STEPHANE DIAGANA

15 Déc 2021

HAIE D’HONNEURS

Que faites-vous en 47 secondes 37 ? Allez, on vous aide, c’est juste le temps que vous mettrez à lire la première réponse de cette interview, juste la première. Pendant ce temps, Stéphane Diagana, lui, fait un tour entier de stade, soit 400 mètres -on a vérifié-, en tenue saillante et pour corser le tout, parce que ça serait trop simple sinon, il y ajoute une dizaine de haies à sauter en passant. Et personne en Europe ne fera mieux pendant 25 ans ! Alors ? On ne fait plus les malins ?

Un palmarès à vous donner des suées sur votre canapé, de champion de France à champion du monde, Stéphane court depuis toujours, court encore et toujours, et ce n’est pas une série de haies qui va l’arrêter. Et même si son ombre -sur les rotules- a rendu son maillot, si l’athlète a rangé ses médailles dans une boîte à chaussures -grosse, la boîte-, l’homme n’a pas fini de survoler les obstacles pour porter haut et loin ses ambitions pour l’athlétisme. Plus encore, il mouille désormais un polo -plus passe-partout- pour faire du sport une cause nationale, voire un enjeu de santé publique. Hier infatigable sur les circuits, vous ne le rattraperez toujours pas sur les routes de France et de Navarre. On a essayé, on a fini en réa !

A vos marques, prêts ? Lisez !

400M Haies Homme – Championnat du monde, le 27 août 2003, au Stade de France. Digital image © Gérard Vandystadt/Vandystadt

Activmag : Une mère instit’ et un père militaire, ça devait filer droit à la maison…
Stéphane Diagana :
Ah ah ah ! Belle entrée en matière !! Alors, oui militaire, mais je ne le percevais pas vraiment comme ça. Pour moi, c’était un marin, qui aimait la mer. Mais oui, il était engagé dans la Marine Nationale, basé à Dakar, puis à Toulon où il a rencontré ma mère, institutrice. Alors est-ce que ça filait droit à la maison ? Je dirais oui, mais pas de manière autoritaire. Ils avaient donné des principes de vie et de comportements personnels très claires. Un cadre de valeurs définies et bienveillantes qui, si on les respectait correctement, pouvaient laisser pas mal de libertés dans nos choix, nos orientations, sans qu’ils ne s’immiscent dedans. D’ailleurs, on n’a pas eu d’éducation religieuse pour ça. Il a fallu qu’on se construise notre propre spiritualité. Beaucoup de liberté donc, mais aussi de responsabilités, d’autonomie et de confiance, autour de ce cadre.

Ce n’était donc pas pour fuir l’autorité parentale que tu as appris à courir si vite...
Eh non… (rires)

Quel gamin étais-tu ?
Très actif ! La chambre, c’est sympa, mais dehors, c’est mieux ! J’étais le plus jeune d’une fratrie de 3 garçons, je ne la ramenais pas trop du coup. Pas timide, mais réservé. Je n’allais pas spontanément vers les autres. J’appréciais être en retrait, observer, écouter, je ne cherchais pas le devant de scène.

400M Haies – Médaille d’Or au Championnat d’Europe 2002 – Munich (GER) – Photo : SAMPICS/DPPI

Quel métier pensais-tu exercer alors ?
Dans la recherche… Je me souviens d’un jeu de chimie, des expériences, m’être passionné pour les phénomènes naturels, les liens de cause à effet, puis la science… Je me voyais bien chercheur, en quoi, j’en sais rien… Pour assouvir ma curiosité.

