mec plus-ultra : Aimé Jacquet

11 Déc 2020

Aimé, c’est plus fort que tout

12 juillet 98, coup de sifflet final d’un France Brésil d’anthologie, le pays tout entier compte jusqu’à trois ! Et exulte avec les Bleus ! On est champion, on est champion Mémé !! Aimé Jacquet brandit la coupe à s’en arracher les bras, mieux qu’accrocher une étoile au maillot, il décroche celle de toute une vie et fait la Ola!

Certains tombent dans le chaudron petit, d’autres naissent avec un ballon dans les pieds, lui, fait le doublé ! De St Etienne, à Bordeaux en passant par Lyon, Aimé Jacquet en a vu des verts et des bien murs ! Et quand il arrive en 1994 à la tête des Bleus, c’est tout un savoir qu’il met en jambes pour courir au bout du rêve. Sens de l’analyse, tactique surprise, persévérance, dérision, motivation et passion hors norme, ses discours font trembler les vestiaires et résonnent comme jamais, mais qu’importe, dans le bleu de ses yeux, il y a la victoire, le bonheur à pleine coupe. Retour sur un parcours complètement foot… Sous une bonne étoile, et quelle étoile… Sacré Mémé !

Activmag : Votre surnom, Mémé, ça remonte à quand ?
Aimé Jacquet :
A l’école ! A l’époque, pour les diminutifs, on n’allait pas chercher bien loin… J’étais en colère contre mes parents qu’ils aient pu m’appeler Aimé ! Ça donnait Mémé, ça faisait vieux !

Et pourtant, quel joli prénom !
Oui, c’est vrai, vous avez raison… Mais je ne le voyais pas de cet œil, petit…

Après avoir joué, tout gosse, dans le club de votre village, Sail sous Couzan, dans la Loire, vous avez démarré votre carrière en 1960 chez les Verts, comme footballeur fraiseur…
C’est vrai, j’ai fait partie de la dernière génération qui cumulait foot et travail. Du coup, il fallait jongler avec les horaires de l’usine qui tournaient -soit je m’entraînais le matin, soit c’était le soir-, avec les séances d’entraînement. Mais au bout d’un moment, mon entraîneur m’a demandé que je choisisse mon camp. Il voulait que je m’entraîne le matin avec les professionnels. Et mon meilleur copain, Roger Merle s’est sacrifié pour moi, il a bossé tous les matins pour que je puisse jouer. C’est grâce à lui que j’ai pu commencer ma carrière.

Après, le football est devenu entièrement professionnel, ça change la vie ?
Forcément, c’est mieux de pouvoir se consacrer entièrement à son sport. On se prépare mieux. Pour moi, les horaires étaient compliqués, c’était 4 heures du matin midi, ou midi 20 heures. Ce n’est pas compatible avec un métier qui demande une exigence athlétique, suffisamment d’heures de récupération, une alimentation adaptée… J’ai cumulé pendant deux ans, avant de devoir faire 21 mois d’armée en Algérie. Vous vous rendez compte, j’ai dû arrêter le football pendant 21 mois ! Et l’armée finie, c’était tout à refaire ! L’usine et les entraînements… Et l’entraîneur, là, m’a dit de prendre des risques et de quitter mon travail. Mais même si c’était dur, c’était une belle période pour moi. Les copains de l’usine étaient très solidaires, fraternels. J’étais entouré, ce sont des années heureuses. Pour autant, j’ai été bien content de quitter mon job pour me consacrer entièrement au foot. C’était pas une vie ces horaires !

Mais les salaires de pro n’étaient pas ceux qu’on connaît ?
Ouh la, non, rien à voir… On touchait très peu ! Et on était liés à vie avec le club qui pouvait faire de vous ce qu’il voulait, vous transférer à l’autre bout de la France si ça le chantait, vous envoyer jouer pour Boulogne, sans vous demander votre avis… (NDLR : Raymond Kopa parlera de «joueurs esclaves» en 63, qui lui valut 6 mois de suspension et déclencha la révolte des joueurs contre le contrat à vie. En 67, il sera reconnu comme illégal). J’ai vraiment vécu toute cette transition vers la professionnalisation du foot, telle qu’on la connaît aujourd’hui, avec notamment le passage au «contrat à temps», en 1969, qui mettait fin au contrat à vie. Et j’ai eu la chance de vivre cette évolution dans un grand club, à Saint-Etienne, qui, à cette époque-là, dominait tout le foot français. Je jouais aux côtés d’internationaux comme Patrick Revelli, Dominique Rocheteau, Jean-Michel Larqué, Salif Keita…

