macho, monte à cheval en cavalière habile qu’elle est déjà, bien décidée à vivre librement, au gré du vent. Et ce que le vent ne tarde pas à lui apporter, c’est Olivier. Un illustrateur que Paris s’arrache. Un sportif épris de nature qui revit quand il écume, à vélo, les paysages du piémont cévenol. Ces mêmes paysages qui imprègnent ses toiles aujourd’hui. Lui aussi a fui la capitale. Rapidement, ces deux âmes fonceuses s’unissent. Et acquièrent leur première ruine avec le dernier cachet d’Olivier, trop attaché au papier pour négocier de bon cœur le virage numérique que prend son métier.

GARD ET PAIX

La Maison Papillons, dénichée dans l’un des Plus Beaux Villages de France, au nom farceur, Montclus, est donc leur cinquième rénovation, un peu plus au nord des Cévennes, cette fois. On remonte une nouvelle fois les manches et c’est parti ! “Ce n’est pas une volonté à tout prix de rénover des ruines, mais impossible pour nous d’acheter une maison toute faite. L’idée, c’est de les emmener au meilleur de leur potentiel, entreprise exaltante bien qu’épuisante”. D’autant que le duo est attaché à respecter les codes architecturaux du pays et l’écologie, et entendent remettre sur pied des maisons naturelles, saines à vivre : sols et murs en pierre, ou chaulés, poêles à granulés. Mais avec de généreuses ouvertures, pour croquer cette lumière qui les a réunis dans ce morceau de France.

PARTIR DE QUASI RIEN ET FINIR DANS PARIS MATCH

La Maison Papillons était une ancienne ferme, à l’abandon depuis un siècle. Façades écroulées, toit envolé. Dans la remise, en meilleur état, des engins agricoles antiques pioncent sec. Pourquoi diable achètent-ils ça ? Autour d’eux, c’est la sidération. Quatre saisons plus tard, le succès quasi instantané de leur maison d’hôtes laisse les voisins « espantés ». Leur petit Eden est peuplé d’oliviers, cyprès et poules en liberté. Ici on découvre que la Drôme n’a pas le monopole de la lavande. Les proprios ont su préserver l’ambiance sauvage des lieux, sans son versant brouillon. Simplicité étudiée, pour un vol surclassé grâce aux objets chinés, aux meubles fabriqués par Olivier avec le bois récupéré sur place. Les matières nobles – lin, laine et belles étoffes – font le reste. “On arrive là pas très riches et 7 ans plus tard, on se retrouve dans Paris Match !”, sourient les intéressés.

DOLCE VITA À LA GARDOISE

A la formule jolies chambres + chouettes petit déj + verdure à piscine, Caroline et Olivier ont ajouté l’an dernier une nouvelle variable : un café d’hôtes, planté dans la grande cour : arabica choisi, glaces, vins et produits du coin, buffets méditerranéens l’été, avec personnel ad hoc. “On désire utiliser les forces de cette région extra, mais isolée, il faut le reconnaître”. Comptez aussi sur Olivier pour son enthousiasme communicatif qui connaît le pays comme sa poche pour cibler la bonne section de rivière où faire trempette, le village qu’on aurait loupé sans lui, voire pour vous emmener en balade à deux-roues, l’artiste peintre ayant longtemps été guide pro à vélo. “La rénovation peut être un couperet pour pas mal de couples”, poursuit Olivier. “Pour nous, c’est tout l’inverse !

+ d’infos : http://lamaisonpapillons.fr

Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

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