Pourquoi l’athlétisme, du coup ? Tu t’étais frotté à d’autres disciplines avant ?
Très originalement, j’ai démarré par le foot. Mon père étant entraîneur dans un petit club, j’ai donc commencé par là. Mais déjà je savais que je voulais faire de l’athlé. Sauf qu’il n’y avait pas de club dans le coin. Donc le foot était un prétexte pour courir avant tout ! Et puis j’aimais courir sous toutes ses formes, que ce soit longtemps ou vite, du sprint ou du cross, en sautant des haies ou pas… Après 3 ans de foot, ma mère a été mutée et on a déménagé dans une ville avec un club d’athlétisme. Et c’est là que tout a commencé. Mais jusqu’à 19 ans, je n’avais jamais imaginé en faire mon métier. Je courais juste pour le plaisir, mais quel plaisir !

Jusqu’à ces exploits qu’on te connaît. Tu as continué tes études en parallèle, comment as-tu pu cumuler les 2 ?
Euh… en acceptant de terminer mon cursus à 35 ans !! J’ai pris mon temps, fais des pauses quand il le fallait, repris le fil de mes études dès que je le pouvais. Sereinement. Sans impasse. Je gagnais bien ma vie avec mes résultats sportifs, mais pour autant, grâce à mes études, je ne jouais pas ma vie à chaque course… Ainsi, tu laisses dominer le jeu sur l’enjeu.

Sur les circuits, tu étais plutôt à la recherche de l’exploit ou du geste juste ?
J’ai toujours été plus intéressé par la recherche de l’excellence, que par la quête du résultat… Se fixer des objectifs, c’est surtout un moyen pour apprendre sur soi, explorer, pour bien s’entourer. Au-delà du geste, dans la vie en générale, c’est l’attitude juste qu’il faut trouver, avec un résultat à la clé attendu, certes.

Et aujourd’hui, ta quête ?
Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est plus le bonheur qu’un statut quelconque. J’ai, à un moment, été approché pour être Ministre des Sports. J’ai refusé et ça pouvait étonner autour de moi, mais je ne voyais pas comment ça allait contribuer à mon bonheur. Le poste, tel que je le voyais exercé, le budget ridicule alloué, qui témoigne aussi de la place qu’on donne au sport en France, c’est finalement plus de la représentation qu’autre chose. C’est en tout cas la vision, certes un peu réductrice, que j’en avais à ce moment-là. Mais ne pas voir mes enfants encore petits grandir pendant 5 ans pour aller inaugurer des gymnases et couper des rubans un peu partout en France, c’était trop cher payé !

Donc la politique, très peu pour toi ?
Disons que je suis plus tenté par un engagement à un niveau de communauté de communes, de ville ou d’association. J’ai le sentiment que je pourrais impacter plus facilement, d’être plus utile et efficace en local qu’au niveau national. Quitte à ce que la réussite locale inspire à un autre niveau ensuite et soit modélisée. Mais partir de l’Etat, pour moi, ce n’est pas le bon échelon pour le concret et le changement palpable.

©Jean-Louis Paris

Quand tu regardes ta carrière, de quoi es-tu le plus fier ?
De mes choix. Mais plus que de la fierté, c’est de la satisfaction, comme si j’avais réussi un TP (Travail Pratique) sur moi- même. En soi, ça n’a pas de sens de passer autant de temps à courir d’un point A pour arriver à ce même point le plus vite possible, avec 10 haies au milieu !! J’ai pourtant passé des années à tourner sur les pistes. En revanche, ce que ça demande, les choix que j’ai dû faire, les valeurs que j’ai pu faire avancer grâce à mes courses, la droiture, le travail, donner le meilleur de soi, respecter l’adversaire dans la compétition, là, ça fait sens. Quand un jeune, qui pourtant n’a pas dû me voir courir, me dit que je suis pour lui une source d’inspiration, c’est ça ma fierté ! Les victoires, les titres, l’argent, la célébrité, c’est rien à côté de l’impression que tu laisses. Les médailles, elles finissent dans une boite à chaussures !

