styliste : maison maëlie

13 Avr 2022

MAËLIE… AUSSIE*

Il fut un temps où les voyages en Inde bouleversaient des vies. Aujourd’hui, ce sont les séjours en Australie. L’île-continent offre une qualité de vie, un rapport au travail et… un style de robes de mariées, que la créatrice lyonnaise Amélie Guesnet a décidé de rapatrier.

(*DIMINUTIF D’AUSTRALIEN EN ARGOT… AUSTRALIEN)

« Les gens ne font pas de voyages, ce sont les voyages qui font les gens » disait Steinbeck -parce qu’il est toujours bon d’invoquer un prix Nobel de littérature avant de parler couture !–. Quand, en 2017, elle part pour un an en Australie, avec son visa vacances-travail et son mari, Amélie Guesnet veut surtout perfectionner son anglais et voir du pays. Elle n’a alors que 24 ans et ne pense pas en revenir avec une décision qui va changer sa vie professionnelle.
Depuis plusieurs années, elle gravite dans le monde de la haute-couture à Paris. Artiste dans l’âme depuis toute petite, elle s’est tournée vers des études de modélisme : “j’aimais l’idée de partir d’un morceau de tissu et d’arriver à un vêtement durable, qu’on puisse porter longtemps”. Elle se spécialise dans le tailleur dame et la couture flou à la chambre syndicale de la couture parisienne et, en travaillant pour un atelier de confection renommé, enchaîne les expériences dans les coulisses des grandes maisons, Dior, Chanel, Saint Laurent… Mais c’est un microcosme particulier, dont elle préfère vite s’éloigner : “j’avais peur de finir par détester un métier que j’avais choisi par passion”. Elle prend donc le large, direction Melbourne.

TULLE PERLÉ ET FÉMINITÉ

En débarquant dans la capitale australienne de la mode, elle est prête à perdre le fil, à se contenter de petits boulots loin des aiguilles, mais elles la rattrapent vite : “c’est ce que je sais faire de mieux”, et elle est embauchée dans l’atelier d’une créatrice de robes de mariées. “En dehors du côté couture, je suis tombée amoureuse du style australien, il est différent, très glamour. En France, il y a un côté historique, un passé intense, même dans la mode ; là-bas, c’est un pays neuf qui prend les styles de différentes provenances et les mixe pour donner une mode libre, légère, colorée. Il y a aussi moins de pudeur, on aime les coupes sexy qui mettent les formes en valeur, les choses fendues ou très près du corps… Et pour les robes de mariées, on utilise des matières qui se tiennent bien et qui ne se voient plus trop chez nous, comme le tulle perlé ou le satin duchesse. C’est plus audacieux dans l’affirmation de la féminité, de la confiance en soi, c’est un peu plus show-off (ndlr : frime) aussi.
Cette plongée dans le grand blanc s’impose alors pour elle comme une révélation : “c’est un peu de la haute-couture que tout le monde peut porter une fois dans sa vie.” La voilà donc face à de nouvelles perspectives…

NOUVELLE VIE ET SYMÉTRIE

Teint hâlé et cheveux blondis par plusieurs mois de soleil, Amélie regagne donc l’hémisphère nord et s’installe à Lyon, où elle chamboule les lettres de son prénom pour lancer «Maison Maëlie». Ses créations sont évidemment inspirées par son séjour au pays du barramundi et de Margot Robbie : “même si les marques australiennes commençaient à prendre un peu d’ampleur, ce style-là n’était pas encore très visible, et je pouvais y apporter le savoir-faire français.” Elle travaille la transparence, les décolletés, le perlé…
Après une collection 2021 autour de la mer et des Néréides, sa mariée 2022 se pare de lignes fortes, très graphiques, et d’un travail sur la symétrie. Chacune des robes porte le nom d’une personnalité ayant également joué avec ce principe géométrique, comme les architectes Franck Gehry et Zaha Hadid, les artistes Escher et Mondrian, ou le plasticien Vasarely. “J’ai un faible pour la robe Otto, avec ses deux pièces et son satin duchesse, une matière un peu oubliée qui se faisait beaucoup dans les années 80-90. Travaillée de manière plus actuelle, c’est une alternative moderne à la robe de princesse.

ÊTRE TOUTE « OUI »

Amélie, qui a toujours œuvré en atelier, doit désormais aussi appréhender la dimension humaine de l’univers du mariage : “ça ne se résume pas uniquement à la création de la robe, on est beaucoup dans l’affect avec les futures mariées, on découvre leur histoire, il y a des moments où elles se dévoilent vraiment et au-delà de la confection, il faut leur donner des conseils, les guider jusqu’au bout.
Un rôle qu’elle a appris à endosser, tout comme celui de cheffe d’entreprise, dans lequel elle s’est, là aussi, révélée. Et elle ne compte pas s’arrêter là : “l’idée serait de développer le dressing de la mariée, de l’enterrement de vie de jeune fille jusqu’au brunch du lendemain de la cérémonie, peut-être en partenariat avec d’autres créateurs.” Elle a d’ailleurs déjà fait un premier pas dans cette direction, en lançant, avec la marque de lingerie écoresponsable Maline, un maillot de bain de mariée. Pour celles qui voudraient se dire oui sur une plage… en Australie ?

+ d’infos : maisonmaelie.fr

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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