La capote pas capot

dur’ latex sed lex*

C’est une petite révolution dans le monde du latex ! Le préservatif masculin sera désormais remboursé sur ordonnance. Réclamée par les associations depuis des lustres, la nouvelle a enfin été annoncée par la ministre Agnès Buzyn en décembre. Elle veut en faire son arme fatale dans la guerre contre la propagation alarmante des ist et du sida, en particulier chez les jeunes. Mais cette mesure est-elle vraiment à la hauteur de l’urgence ?

Qu’elle semble loin l’époque du slogan «Le sida ne passera pas par moi !» balancé juste avant le JT de 20 heures ou les images choc de l’obélisque de la Concorde enveloppé de latex !

PIN’GADGET

Bien sûr, des progrès ont été réalisés, permettant, non pas de guérir, mais au moins de vivre avec le sida, au prix de traitements lourds et coûteux. Alors forcément, la maladie fait moins peur aux nouvelles générations, et la vigilance se relâche.

Chaque année en France, 6000 nouveaux cas d’infection au VIH sont à déplorer et les IST se multiplient, notamment chez les 18-25 ans. En cause, un dépistage quasi inexistant, et une absence de protection pour la moitié d’entre eux. Une tendance lourde observable également à l’échelle mondiale. Comme le dirait Jacques Chirac, «la maison brûle» ! Et il faudrait une escadrille de Canadair pour éteindre l’incendie. Or, le gouvernement semble se contenter d’un pistolet à eau. Pour l’heure en effet, seule la marque française EDEN du laboratoire Majorelle est remboursable. Rien d’autre à se mettre sous l’Adam. L’entreprise parisienne a emporté le morceau en raison de sa démarche citoyenne qui vise à démocratiser les médicaments, et grâce à l’importance qu’elle accorde à la qualité de fabrication. Sur ce point, aucun «sushi» en perspective puisque le labo a choisi le Japon, numéro 1 mondial du préservatif, comme fournisseur. Robuste, classique, sans fioritures et pas cher à produire, l’étui nippon (ni mauvais !), proposera, selon Majorelle, «une sensation lubrifiée simple». Point de «goût fraise, de picots ou autres options» susceptibles de «geisha» les sensations. Une Dacia de la capote sensée convenir au plus grand nombre, mais qui ne risque de ne pas rencontrer un grand succès.

FAIRE L’AMOUR AVEC UN PRÉSERVATIF, C’EST “COMME MANGER UN BONBON AVEC SON PAPIER”, DIT L’ÉCRIVAIN ET POÈTE TAHAR BEN JELLOUN. ABSENCE D’ENTHOUSIASME POUR UN PRODUIT DONT LA CONCEPTION N’A PAS ÉVOLUÉ DEPUIS SA MISE AU POINT PAR LE FABRICANT DE PNEUS GOODYEAR EN 1880.

UNE CAPOTE EN BERNE

Premièrement, parce que le prix n’est pas, en réalité, le frein majeur. Sur une base moyenne de 9 rapports/mois, le coût annuel en préservatifs d’un Français dépasserait à peine les 100 €. Une somme, certes, loin d’être négligeable pour certains adolescents désargentés, mais qui est moins élevée qu’un abonnement à Netflix ! Renoncer à la capote pour ce motif, c’est s’assurer une «série»… d’infections, beaucoup moins passionnantes que la fameuse Casa de Papel. Au programme : VIH, syphilis, herpès ou chlamydia. Dans ce dernier cas, les contaminations ont même été multipliées par 3 depuis 2012.

Deuxièmement, parce que les (mauvaises) raisons de draguer en décapotable sont nombreuses. Les réfractaires prétextent souvent le manque de sensations, les problèmes de taille, les risques de débandade. Mais que diraient ces Caliméro, s’il leur fallait enfiler, comme dans l’Antiquité, les boyaux de mouton des soldats égyptiens, les vessies de chèvre de Minos, le roi de Crète, ou encore les membranes en papier de soie huilé des Chinois ?

Troisièmement, parce que cet étui tout flasque n’emballe personne. “Le condom, ça t’fait pas capoter (exciter)”, affirment nos cousins québécois ! Faire l’amour avec un préservatif, c’est “comme manger un bonbon avec son papier”, dit l’écrivain et poète Tahar Ben Jelloun. Absence d’enthousiasme pour un produit dont la conception n’a pas évolué depuis sa mise au point par le fabricant de pneus Goodyear en 1880. Il faudrait un Steve «Zobs», capable de créer l’Iphone de la capote, un objet fun et design, que tout un chacun serait fier d’exhiber. Rêvons un peu… !

DÉBANDADE EN PERSPECTIVE

Le remboursement ne serait ainsi pas la solution miracle. D’autant que le rendez-vous préalable chez le médecin de famille risque d’être perçu comme pesant. “Alors mon petit Kévin, tu as besoin de capotes ? Tu veux combien de boîtes ? Quand je pense que je t’ai connu tout petit !”. En fait, les chances d’éteindre l’incendie sont proches de zéro si on se contente juste de diffuser des préservatifs. Il suffit de constater, par exemple, le quasi échec des distributeurs dans les lycées. Quant aux 5 millions donnés chaque année gratuitement en France, on ne sait même pas s’ils sont utilisés au final.

Le cœur du problème, c’est le dramatique manque de connaissances sur les maladies sexuellement transmissibles. D’après un sondage de 2018 pour Sidaction, 20% des jeunes s’estiment mal informés. Un chiffre plus élevé qu’il y a 10 ans. L’absence de dépistage, les clichés sur le sida, les préjugés sexistes – la pilule c’est pour les filles, la capote pour les garçons -, autant de sujets qui relèvent d’une vraie éducation à la sexualité, en particulier dans le cadre scolaire. Prévue par une loi de 2001, celle-ci devrait être mieux défendue contre les assauts récurrents d’associations qui n’hésitent pas à multiplier les fake news et à agiter les fantasmes, pour la faire capoter.

Alors, en attendant de pouvoir évaluer l’efficacité de la mesure annoncée par Agnès Buzyn, une seule règle à suivre, ne jamais sortir sans préservatif ! … Et encore moins entrer !

* Librement inspiré de la formule latine «Dura lex sed lex» : la loi est dure, mais c’est la loi.

© Lightfield Studios / © Africa Studio

[social_warfare]
Emmanuel Allait

Emmanuel Allait

Chroniqueur SURNOM : Manu. Mais je préfère qu'on m'appelle Emmanuel. Un peu long, mais plus c'est long, plus c'est bon, non? PERSONNAGE DE FICTION : bob l'éponge. J'ai passé 40 ans à faire la vaisselle et ce n'est pas fini ! Je suis un spécialiste. OBJET FETICHE : un stylo plume. Beaucoup plus classe qu'un ordinateur. Ou une montre, automatique bien sûr. Regarder le temps qui passe pour en profiter au maximum. ADAGE : mon cerveau est mon second organe préféré (woody allen). JE GARDE : joker. JE JETTE : mes pieds. DANS 20 ANS ? je serai sur une scène, guitare à la main, pour jouer Europa de Carlos Santana. presse@activmag.fr

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