mode : maison alfa

Une mode adurable…

Il y a 5 ans, au sortir de l’école, Alice Durupt créait entre Lyon et Clermont-Ferrand la marque de prêt-à-porter féminin Maison Alfa à partir de tissus délaissés. Son objectif : créer une marque durable qui dure…

A 27 ans, Alice Durupt a la tête sur les épaules, et la tête drôlement bien faite. Une vision grand angle ET réaliste de son métier, doublée d’une connaissance assez stupéfiante de sa filière. Elle ! La mauvaise élève que l’on oriente mécaniquement vers un bac pro, “en bac général, tu n’y arriveras jamais !”, clament ses profs. Elle les remercie pourtant aujourd’hui.

Alice Durupt

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

Car lorsque cette Clermontoise arrive en BTS design de mode à l’école Condé de Lyon, ses doigts ont acquis une certaine agilité grâce au Bac pro et leur propriétaire suffisamment de technique pour savoir si un dessin se transforme aisément ou non en vêtement : “Je suis passée de dernière à première de la classe ! Surtout, en faisant enfin quelque chose de mes mains, j’ai trouvé ma voie”. A telle enseigne qu’à peine diplômée, elle se lance à son compte. «Presque naïvement» et en tournant le dos à la voie toute tracée qui s’ouvre à elle : 4e et 5e années dans une grande école parisienne de couture pour décrocher, après une longue attente et de la chance puisqu’elle n’a pas de réseau, un poste important dans une belle maison de la capitale.

DEBOUT LÀ-DEDANS !

En classe, on lui a enseigné d’acheter les matières les moins chères et de produire là où la main d’œuvre l’est aussi. “L’éco-responsabilité dans la mode, en 2015, tout le monde s’en fichait”. Là encore, la styliste-modéliste opte pour les chemins de traverse. Elle se met en quête de tissus fabriqués en France, dispos en petits volumes et à des prix riquiqui, raccord avec la trésorerie encore balbutiante de sa jeune marque. Son fournisseur lui propose des fins de série – 5, 7, 8 mètres -. “Si je te fais une remise, ça t’intéresse ? Sinon direction la poubelle !”. La fille des années 90 biberonnée aux «éteins la lumière !», «coupe l’eau quand tu te brosses les dents !» se reconnaît illico dans cette façon de procéder, économe en ressources. Banco. Elle chine aussi des rouleaux d’imprimés test, placés aux oubliettes parce que le jaune n’a pas le rendu escompté. De ces tissus délaissés, placardisés, mais aux fibres nobles, la belle fait son miel. Fin 2018, 100 % des pièces Maison Alfa existent grâce à ces anciens roupilleurs.

C’EST REPARTI POUR UN TOUR !

Alice Durupt dessine toutes ses collections, soit quatre par an. Les modèles dont les coupes ont été plébiscitées accèdent au statut «d’essentiels» qui se réinventent au gré des différentes étoffes récupérées dont le tombé apporte d’intéressantes variations sur le même thème. Des tenues à la simplicité moderne, confortables, élégantes sans tapage, et qui se faufilent entre les tendances éclair.
Aujourd’hui, les couturières indépendantes basées à Lyon – une, puis deux, puis trois – peinent à satisfaire la de- mande. Les clientes, autour de la trentaine, urbaines, ont désormais le choix entre 15 modèles par saison contre 5 à 8 il y a encore quelques mois. Dans le viseur, des pulls et des manteaux pour l’hiver 2021. Pourquoi pas de la maroquinerie – en peaux récupérées, cela va de soi – Alice habitant un territoire expert en la matière, les ateliers Hermès et Vuitton sont basés dans le Puy de Dôme.
Dans la mode, il faut plusieurs années pour être rentable. Maison Alfa s’approche de ce graal, à force de persévérance et grâce à une gestion « en bonne mère de famille ». Son ambition : animer une entreprise pérenne, qui s’implante, crée des emplois, durable en cela aussi. “Je ne me brûle pas les ailes en développant des produits tous azimuts. En France, on parle beaucoup des marques qui ont cartonné en un temps record avant d’imploser en vol, cette réalité-là retenant moins l’attention. Or, ce sont rarement elles qui soutiennent l’activité économique du pays”, analyse-t-elle finement.
Vive les cancres !

+ d’infos : http://maisonalfa.com

Photos : Roxane de Almeida

Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

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