laura guillet au canada

Trappeurs de rêves

La vie sauvage, la vraie, genre back into the wild, avec cabanes en rondins, rencontres poilus (on parle d’ours, hein?)… tentant, non? Alors ouvrez les vans, cap sur les rocheuses canadiennes avec Laura,
 31 ans, la belle au bois outdoormant, pour une découverte de la montagne version géant!

Laura Guillet

L’ outdoor, c’est son truc. Alors, forcément quand on habite Paris, la vie manque de relief pour Laura Guillet… Une chance! Grenoble offrait la possibilité de réaliser son internat en médecine… alors ni une, ni deux, pour éviter tout traumatisme, elle change de région. C’était il y a 6 ans.

Désormais médecin anesthésiste réanimateur, elle a aussi tous les symptômes d’une «montagne addict». “J’ai toujours été attirée par les Alpes et les sommets. Je pratique beaucoup d’activités de plein air en général : ski de rando, alpinisme, escalade… C’est d’ailleurs pendant mes sorties en montagne que j’ai vraiment pris goût à la photo avec cette envie de saisir des instants privilégiés, des lumières, des ambiances… et de (re)partager cela avec mon entourage, de retranscrire par l’image les émotions que je vis en montagne.” Deux passions qu’elle développe fiévreusement dans la région, mais aussi de par le monde…

Ses tous premiers voyages, elle les fait aux États-Unis, au pays des grands parcs comme Yellowstone. Les grands espaces, la pleine nature… c’est ce qui la (ré)anime. Puis, elle part au Népal, en Indonésie… Enfin, en septembre dernier, elle opte pour une petite cure de vie sauvage avec le Canada et ses Grandes Rocheuses.

UN COUP DE MOUSSU

“Je suis partie avec deux amies : en itinérant, on était libres de nos trajets, on s’est laissées aller au gré de nos envies, des occasions, de la météo…” Arrivée à Vancouver, elle passe quelques jours à découvrir cette ville cosmopolite en harmonisation parfaite entre mer et nature. Puis, au volant d’un van, elle embarque pour Victoria Island, l’île de Vancouver.

“J’ai adoré le caractère vraiment sauvage de la côte ouest vers Tofino, le climat unique de cet endroit avec ses immenses plages de surfeurs qui prennent la brume le soir… Les grandes forêts humides et moussues s’arrêtent sur ces plages désertes à perte de vue, avec des côtes déchiquetées, des rochers… Il y reste encore plein de petits coins secrets et indomptés…” Lors d’une balade en mer, elle rencontre même les baleines, un pur moment de bonheur au coucher du soleil.

Puis elle repart sur le continent. Direction le parc de Jasper – le plus grand parc national du Canada et aussi l’un des plus anciens – avec ses reliefs qui se rapprochent des Alpes, mais à l’échelle de l’Amérique du Nord : sur des centaines de kilomètres, on peut ne rien croiser… sauf peut-être un loup! “En arrivant à Jasper, on a eu la chance d’en voir un sur la route, une rencontre surnaturelle… Mais on n’a pas vu d’ours pendant ce séjour, beaucoup de traces de pattes par contre… En revanche, les cervidés étaient plutôt nombreux et on a croisé des orignaux avec leurs petits!

AURORE FATALE

Entre Jasper et Banff, elle passe une nuit dans une cabane au bord d’un lac au-dessus de Bow Hut. “C’était très sauvage. Pas une remontée mécanique, personne… Alors que cela arrive rarement fin septembre, on a eu la chance de voir danser les aurores boréales toute la nuit grâce à une tempête magnétique qui passait par là…”

Plus elle avance dans leur parcours, plus le temps change… et la neige commence même à tomber! “Cette année-là, la Colombie Britannique et l’Alberta ont été touchées par de puissants feux de forêt, des parcelles entières sont parties en fumée. J’ai fait une photo de ces troncs noirs calcinés qui contrastent avec la neige, c’était une ambiance vraiment étrange et saisissante…”

FEU DE JOIE

Après avoir traversé une myriade de grands lacs, des miroirs parfaits avec leurs eaux turquoise éclatantes comme le Lac Louise, elle s’arrête un jour sur une aire sauvage, mais aménagée… “Ici, tout est prévu pour jouer au trappeur! Le bois pour le feu, la rivière… Le pavé de saumon à faire griller! On y a d’ailleurs rencontré une habitante de Jasper qui était en train de faire ses bottes en peau et fourrure. On a discuté avec elle toute la soirée autour du feu… C’était un peu cliché, mais tellement sympa!”

Son voyage se termine à Calgary, la capitale canadienne des cowboys, histoire de faire un petit coucou à un ami qu’elle avait rencontré au Népal sur le camp de base de l’Annapurna. Une dernière occasion de faire une sortie en montagne, de profiter des couleurs de l’automne et des premiers flocons de la saison…

Loin d’être vaccinée contre l’aventure, elle en reprendra une petite dose bientôt : la Sicile en octobre, puis peut- être l’Ecosse et encore le Canada, mais en hiver cette fois… En attendant, c’est un bon shoot de montagnes alpines en intraveineuse qui l’attend cet été lors de bivouacs au sommet du Mont Aiguille, d’ascension de la Dent de Crolles et de balades dans son massif de cœur, le Chablais et les Gets…

+ d’infos :
lauraguillet.com

Laura Guillet

Céline Leclaire

Céline Leclaire

Journaliste
SURNOM : pas de surnom... avouable en tout cas ! PERSONNAGE DE FICTION: la Fée Clochette. OBJET FETICHE: mes sacs à main. ADAGE: si le plan A ne marche pas, on ne panique pas, il reste encore 25 lettres. JE GARDE: mon œil gauche. JE JETTE: le droit. DANS 20 ANS? au sommet d’une montagne.

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