pipe pipe houra !

pipe pipe houra !

nom d’une pipe !

AUTREFOIS CONSIDÉRÉE COMME UNE PRATIQUE DÉVIANTE ET RÉSERVÉE À LA PROSTITUTION, LA FELLATION SEMBLE ÊTRE DEVENUE, DEPUIS LES ANNÉES 1990, L’AMUSE-BOUCHE INDISPENSABLE POUR UN KÂMA-SÛTRA DOMESTIQUE RÉUSSI. MÊME PAS BESOIN DE TRAVERSER LA RUE POUR TROUVER UN BLOW JOB ! IL SUFFIT D’AVOIR L’AVAL DE SA CHÉRIE. MAIS POUR SE FAIRE MOUSSER À L’ORAL, QUELQUES RÈGLES S’IMPOSENT.

L’Histoire regorge de pipe shows croustillants. La plus célèbre gâterie est sans doute celle qui aurait, selon la légende, coûté la vie au président de la République Félix Faure en 1899. Ou encore celle qui faillit être fatale, un siècle plus tard, à Bill Clinton…

RÉCEPTION EN GRANDE POMPE

Il passa en effet, de peu, entre les gouttes d’une destitution pour avoir invité sa secrétaire Monika Lewinsky à jouer de la flûte sous son bureau «avale». La Maison Blanche portait bien son nom! Aujourd’hui, on ne ferait plus des gorges chaudes de ces affaires. Car l’art buccal s’est banalisé. Les livres, les films, les chansons, le mettent régulièrement sous les feux de la «hampe». Qu’elle est loin l’époque où France Gall faisait jaillir le tube de Serge Gainsbourg, «les sucettes»! Aujourd’hui, 90% des trentenaires seraient des pratiquants plus ou moins réguliers.

TURLUTTE FINALE

Les jeunes hommes, biberonnés au cyberporn, auraient même tendance à l’exiger systématiquement, comme si elle coulait de source. Grave erreur! Car la pipe n’est pas un droit de l’homme. Si la majorité des femmes s’y prête de bonne grâce, par générosité, pour ne pas laisser Popaul en cale sèche, certaines réussissant même à érotiser la situation, une minorité aspire néanmoins à autre chose, soit parce qu’elle n’aime pas boire à la bouteille, soit parce que la posture -à genoux devant le candélabre- est jugée avilissante. Face à un refus, le respect s’impose. D’ailleurs, les obsédés du pompier ne devraient pas oublier que, dans l’affaire, c’est la femme qui a le pouvoir. Vous en doutez? Alors imaginez juste votre cylindre entre les canines acérées de votre dulcinée, capables de sectionner n’importe quelle durite et de couper l’arrivée du liquide de refroidissement… A ce moment-là, mesdames, profitez-en pour négocier tout ce que vous voulez! Fort heureusement, la fellation n’est pas qu’une question de rapport de force ou de corvée. Elle doit être avant tout un plaisir partagé.

LA PIPE, C’EST CHIC !

Ce qui signifie que l’homme, contrairement à une idée reçue, ne peut pas rester inactif, le pantalon aux chevilles ou en étoile de mer sur la couette. Cela ne serait guère enthousiasmant pour la partenaire! Qu’il n’hésite pas au contraire à exprimer son désir et sa satisfaction ! Rien de pire que des convives impassibles devant un sublime gratin ou un grand cru classé. Mains attachées? Yeux bandés? Avec les dents? Combo recto- verso avec baloches incluses? Plus vite? Plus lent ? Changement de formule car Chouchou a les maxillaires en souffrance ? Tout est possible, à condition de communiquer, de guider l’autre par les mots ou des gestes! La politesse vous amènera aussi à ne pas appuyer sur sa tête sans permission (on n’est pas chez Rocco !), à ne pas lâcher le bouquet final sans prévenir, surtout si vous ignorez le profil de votre partenaire, réticent ou glouton. Et n’oubliez pas de témoigner votre gratitude, si vous avez l’intention que l’expérience se renouvèle! Bref, même dans ce domaine, loin de toute passivité, l’homme ne peut se décharger… de sa responsabilité!

fâchons-nous pour mieux
nous câliner…

fâchons-nous pour mieux nous câliner…

baisons futés !

Les sujets de dispute dans le couple ne manquent pas. Votre club de foot favori, l’OM, a encore perdu, et belle-maman débarque ce week-end sans prévenir… La moutarde vous monte au nez, vous dijon-ctez l’un et l’autre. Des noms d’oiseau pas très chouettes s’échangent. Et finalement, vous finissez par vous réconcilier avec une séance de sexe encore plus torride que d’habitude. De la science-friction pour comédies romantiques ? Pas forcément !

