SOURCES D’INSPIRATION
Pour voir la vie en bleu, il faut parfois voir plus loin que le bout de sa baignoire et chercher à nager dans d’autres eaux. Voilà donc une sélection – très subjective – des lieux les plus chouettes pour en prendre plein les mirettes pendant qu’on fait trempette.
LES PLUS AUDACIEUX – BATH GRANDE-BRETAGNE)

Impossible de parler thermes sans évoquer Bath. C’est là que tout a (re)commencé -les Romains avaient bien mariné en leur temps, mais la pratique s’était ensuite un peu perdue-. En même temps, quand on s’appelle «Bain», il faut s’attendre à prendre l’eau… Dans la première moitié du XVIIIe siècle, cette cité du Somerset perçoit donc avant les autres son potentiel thermal. Rapidement, elle devient à la fois la plus élégante et la plus populaire des villes d’eaux européennes et sert de modèle à ses homologues continentales, Spa, Baden… Comme la Britannique, toutes instaureront des routines quotidiennes pour les curistes : boire et se baigner le matin, se promener l’après-midi puis terminer la journée en se montrant au bal, au concert ou aux tables de jeu.
Avec ses thermes romains, son abbaye, son pont bâti et son croissant -ni au beurre ni ordinaire, le «Royal Crescent» est un ensemble trente maisons disposées en croissant, donc, autour d’un parc- Bath est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco et reste l’un des sites touristiques les plus visités d’Angleterre. visitbath.co.uk
LES PLUS HARMONIEUX – MONTECATINI TERME (ITALIE)

En Italie, on a souvent l’impression de remonter le temps. À Montecatini Terme, «la plus grandiose des stations thermales toscanes», si les eaux sont appréciées depuis l’Antiquité, c’est pourtant dans l’ambiance Belle Epoque, fin XIXe-début XXe, que la ville vous replonge. Dans les allées arborées du parc ou dans les cafés, il n’était pas rare jadis d’y croiser du beau monde, Giuseppe Verdi, Luigi Pirandello… Ici, se discutaient enjeux politiques et affaires juteuses. Aujourd’hui, des avenues entières de bâtiments thermaux distribuent encore les eaux de plusieurs sources, aux propriétés toutes différentes, mais celui à côté duquel il serait dommage de passer, c’est le majestueux Tettuccio, mélange de styles néo-classique et Art Nouveau, avec ses colonnades, fresques et vasques de marbre. Comme son homologue britannique, Montecatini Terme est inscrite depuis juillet 2021 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. termemontecatini.it
LES PLUS INATTENDUS – MONT-DORE (FRANCE)


De l’extérieur, rien à voir avec le faste italien ou le raffinement anglais. On est en Auvergne, à 1000 m d’altitude, et, nous sommes bien placés pour le savoir, le montagnard ne se livre pas au premier rencard. Il ne faut donc pas se fier à la sombre façade en pierre de lave de ces thermes du Massif Central, car à l’intérieur, le décor est d’une grande richesse d’inspiration byzantine : peintures, mosaïques, fresques, plafonds peints, coupoles, ruines romaines, sculptures… On doit même la charpente métallique du Hall des Sources à l’équipe de Gustave Eiffel… N’en jetez plus ! Le tout, hormis certaines structures de soins modernisées, est resté dans son jus depuis le XIXe siècle. C’est ici que Balzac et George Sand venaient soigner leurs rhumatismes ou problèmes pulmonaires. Tout comme Proust. Dans un décor Belle Epoque qu’il aurait pu connaitre, un salon de thé au cœur de la ville propose d’ailleurs de rechercher le temps perdu en dégustant une madeleine…http://chainethermale.fr/le-mont-dore
LES PLUS POPULAIRES – SZÉCHENYI (HONGRIE)

La Hongrie, l’autre pays des bains… (après le Japon, 1re destination mondiale pour le thermalisme). On y compte plus de 1300 sources d’eau thermales, dont 123 pour la seule capitale Budapest, de part et d’autre du Danube. Et beaucoup des thermes qui les abritent sont de véritables monuments historiques. Les plus célèbres restent incontestablement les Bains Gellért, hymnes à l’Art Nouveau, aménagés dans la serre d’hiver de l’Hôtel du même nom. Mais Széchenyi, situé dans le bois de la ville Varosliget, constitue le plus grand complexe thermal d’Europe. Propice donc également aux bains de foule… Mais l’ensemble est tellement vaste qu’il n’est jamais bondé. Les Budapesti y passent de longues heures, à jouer notamment aux échecs tout en barbotant. Le must ? Attendre l’hiver et profiter des bains extérieurs dans lesquels la brume des vapeurs d’eau, le jaune des bâtiments et le bleu de l’eau, dégagent une atmosphère encore plus particulière… http://szechenyispabaths.com
LES PLUS DÉROUTANTS – VALS (SUISSE)


À l’âge d’or du thermalisme (fin XIXe-début XXe) sont associés de grands architectes, confrontés à deux défis majeurs : les thermes devaient, d’une part, répondre aux contraintes sanitaires, hygiénistes de l’époque, et, d’autre part, porter, le plus magistralement possible, l’image et l’ambition de la ville dans laquelle ils s’implantaient. Un véritable pari. Que fait également la commune de Vals, dans les Grisons, quand elle rachète en 1986 le complexe thermal en faillite, et le confie à l’architecte Peter Zumthor. Il n’a encore quasiment rien construit. Il imagine alors un ensemble dépouillé et minéral, constitué d’une quinzaine de blocs tous différents, construits en dalles de gneiss, la pierre que l’on retrouve sur le toits des chalets locaux. Pour ne pas gâcher la vue sur la vallée aux clients de l’hôtel principal, il enterre à moitié le bâtiment dans la colline et recouvre les toits de végétation. Loin des codes classiques de l’architecture thermale, mais parfaitement cohérents avec leur environnement, ces thermes, à nuls autres pareils, vaudront à leur concepteur le Prix Pritzker (l’équivalent du Nobel, en architecture), en 2009. http://7132.com