mode : atelier soliac

11 Avr 2022

LA VIE EN OZ*

D’Australie, on peut rapporter une toile aborigène, un wombat en peluche, un zippo gravé d’un gecko ou un pot de Vegimite –étrangeté à tartiner–. Cécile Chrétien, elle, en est revenue avec l’envie de créer sa ligne de prêt-à-porter et c’est à Lyon qu’elle s’est posée.

Cécile Chrétien n’est pas du genre frileux, de celles qui hésiteraient à sortir de leur zone de confort. Qu’il s’agisse d’un pays ou d’une voie professionnelle, elle n’a pas peur de l’inconnu. Quand elle lance sa marque, il y a tout juste un an, elle n’est ni couturière, ni styliste, et n’a pas non plus, dans le domaine de la mode, un CV long comme le bras. Mais, à 26 ans, elle ne manque ni de diplômes ni d’expérience, plutôt dans l’environnement et la responsabilité sociale des entreprises. Elle déborde surtout d’idées, d’envie et d’énergie.
Elle a fait le plein en Australie. Pendant un an, avec son compagnon, cette Champenoise d’origine a parcouru le pays de Sia et du koala pour en découvrir les couleurs, les paysages incroyables, l’omniprésence de l’océan et… les fringues. “A Byron Bay par exemple (ndlr : petite ville de Nouvelle-Galles du Sud, la plus à l’est du pays, réputée aussi pour être la plus cool), il y a plein de boutiques de créateurs, on a envie de tout acheter !
Les marques australiennes utilisent des matières naturelles, beaucoup de coton, de lin, avec des formes assez simples, confortables et sans trop de motifs, dans un style épuré. Des pièces qu’on pourra toujours garder et remettre. Je me suis demandée comment j’allais faire en rentrant, quand je ne pourrais plus les trouver… ” Pas question de se les faire expédier, bilan carbone trop élevé… Elle décide alors de les fabriquer.

OZER S’ENGAGER

Une fois ses bagages posés sur le sol français, elle se familiarise donc avec les bases de la couture, auprès d’une amie professionnelle de la mode, et commence à chercher des tissus. Contrainte géographique : ils doivent être produits dans un rayon de 3000 km, soit toute l’Europe jusqu’à la Turquie, gros producteur de coton. Contrainte écologique : elle ne veut aucun dérivé plastique, mais des certifications GOTS (bio) ou Oeko-Tex (pas de produits chimiques nocifs pour la santé). Encouragée par une campagne de crowdfunding dont les objectifs sont largement dépassés, elle donne donc naissance à l’«Atelier Soliac» au printemps 2021, à Paris. Mais c’est à Lyon, où vit sa modéliste, qu’elle s’installe quelques mois plus tard. Un rayon dans la boutique éphémère du Village des Créateurs, Place Bellecour, lui offre bientôt un contact direct avec le public. Elle peut y expliquer sa démarche, son engagement environnemental et social.
Car de sa vie professionnelle passée, Cécile a gardé la volonté de travailler avec des ateliers d’insertion. Mais en matière de confection, la plupart des ESAT (Établissements et Services d’Aide par le Travail), ne peuvent malheureusement lui garantir que des retouches et des finitions, pas la production de pièces entières. C’est à Marseille, à l’atelier 13 A’tipik qu’elle finit par trouver son bonheur : ils acceptent de fabriquer ses petites quantités, elle sait qu’il faudra parfois s’adapter. “C’est un défi, un risque à prendre, il faut s’attendre à une petite marge d’erreur, à quelques allers-retours, et ne pas mettre de pression sur les dates de livraison, mais je n’ai aucun regret, ils m’ont beaucoup appris et ils me conseillent sur le fil conducteur de ma marque.”

UN PETIT QUELQUE CHOZ

Un fil conducteur qui prend, dans sa nouvelle collection, la forme d’un lien permettant de resserrer des manches bouffantes ou de lacer un top, mais que Cécile déroule toujours depuis la même bobine : des matières naturelles, qui respirent, et des coupes sobres, évasées. Toutes inspirées de la contrée du kangourou et du didgeridoo, ses pièces portent le nom de lieux qui l’ont marquée : le cache-cœur Uluru se réfère à la célèbre montagne sacrée du Centre Rouge, quand la veste Kalbarri ou la chemisette Purnululu évoquent des parcs nationaux de la région occidentale. Terra cotta, vert ou bleu, les couleurs qu’elle choisit rappellent aussi les teintes de la terre dans l’Outback, celles des forêts tropicales du Queensland ou celles de l’océan, sur la Grande Barrière de Corail.
La suite du voyage ? Cécile l’imagine en plusieurs étapes, à commencer par une adresse lyonnaise pour que ses créations aient pignon sur rue. Elle se voit bien continuer ensuite avec une déclinaison «Home» de son univers : “parce que j’adore la déco, que j’aime construire mes meubles et que je ne vois pas pourquoi il faudrait se limiter au prêt-à-porter ! Mais je veux prendre mon temps, ne pas me laisser déborder”. En cela, elle n’a peut-être pas rapporté que des habits et des souvenirs de la patrie de Hugh Jackman et Nicole Kidman… Quelle que soit sa destination finale, elle a désormais fait de la décontraction et de la nonchalance australiennes, son art de vivre.

+ d’infos : http://ateliersoliac.com

Photos : Lancelot TINTIGNIES

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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