Phanee de Pool

3 Juil 2021

Pied de Pool !

Elle est sauterelle, hirondelle, dentifrice à la coco, un ciel zébré de comètes. Originaire du canton de Berne, Phanee de Pool manie les mots comme d’autres jouent au loto et ça gagne ! En version symphonique ou toute intimité recroquevillée, elle chante comme elle pose ses pieds en vers et contre tout, et ça claque des genoux.

©Yann Zitouni

32 ans, les cheveux relevés à la flou, petit pull marine et accent suisse à couper à la faux, elle deale son autodérision contre rimes et syllabes culottées. Dans un flow total planant, elle «avale et recrache» les mots comme elle déballe les surprises d’une écriture spontanée qui réveille. Dans ce ni queue ni tête de palabres en farandole qui s’affolent, riff, swing, swag, groove et oula hop font slamer sa créativité allumée… Et olé ! Deux albums dans les poches, comme l’auteure compositrice suisse déverse avec humour son inspiration délirante, elle rappe ses épisodes de vies, sans nous laisser Fanny. Rencontre.

Activmag – La musique te colle à la peau, Phanee, tu es tombée dedans ?
Phanee de Pool : Maman Pool est pianiste concertiste et prof de piano, Papa Pool est collectionneur de disques de jazz et ex-homme de radio. Les deux ont créé et dirigé RJB (Radio Jura Bernois ndlr) pendant mon enfance. J’ai été bercée entre Chopin, Rachmaninov, Bach  et Louis  Armstrong,  Ella Fitzgerald, Franck Sinatra et j’ai grandi au milieu de tout ce beau monde!

Difficile de prendre un autre chemin ?
Je ne voulais pas faire de musique. A 7 ans, mes parents m’ont obligée à choisir un instrument. J’ai fait de la clarinette, j’étais mauvaise et j’ai détesté ça. Et puis vers 14 ans, ils n’avaient toujours pas lâché l’affaire, alors j’ai acheté une guitare et quelle belle révélation ! J’ai commencé à faire une école de jazz à Lausanne, mais je n’arrivais pas à lire la musique, j’ai baissé les bras et décidé d’être autodidacte. Je n’ai jamais été très bonne en fait. J’ai commencé à écrire mes premiers textes vers 14-15 ans et je me suis rendu compte que j’aimais manier la plume. J’ai voulu en vivre, mais ce n’était pas possible. Alors je suis devenue flic!

Sacré retournement de situation !
C’est clair… Pendant 7 ans, j’ai été policière et j’ai arrêté en 2018 et repris à 100% la musique. C’est ce passage de vie qui m’a créé un besoin d’exécutoire. Je l’ai trouvé dans la façon d’écrire, de tourner des mots. J’adore la langue française, même si je ne la manie pas bien, et que je fais des fautes, je suis très humble avec ça. Il y en a qui le font beaucoup mieux, moi, je m’amuse !

©Yann Zitouni

Mais d’où vous vient cette plume alors ?
Je n’aime pas lire et on ne peut pas dire que j’ai une culture littéraire ! J’ai lu Germinal à l’école parce que j’étais obligée et les seules choses que j’aime sont les dictionnaires. Je les lis comme on lit une bible. Mais je ne suis pas du tout dans le roman ou l’étude de textes. Quand je sais que certaines de mes chansons sont étudiées à l’université, ça me fait doucement sourire parce que je les ai vraiment écrites sans connaissance de cause. Il parait qu’il y a de l’alexandrin, de la prose en 4, des choses que je ne connais pas, c’est drôle et à la fois joli de vivre ça. Mes premières chansons étaient des amas de rimes, ça ne voulait rien dire, et que de sujets planplan !!! Et puis ma vraie première chanson avec «un peu de succès» est arrivée, c’était Luis Mariano !

Qu’est-ce qui a fait la différence ?
Elle retrace un peu ma vie. Elle raconte que je voulais vivre de la musique et que je n’arrivais pas à remplir mon frigo, qu’il me fallait trouver un autre métier. Et les disputes avec ma mère qui disait : “mais bosse, fais quelque chose, tu ne vas pas rester à ne rien faire toute ta vie.” Cette chanson a vraiment lancé ma carrière, j’avais 27 ans !

Tes textes traitent de sujets lourds parfois… Plus qu’un exutoire, c’est engagé ?
Il y a beaucoup de choses qui ont marqué mon passé, mais dans ma vie musicale, je refuse d’être porte-drapeau. J’essaie de faire passer des messages avec un regard candide et enfantin, mais je ne prends pas parti. Aujourd’hui, pas mal de gens me demandent de soutenir leurs militations politiques ou autre. Et je refuse ! Après, je fais quand même quelques entorses : question écologie, parce que personne ne peut me jeter la pierre en disant : “t’es trop bête d’aborder la question du climat !” Et pour le droit des musiciens, faire comprendre que les streaming ne nous rapportent rien, qu’il faut acheter les albums !