Avec l’AS St-Etienne, vous remportez 4 années de suite le championnat de France et 2 coupes de France. Vous avez 30 ans. Que retenez-vous de cette période ?
J’ai connu deux monde, celui des paysans, magnifique, avec mon père, boucher de campagne, et le monde ouvrier, fantastique de solidarité. Mais les plus beaux moments de ma vie ont été ceux en tant que footballeur à Saint-Etienne. C’est beaucoup de sacrifices, mais quel bonheur de jouer… C’est bien mieux que d’être entraîneur, je peux vous le dire !! (rire)

Vous raccrochez les crampons après un passage par Lyon à 34 ans…
Oui, c’était le bon moment ! J’avais été gravement blessé, avec une rupture du talon d’Achille. Je suis resté 20 mois sans jouer, ça a stoppé ma carrière. Et j’ai voulu devenir entraîneur pour rendre au football ce qu’il m’avait apporté. Je suis parti dans cet esprit-là.

Vous n’aviez joué que 2 matchs en équipe de France, ce n’est pas trop frustrant ?
Oh non, c’est déjà beaucoup compte tenu de mes qualités !! J’ai bénéficié de l’aura de mes collègues, pour tout dire. Quand j’ai été sélectionné, on était 6 ou 7 de Saint-Etienne dans l’équipe de France… Je devais être le 7e en choix ! (rire) Non, j’ai été très fier et heureux de jouer 2 matchs, 2 grands matchs même, contre l’Allemagne et l’Espagne. Je m’en souviens encore… Vous savez, le but de tout joueur, c’est d’être sélectionné en équipe de France. Et puis j’y suis resté un peu plus d’un an… Alors ces 2 matchs, j’y tiens !

C’est le principe de la folie des grands événements, selon que le ballon finit dedans ou au-dessus, vous êtes un héros ou un zéro !

Vous avez fait le bonheur des Girondins dans les années 80…
Oui, et juste avant, j’avais entamé ma carrière d’entraîneur à Lyon, chez l’ennemi de toujours. Autant vous dire que j’ai été apatride pendant quelques années ! (rire) Et après, j’ai eu une belle opportunité sur Bordeaux et ça a été 9 ans fantastiques ! Avec de beaux succès, mais vous savez, on est un grand entraîneur que quand on a de grands joueurs et j’ai eu la chance d’en avoir de tous grands ! Alain Giresse, Jean Tigana, Marius Trésor, Patrick Battiston, Bernard Lacombe… tous des gars qui étaient en équipe de France sous l’époque platinienne…

Et en 94, en pleine crise après les éliminatoires de la coupe du monde, on vous demande de prendre la succession de Gérard Houllier. Vous devenez sélectionneur des Bleus, vous le vivez comme une consécration?
Oh ça oui! Et j’ai pas hésité, je leur ai dit: pas de problème, je vais y aller ! Le projet est trop beau et je connaissais alors parfaitement tout le football français, tous les joueurs, leur parcours, je les avais accompagnés pour certains. C’était donc pour moi une grande chance et un honneur de prendre l’équipe de France.

Et vous le vivez comment, ce moment ?
Je dois vous dire que l’équipe de France, ce sont les années les plus dures, les plus redoutables de ma vie. Ça a été infernal. C’était le chaos. Il a fallu repartir de zéro. Remettre l’équipe de France en route. Et puis, on a fait un bon championnat d’Europe en Angleterre…

En 96, la France arrive même jusqu’en demi-finale de l’Euro. Echouer aux portes de la finale, c’est le verre à moitié plein ou moitié vide ?
Oh, on était déjà tellement contents d’arriver dans les 4 finalistes, qu’on a apprécié ! Mais on avait atteint nos limites à ce moment-là. Et ça nous a permis, durant deux ans, de bien préparer la coupe du monde.

Arrive 98, l’heure de la revanche. La pression était au rendez-vous !
Elle était immense. Deux ans d’enfer ! Mais alors vraiment l’enfer ! Il y avait beaucoup de problèmes, beaucoup d’incertitudes et beaucoup d’attentes. Mais je m’étais bien entouré. On a fait le parcours dans la dureté, mais on l’a fait avec beaucoup de professionnalisme et de responsabilité, c’est ce qui nous a permis d’aborder la coupe du monde avec un capital de sécurité et de confiance assez important.

On dit alors qu’il n’y a pas 1 sélectionneur, mais 67 millions ! Que de concurrence !
C’est normal, c’est le jeu. Et dans ces cas-là, faut pas trop écouter, il faut avoir une bonne ligne de conduite et la respecter ! Si vous l’avez, les joueurs vous suivront, fidèles et confiants.

