j’ai testé pour vous l’emdr

2 Avr 2017

choc reset

Avez-vous déjà reçu un choc émotionnel si violent qu’un coup de massue 
vous eut moins heurté ? Avez-vous ressenti cette douleur atroce qui vous transperce et vous 
laisse là, exsangue, alors qu’aucune lame ne vous touche, ni ne vous blesse visiblement ?
 Un jour, comme ça, ma 
vie a basculé. 21 ans
 après, j’ai découvert l’emdr. Une technique
 de désensibilisation qui soigne les bleus de l’âme, ceux qui ne se voient pas, en presque un claquement de doigts.

Flash back… 1989. La première fois que j’ai vu Jérôme, ça n’a pas vraiment été un coup de foudre. C’était le copain de mon amoureux de l‘époque. On était passé le voir pour une histoire de surf… C’était l’été, il était torse nu, il tirait sur sa clope avec un air désabusé qui m’avait, d’ailleurs, un brin agacé…
Et puis, on s’est retrouvé dans la même bande de copains, dans la même école. Le genre d’école où l’on est toujours ensemble, où la fête n’est pas quotidienne… mais presque !

On a commencé par partager le stress des partiels, les fous rires en amphi, les soirées répèt dans le garage, les fêtes, les tournages de nos films amateurs… On a commencé par beaucoup rigoler… Et on a fini par s’aimer. Passionnément. Une alchimie parfaite et une complicité qui, d’un simple regard, faisait que l’on se comprenait.

RETOUR EN 2017

Je suis assise. Annick Grassi est en face de moi. Il faut que je pense à quelque chose d’heureux, de nourrissant, un événement apaisant qui m’apporte un bien-être profond… Faire un ancrage positif pour affronter, pour être forte.

Depuis une dizaine d’années, elle pratique la méthode DEMOKA – l’école française de l’EMDR – une thérapie pour désengrammer les chocs émotionnels, débloquer les évènements traumatiques qui n’ont pas été digérés par le cerveau, basée sur une désensibilisation par mouvements oculaires, kinesthésiques et auditifs. Les mouvements sont simples mais le protocole doit être rigoureux pour être efficace.

Je vais devoir retourner dans l’instant T, retourner dans la souffrance (en l’évoquant, le malaise s’insinue déjà) au moment le plus douloureux, celui où tout a basculé…Il faut fermer les yeux, se placer juste un peu avant le traumatisme… j’y suis.

1996, ONE DAY

Je suis au travail. La veille, j’ai très mal dormi. J’ai fait des cauchemars. Difficile de me rappeler précisément… Mais il y avait Jérôme, le blouson en cuir que je lui avais offert et de l’eau… Ce matin-là donc, je vois arriver ma sœur et mon beau-frère, les larmes montent. Je suis ravie de les voir, bien que cela soit totalement inhabituel… (je sais ce qu’ils vont dire, mais je ne veux pas). Ils n’ont pas l’air en forme… (mon plexus solaire est comme une boule incandescente). Ils semblent désemparés… (j’éclate en sanglots). Ils me disent qu’il y a eu un accident… (non) que “c’est très grave et que…”. (Je suis en larme, secouée de sanglots. Annick me demande à combien je me situe sur une échelle de malaise, entre 1 et 10, je ne sais pas : 11 ?) “… Malheureusement, Jérome n’a pas survécu”.

Je ne crie pas, je ne pleure pas, j’entends, mais je ne comprends pas… “pas survécu, c’est-à-dire ?” Je suis en état de choc. Je leur pose des tas de questions comme s’ils m’avaient annoncé qu’il avait eu un empêchement… où ? quand ? comment ? avec qui ?… Puis je prononce un mot : « NON ». Un mot que j’ai répété des dizaines de fois… Sans m’arrêter.

