en station : Margot Boch & Carla Sénéchal

30 Jan 2021

Glisse en chœur

Jusqu’à 130 km/h et 5 G encaissés, le bobsleigh est une discipline… engagée. Comme le sont Margot Boch, 21 ans, et Carla Sénéchal, 24 ans, le tandem savoyard qui porte haut, mais surtout très très vite, les espoirs tricolores. Et ce n’est qu’un début. Alors, en piste ?

Trois ans d’écart, les mêmes reflets blonds, le même regard clair et déterminé, Margot Boch et Carla Sénéchal pourraient être sœurs. Elles le sont presque devenues, liées par l’effort, l’amour du sport et l’envie de gagner.
Leur histoire commence à l’été 2018. Margot, ancienne gymnaste au pôle France à Aix-les-Bains, s’est convertie à la glisse carénée quatre ans plus tôt, sur les conseils de Bruno Mingeon, bronze olympique de bob à 4 en 1998 (aux J.O. de Nagano). Question d’âge, elle a dû commencer par la luge, mais cherche alors une «pousseuse», quelqu’un d’explosif, fort et rapide, pour changer de véhicule, monter en gamme. On lui suggère plusieurs noms, dont celui de Carla.
La Chambérienne est en vacances à Bali quand elle reçoit l’invitation de Margot à venir la rencontrer à La Plagne. Elle use ses pointes sur les pistes d’athlé depuis plus de 15 ans, sur 100m et relais 4x100m en compétitions nationales, mais voudrait bien passer à autre chose : “je ne m’y attendais pas du tout, mais c’était vraiment le bon moment pour moi ! Et le bob, c’est quelque chose que j’ai toujours voulu essayer, c’est un sport de montagne, de vitesse, d’adrénaline, tout ce que j’aime ! Mais je ne savais pas comment m’y prendre, qui contacter…” A croire que certaines trajectoires sont tracées…

Carla et Margot

DREAM TEAM

Dès le footing d’échauffement, les filles se trouvent des points communs, une même philosophie de vie : “on est curieuses et passionnées de sport toutes les deux, c’est notre priorité et on fait tout pour réaliser notre objectif”, résume Carla. “Si on marche toutes les deux dans le même sens, ça ne peut que fonctionner.” Derrière le chariot sur rail qu’elle pousse pour la première fois, l’ancienne coureuse sait qu’elle doit acquérir toute la technique, mais éprouve tout de suite les bonnes sensations, trouve vite ses repères. La plus grosse difficulté finalement, au moment de s’engager, c’est d’accepter d’être loin de chez soi pendant les cinq mois de compétitions, dont très peu se déroulent en France. Mais Carla est accrochée, elle signe.
Pendant deux ans, le duo n’a pas d’entraîneur français, elles récupèrent juste les vidéos de leurs descentes par le biais d’un entraîneur de la fédération internationale. Alors quand elles arrivent sur leur toute première compétition, en Coupe d’Europe à Königssee (Allemagne), c’est l’épreuve du feu. “C’était compliqué moralement, on devait décharger le bob toutes les deux -il pèse près de 200 kg-, on était épuisées”, se rappelle Margot. “Mais nos familles sont arrivées et on a retrouvé la motivation.” “C’est un super souvenir”, complète Carla. “Le résultat n’est pas incroyable -elles terminent 15e-, mais on s’est fait plaisir et on était très fières de porter les couleurs tricolores alors qu’il n’y avait pas eu d’équipe féminine française en bob depuis 10 ans.

VŒUX OLYMPIQUES

A cette époque, on parlait d’Eunice Barber, championne du Monde d’heptathlon et de saut en longueur, pour devenir la pousseuse de l’unique pilote de la fédération : la Canadienne Les Mayes-Springer. Mais cette dernière n’obtient pas la naturalisation française et les résultats insuffisants de l’équipe des Bleues en Coupe du Monde ne leur ouvrent pas les qualifications pour les J.O. de Vancouver (2010). Les Françaises quittent le circuit pendant une décennie. De quoi mettre un peu de pression sur les épaules de celles qui reprennent le flambeau. “C’est une bonne pression ! Avant, on n’y pensait pas trop, mais plus on avance, plus on nous en parle. On le prend comme un challenge, c’est que du positif”, sourit Carla.
Le binôme savoyard est donc gonflé à bloc pour atteindre SON grand défi : amener cette équipe aux J.O. ! Car des bobeuses françaises en Olympie, pour une discipline qui ne s’y est imposée qu’en 2002, ce serait carrément une première. Leur départ pour Pékin dépendra d’abord de leur tournée de compétitions sur différentes pistes, “pas de voyage, pas de qualif !”, mais aussi, évidemment, du classement général de l’année prochaine. Et pour l’instant, les filles se défendent plutôt bien. Elles se sont parées d’argent en Coupe d’Europe l’année dernière et se confrontent aux 12 meilleures équipes du Monde en championnat. Pour 2020-21, elles ont d’ailleurs enchaîné une 5e et une 6e places aux épreuves de début de saison. Puis une 10e, quand Carla, testée positive au coronavirus, a dû être remplacée.

A PLEIN TUBE

Preuve s’il en est qu’on ne se lance pas avec n’importe qui à 130 km/h sur une piste sinueuse, étroite et glacée. “La force de notre binôme, c’est notre complicité”, explique Carla. “On se dit tout, même quand ça ne va pas, sinon, ça peut exploser et on n’a pas besoin de ça. Margot m’apporte son expérience de la pratique, et moi un peu plus âgée, je la rassure.” “On se complète physiquement et mentalement”, ajoute Margot, “à la veille de chaque compétition, au repas, elle me dit : «ça y est, t’es déjà stressée», et le simple fait qu’elle me le dise, ça me fait dé-stresser. Elle sait trouver les mots, elle est généreuse.
Avant de se lancer dans le tube givré, sur la planche qui fait office de starting-block, les filles ont un rituel, deux tapes dans le dos, une dans la main quand le feu passe au vert et le cri de Carla : “ALLEZ MARGOT !” Dopé à l’adré’ et à l’amitié, déterminé à glisser le plus loin possible. Fin janvier, Margot est d’ailleurs devenue championne du monde junior U23, le renouveau du bobsleigh féminin français est donc bien lancé !

Photos : David Malacrida

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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