Quels sont tes regrets ou frustrations ?
Je n’en ai pas vraiment. Je me suis toujours donné le maximum de chance pour atteindre mes objectifs, alors effectivement pas toujours avec la réussite espérée au bout, comme pour les JO, parfois même par un excès d’engagement. Mais je ne peux pas dire, si je m’étais mis à bosser, si je m’étais plus investi, j’y serais arrivé. C’est difficile de bosser plus, c’est pour ça d’ailleurs que j’ai été pas mal blessé aussi. Je n’étais pas un surdoué comme Ladji Doucouré ! Mais j’ai fait avec mes moyens et j’ai plutôt bien tiré mon épingle du jeu.

Et sur ta vie d’homme ?
Je suis quelqu’un de plutôt chanceux. Même quand je me casse la gueule en vélo (en 2011, il perd connaissance dans une descente du col de Vence et heurte une voiture venant à contre- sens, NDLR), j’ai de la chance ! J’ai juste des dégâts sur la carrosserie, mais c’est pas le sujet pour moi. Je peux avancer. Et continuer à profiter de la vie et faire ce que j’aime. De toute manière, je ne suis pas du genre à m’appesantir sur ce qui ne va pas, à me plaindre, je suis un optimiste. Ma mère m’a toujours appris à regarder ceux qui avaient moins que moi, et le sport à regarder plus haut. En fait, ma mère m’a donné un pied gauche et le sport son pendant droit. Et le choix du qui à gauche et à droite n’est pas anodin…

Ah oui ?
D’un point de vue politique : être capable de penser le bonheur simplement sans avoir beaucoup, ce que savent très bien faire les gens qui ont peu -en Afrique ou ailleurs, ils sont prêts à te donner alors qu’ils n’ont rien-. C’est ce pied gauche-là qui te retient d’une fuite en avant d’un bonheur que tu ne pourras jamais satisfaire, d’une frustration permanente, et en même temps, ce qui relève presque du bipolaire, ce pied droit qui a l’énergie pour s’affranchir des limites, pour voir plus haut, pour avancer et réussir, -et ce n’est pas un gros mot !-. Souvent en France, dès que tu prononces le mot «ambitieux», on le connote négativement, comme si tu avais forcément le melon ! Alors oui, le sport m’a appris à être ambitieux, mais sans écraser les autres -entre rivalité et respect-, juste pour ce que ça t’apporte en termes de développement personnel. Donc, avec ces 2 pieds, ces 2 piliers, je ne suis pas dans l’eau tiède, mais dans mon équilibre. Pour autant, mon ambition n’est pas dans l’accumulation de richesse, j’en ai bien assez pour ce que je veux faire. Je ne suis pas persuadé que plus d’argent à travers une carrière dans le foot plutôt que dans l’athlé par exemple, m’aurait donné plus de satisfaction… Plus d’emmerdes, c’est certain !

Tu as conservé 25 ans le record d’Europe du 400 mètres haies, ça paraît dingue…
Et oui jusqu’en 2019, un quart de siècle… je ne vois qu’une explication : c’est que les jeunes ne foutaient rien pendant tout ce temps !! (il explose de rire) Ils jouaient trop aux jeux vidéo pour s’entraîner…

©L.Beylot

Les obstacles à surmonter, t’en as fait une spécialité (avec ces haies), quel a été ton plus gros défi ?
Celui de l’engagement dans la durée. Le plus dur, ce n’est pas d’être champion du monde, c’est tout ce qui est mis en place avant pour le devenir. Ça prend du temps, réclame des sacrifices et il faut tenir. Pareil pour mon projet de campus sport-santé que je voudrais voir sortir de terre. Beaucoup d’obstacles et de difficultés se sont dressés sur le chemin depuis 13 ans que je le porte, avec Odile, ma femme. Mais je ne lâche rien, ne serait-ce que pour re-goûter à ces sensations d’engagement, d’obstination qui me stimulaient athlète, et pour une finalité un peu plus conséquente que de courir vite autour d’une piste.

