SORTIES DE NEIGE

9 Déc 2021

VACANCES AUX SPORTS DIVERS

Enneigement incertain, stagnation, voire légère érosion de la fréquentation, pour s’adapter au changement climatique et à l’attente de la clientèle, les stations sont encouragées à se réinventer hors des pistes, pour proposer un tourisme de montagne plutôt que des vacances aux sports d’hiver.

La saison de ski 2018-2019, dernier hiver avant-covid, est l’une des plus belles depuis le début du millénaire : 52 millions de journées skieurs vendues pour 35% de clientèle étrangère1. Dans le top des destinations championnes, la France finit toujours, avec l’Autriche et les Etats-Unis, sur une des trois premières marches du podium. De quoi faire oublier les recommandations de la Cour des Comptes publiées un an plus tôt : “La pratique du ski tend à se réduire pour les nouvelles générations, et les touristes hivernaux mettent en concurrence la montagne avec des destinations moins onéreuses et climatiquement moins aléatoires. Dans ce contexte, les stations doivent à la fois rechercher une diversification mesurée de leur offre d’activités, voire une reconversion, et mieux accueillir les touristes2” .

Paret au Semnoz ©SavoieMontBlanc-Montico

TU SKIES OU TU SKIES PAS ?

Diversification ? Pour Jean-Marc Silva, Directeur de France Montagnes, l’organisme de promotion de la montagne française, elle a été initiée il y a longtemps. “En 1989, après une année sans neige, c’était déjà l’objet de la campagne «La montagne, ça vous gagne». Depuis cette période, les données sont les mêmes : un skieur utilise une dizaine de remontées au cours de sa journée de ski. Sauf qu’il y a 30 ans, pour le faire, il fallait démarrer à 9h et finir à 17h. Aujourd’hui, grâce aux performances de damages, au confort des remontées mécaniques, aux skis qui tournent tout seul, les 10 remontées, on les prend en une grosse de- mi-journée. On a donc créé du temps pour faire autre chose.” Partager, par exemple, des moments ou activités avec un décisionnaire-clé dans le choix de la destination hiver : “avant, on s’intéressait plutôt au skieur expert. Aujourd’hui, la personne importante, c’est celle qui ne skie pas ou peu. C’est elle qu’il faut convaincre si on ne veut pas perdre toute la tribu.

Plateau de Beauregard au-dessus du col de la Croix Fry ©SavoieMotnBlanc-Lansard

PROPOSITIONS DESCENTES

Depuis plusieurs années déjà, les stations rivalisent donc de propositions en dehors du ski, pour des expériences sportives ou contemplatives, gourmandes, créatives, de jour comme de nuit : faire du golf sur neige ou du snowbike électrique, se promener sur un sentier de land’Art, prendre l’apéro dans une télécabine ou dormir dans une dameuse… Boostée par le report des skieurs alpins privés de remontées mécaniques durant l’hiver 2020-2021, la pratique nordique apparaît, elle aussi, comme une alternative séduisante (+78% de journées skieurs vendues sur l’ensemble des domaines nordiques de Haute-Savoie – Chiffres Haute-Savoie Nordic), comme le sont les raquettes ou le ski de randonnée. En visant toujours plus «d’expériences», dans le Grand Massif, c’est carrément un plan triennal de diversification en 10 étapes qui a été lancé en juin dernier, à l’issue duquel l’offre du domaine devrait se voir étoffer d’un Mountain Kart, de la plus longue tyrolienne d’Europe et d’un cinéma immersif d’art contemporain.

©SavoieMontBlanc-Alban-Pernet

SUIVRE LA BONNE PISTE

Diversifier, les stations sont donc d’accord, mais pas au détriment de ce qui est encore leur cœur de métier et fait leur identité. “On ne peut pas opposer les activités”, s’emporte Alexis Bongard, directeur de Les Gets Tourisme. “Aujourd’hui, il y a des gens peu réalistes sur l’économie qui inventent certaines choses, pas vraiment viables, reprises par les médias pour faire de l’audimat : «le modèle des stations d’hier est fini, vive les stations de demain ! On va vivre avec de nouvelles activités, on va pouvoir diversifier, d’un claquement de doigts». Mais le modèle ski alpin/remontées mécaniques représente encore, aux Gets, 70% de notre économie ; il ne faut donc pas oublier d’investir et de travailler dans ce sens-là. On ne peut pas dire, du jour au lendemain, on va changer. Ce sont des effets d’annonce qui ne correspondent pas à la réalité. Les modèles ne s’opposent pas, ils se transforment. On ne vivra pas en ne faisant que de la raquette à neige et du ski de rando, c’est impossible. Pour être une destination touristique complète et intéressante, il faut avoir le ski PLUS le reste. Le modèle de base nous porte encore, on le transforme progressivement, mais il n’est pas terminé.”

1. Rapport international sur le tourisme de neige et la saison de ski 2018-19 – Laurent Vanat – Avril 2020
2. «Les stations de ski des Alpes du nord face au réchauffement climatique : une vulnérabilité croissante, le besoin d’un nouveau modèle de développement» – Rapport public annuel 2018 – février 2018

DROUZIN-LE-MONT – COL DU CORBIER, Une vie après le tout-ski

En 2012, quand la société propriétaire des remontées mécaniques se désengage de la station de Drouzin-le-Mont, la commune du Biot (74) décide de transformer le domaine skiable en un espace ludique intégrant, été comme hiver, des activités dites de «montagne douce». 7 ans et 2 millions d’investissement plus tard, elle commence officiellement sa nouvelle vie : plus aucune remontée mécanique, mais un tapis roulant pour débutants et amateurs de luge ; des anciennes pistes, damées et balisées pour le ski de rando, la raquette ou le ski de fond ; un restaurant communal et une retenue collinaire pour la neige de culture.
Nous rendons la montagne naturelle aux utilisateurs”, se félicite Henri-Victor Tournier, maire du Biot, “il n’y a plus de câble de téléphérique au-dessus de leur tête ! Nous allons ensuite étendre le concept de montagne douce à toute la commune, faire des jeux pour enfants et une pumptrack (piste de VTT) dans le bas du village, des travaux d’aménagement pour la pratique du biathlon et proposer également des hébergements insolites, dans les arbres. » Question fréquentation, les débuts sont encourageants, même si “les chiffres sont faussés”, reconnaît-il, “pendant les deux hivers «covid», les moniteurs des stations voisines des Portes du Soleil, dont les domaines étaient fermés, sont venus avec leurs clients sur le tapis (seule installation payante, donc outil de mesure)”. 2021 sera donc la première année d’exploitation en conditions réelles de la petite station. Sa renaissance devrait être ensuite définitivement actée par la récupération de son nom d’origine : «Le Col du Corbier».

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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