Dans ces moments sous tension, com- ment arrive-t-on à décompresser ? Pendant ces deux ans de préparation, j’ai été sous pression tout le temps. Pas de repos, ni de plaisir ! Ce fut intense. Mais sélectionneur, c’est aussi un beau métier. C’est travailler avec l’humain, associer des talents, c’est surtout manager les hommes, et c’est ce que j’aime. Et à ce moment-là, je connaissais parfaitement mes joueurs, je savais exactement ce que je voulais faire, restait juste l’incertitude des blessures, des absences, des fautes, tout évolue et il faut s’adapter sans cesse, mais c’est passionnant.

La demi-finale, contre la Croatie, vous a donné des suées…
C’est qu’on avait tellement peur de manquer cette finale… On en a tellement manqué par le passé, ça nous restait en travers de la gorge, y avait toujours ce spectre qui rodait…

Comment avez-vous remobilisé vos troupes pour le jour J ?
C’est pas que le jour J, c’était tous les jours ! Par une écoute, par les bons mots, par les décisions en tant que chef qu’on doit prendre et s’assurer que tout le monde suit, que tout le monde adhère. J’ai été dur, féroce même, mais quand on a des décisions à prendre de ce calibre, on a quelque chose d’inhumain. On doit faire abstraction de ses émotions. Mais quand on a des relations extrêmement sincères, directes, sans langue de bois, ça se passe très bien avec les professionnels. Ils respectent tout, du moment qu’on a les arguments pour éclairer ces décisions. Pour cette finale, on était dans un climat de tension, d’excitation et de confiance. On a abordé ça avec une détermination fantastique. C’est un des plus beaux moments de ma vie professionnelle.

Vous vous êtes vu dans «Les Bleus dans les Yeux» ? Comment vous vous êtes trouvé dans ce rôle, avec le recul ?
J’ai été un peu surpris… On était tellement concentrés qu’on avait oublié qu’on était filmés ! Mais c’est la réalité. Vous êtes dans la réalité du terrain, de l’intime d’une équipe, du vestiaire. Ce fut un excellent moyen de montrer au public que rien ne se fait au hasard, que c’est pas en sifflotant qu’on arrive là ! C’est du travail tous les jours, du relationnel, de l’écoute… Et beaucoup d’exigence.

Pour vos joueurs, vous représentiez la figure paternelle, vous avez même passé un noël en famille avec eux à Tignes, en 97…
Forcément des liens se sont tissés. Et depuis 98, nous nous voyons chaque année. C’est la première fois, que ça ne se fait pas, avec ce Covid, mais sinon, on se retrouve toujours tous ensemble au moins une fois l’an. On a d’ailleurs créé une association, et à travers elle, on organise des matchs amicaux au profit de personnes en difficulté.

Le 12 juillet, vous passez de sélectionneur critiqué à héros national adulé, comment vit-on cette soudaine sacralisation ?
Bah écoutez, il valait mieux que ça se passe comme ça pour moi, hein !? C’est le principe de la folie des grands événements, selon que le ballon finit dedans ou au-dessus, vous êtes un héros ou un zéro ! C’est pourquoi il faut garder son humilité dans des évènements de cette dimension. Ça ne tient pas à grand chose au final…

Tout de suite après le match, j’ai connu, comme beaucoup d’entre nous, une des plus grandes émotions de ma vie, cette communion, toute la France qui descend dans la rue, toutes LES France… quels que soit l’âge, l’origine, le milieu social, la religion, le sexe… Tout le monde dans une même joie, une même fraternité. Vous vous attendiez à de telles effusions ?
On a été d’autant plus surpris que nous avions vécu un mois dans une bulle, totalement déconnectés de la société. Quand on a vu le bonheur des gens, ça nous a transcendés.

Il n’y a que le foot qui peut faire cet effet-là ?
Le sport en général peut réunir une nation. En cas de succès, il a cette capacité d’effacer toutes divergences, opinions politiques, couleurs de peau… Le sport aplatit tout, les crises, les tensions, il annihile tout, pas forcément dans la durée, mais au moins un moment. Je crois que tout le monde sait où il se trouvait le 12 juillet 98. Ce fut un incroyable moment de partage.

A l’époque, vous avez été blessé par les journalistes, de l’Equipe en particulier, vous avez cicatrisé ?
Pas tant que ça à ce moment-là. J’ai fait en sorte de me protéger. Je faisais des conférences de presse très courtes. J’avais décidé de ne plus leur laisser de place. J’ai été extrêmement attaqué, mais ça fait partie du jeu, on n’est pas obligé d’être d’accord toujours. Et dans ces cas- là, on peut attaquer le professionnel, mais pas l’homme et ils le savent qu’ils ont fait une très grave erreur. La ligne a été franchie. On n’attaque jamais l’homme… Mais ça a été une révélation pour moi, ça a participé à mon cheminement.