Ils me disent qu’il y a eu un accident… (non) que “c’est très grave et que…”. (Je suis en larme, secouée de sanglots. Annick me demande à combien je me situe sur une échelle de malaise, entre 1 et 10, je ne sais pas : 11 ?) “… Malheureusement, Jérome n’a pas survécu”.

Il était tellement débrouillard, il s’en serait forcément sorti… Pourtant, sur 4, il était le seul à y être resté.
Annick m’invite à ouvrir les yeux et à suivre les mouvements de droite à gauche et de bas en haut, puis de haut en bas qu’elle effectue avec son stylo, sans bouger la tête, juste avec les yeux. Elle désactive ainsi la violence de mes émotions. Puis, ensemble, nous composons une phrase, une phrase répétée 7 fois, pendant qu’elle reprend les mouvements oculaires. Je dois fermer les yeux, effectuer une respiration spécifique et pacifiante, pendant qu’Annick effectue un taping sur mes paumes de main. Au terme de ce protocole de quelques minutes, retour en 1996. Je ne suis plus du tout dans le même état émotionnel que tout à l’heure, je me sens visiblement apaisée et aussi incroyable que cela puisse paraître, j’évalue mon mal-être à 3 sur 10.

COMMENT ÇA MARCHE… ?

Le simple fait d’avoir réussi à écrire cette histoire sans déverser un torrent de larmes sur mon pc (au risque de m’électrocuter) me convainc de l’efficacité de la méthode.
Mais comment ?

Avant de procéder à cette thérapie, le praticien doit déterminer si la souffrance relève de la DEMOKA / EMDR, ou pas. En effet, cette technique n’est efficace que sur des traumatismes violents, soudains et ponctuels (décès, viols, accidents, attentats…), des évènements qui provoquent un choc émotionnel intense.

Car dans ce cas-là, le cerveau doit faire face, survivre. C’est donc l’amygdale (la partie qui traite les dangers et active les réflexes et substances chimiques) qui est sollicitée. Celle-ci doit se remettre en veille quand le danger est écarté. Mais si le cerveau est confronté à un souvenir traumatisant qu’elle n’a pas su gérer, le traumatisme va rester enkysté et l’information ne sera pas traitée et digérée comme elle le devrait.

En stimulant le cerveau par le regard, la voix et le toucher, l’EMDR permet au cerveau de désenkyster ce traumatisme.
Dans les thérapies classiques, on utilise des médicaments… le language, parfois pendant des années, pour se débarrasser d’un mal-être généré par un traumatisme, alors qu’au niveau du cerveau, le langage est situé dans le néocortex, une zone qui ne fonctionne plus efficacement si l’amygdale (la partie émotionnelle du cerveau) est toujours restée bloquée en mode « sauve qui peut ».

TOUCHÉE, COULÉ.

Pendant l’année qui a suivi l’accident, chaque matin au réveil, des larmes coulaient sur mon visage… il était parti . Et quand je réalisais qu’il n’était plus là, que je ne pourrais plus entendre sa voix, son rire, son cri de mouette (il faisait super bien la mouette… et aussi le karaoké avec le pommeau de douche, avec son caleçon sur la tête, devant le miroir de la salle de bain)… Mon corps tout entier était en proie aux spasmes et à la douleur physique.

On s’était toujours dit que l’on était connectés, que l’on s’aimerait pendant deux ou trois vies, même si elles devaient nous séparer… Le soir de mes cauchemars, il était monté dans cette voiture avec ses amis. La voiture est sortie de la route, elle est tombée dans l’eau, David a replongé pour aller le chercher, il m’a juré qu’il avait fait tout ce qu’il avait pu, mais il n’avait réussi qu’à saisir… son blouson en cuir.

+ d’infos : Il est recommandé d’effectuer cette thérapie avec un psy. Personnellement, j’ai contacté Annick Grassi par hasard. Je l’ai fait à titre personnel sans l’idée de vous en parler. Mais j’ai eu envie de partager… J’espère que cela pourra aider les personnes concernées. Sans attendre autant d’années.

© stasknop, hvostik16

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