GARE ET PAIX
A PIED, À VÉLO, EN MÉTRO, TRAM, VOITURE OU TRAIN… QU’IMPORTENT LES MOYENS, LA GARE DE PERRACHE EST UNE ÉPREUVE QUI DURE LE TEMPS DE SA TRAVERSÉE. DES TRAVAUX TENTENT DE LA RENDRE PLUS HUMAINE. ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE OU REGAIN DE VITALITÉ POSSIBLE ?
En exagérant à peine, on pourrait croire que Louis Pradel est un descendant naturel de Catherine de Médicis, tant il a laissé à Lyon une série de cadeaux empoisonnés. Sur le podium, avec le tunnel de Fourvière, le centre d’échanges Lyon Perrache (CELP). Accolé à la gare de Perrache déjà bâtie de manière surélevée pour échapper aux crues, la construction du CELP dans les années 70 forme un ensemble qui aggrave la coupure en deux de la Presqu’île. Mandat après mandat, on ne sait qu’en faire. On parle du site comme d’une «verrue urbaine», d’un «verrou à faire sauter» d’autant plus fâcheux que sa fréquentation s’affiche à la hausse -200 000 usagers quotidiens attendus en 2030- et que le quartier Confluence se développe.

UN TRAITEMENT, DOCTEUR ?
A l’intérieur, ce n’est guère mieux. Dans ce dédale sans queue ni tête, difficile de repérer où prendre son bus, son tram, son train, etc. Le comble ! Mais depuis 2018, le projet urbain «Ouvrons Perrache», qui s’appuie sur plusieurs rounds de concertation, sème ses chantiers de part et d’autre de la gare. Objectifs principaux des aménagements de 37 millions d’euros confiés à l’Atelier Ruelle par la Métropole : reconnecter le nord et le sud de la Presqu’île, simplifier l’accès aux transports tout en rendant la fréquentation des lieux moins punitive. Côté Confluence, le percement de voûtes de l’imposant mur extérieur de la gare fait naître une nouvelle entrée, avec accès direct à l’essentiel des quais de gare. On ose à peine y croire : il sera désormais inutile de monter les escaliers mécaniques pour en redescendre illico d’autres afin d’attraper son train. D’ailleurs, sur cette façade, exit les escalators, remplacés par des ascenseurs et une rampe d’accès. La place des Archives est également remaniée pour jouer les parvis arborés, sachant qu’une halle des voyageurs toute neuve se logera au rez-de-chaussée, en compagnie d’une brasserie qu’on espère dans l’esprit des buffets de gare d’antan.

LE BOUT DU TUNNEL ?
Qui ne retenait pas sa respiration en passant dans le tunnel situé sous la gare? Parce qu’il était sinistre et à cause du pestilentiel cocktail relents d’urine-pots d’échappement qui y ré- gnait. C’est long 300 mètres dans de telles conditions… La version 2020 de la gare Perrache boute les voitures hors du tube, entièrement rénové, qui devient «100 % modes doux» : double piste cyclable, sertie de trottoirs. Que les claustros se rassurent, la démolition partielle de la passerelle du centre d’échanges permettra à mi-parcours de créer une placette à ciel ouvert, pourvoyeuse de lumière naturelle et d’air frais. C’est donc plus sereins que les voyageurs comme les habitants et travailleurs de ce secteur pourront passer de la place Carnot au cours Charlemagne et vice-versa.
Côté place Carnot, les modifications sont moins spectaculaires, mais visent l’épure. Les accès au métro A et au tunnel modes doux gagneront notamment en visibilité et en simplicité.
Le remodelage du site ne s’arrête pas là. Fin 2019, la Métropole a lancé un appel à projet qui cible la rénovation du centre d’échanges Lyon Perrache. Mais pour savoir qui et comment, il faut attendre le prochain train…