Au lendemain de la victoire vous avez dit : ma vie, désormais, va être belle. L’a t’elle été ?
Elle a été très belle puisque derrière, j’ai pu me consacrer au football amateur, en devenant directeur technique national et j’en suis très fier. On est alors le patron de tous les entraîneurs de France, amateurs ou pro, et on peut agir pour fait évoluer la pratique au plus près de la base… Je suis fier notamment d’avoir relancé le football féminin en 99.

Après cette incroyable épopée, vous avez choisi de vous installer à Annecy. Pourquoi ici ?
En fait, je viens depuis 1963 à Thônes préparer mes saisons, été comme hiver. Et avec ma femme, on a toujours aimé la région et on s’était dit qu’après le foot, on viendrait bien habiter à Annecy. Et c’est chose faite depuis 2008. J’ai beaucoup de chance d’être là…

20 ans après, voilà 2018… vous la vivez comment cette nouvelle coupe du monde ?
Oh bah très bien !!! (rire) Sans pression. C’était formidable ! En plus, je connais un peu l’entraîneur, voire parfaitement. Alors lui, c’est un très grand, je peux vous le dire ! Et nous, on était tellement heureux de voir cette nouvelle équipe, elle était joyeuse, audacieuse ! J’ai vraiment apprécié de suivre cette Coupe du monde. Elle m’a procuré beaucoup de bonheur.

A quoi ressemble aujourd’hui la vie d’Aimé Jacquet ?
Je profite de la vie !! J’observe de près le foot au niveau régional, je suis proche des éducateurs et des enfants. J’aime leur contact, ils sont très respectueux des anciens, de l’esprit sportif que j’essaie de leur communiquer… Nous, les anciens, on a un devoir de transmettre. Et c’est pourquoi on me trouve encore souvent sur le bord des terrains, hors confinement…

Pas pour applaudir le Fécé à Annecy en tout cas ! Un club SDF, depuis que le parc des sport a été fermé pour rai- son de sécurité… Il vient tout juste de trouver un stade de substitution, celui des Fins, jusque-là utilisé pour le rugby. Vous suivez le FC Annecy en national 1 ?
Oui, ça a été un coup dur pour cette équipe qui marche bien pourtant. Mais elle fera face. Le club en a connu d’autres… Il a d’ailleurs une sacrée histoire : Annecy a connu de très belles heures avec le foot. Il y a 60 ans, le FC Annecy était Champion de France, faut pas l’oublier ! J’ai même joué contre cette équipe avec Les Verts, j’avais 19 ans. Il y avait une TRES grande équipe à Annecy… Alors, oui, on peut partager un stade avec d’autres sports comme l’athlétisme ou le rugby… Mais passé un certain niveau, ce sera plus compliqué. Faudra les séparer ! Mais notre région est tellement ancrée dans le sport, qu’on va y arriver.

Vous êtes marié, vous avez 2 enfants, ils ont fait du foot ? Ou ils ont été vaccinés ?
Mon fils a joué un p’tit peu, sans plus, mais chacun à un chemin de vie différent, c’est bien normal. Ma fille est dans l’enseigne- ment, mon fils dans l’éducation aussi…

Ils sont dans la transmission, comme vous au final ?
Ah oui… Exactement, vous avez raison !

Comment ils l’ont vécu votre carrière, les hauts et les bas, à vos côtés ?
Quand ça va, tout va, forcément, mais pour eux, ça n’a pas été facile tous les jours, quand j’ai été dans la tourmente… Heureusement, ma femme les a protégés autant que possible. Là-dessus, elle a été impeccable !

Si c’était à refaire ? Tout à l’identique ?
Oh oui… Pour l’ouvrier fraiseur parti de Saint-Chamond, j’ai pas à rougir de mon parcours…

Ça représente quoi une étoile sur un maillot ?
Une vie bien remplie, des rencontres incroyables, des personnes de qualité qui m’ont beaucoup appris et autour desquelles j’ai construit ma vie. C’est tout ça, une étoile sur un maillot…

photos : Thomas Bianchin / Thomas pictures / Jean Paul Thomas / Icon Sport via Getty Images

Lara Ketterer

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Lara Ketterer meneuse de revue SURNOM: enfant, c’était Tatouille, en rapport avec mon prénom... PERSONNAGE DE FICTION: depuis toujours : la femme piège, d’Enki Bilal, une reporter mystérieuse et un peu paumée en 2025... OBJET FETICHE: mon téléphone portable, un vrai doudou que je traîne partout ! ADAGE: vivre sans folie, ce n’est pas raisonnable du tout ! JE GARDE: mes yeux et mon esprit rock, toujours provoc ! JE JETTE: mes coups de blues, ça abime les yeux ! DANS 20 ANS ? Adulte ? presse@activmag.fr

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