les Z & la sexualité

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ILS ONT LE CERVEAU CONNECTÉ AU WIFI ET LE SMARTPHONE GREFFÉ SUR LA MAIN. DE LÀ À PENSER QUE LE SEXE VIRTUEL EST LÉGION… SI L’ENVIRONNEMENT DE LA GÉNÉRATION Z EST FORCÉMENT MIS EN ONDE, QUID DE LEURS ASPIRATIONS EN MATIÈRE DE SEXUALITÉ ET D’AMOUR ?

La génération ascendante aura forcément le réflexe d’opposer les us de celle qu’elle enfante (alors qu’elle parvient finalement très bien à en adopter les codes, l’hypocrite, rappelez-vous de votre dernier apéro visio…), mais en matière de sexualité, en quoi les normes de la génération Z sont-elles différentes de celles de leurs aînés? Si l’on a tendance à penser de prime abord que la génération née après 1995 oscille entre boulimie et abstinence sexuelle, qu’en est-il vraiment ?

GÉNÉRATION PORNO

Oui, ces derniers ont été immédiatement immergés dans l’image et c’est entre 8 et 12 ans que l’accès aux premières images pornographiques se fait (et rien que de le savoir, mon cœur de maman saigne). Pour autant, pour Samuel Dock, psychologue et auteur de «Punchlines des ados chez le psy», “Il faut arrêter de penser que la génération Z passe son temps à consommer des films pornographiques. C’est un cliché que j’entends très, très souvent en consultation. Et que cela pervertirait leur représentation du corps, de la sexualité. Ce n’est pas vrai. Je ne vois pas une génération d’obsédés sexuels, marqués par les films pornos.
En réalité, plusieurs études tendent même à montrer que la génération Z aurait moins de rapports sexuels que les précédentes, à l’instar de l’une d’entre elles menée par des chercheurs de la Florida Atlantic University et reprise dans une dépêche de l’AFP de 2016. Ainsi les jeunes milléniaux américains nés dans les années 1990 entreraient dans la catégorie de population la plus inactive sexuellement depuis la Grande dépression des années 1920. “Savoir ce qu’est une relation sexuelle et pouvoir en regarder en vidéo ne conduit pas à davantage de sexe réel pour les jeunes”, souligne l’étude.

PAS UNE,
MAIS DES SEXUALITÉS

Là où le champ s’est élargi, c’est dans le type de schémas possibles. Le sexe sans l’amour, l’amour sans le sexe, ou les «sex friends», même si dans l’absolu, tous rêvent d’allier les deux sans s’enfermer absolument dans cette quête. L’omniprésence de l’image aurait davantage désacralisé et décomplexé l’acte sexué, sans pour autant simplifier la relation amoureuse. Deux jeunes Haut-savoyardes, vivant du côte de Nangy et Ville-la-Grand, que nous avons rencontrées, auteures du livre « L’art du râteau » le confirment, malgré des situations personnelles très différentes. Pour Elodie, 26 ans, en couple, “il est plus facile d’avoir une relation sexuelle sans enjeu que de se dévoiler, d’affirmer ses sentiments et de construire une relation pérenne”. Charlotte 26 ans, célibataire, de confirmer: “il est clairement plus facile de coucher avec un garçon que de dire je t’aime.” Tous se rejoignent toutefois sur leurs aspirations à l’amour -malgré des histoires familiales très différentes- pourvu qu’il soit inconditionnel. Peu de place pour le consensus. Pour Charlotte, “si je ne suis pas heureuse, je zappe”, l’idée de rester mariée à tout prix a passé son chemin. Idem pour l’infidélité, inenvisageable, rien ne les oblige à rester liés, à se battre. Et les quadras en sont déjà les parfaits exemples. La radicalité de la jeunesse et de ses idéaux en moins.
Mais alors qu’en est-il de la tendance à l’asexualité ? Selon les observations d’Emmanuelle Richard, qui en a fait le sujet central de son livre «Les corps abstinents», si la jeune génération est peut-être plus à l’aise avec cette possibilité, elle n’en a pas pour autant l’incarnation, il s’agit plutôt d’un nouveau tabou qui se lève.
Le mythe d’une génération extrême s’effondrerait-il ? Selon André, 22 ans de Nangy, et déjà en couple: “Perso, des couples où il n’y a pas de sexe, je n’en connais pas, ça me paraît inconcevable”. Et d’ajouter que la plupart des garçons de son âge sont fiers de pouvoir afficher leurs PQR, Plans Culs Réguliers –rien que de très ordinaire quand on a 25 ans- sans pour autant avoir des pratiques ultra-débridées. Juste la liberté d’emprunter plusieurs voies.