C’est quoi ce campus sport-santé au juste ?
C’est un lieu de thérapie et de prévention par le sport. C’est mettre en place, sur un même site avec piscine olympique et piste d’athlétisme, des pratiques variées, de qualité et évaluées pour permettre à des gens d’être en meilleure santé, de lutter notamment contre des maladies chroniques grâce au sport. Les gens ont une espèce de fatalité sur le temps qui impactera forcément leur état de santé. Alors que les effets du sport sont reconnus, notamment sur les pathologies coronariennes. Je veux être là pour voir ces personnes reprendre en main leur santé, progresser, alors qu’elles pensaient ne jamais pouvoir renverser la tendance. C’est plus ce qu’on fait de l’année, que l’année qui passe qui nous fait vieillir. Le vieillissement est inéluctable, mais la vitesse du processus, non. On a la main dessus. Et c’est assez sympa de voir les personnes de 60 ans qu’on a déjà accompagnées retrouver leurs 50 ans ! C’est mon plus grand défi, voir avancer le sport-santé sur ordonnance, dans des campus, comme celui qui devrait voir le jour à Mougins, dans les Alpes Maritimes, partout sur le territoire. Des centres qui accueilleront aussi bien des patients que des tri-athlètes venus s’entraîner pour l’Ironman.

Joli défi !
Mais il y en a tellement d’autres, comme celui de la place du sport à l’école. Quand des gamins en sport études croulent sous les devoirs qu’ils vont devoir faire à 20h30, en rentrant de l’entraînement, et qu’on leur dit que s’ils ne suivent pas le rythme, il faudra choisir entre le sport et le cursus traditionnel, que l’éducation nationale ne va pas s’adapter à eux ! Alors que l’OMS préconise au moins 1 heure d’activités physiques par jour chez les enfants, on nous les colle de 8 à 17 heures sur une chaise et en plus, on vient t’emmerder le soir en les empêchant de bouger, avec ces devoirs ! Moi je dis qu’il faudrait faire un procès à l’Education Nationale si un jour un gosse développe un diabète de type 2 à 15 ans ! Ça sert à quoi qu’ils acquièrent autant de compétences durant leur scolarité, si c’est pour qu’à 40 ans, ils fassent leur premier infarctus, parce qu’ils n’auront pas suffisamment bouger pour être en bonne santé ? S’ils n’ont pas les moyens de mettre plus de sport au collège ou au lycée, pas de souci, mais qu’ils n’empêchent pas de le pratiquer en dehors avec une fin des cours à 16 heures pour tout le monde, et plus des trous de 3 heures dans la journée avec des emplois du temps décousus… Les gamins ne doivent pas être la variable d’ajustement dans l’élaboration des emplois du temps, pour satisfaire les desideratas des profs ! Comme une entreprise a le souci du service client, de son bien-être, l’école devrait l’avoir. Et ses clients, ce sont les élèves ! Pas les profs… La qualité de vie à l’école, faudrait enfin en parler.

Et en tant que père, quel message tu fais passer à tes enfants ?
Je ne suis pas orienté résultats. Je ne demande pas à mes enfants qu’ils soient majors de promo. En revanche, j’ai 2 injonctions. La première, c’est qu’ils prennent le temps de chercher ce qu’ils ont au fond d’eux, de détecter leurs envies profondes, et ce n’est pas simple, mais quand vous avez trouvé votre passion, quelque chose qui vous anime, la vie est nettement plus facile. Et après, je leur dis : choisissez une chose dans laquelle vous vous engagez fortement, non pas pour vous mesurer aux autres, mais pour aller chercher votre plus haut niveau à vous, c’est ce qui vous fera grandir. La passion et le sens du travail, mais pour toi, par pour l’autre, pour ce que la recherche de l’excellence apporte à ton développement personnel. Je me fous qu’ils fassent Sciences-Po ou une grande école d’ingénieur, ce qui m’intéresse, c’est leur bonheur. Et pour cela, il faut développer des compétences, donc des degrés de liberté dans le domaine qu’ils adorent.

