MÂLE ET DICTION

16 Déc 2021

LOULOU AB(L)ONDE DANS LE BON SENS !

« Ai-je bien entendu mon loulou ? tu m’as traitée de blonde ?  » Toutes épines dehors, madame ressemble a une porc-épique prête à attaquer ! Monsieur vient de se rendre compte de sa conn bévue, on dirait «le désespéré», l’auto-portrait de Gustave Courbet en 1841 ! (oui lectrice, je te culturise !) Ambiance…

La journée avait pourtant bien commencé, à la cool, tartines beurre salé accompagnées de fruits au petit-déjeuner, et une conversation enjouée façon “qu’est-ce qu’on est bien ensemble”, suivi d’un peu de bricolage et puis, PAF, Madame qui lui ramène une E27 au lieu de la E14 demandée -ben oui, vous voyez de quoi je parle, une ampoule… allô quoi ! Et en plus, il lui avait bien précisé “comme toi, avec un p’tit cul” -, là, il était déjà limite carton jaune- et quand elle est arrivée avec sa E27, il avait laissé fuser un sarcastique : “et bing ! Voilà ma blonde !”. 

Comme l’épée de Dame-oclès au-dessus de sa tête…  

Si la Blonde en question avait été québécoise, sur un malentendu, ça aurait pu passer pour un petit joke amoureux, mais pour la Savoyarde descendue de Thônes, elle n’est p’Aravis, oh, que non ! D’accord, 10 000 ans de patriarcat, c’est lourd à porter -génétiquement parlant-, mais elle fulmine : “Tu te rends compte, Canard, de tout le sexisme que tu as encore en toi ? Oui, je sais que tu y travailles, mais pourquoi ça ressort toujours ? Et ne me fais pas le coup du : « où est ton fameux sens de l’humour ? Ce n’est pas méchant, tu me connais », pour ensuite ajouter le sempiternel : « c’est quoi ton problème ? »”. Elle s’empourpre : “Eh bien oui, il y a problème !”  Loulou a baigné dans le jus des Bigard et Dubosc où l’humour vache était gratiné, mais l’époque actuelle est pire ! Madame est lancée : “Sur tous les réseaux sociaux, on morfle encore plus qu’avant ! Comme si dénigrer les femmes était le seul moyen de faire rire…T’as qu’à voir Cyprien, Norman ou Rémi Gaillard !”

Il sent dans son cou le souffle du #Balancetonloulou…

Il plaide (et pas seulement à cause de la température hivernale) : “Je suis un grand couillon, ok, mais avoue que je reste encore à des années (manquant de) lumière de Zemmour ! Moi, je n’ai jamais pensé ou dit que ta place est à la maison, que l’archaïsme avait du bon, que c’est une catastrophe pour la société quand les valeurs féminines dominent !” Un coup dans l’eau, Madame ne l’absout point : “Ne va pas te cacher derrière cet individu au discours sexiste abominable. Sur le site de France-Inter, j’ai lu la compilation de ses propos et j’en ai encore la nausée ! Oui, je sais -et heureusement- que tu ne mets pas la main sur tous les charmants fessiers qui passent et que tu crois en la légitimité et la compétence des femmes en politique, mais cela ne suffit plus ! Si tu veux vraiment la parité, tu vas devoir re-paramétrer la zone de ton cerveau qui est sensée fabriquer de l’humour…”

Quoi ? Abandonner son fonds de commerce ? Finis l’humour de caserne olé-olé et les stéréotypes ? Même en utilisant le 4e degré qui faisait passer le suppositoire ? Perplexe, Loulou lève les yeux au ciel -un ange asexué passe-, il tilte :  « Mais oui, c’est ça ! Faire de la dérision sur la religion ! Là, il n’y aura jamais aucun problème… » Pov’ Loulou, ce n’est pas gagné !  

Frédéric Charpentier

Frédéric Charpentier

Chroniqueur
SURNOM: Fred. PERSONNAGE DE FICTION: le professeur Keating du «Cercle des poètes disparus». OBJET FETICHE: ma paire de running. ADAGE: Carpe Diem. JE GARDE: les yeux, les mains, la bouche. JE JETTE: quasi tout le reste. DANS 20 ANS? un esprit dans le vent.

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