VIVIENNE WESTWOOD au musée!

THE PUNK PANTHER

IL Y EN A UNE PINK, DE PANTHER, AMÉRICAINE NONCHALANTE ET DÉNUDÉE. ET IL Y A VIVIENNE WESTWOOD, PLUS PUNK, BRITANNIQUE FLAMBOYANTE ET STYLÉE, DÉTONANTE ET ENGAGÉE… A PARTIR DU 10 SEPTEMBRE, LE MUSÉE DES TISSUS DE LYON LUI CONSACRE SA 1RE EXPOSITION FRANÇAISE : MODE SAVE THE QUEEN VIV’ !

PAR MÉLANIE MARULLAZ

Elle le certifie, les deux petites cornes qui ornent son front mutin n’ont rien du diablotin, c’est un symbole païen, de fertilité peut-être, mais on n’en saura pas plus. Quoi qu’il en soit, elles entretiennent le mythe : à bientôt 80 ans, Vivienne Westwood n’a rien perdu de sa singularité, de son envie de bousculer. “Je questionne tout, et c’est ça la subversion, non ?”, déclarait-elle dans une interview à la fin des années 90. “Les vêtements sont une proposition physique à une question : ne serions-nous pas plus beaux comme ça ? De toute façon, vous ne réfléchissez pas si vous faites ce que tous les autres font.” Et ça fait bien longtemps que Dame Viv’ ne fait rien comme tout le monde…

Vivienne Westwood ©Jililian Edelstein

VIV’ LA RÉVOLUTION

Notre-Dame Hall, Londres, 1976. Tignasse blonde peroxydée et hérissée, robe noire courte et boots cloutées, en coulisses de ce temple du rock, Vivienne se déchaîne au rythme d’Anarchy in the UK, fan électrisée de Johnny Rotten qui hurle sa rébellion sur scène. Depuis 5 ans, avec son compagnon Malcom McLaren, elle tient une boutique sur King’s Road, l’artère battante, à l’époque, de la contre-culture londonienne. Le jeune étudiant en art l’a convaincue d’abandonner sa carrière d’institutrice pour l’aider à vendre des disques et des souvenirs d’abord, à coudre des vêtements ensuite. Née pendant la Première Guerre Mondiale, sous le signe du système D, elle a, depuis toute petite, cette capacité naturelle à fabriquer des choses : “A 5 ans, je pense que je pouvais faire une paire de chaussures.

Malcolm McLaren et Vi

NO COUTURE ?

La boutique change de décor et de nom en fonction des expériences stylistiques et des idées du couple, qui se radicalisent : de «Let it Rock», dédiée aux années 50 et aux Teddy Boys, elle est devenue «Too fast to live, too young to die», inspirée de l’univers bikers, peuplée de têtes de mort, de chaînes et de clous, avant d’être baptisée «SEX». Dans l’Angleterre pudibonde des années 70, cuir, latex, graffitis pornos et stilettos provoquent le chaland, secouent l’establishment, quand les vêtements déchirés et customisés par Vivienne définissent l’esthétique de la contestation et en véhiculent les slogans. Le Punk est né. Ne manque plus, à la jeunesse rageuse et provocatrice qui traîne dans les rayons, qu’un porte-voix. Il entre dans la boutique un jour de 1975 : John Lydon, cheveux verts et t-shirt brûlé, va devenir Johnny Rotten, chanteur des Sex Pistols, managés par Malcom McLaren, qui les a nommés ainsi pour promouvoir l’enseigne de King’s Road. La sortie de leur titre «God Save the Queen», au moment du jubilé de la Reine, vaudra d’ailleurs une arrestation au couple Westwood-Mc Laren, qui participait à une opération de promo-provoc depuis un bateau sur la Tamise.

