VISITE DE MAISON… DE PIERRE

30 Oct 2021

COLOC DE RÊVE

Un château du 18e siècle cabossé sur un domaine abandonné. Comment tout ça s’est transformé en une copro 5 étoiles, à une trentaine de minutes de Lyon et de sa place Bellecour? Laissez-nous vous raconter.

Du domaine tel qu’on l’imagine, il a tout : le château, l’orangerie, la chapelle, la forge, les écuries, le pigeonnier, le potager. Y compris la forêt enchantée qui le garde. Les héritiers de ce château de la couronne de Lyon ont bien tenté de le conserver dans la famille, mais la demeure construite en 1739 a trop longtemps été livrée à elle-même. Un arbre y a même pris ses quartiers, jusqu’à rendre convertible une partie de la toiture… La petite merveille étiquetée «monument historique» est mal en point et la somme pour la remettre en état, trop rondelette. Une société spécialisée rachète donc la propriété, restaure toiture, charpente et façades convalescentes à l’identique en se basant sur des photos anciennes. Avant de revendre le tout divisé en trois plateaux nus.

You’ve got a match

Quand nos propriétaires découvrent les lieux, deux lots ont déjà trouvé preneurs. Par son caractère atypique, le troisième sème la perplexité jusque-là chez les visiteurs, qui ne savent par quel bout prendre ces anciennes écuries, celles où les châtelains accédaient à leur calèche pour leurs allées et venues : un espace de 180 m2 entièrement ouvert présentant une succession de voûtes et une hauteur sous plafond peu communes. Mais Bérénice Baccam-L’Herbette a l’œil et les nerfs aguerris par 10 ans d’exercice comme architecte d’intérieur. Le sol en terre battue, les pierres telles qu’elles ont été posées à l’époque, la simple arrivée d’eau et d’électricité, même pas peur ! Sa famille y sera très bien. Le jour de la visite, l’affaire est conclue.

Clairement envoûtant

Sur les plans d’aménagement proposés chez le notaire au moment de la signature, il est suggéré de sacrifier une des voûtes pour y implanter l’escalier menant aux futures chambres. L’ingénieur structure prévient : vous en supprimez une, vous supprimez les quatre puisqu’elles s’auto-soutiennent. Logique. De toute façon, Bérénice a déjà tout prévu pour les mettre en valeur. Sol en béton ciré où se planque une petite jungle de tuyaux et de fils dont ceux du chauffage pour laisser les murs à leur pureté, sans radiateur, éclairages par le bas pour magnifier les plafonds en demi-lune. Même la teinte du béton a été mûrement réfléchie. Après plusieurs essais, Koya Archictecture élit un terracotta faisant le plus ressortir la beauté naturelle des pierres.

T’as vu où tu trémies ?

La trémie permettant d’accueillir l’escalier qui conduira à l’étage, créé de toutes pièces, a donc été positionnée au seul endroit possible pour conserver les voûtes. Les marches suspendues, des pas japonais qui semblent flotter, débouchent sur le bureau ouvert de la Lyonnaise formée à l’ESAIL. Ce dernier distribue d’un côté les deux chambres d’enfant avec salle d’eau partagée et de l’autre, la suite parentale. En bas, hors de question que l’espace à vivre soit axé autour de la télé. Non mais ! Elle est priée de se faire oublier dans un meuble sur mesure, qui abrite aussi un vestiaire. Tout ce qui est disgracieux ou utilitaire rallie des rangements intégrés.

Ce n’est pas la taille qui compte (mais un peu quand même)

Le château étant classé, impossible d’agrandir les ouvertures. Qu’importe, Bérénice a l’impression de mieux profiter des vues qu’il faut aller chercher, mériter. De plus, les petites fenêtres cadrent des détails à la manière de tableaux. Ici, un arbre, là, une aile du château. Ça en jette. 
Pour amener autrement de la luminosité, l’archi d’intérieur a imaginé un dégradé chromatique allant de murs rose pâle à l’orange éthéré, puis plus franc. Aux pièces moins bien exposées, les tonalités plus claires. “Le camaïeu limite le contraste abrupt d’un espace à l’autre, et tisse une ambiance enveloppante”. En revanche, par rapport aux constructions contemporaines dont les murs en moellons laissent tout passer, les parois affichent 1m20 de tour de biceps. Autant dire que du piano ou des fêtes, rien ne filtre. Le château-coloc 5 étoiles jouit en outre d’une cour intérieure où les marmots de la maisonnée s’en donnent à cœur joie, à l’abri des voitures et presque du tumulte du monde. 

Photos : Sabine Serrad

Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

Suivez nous !

et ça, t’as vu ?

Quelles clés pour fermer sa société ?

ET 1, ET 2, ET 3… POUR REPARTIR À ZÉRO

PSYCHO : FINIR SUR UN SOURIRE

Un adieu peut-il être joyeux ?

basta cosi !

Basta Cosi, c'est toute la cuisine traditionnelle italienne avec une pointe de modernité, une carte élaborée à partir des meilleurs produits venus directement d'Italie, pâtes fraîches artisanales, charcuterie italienne DOP et IGP, viandes et poissons frais. La pâte à...

DESSERT CRAQUANT

Chic, c’est l’été !

pIS pAUL, bEST OF

STARS AU COMPTOIR

RECETTE D’ÉTÉ

Pour changer des salades…

compléments élémentaires

Si… licium m’était conté

Pin It on Pinterest

Share This