Car la réconciliation sur l’oreiller n’existe pas que dans les livres ou les films. Faire l’amour pour éviter ou résoudre un conflit est une réalité depuis la nuit des temps ! Jules César lui-même n’hésitait pas à payer de sa personne dans le plumard des rois comme des reines pour négocier des accords.

ENFILE INDIENNE

Le sexe post-engueulade est ainsi une vieille ficelle dont Charles Aznavour décrit parfaitement le mécanisme dans «Tu nages en plein délire». Au départ, les carottes sont cuites entre vous, et d’un seul coup, du sexe cru fait retomber la vapeur. Paradoxal ? Pas tant que ça. Ce transfert d’excitation s’expliquerait par des facteurs neurobiologiques, hormonaux et psychologiques, comme si la peur de la rupture, la mise en danger de la relation amplifiaient votre moteur érotique.

Les ébats qui suivent la querelle sont souvent plus passionnés. Le rythme cardiaque s’accélère, l’adrénaline déborde. Vêtements arrachés, gestes brusques, une furieuse envie de chevauchée fantastique et de rodéo endiablé sur la terre promise. Point de préliminaires, «l’arrière-train» est immédiatement en action pour un sensuel règlement de compte à OK «Corail». N’hésitez donc pas à sortir votre calumet si vous voulez enterrer la hache de guerre et vous offrir une thérapie de crouple àpach’er. Mais sexe bestial ne veut pas dire violence. Ne squaw pas trop fort votre Pocahontas, ne la traitez pas de ch(e)yenne, et ne la prenez pas à re-bruce lit sans sa spermission. Bref, ne faites pas le truc tepeeque des gonzes manquant d’éducation.

NE PAS PENSER CO-MANCHE !

Car s’accou-plaid sous la couette après une prise de bec est une perspective alléchante, mais dans laquelle les hommes tirent trop la couverture à eux. Point de caresses, mais du brutal, du plaisir égoïste. Notre Lucky Luke de la culbute, capable de faire rimer en un éclair lancer d’assiettes et levrette, joue de fait un peu perso. Pas étonnant que ce mode de résolution des conflits soit privilégié par la gente masculine. Mais les femmes trouvent-elles leur compte dans ce one-man-show sexuel ?

Selon une étude récente, sans rejeter complètement l’option «partie de traversin», elles préfèrent obtenir des excuses, du temps passé ensemble, voire des larmes. Sans dialogue en effet, les plaies profondes du couple ne peuvent être pansées par du sexe sparadrap, surtout si la relation est au bout du rouleau. Recoller les morceaux en s’inspirant de l’amant de lady Chatterton est illusoire, vos coups de reins ne suffiront pas à désamorcer la bombe des non-dits. Même si cette stratégie fonctionne chez les Bonobos, où les tensions du groupe s’apaisent systématiquement par des emboîtements de croupes, mettez-la en branle avec parcimonie. Comme dirait Jules, pas le vôtre, mais le César «rom’-antique» qui s’y connaissait en gauloiserie, «usus, fructus, non abusus !»

© oneinchpunch

et toi…?
t’as déjà essayé le quickie ?

et toi…? t’as déjà essayé le quickie ?

le coup du lapin

Plus c’est long, plus c’est bon ? Eh bien pas forcément ! Quelquefois, comme le dit un autre proverbe, les plus courtes sont les meilleures. Et là on ne parle pas de la taille du bazar à Félix, mais du petit coup rapide entre deux portes. Souvent considéré comme une pulsion dépourvue de romantisme, et surtout prisée par les mâles, le quickie offre pourtant de nombreux avantages, à condition de l’exécuter avec doigté. Les égoïstes et les flemmards peuvent passer leur chemin !

« Si vous fumez après avoir fait l’amour, c’est que vous l’avez fait trop vite”, affirme Woody Allen. Les hommes, en élèves appliqués, sont souvent persuadés que l’acte sexuel doit être très long pour faire plaisir à leur partenaire. Grave méprise !

