la baie des cochons

1 Juil 2016

Ne nous voilons plus la face, nous ne sommes pas toutes égales face aux congés. Certaines sont génétiquement douées pour créer des vacances de rêves. D’autres pas.

Les premières excellent, dans l’aisance la plus déconcertante, telles des danseuses sautillant gracieusement de bons plans en îles paradisiaques, à dénicher, un an plus tôt, la destination fantasmée par toute la famille, belle-mère comprise (fort judicieux pour veiller sur la progéniture, ces femmes sont vraiment diaboliques).

Mes idoles…

Quand moi, la gueule enfarinée, je réalise mortifiée, fin juin, que la maîtresse est déjà en maillot de bain, mes deux têtes blondes piétinant d’impatience à l’idée de découvrir ce que leur mère parfaite a bien pu imaginer comme vacances parfaites… comme quoiiii ?

Elles, elles ont géré les réservations en deux coups de cuillère à pot, planifié les activités par tranches d’âge, belle-maman prenant un coup de jeune inattendu au passage, sélectionné les restos tripadvisorés, les sorties kohlantesques, les visites futées, les escapades routardées, les siestes crapuleuses… les valises bouclées, les vaccins checkés, les assurances renégociées, surtout celle de belle-maman, pleine de vie aujourd’hui, mais après 10 jours de batifolage ? (fort aguerries par quelques années de pratique, ces femmes sont vraiment prévoyantes).

Mes idoles, vous dis-je !!

Quand moi je me jette, avec toute l’énergie du pôle espoir, sur la toile cirée pas très nette (n’est pas Marie-Pierre Casey qui veut !), tel le radeau médusé espérant échouer sur un quelconque banc de sable, même pas ratissé : les enfants sont équipés, à défaut de belle-mère, ils seront occupés ! Et d’essuyer, avec un sang froid remarquable, la condescendance des professionnels du secteur overbookés depuis belle lurette, me brûlant jusqu’au dernier degré aux tarifs flambés des dernières offres en jachère, vue dégagée sur le parking paysagé, à 30 kilomètres du point d’eau le plus proche, un étang marécageux biotope, mais pas top du tout au final.

Quand miracle – et oui, le Dieu des vacances pour les Nulles existe vraiment-, je trouve LA location parfaite: bungalow mégalo, flambant neuf, avec jacuzzi, sur une plage donnant sur une vraie belle mer, celle qui joue aussi avec les enfants, mais dont les compétences et les désagréments s’arrêtent là, jouxtant un parc aquatique pour pirates en herbe. C’est qui la maman parfaite ? Et de parader dans le quartier, toutes plumes gonflées dehors, roucoulant ma gestion redoutablement efficace du dossier vacances.

J’entends glousser dans les allées. Quoi ? Oui, j’vais au Cap d’Agde ! Et alors ? Si je voyage léger ? Mais pourquoi s’intéressent-t-ils tous soudainement au volume de mes bagages ? Et tous ces clins d’œil appuyés… Retour sur ma toile désormais rutilante, Cap d’Agde : «station balnéaire autrement appelée la Baie des cochons». Ah ? Tiens… Ils font dans la reconstitution historique aussi ? Chouette, les vacances s’annoncent cul’turelles !

Lara Ketterer

Lara Ketterer

Lara Ketterer meneuse de revue SURNOM: enfant, c’était Tatouille, en rapport avec mon prénom... PERSONNAGE DE FICTION: depuis toujours : la femme piège, d’Enki Bilal, une reporter mystérieuse et un peu paumée en 2025... OBJET FETICHE: mon téléphone portable, un vrai doudou que je traîne partout ! ADAGE: vivre sans folie, ce n’est pas raisonnable du tout ! JE GARDE: mes yeux et mon esprit rock, toujours provoc ! JE JETTE: mes coups de blues, ça abime les yeux ! DANS 20 ANS ? Adulte ? presse@activmag.fr

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