Et face à l’échec ?
Quand il y a un problème, je dis toujours : vu de mars et dans 10 ans, ce truc sur lequel tu focalises, il ne ressemblera à rien ! C’est le système de défense que j’ai développé quand j’étais athlète pour ne pas te mettre la tête sous l’eau et te noyer. T’as essayé, t’as échoué. Et alors ? Ça ne doit pas basculer sur une remise en question personnelle. Et c’est là où l’éducation joue un rôle primordial : si la base est saine, l’échec sera factuel et non une remise en cause de tout ce que tu es. Rappelez-vous la phrase de Nelson Mandela : «je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends».

Ton meilleur souvenir de carrière ?
Peut-être mon premier titre de champion du monde. C’est une validation de tous tes choix, du travail fourni, de tes convictions, une réponse à tes questions : peut-on y arriver sans «se charger» ? Oui, la preuve. A-t-on besoin de haïr son adversaire pour le battre ? Non, ce n’est pas nécessaire… Le fait de gagner, et devant des mecs qui pouvaient être chargés, ça donne confiance en ses choix de méthode, d’entraîneur, d’éthique.

Et le pire souvenir ?
A titre sportif : quand j’ai dû renoncer aux JO d’Atlanta en 96, alors que j’étais à mon meilleur niveau. Une fracture de fatigue au pied. Terminé ! Je me suis retrouvé dans les tribunes à commenter les Jeux pour RTL. Ça a été vraiment dur à encaisser… Comme une envie de revanche, un an plus tard, je devenais champion du monde. Et à titre perso : lorsque j’ai vu ma tronche quand on a enlevé mes bandages après mon accident de vélo. Là, j’ai pris peur ! (rires)

Toutes tes médailles, titres et records, ça aide pour draguer ?
Ah ah ah ! Si je l’avais perçu comme ça, oui, ça aurait pu être un petit soutien motivationnel ! Mais j’étais déjà très motivé !! Et je n’ai pas pris conscience alors de l’atout que j’avais en poche… Mince… J’aurais peut-être dû maintenant que tu m’en parles !!!

Bon, avoue, tu as aussi des défauts ?
Ah ah ah, c’était le sujet du matin au p’tit dej ! Pour les enfants, je veux toujours avoir raison, cette confiance en moi, en mes connaissances, aurait tendance à écraser un peu leur opinion. Je serais un peu donneur de leçons. Et puis je parle trop ! Et je m’éparpille…

Quel regard portes-tu sur l’athlétisme aujourd’hui ? On n’en voit quasiment plus à l’écran…
Et les orientations qui sont prises en haut lieu ne vont pas arranger ça ! La situation est très préoccupante. Ce choix du «laisser filer» technologique, juste pour le buzz et les records, c’est un moyen facile pour faire parler, mais qui ne traite pas le fond du problème, qui est l’organisation des compétitions au niveau international. On a de très bons athlètes, mais on n’est pas capable d’imaginer un circuit qui leur permette d’avoir une notoriété, comme des pilotes de Formule 1 ou de Moto Grand Prix. L’athlétisme a pourtant beaucoup d’atouts : il est esthétique, universel et mixte, il est particulièrement visuel dans toute sa diversité, donc télégénique par nature. Beaucoup d’atouts, mais mal exploités et ça me pose problème.