Elodie, 26 ans
André, 22 ans
Charlotte, 26 ans

INSTANTANÉ, MAIS PAS SPONTANÉ

Selon Michel Bozon dans l’ouvrage «Sociologie de la sexualité», plusieurs transformations ont ébranlé les cadres sociaux de la sexualité. Avec la contraception, celle-ci s’est écartée de la nécessité de procréer et avec l’affaiblissement de l’institution du mariage, elle s’est différenciée de l’idée de s’unir à long terme. A présent, parmi celles qui distinguent les quadras de la génération Z, il y a évidemment l’omniprésence des réseaux sociaux. Et à entendre les différentes générations exprimées, ce ne serait pas tant le passage à l’acte et ses codes qui les opposeraient, mais plutôt le chemin et les moyens d’y parvenir. Si tous disent ne pas avoir véritablement de tabous sur les pratiques sexuelles – celles-ci dépendent plus de la relation et de la sphère intime que de l’appartenance à telle ou telle génération -la question des modes de séduction a, quant à elle, considérablement évolué. A en croire Charlotte et Elodie, la rencontre passe obligatoirement par voies dématérialisées… Et Dieu sait que celles-ci ne sont pas impénétrables! Sur les sites dédiés, Tinder, Adopteunmec, Happn et autre Meetic, on expose son CV du lover, et forcément on aura tendance à faire émerger la face la plus valorisante de soi. L’étincelle ne tient alors plus qu’à un seul rendez-vous, le 1er. Pour André, “on ne se laisse pas le temps de se découvrir, c’est un peu : ça passe ou ça casse”. Pour Charlotte, la quadra du panel, auteure annécienne, “les réseaux sociaux changent forcément l’approche, il n’y a pas la même spontanéité, mais c’est vrai quel que soit l’âge de l’utilisateur, c’est l’outil qui veut ça”. Dans les années 90, on pouvait se laisser le temps de s’apprivoiser, là, les dés sont plus vite jetés. Une fois la rencontre physique consommée, la relation passe nécessairement au crible des réseaux sociaux. Charlotte et Elodie nous expliquent que «stalker» (enquêter sur la «target», alias «la cible» sur le web), est une étape incontournable. Merci Facebook et Instagram qui dressent le portrait-robot fantasmé ou non, fidèle ou non, de ladite cible. Quant à l’après, c’est aussi via les réseaux sociaux que l’on garde le contact. C’est à ce moment-là que les écrits et les images choisies sont pesés à l’extrême et prennent le risque d’être soumis à l’interprétation, voire à l’instrumentalisation. Autant dire qu’avant d’envoyer des sextos enflammés, il faut une certaine dose de confiance.
Un cercle opérationnel qui relègue même le «wild-dating», c’est-à-dire sortir en espérant rencontrer quelqu’un (quadras, je vous vois déjà vous dire… Ben ouais, normal quoi !), est qualifié par beaucoup de jeunes de pratique dangereuse. Quadras, nous sommes bel et bien les Mike Horn de la relation ! En somme, lorsque des portes s’ouvrent, d’autres se referment.

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Conceptual photo of a couple sitting on laptop

TRANS-GENRÉS

L’autre processus de mutation des codes repose sur cette possibilité que la génération Z a de se définir sur le plan de l’identité sexuelle. Pour Charlotte, “ce qui nous différencie le plus de la génération qui suit, c’est cette liberté qu’ils ont de pouvoir appartenir à une multitude de genres”. Une sorte d’ouverture du champ des possibles qui se résumait, pour les quadras que nous sommes, à l’homosexualité, l’hétérosexualité et la bi-sexualité, à la limite. A tel point qu’il est parfois difficile de s’y retrouver même pour ceux qui ont ouvert la voie avec le PACS et le mariage gay. Pansexuels, ceux qui sont attirés indifféremment par un sexe ou l’autre, lithromantiques, ceux qui ne recherchent surtout pas la réciprocité, graysexuels, à la frontière de la sexualité et de l’asexualité… l’ère des queers a sonné et avec elle le rejet de la possibilité d’un déterminisme génétique de la préférence sexuelle.
Tous ces termes créent une tension et cela introduit des opportunités que d’autres générations n’avaient pas. Mais il faut choisir, c’est le poids de la liberté”, affirme Véronique Mottier, professeure en sociologie à Lausanne. Et avec ces termes, la question identitaire toujours sous-jacente. Selon André, “en cherchant toujours à rentrer dans des cases, on recherche surtout la reconnaissance du groupe et de ses codes. Il faut appartenir à une catégorie. Mais au fond l’enjeu est de pouvoir s’en foutre complètement de savoir quelle est la préférence de chacun…”. Voilà sans doute le défi que la génération Z aura à relever, plus encore que la revendication quelle qu’elle soit, il s’agira juste du droit de pouvoir aimer qui l’on veut et de toutes les façons possibles, à condition d’instaurer un vrai rapport d’égalité. Sur ce point la route est tracée, mais le chemin reste encore et encore à parcourir. #MeToo. Une vieille histoire. Et gare au travers du sexisme inversé.

+ d’infos : «L’art du râteau, l’amour de A à R» – Charlotte Bernasconi et Elodie Boisier. «Sexologie de la sexualité» – Michel Bozon «Les corps abstinents» – Emmanuelle Richard

[social_warfare]
Gaëlle Tagliabue

Gaëlle Tagliabue

Journaliste
SURNOM : Gaz, Gazou et toutes ses déclinaisons les plus suspectes. PERSONNAGE DE FICTION : Mercredi de la Famille Addams, j’adore son côté dark et cinglant sous ses airs d’enfant sage. OBJET FETICHE : La chanson qui colle à l’instant, elle me suit partout. ADAGE : "Mon principal défaut c’est de les avoir tous…" C’est de mon père, j’adore cette phrase. JE GARDE : Mes amours, mes amis. JE JETTE : Mes emmerdes, quoique... La peur et le doute… mes poubelles sont pleines ! DANS 20 ANS ? En escale entre 2 voyages, en train de raturer un carnet noirci de belles histoires.

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