Nouvelle collection, automne – hiver 2020/2021
Défilé Les femmes ne connaissent pas toute leur coquetterie, collection 1996 / ©Guy Marineau

WILD WILD WEST… WOOD

Buckingham Palace, 1992. Mèches blondes sagement rangées sous un béret gris, élégant tailleur assorti, celle qui a été désignée British Designer of the Year deux ans plus tôt, vient recevoir l’insigne d’Officier de l’Empire Britannique (OBE) des mains d’Elizabeth II en personne. Preuve que ni l’une ni l’autre des deux femmes ne sont rancunières. Mais dans la cour du Palais, Vivienne fait virevolter sa jupe, qu’elle porte comme les Ecossais portent leur kilt… Rebelle un jour, rebelle toujours.
La styliste autodidacte s’est pourtant détachée du mouvement punk –ainsi que de son McLaren d’amant– et arpente les podiums en son nom propre depuis une dizaine d’années. Pour ses créations, elle pioche idées et techniques dans ses lectures –son autre grande passion– principalement historiques : Révolution Française et Tiers-Monde pour «Pirates», son tout premier défilé (1981) ; crinoline Second Empire et mini-jupe à la Mary Quant pour «Mini-Crini» (1985) ; technique de taillade du XVIIe siècle pour «Cut and Slash» (1991)… Tartan, tweed, Union Jack ou famille royale, elle revisite, modernise et détourne également les fondamentaux de la culture textile britannique.

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Défilé 2015 à Londres dénonçant l’austérité de la politique anglaise et contre l’extraction du gaz

SUPPLÉMENT DAME

St John Smith Square, Westminster, 2019. Vivienne a longtemps teint ses cheveux en orange vif, elle les a même rasés, mais pour ce final du défilé Automne/Hiver dans une église de Londres, ils sont blancs, longs et détachés. Chemise et pantalon tartan volontaires, celle qui a soutenu l’indépendance écossaise, le statut de réfugié climatique et Julian Assange, martèle son nouveau credo : «Achetez moins, choisissez bien, faites durer»*. Sur la scène ce soir, des mannequins-activistes ont pris la parole, tout comme le directeur de Greenpeace UK. Les défilés et les créations de Dame Viv’, anoblie en 2006, sont à nouveau très politisés, mais l’écologie a remplacé l’anarchie. L’implication, dans les collections, de son mari le styliste Andreas Kronthaler, lui permet de consacrer plus de temps à la protestation. Mais la mode lui sert de média pour donner de la visibilité à ses combats, car “il est très important d’être bien habillé quand on veut argumenter.”**

MODE… D’EXPRESSION

Musée des Tissus, Lyon, 2020. Un caraco du XVIIIe siècle et une pièce de la collection «Portrait» (1991), le pourpoint Charles de Blois aux emmanchures en assiette et la veste «Vive la Cocotte» (1995), un habit de général girondin et sa version «Les femmes ne connaissent pas toute leur coquetterie» (1996)…
En faisant dialoguer la collection de Lee Price, ancien collaborateur de la foisonnante Vivienne, avec celles du musée, “on identifie ses influences”, résume Julie Rouffet-Troussard, commissaire de l’exposition, “car Vivienne Westwood a beaucoup étudié l’histoire de l’art, et son œuvre est pleine de références, nous avons donc essayé de recomposer son imaginaire et son répertoire.” Paradoxal pour une ancienne punk, anti-institutions, de se retrouver dans un musée ? Pas tant que ça. “Elle a été très honorée, par exemple, par la grande rétrospective que le Victoria & Albert Museum lui a consacré en 2004. Elle ne renie pas le punk, mais elle ne veut pas y être réduite. Elle veut faire réfléchir les gens, les bousculer pour les pousser à réfléchir, et la mode peut être un moyen de les y amener.”

+ d’infos : https://www.museedestissus.fr/pages/exposition/25:vivienne-westwood-art-mode-subversion

* Buy less, choose well, make it last.
** “It is very important to look great when you want to make a point” Naomi Campbell meets V.Westwood, British Vogue, oct 19

[social_warfare]
Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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