Titan desert 2019

Qu’est-ce que tu préconises ?
On a tous les 4 ans des JO, tous les 2ans des championnats du monde, et entre, on ne raconte rien ! On devrait pouvoir voir, tous les 15 jours, comme la F1, de mars à octobre, de l’athlétisme à très haut niveau avec les mêmes acteurs, les mêmes coureurs, sauteurs, lanceurs, au masculin comme au féminin, afin que le public puisse les identifier. On pourrait imaginer des circuits avec les 16 meilleurs mondiaux de chaque discipline qui marquent des points au fil des semaines. A la fin de la saison, les 4 moins bons redescendent et les 4 meilleurs de la division du dessous montent. Tu fidélises un public et tu crées des stars. Cette notoriété permettrait aux athlètes de trouver plus facilement des sponsors pour en vivre et inciterait les jeunes générations à prendre le relais… Qui connaît aujourd’hui Van Nieker ? Le mec a pourtant fait 43s 03 et détient le record du monde du 400m. Un circuit changerait tout, raconterait une histoire. Encore faut-il vouloir révolutionner l’athlétisme… Et ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui.

On sort doucement d’une longue crise sanitaire qui a tout bouleversé sur son passage, comment tu l’as vécue ?
Cette interdiction de sortir lors du premier confinement, ça m’a fait drôle, moi qui suis un hyper actif, mais on s’adapte, comme tout le monde. Ce fut un temps de réflexion, un moment agréable aussi en famille, au moins au début. Après, j’ai commencé à m’ennuyer ferme ! Mais tout ça sans angoisse particulière, on attend que ça passe, même quand il a fallu se reconfiner. J’ai avancé sur mes projets, avec peut-être plus de recul, de disponibilité, plus de temps.

Et comment vois-tu le fameux « monde d’après » ?
Je pense que certaines choses resteront. Des remises en question sur les priorités de chacun, sur le besoin de sens, des questions que tu ne te poses pas quand tu as le nez dans le guidon et qui ont débouché sur des reconversions professionnelles notamment. On a une amie qui a un cabinet de bilans de compétences, depuis le Covid, elle ne désemplit pas ! C’est peut-être pas si mal, au final…

FAN DE

Ton acteur ou actrice préféré(e) ? En fait, je ne suis pas très ciné mais la performance d’actrice que j’ai adorée récemment, c’est celle de Claire Danes, alias Carrie Mathison dans Homeland. Je sais, c’est une série qui date, mais les confinements m’ont permis de la dévorer de manière compulsive…

L’artiste dont tu adorerais avoir une création chez toi ? Enki Bilal, c’est l’un de mes frères aînés qui collectionnait ses BD et j’ai pu ainsi découvrir très jeune un coup de crayon, un univers et un usage des couleurs uniques. J’ai eu la chance de le rencontrer et sa simplicité était proportionnelle à son immense talent.

Ton chanteur ou ta chanteuse préféré(e), que tu doubles sous la douche ? Ella Fitzgerald, Bob Marley, Sting… autant le cinéma, ce n’est pas trop mon truc, mais la musique… J’aurais tant aimé savoir bien maîtriser un instrument !

Quel est l’humoriste qui te fais mourir de rire ? Ah, Djamel !!! Je vois sa bouille et ses deux billes bien rondes et le rire n’est plus très loin…

Quel est l’auteur que tu dévores ? Pas d’auteur en particulier, mais j’aime lire pour apprendre et pas forcément pour me divertir. Je lis donc plus d’essais que de romans.

Quel est le champion-ne (sportif) que tu admires ? Rafael Nadal. Son palmarès associé à une personnalité hors norme : humilité, détermination, engagement, énergie, grande classe… Un très très grand champion !

Un politique qui te fascines ? Nelson Mandela qui incarne à quel point l’attitude, la constance et la cohérence de la pensée dans la durée confèrent une force phénoménale, même quand on est privé de liberté pendant près de 30 ans. Une force d’âme inaccessible au commun des mortels.

Ton héros préféré ? Dark Vador. Je l’ai découvert en 1979 avec l’Empire Contre-Attaque. Il m’a permis de comprendre tout petit, bien avant que mon coach me le dise 10 ans plus tard, que la première personne dont il fallait se méfier, c’était soi-même…

Frédérique Bangué

Frédérique Bangué

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