grand déballage

19 Juin 2018

allez, videz votre sac !

Parce qu’il ne suffit pas d’être à poil pour se dévoiler, le photographe annécien Lionel Daviet et sa complice Charlène Périllat ont demandé à leurs modèles, dénudés, de vider leur sac. Littéralement… le plus intime n’est pas forcément là où on l’attend.

Lionel Daviet et sa complice Charlène Périllat

Lionel Daviet n’en est pas à son coup d’essai, le nu, il connaît. Il s’y est initié dès l’école d’art, puis a abordé la photo “dans cet esprit-là, en jouant avec l’ombre et la lumière. Pour moi, c’est très naturel, et, dans mon travail personnel, c’est ce qui me convient le plus, le style dans lequel je suis le plus à l’aise.” Ce n’est pourtant pas d’un corps dénudé que lui est venue l’idée de «It Bag».

Non, comme son nom le laisse deviner, ce projet sort d’un sac : celui de son amie mannequin Charlène Périllat, retourné avec impatience alors qu’elle y cherchait ses clés ? Son rouge à lèvres ? Son téléphone ? “Même si Charlène m’avait autorisé à l’ouvrir pour y prendre quelque chose si nécessaire, je n’avais jamais osé le faire…” et là, sur la table, devant le contenu du Longchamp vidé de sa substance, tous deux ont cette même impression de voir un bout de vie exposé, un patchwork de secrets dévoilés. “Un vrai bordel aussi ! Et des choses improbables, rectifie Charlène, mais c’était super intéressant. On a donc visualisé assez vite une série de clichés de sacs. Et puis, on s’est dit qu’il serait encore mieux d’avoir la propriétaire à côté, chez elle, et nue, pour une réelle mise en abyme de l’intimité.”

Morgane C.

Morgane Vacancière (18 ans à l’époque) : “Je suis parisienne, mais je viens tous les étés dans la maison de mon grand-père, à Angon. J’ai rencontré Lionel et Charlène à un barbecue, ils m’ont présenté le projet et j’ai aimé son côté artistique, mais surtout sociologique. Du coup, 24h plus tard, on faisait le shooting, dans ma chambre. Je fais aussi de la photo, et beaucoup de nu, de mes copines : j’aime montrer à la fois la beauté et le pouvoir du corps féminin, les lignes du corps, les courbes… Mais là, pour mon 1er shooting nu en tant que modèle, dans cette intimité très forte, alors que je ne les connaissais vraiment pas bien, ils ont réussi à me le faire accepter comme n’importe quelle autre photo. Et même si personne n’était dans le jugement, c’était finalement plus compliqué d’ouvrir mon sac et de montrer des choses toutes bêtes, ma pilule, des capotes, des tampons ou une photo de moi à 3 ans avec les oreilles décollées… Du coup, je les ai enlevées…”

GRAND DÉBALLAGE

Pour initier les shootings, fin 2013, ils contactent d’abord des filles autour d’eux, des connaissances, des amies d’enfance. Mais dès que les premières photos sont relayées sur les réseaux sociaux – qui, affolés, les retoquent souvent ou tapent sur les doigts de Lionel Daviet, quand les tétons ne sont pas pudiquement barrés de noir ou pixélisés – le projet fait boule de neige. Plus besoin de recruter, les candidates se bousculent.

Jade G.

La plupart, évidemment, plutôt à l’aise avec leur corps. “On a eu droit à quelques reproches, comme quoi on n’aurait choisi que des super minettes, mais nous n’avons pas fait de casting ni de sélection. On aurait d’ailleurs aimé avoir une plus grande variété de profils et de gabarits.” Mais la surprise vient des hommes. “En se focalisant sur les sacs à main, on n’avait pas pensé à eux, jusqu’à ce qu’un gars nous appelle pour nous dire qu’il avait toujours son sac à dos avec lui, alors nous sommes allés le photographier. Bien que les filles étaient plus conscientes de l’image qu’elles allaient renvoyer, les mecs, eux, étaient moins complexés, plus dans la déconnade, plus délurés.”

Jérome M.

Jérôme – Photographe à Annecy (42 ans à l’époque ):“Lionel est un ami avant toute chose et quand j’ai vu les premières images, j’ai eu envie de le faire, j’ai trouvé l’idée énorme. En tant que photographe, il m’arrive de faire poser nu, mais moi, même si j’aime bien me dévoiler, je ne l’avais jamais fait. Mais c’est du nu caché, on ne voit pas les parties intimes, il n’y a rien de vulgaire dans les images. J’aime aussi les mises en scène et Lionel en fait de très belles. Il a saisi mon côté «foufou», avec toutes mes Converses autour de moi, du coup, ce n’est pas un simple portrait, c’est presque un autoportrait que j’aurais pu faire. D’ailleurs, ça me correspond tellement que je l’utilise pour mon profil sur les réseaux sociaux, et c’est la seule photo d’un autre photographe que j’ai publiée sur ma page !”

LIEU SAC-RÉ

Charlène sécurise et guide, Lionel vise et saisit. “On a cherché la pièce où ils se sentaient le mieux, il fallait simplement qu’il y ait suffisamment de recul pour la photo, explique Lionel, et on a essayé de capter leur personnalité, ce qu’ils avaient envie de voir d’eux-mêmes”. Et donc de montrer.

Pour y arriver, le modèle choisit sa pose, en mouvement ou planté, suggérant seulement ou 100% dévoilé. Mais pour tout le monde, un cadre commun : le même format carré et une lumière homogène, dans des espaces qui ne sont, à quelques détails près, pas mis en scène. Seul le contenu du sac est arrangé. Sans trop tricher. “Je pense que la plupart ont joué le jeu, tout simplement parce qu’ils ou elles pensaient qu’on apporterait un sac… Ils ont donc vidé le leur devant nous au dernier moment. Mais pour certaines, c’est vraiment leur jardin secret et il était presque plus facile de se mettre nue que de l’ouvrir. Quant à la nudité, même si on n’était pas vraiment dans la transgression, qu’il n’y avait rien de sexy ou choquant, c’était parfois un défi personnel, qu’ils avaient mis sur une liste de challenges à accomplir, comme sauter en parachute ou faire de la plongée !”

Noémie R.

“Le but, en les photographiant sans vêtement, c’était d’atteindre une sorte de neutralité, d’enlever tout ce qui pouvait détourner de l’essentiel”, résume Charlène. Dans la boîte en 30 minutes ou finalisée autour d’un apéro, “chaque séance était l’occasion de rencontrer des gens différents, de voir leur intérieur… C’est ce que j’aime dans la photo, cette rencontre qu’elle provoque, ce lien, cette expérience humaine.”

+ d’infos :
It Bag conte(nus) de sac Snoeck Publishers – Septembre 2015
lioneldaviet.com
facebook.com/itbagprojet

Alexandra V.

Photos : Lionel Daviet

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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