ARRIÈRE-TRAIN À GRANDE VITESSE

En effet, atteindre le septième ciel ne nécessite pas forcément une mise en scène compliquée ou une longue méditation tantrique. Nul besoin de bougies autour du lit, de Barry White ou Marvin Gaye en fond sonore, de champagne bien frais (gardez éventuellement vos bulles pour le debrief post coïtum). Il suffit parfois simplement d’un rapide intermède hors de la chambre – changer de locaux motive – pour vous aiguiller sur de nouvelles sensations à l’occasion de la Saint-Valentrain. Nes’quickie du matin directement sur la table au milieu des paquets de porn flakes, sexpresso ristretto dans les toilettes d’un resto, saillie fast and furious dans la benne du pick up, ou sexo bonobo à califourchon sur la photocopieuse au bureau, tout est possible. Sauf pour les positions, forcément limitées.

N’espérez pas dérouler tout le Kamasutra, ou faire un missionnaire peinard dans l’ascenseur. Pas assez de temps pour du sexe «Lexomil», place au sexe dans l’mille ! Top chrono ! Zappez les préambules et concentrez-vous sur du classique-pratique qui ne nécessite pas de déshabillage intégral (pas la peine d’enlever le haut pour avoir l’ébat), comme la levrette, la mystérieuse entrevue, ou l’union du loup. Un lieu insolite, la peur d’être surpris et le goût de l’interdit devraient suffire pour pimenter vos laborieuses et routinières copulations hebdomadaires.

JEU, SEXE ET MATCH

Ces 3 minutes douche (pas forcément) comprise de relation B to Bite, impulsives et décomplexées, rappellent la fougue des débuts de relation et donnent aux protagonistes un sentiment de liberté et de légèreté. Davantage de lâcher-prise, moins de pression sur le résultat, la crainte de ne pas performer disparaît. De quoi rassurer l’homme hanté par sa capacité à procurer un orgasme à sa partenaire. Attention, il ne s’agit pas non plus de se comporter comme un lapin égocentrique, focalisé sur son seul plaisir, mais comme un gentleman altruiste, soucieux d’interaction. Travail manuel in-dis-pen-sable pendant l’exercice !

Le quickie, c’est du sexe vite fait, certes, mais surtout bien fait ! Murmurer au partenaire ses envies, dans le creux de l’oreille, par exemple lors du repas de Noël familial entre le fromage et la bûche, créer une connivence sensuelle, faire monter l’excitation, puis s’éclipser discrètement au moment où tonton Marcel raconte son énième blague, quels souvenirs en perspective pour vos vieux jours ! Pour conserver son efficacité, le quickie doit cependant rester occasionnel et être consommé avec modération. Même si votre boulot ou vos 15 enfants vous laissent peu de temps pour la gaudriole, ne faites pas du fast sex, par facilité, paresse ou manque d’ambition, une habitude bien pratique, car il finirait par être frustrant. Diversifiez votre pratique, alternez les échanges, variez les coups ! Longs, courts, soyez le Nadal de l’amour, le Federer de la bagatelle, pour que votre jeu sexuel ne soit pas «fait d’erreurs».

© Vasyl

obésité et sexualité :
l’amour XXL

obésité et sexualité : l’amour XXL

quand est-ce qu’obaise ?

Alors qu’un adulte sur deux est en surpoids en France, obésité ne rime pourtant jamais avec sexualité, hormis dans la catégorie fétichiste de certains sites pornos. Un sujet tabou qui nourrit toutes les hypocrisies. On ne dit plus «bedonnant, grosse, bourrelets», mais «dadbod, pulpeuse, formes». Et si les hommes disent apprécier les rondeurs, dans un lit ou dans leurs fantasmes, ils semblent bien peu nombreux à afficher socialement cette attirance. Alors quoi, faut être mince pour coucher ?

Une enquête de l’Ifop (de juin 2018) affirme d’ailleurs que 23 % des hommes et 17% des femmes ont déjà envisagé de ne pas aller plus loin avec quelqu’un qui leur plaît en raison de sa corpulence. N’y a-t-il donc que Pierre Bachelet pour déclarer son amour des «corps ronds» ?