Comment te viennent tes chansons alors ?
Ce ne sont pas forcément des coups de cœur, de gueule ou de sang. En fait, c’est marrant, mais je crois à l’écriture connectée. Il m’arrive d’écrire un truc le soir, et le lendemain matin, je me relis et me demande comment ça peut venir de moi, ce ne sont pas des mots que j’utilise en général. Quand je pars dans des gros délires comme ça, je me dis que je suis une passeuse et qu’on me dit quoi noter. Sans tomber dans le religieux, l’ésotérique ou quoi que ce soit. J’ai juste l’impression d’avoir recraché au travers d’un stylo, sans aucune explication, il doit se passer des trucs un peu farfelus dans ma tête !

Et tu en joues beaucoup, du farfelu, et de l’autodérision…
C’est qu’il y a matière ! Je suis un vrai Gaston Lagaffe, je les enchaîne, je suis maladroite, ma vie est un film ! Je suis à nonante pourcents dans les sketches de Danny Boon. Un ramassis de malentendus, de bêtises, de choses qui vont en travers et partent en cacahuète, on ne s’ennuie pas !

PHANEE, TON ENDROIT POUR…

… en prendre plein la vue ?
Le sommet du Chasseral (BE). Le panard du panard, c’est d’y arriver avant le lever du soleil ou alors d’y aller à l’heure où il se couche. Ne pas oublier le croissant et/ou le demi d’vin blanc avec le paquet de chips, selon l’heure (ou l’humeur).

… buller ?
La vieille ville de Bienne (BE). Il y a quelques années encore, c’était un endroit éteint malgré la beauté du quartier. À l’heure actuelle, ce coin de paradis hors du temps remonte dans le classement des endroits les plus bobos de suisse. Vous y trouverez de tout: des magasins de seconde main, de petits artisans chocolatiers, des bistros adorables, des caves de jazz, un magnifique petit théâtre… bref, c’est ZE place to be pour flâner la tête en l’air.

… faire la fête ?
La coquette à Morges (VD). Festival à ciel ouvert sur le bord du lac Léman. Des concerts gratuits, une joyeuse petite restauration, un cadre paradisiaque. Bref, c’est souvent là que les soirées commencent, se prolongent et se terminent…. et puis paf, oh, on est déjà demain !! Allez, bonne nuit 😉

… manger ?
Le Nénuphare à Saint-Joux (NE). Encore un bistrot pour avoir les yeux dans l’eau (et aussi les pieds, pour autant qu’on ait le courage de faire 60 mètres jusqu’au lac). C’est un endroit que j’adore. Si vous y allez, saluez bien le patron de ma part. Vous verrez que sa moustache ne laisse personne indifférent.

… se nourrir l’esprit ?
Le Jardin botanique de Neuchâtel. J’aime y aller sans le prévoir. Genre, je suis à Neuchâtel et tout à coup, à défaut de rentrer chez moi, je décide de faire le détour pour m’y aérer les idées.

Ton endroit doudou, celui où tu vas pour te ressourcer ?
En balade sur l’île St-Pierre. Quand j’étais petite, mes parents avaient un petit bateau à moteur. Nous partions le matin avec un pique-nique dans une glacière et passions la journée amarés à cette île. Depuis, à chaque fois que j’y vais, je sens ce côté rassurant de mon enfance. C’est un peu ma madeleine de Proust.

+d’infos : www.phaneedepool.com

Magali Buy

Magali Buy

SURNOM : Mag... (d'ailleurs activ'mag c'est pour moi, non ?) PERSONNAGE DE FICTION : Xéna la guerrière OBJET FETICHE : mon piano, il m’écoute, me répond et me comprend mieux que personne. ADAGE : « si tout le monde sait où tu vas, tu n’arriveras jamais à ta destination. Laisse-les croire que tu dors.» JE GARDE : mon mauvais caractère, ma langue bien pendue, mon cœur ouvert et mes yeux verts JE JETTE : mon insécurité, ma cellulite et ma paranoïa... DANS 20 ANS : la même en pire, si c'est possible !

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Bah dis donc, tu viens plus aux soirées, là ?! T'as tout loupé... Papillote et mamie hot au taquet, bolducs et moldus emballés, y a que Jean-Luc qui s'en est allé : les cheminées à ramoner étaient...
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