Mode, Juste Melane

COUTURE DE COURANT

“ALORS, ON T’APPELLE COMMENT, TOI ? MEL ? MÉMÉ ? NINIE ? NON, MELANE. JUST MELANE.” PARCE QUE QUAND UNE MÉLANIE JOURNALISTE RENCONTRE UNE MÉLANIE STYLISTE, ELLES PARLENT D’ABORD SURNOMS, AVANT DE PARLER ENFANTS, ACTU ET… CHIFFONS, ÉVIDEMMENT.

Mélanie Hearnden-Pellaton

« J’étais comme un enfant dans un magasin de bonbons !” Les yeux qui brillent encore, Mélanie Hearnden raconte sa dernière visite chez son fournisseur à St Gall, le berceau suisse de la dentelle. Et quand la Genevoise choisit ses matières, elle refuse qu’on l’accompagne. “C’est mon petit pèlerinage, deux fois par an, je vais toujours dans le même hôtel, un vrai rituel ! Et je suis dans ma bulle, je m’extasie pendant des heures devant des bouts de tissu…” Des tissus qui lui parlent, qu’elle choisit aussi bien des yeux que de la main, dans lesquels elle voit immédiatement la pièce finalisée. Des soies, des lamés, des plumetis, du voile… avec un faible assumé pour tous les types de gazes et une aversion physique pour les synthétiques : «ça ne passe pas!» Pull gris souris ultra cosy, cheveux retenus en queue de cheval et yeux malicieux, Melane fait bien ce qu’elle veut. Et c’est comme ça qu’elle vit son métier, en essayant de ne rien s’imposer.

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HIBERN-ACTION

La preuve : voilà bientôt 15 ans qu’elle fait du prêt-à-porter en se concentrant sur une seule saison, le printemps-été. “L’hiver, j’hiberne !” s’amuse-t-elle. Mais la quadra a l’hibernation fertile, l’inaction, ce n’est pas le genre de la maison. “En fait, ce sont des matières que je ne maîtrise pas et puis j’ai surtout besoin de l’hiver pour imaginer.” Les idées qu’elle a emmagasinées tout au long de l’année jaillissent ensuite sur le papier… en quelques semaines à peine. A son image, les créations de Melane sont donc plutôt spontanées.
“Un jour, j’avais demandé à une de mes stagiaires de répertorier les dentelles. Elle a fait un cadre de dentelles blanches, un de noires… J’étais juste à côté en train de finir une pièce dont je n’étais pas contente, je l’ai donc secouée assez fort – l’habit, pas la stagiaire – ce qui a bousculé ses tableaux, et les dentelles sont retombées sur le vêtement parfaitement, avec la bonne couleur au bon endroit. D’une « erreur » peuvent donc découler de belles choses.”

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FAUTE COUTURE ?

Ses profs lui avaient pourtant bien fait comprendre qu’elle risquait d’en faire une, d’erreur, le jour où elle s’est éloignée du chemin tracé « collège-matu-uni ». Couturière ? Un métier de crève-la-faim ! Mais Melane n’est pas scolaire, elle aime le théâtre, le dessin… et le nécessaire à couture de sa grand- mère. “Elle avait une grande boîte qui se dépliait, et quand j’arrivais chez elle, je sortais les bobines, je les classais, c’était mon truc.” Comme ses bobines, les étoiles s’alignent : l’école lyonnaise Bellecour Supdemod vient d’ouvrir une succursale à Genève, elle y entame donc une formation en stylisme et modélisme. Puis elle enchaîne avec un petit tour en haute-couture, chez Lecoanet Hermant à Paris, où elle apprend à découper la dentelle. “Ça m’a ouvert de nouveaux horizons, alors que j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question… après trois ans de formation !” ironise-t-elle. Mais très vite, elle s’installe dans son propre atelier, en faisant des petits jobs à côté, pour payer le loyer et stimuler sa créativité, le temps de faire accepter que la couture n’est pas qu’un hobby, mais son métier.

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DES FILS ET DES FILLES

Et quelle est la partie qu’elle préfère, justement, dans ce métier? “Le défilé ! Même si ça ne dure que 20 minutes, c’est un petit cadeau que je m’offre. Et je me mets toujours des challenges : usines désaffectées ou lieux bruts, pour trancher avec le côté très féminin, frais et délicat des collections.” Pour l’édition 2020, les mannequins de Melane défileront certainement pieds nus –elle déteste les chaussures– sur un bateau ou sous une serre du Parc des Eaux-Vives. Elles porteront des versions revisitées de jupes tailles hautes et de blouses floues pour lesquelles “le public n’était pas forcément prêt en 2019” et “des pièces plus amples, plus bouffantes, inspirées des années 80”, tease la créatrice. “Il y aura inévitablement des pastels, des fibres naturelles et… de la dentelle”. 25 looks pour une cinquantaine de pièces qu’elle ne fabriquera qu’en 3 exemplaires. “J’aime qu’il y ait un côté exclusif, à un prix correct. Je fais aussi de la demi-mesure, c’est le seul moyen de garder un échange avec celles qui portent mes vêtements, et c’est ça qui me nourrit.”
Alors, oui, il n’y a pas que la couture dans la vie de Mélanie. En parallèle de son activité, elle travaille encore sur des shootings de mode, un bon compromis pour «rester à jour», et fabrique aussi des sacs, des coussins, fait de la sérigraphie… “J’ai plein d’idées, mais pas assez de temps. Et je crois surtout que je suis un peu hyperactive… mais si je m’arrête, je m’endors !”

+ d’infos : http://justmelane.com

instagram : Justmelane

©MARC NINGHETTO

 

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Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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