MONTAGNE ? OPEN BAR

8 Déc 2021

Y’A PLUS DE SAISONS !

Pour anticiper sur un avenir compliqué, en plus de la diversification de leurs activités, les stations sont incitées à imaginer une offre à l’année. Mais les quatre saisons, si c’est bien sur une pizza ou en musique classique, dans un cadre touristique, est-ce que ça s’applique ?

En conclusion de son rapport de 2018*, la Cour des Comptes préconise une transition des stations vers un tourisme «mieux réparti entre les saisons». Mais depuis quelques années déjà, le concept de «quatre saisons» et l’idée d’attirer une clientèle à l’année imprègnent les communications officielles. Dans le cadre du Plan Montagne, présenté en septembre par la région Rhône-Alpes-Auvergne, une enveloppe de 15 millions d’euros y est d’ailleurs consacrée. “C’est une volonté politique. Mais l’or blanc est un marché de masse, et on ne va pas trouver quatre marchés de masse, quatre vaches à lait sur quatre saisons”, constate François Gauthier, Président pour Rhône-Alpes de la commission hôtels du Groupement National des Indépendants Hôtellerie-Restauration, lui-même basé en Haute-Savoie. “Pour les stations qui vivent à l’année, il y a déjà l’embryon de quelque chose, comme à Megève, St Gervais, Chamonix. Mais quid de la Savoie et de ses stations d’altitude ?

TENDANCES PRINTEMPS-ÉTÉ- AUTOMNE-HIVER

Avec ses destinations haut perchées, comme Val Thorens (2300 m), les Ménuires (1850) ou Méribel (1500), le domaine savoyard des Trois Vallées, justement, est gonflé à bloc. La communication «terrain de jeu à l’année» sur le dossier de presse hiver 2020-21, ou la nouvelle mouture du site internet, qui promeut la cueillette de champignons, le brame du cerf ou la descente des alpages, ne laissent aucune place au doute. “Depuis maintenant un an, c’est notre ambition, une volonté stratégique forte”, confirme Olivier Desaulty, directeur général de l’association des Trois Vallées. “Nous n’avons jamais été très bons dans la manière de communiquer sur l’été, mais maintenant nous allons aussi parler du printemps et de l’automne, parce qu’il y a tellement de choses à faire en dehors de la saison de ski qu’on ne va plus se cantonner à l’ouverture et la fermeture des remontées mécaniques. Il y a des professionnels qui sont prêts à jouer le jeu, il faut qu’on arrive à ouvrir -mais on y arrivera- le nombre de services qui convient pour nos clients : supermarché, boulangerie, pharmacie… On a la volonté d’avancer dans ce sens-là.

Première neige au lac de Tueda, Méribel / ©Sylvain Aymoz

OUVERTURE FACILE ?

Pourtant, même les stations dites «villages», qui ont une vie à l’année, reconnaissent qu’avant de penser quatre saisons, il faut se concentrer sur deux. Elles essaient, pour commencer, de motiver leurs socio-professionnels à allonger l’été, à rester ouverts de la fin du printemps au début de l’automne. “Les locaux font du vélo ou du trail, ils sont donc à l’initiative d’événements qui font vivre le village, avec des résidents secondaires très présents sur ces périodes, en week-end de 2-3 jours ou petits ponts”, constate Guy Magand, directeur de l’Office de Tourisme des Contamines-Montjoie. “Cette année, nous avons également organisé un petit événement pour booster le village sur la deuxième semaine des vacances de Toussaint, on a eu des demandes de toute la France, mais en arrivant, les gens ont été surpris de ne trouver que quelques commerces ouverts. Il y a encore une grosse inertie des professionnels. Ils sont prêts à faire un peu plus l’été, mais ne se projettent pas à l’année.

CHANGEMENT DE RYTHME

Parce qu’en plus des questions de rentabilité qu’implique, pour les commerçants ou restaurateurs, une ouverture sur des périodes moins fréquentées, le rythme saisonnier est profondément ancré dans la vie des stations. “Nous sommes ouverts jusqu’à mi-avril l’hiver”, explique Alexis Bongard, directeur de Les Gets Tourisme. “Mais nous avons besoin de couper au mois de mai (ndlr : pour l’entretien des domaines et des établissements, les congés…). Par contre, dans l’avenir, nous avons l’objectif d’aller jusqu’à fin septembre, voire fin octobre, après les vacances de Toussaint, parce qu’on a de magnifiques forêts et de beaux étés indiens, propices à l’outdoor. Ce serait même assez vertueux, parce que plutôt que d’aller rechercher des clients pour des vacances d’hiver, où on a une forme de saturation et des prix élevés, on pourrait proposer un étalement des clientèles, donc un service de meilleure qualité, moins de monde, moins de stress et de meilleurs tarifs. L’autre vertu de ce fonctionnement, c’est qu’on fidélise notre staff, avec des contrats annualisés au lieu de saisonniers. Ça re-crée de la vie locale sur les sites touristiques. Si on arrive à faire ça, on a bouclé la boucle.

Slack That Festival – Juin 2021 /© Les Contamines Tourisme

CHOIX DE VIE

Au-delà d’un fonctionnement touristique, il s’agit donc bien d’enclencher un cercle vertueux, en ramenant des habitants dans des endroits où la population fond comme la neige à chaque fin d’hiver. “Je crois qu’en Haute-Savoie par exemple, le CEVA est une réelle épine dorsale, qui, avec les transports valléens, le développement du télétravail et la recherche d’une certaine qualité de vie, peut attirer une nouvelle population, développer une vie à l’année dans les stations”, conclut François Gauthier. “C’est le cas, à Cran-Montana par exemple, où vivent beaucoup de gens qui travaillent à Genève. On est capable d’attirer les gens sur un choix de vie. Dans les années 70, quand nous nous sommes installés ici, mon père était le seul gastro-entérologue du département, aujourd’hui, ils sont plus de 250. Un effort colossal a été fait à l’époque, et nous aurons le même à faire dans les années à venir.

Photo : Sylvain Aymoz / Vue sur le Grand Bec, en Vanoise.

*«Les stations de ski des Alpes du Nord face au réchauffement climatique : une vulnérabilité croissante, le besoin d’un nouveau modèle de développement» Rapport public annuel 2018 – février 2018

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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