BIDE SEXUEL

Pour un tas de raisons en effet, un adulte replet a toutes les chances de passer du pèse-personne au baise-personne, du héros de la Grèce antique au Eros de la graisse sans trique. Moqueries, stigmatisations diverses, un fat shaming qui affecte l’estime de soi, surtout pour les femmes, entraînant à terme des troubles du désir et un évitement des rapports sexuels. Dès lors, comment oser se mettre nu(e) devant l’autre si on n’aime pas son corps ? Qu’ils sont loin les attributs appétissants des femmes du XIXème siècle qui enthousiasmaient Maupassant ou Brillat-Savarin ! Ces fesses rebondies, ces plis charnus, ces doigts boudinés comme des saucisses, ces hanches de violoncelles qui faisaient rêver les archets masculins…

Aujourd’hui, les femmes obèses auraient 30% de chances en moins que les autres de rencontrer un partenaire sexuel. En fait, comme l’écrit l’ancienne bloggeuse et actuelle secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, dans «Osez… l’amour des rondes» (2010), ces dernières sont “exclues du marché de la bonne meuf”. Une situation pourtant totalement schizophrène car, dans le même temps, perçues comme épicuriennes, gourmandes et amoureuses des plaisirs de l’existence, elles attirent beaucoup d’hommes, et finissent rarement seules sous leur couette. A une condition cependant : assumer ! Ses formes, son désir, ses fantasmes.

FAT AND FURIOUS

Car si certaines vivent avec bonheur leur 46 – c’était la taille de Marilyn Monroe – d’autres préfèrent cacher leur corps voluptueux sous un affreux tee-shirt informe, ou pire, orné d’un personnage de Disney. En réalité, la clef réside dans l’acceptation de soi. Vous priver de mousse au chocolat ne vous donnera pas plus de partenaires. Au contraire ! Au lieu de calculer votre Indice de Masse Corporelle, comme le suggèrent obsessionnellement certains magazines féminins, exprimez plutôt votre Impressionnante Motivation pour le Cul. Piochez judicieusement dans le Kâma-Sûtra les positions adéquates, en évitant si besoin les plus acrobatiques. La levrette est plébiscitée, car elle met en valeur des fesses généreuses. Mais tout ou presque reste possible. Amazone, cuillère, missionnaire… Pas besoin de tuto sur YouTube. Mettez tous vos atouts dans la balance.

Comme l’explique l’historienne américaine Hanne Blank, dans son livre «Big Big Love», “il y a plus de textures, de superficie de peau et plus de nerfs sensoriels chez les personnes grosses. Tout ce que vous avez sur un corps mince, vous l’avez de la même façon, mais en plus, sur un corps gros”. Bref, de l’amour XXL ! Alors «go fat» ! Fuyez la tyrannie du 38 et prenez le large, la bedaine, c’est le plaisir à la chaîne !

© dzimin

chérie, on se mate
un clara morgane ce soir ?

chérie, on se mate un clara morgane ce soir ?

x-files

Les premières chaleurs printanières stimulent votre libido, et la coupe du monde de foot en russie promet de longues soirées ennuyeuses… pourquoi ne pas remplacer le soporifique suède / corée du sud par un petit porno partagé avec votre moitié ?

Selon un sondage Ifop de 2014, un couple sur deux aurait déjà succombé à cette tentation canaille. Une idée séduisante pour pimenter une vie sexuelle plan-plan, à condition toutefois d’introduire le sujet en douceur.

Car passer du porno solo au porno duo ne va pas de soi. La question reste largement taboue. Honte, gêne, culpabilité… Et sans préparation ou communication préalable, l’Apericul «porno-Ricard» avec votre partenaire risque de sombrer comme le Titanique ! «Anis» horribilis !

TÂTEZ LE TERRAIN AVEC DOIGTÉ

Premier impératif, choisir un moment propice pour aborder la question. Si vous lancez à votre copine au rayon nurserie d’un supermarché, “j’adore mater des partouzes, pas toi ?”, ça risque de lui couper l’envie. Pornostic mal engagé ! Zéro suce-pense, elle vous fusillera illico du regard et vous pourrez pleurer sur vos zob-secs. Inutile de lui raconter par ailleurs que chaque fois qu’elle a son cours de yoga avec ses copines, vous faites une cure de popporn devant Clara Morgane ou que vous enfilez votre costard-cravache pour reluquer du BDSM. Un peu de subtilité queue diable !

Définissez ensuite ensemble le soir où vous testerez cette nouvelle et amusante activité, sans que le petit dernier débarque, doudou à la main, parce qu’il a fait un cauchemar. Et enfin, sélectionnez avec soin un film vers lequel con-verge-nt vos goûts respectifs. Oubliez le vieux porno traditionnel, misogyne et à l’intrigue inexistante, du style «20 000 vieux sous mémères», «Ça glisse au pays des merveilles», ou encore «Gorilles dans la brune», qui exhibe du cul sorti de nulle part, avec systématiquement des femmes offertes et des hommes en érection. Jetez plutôt un œil du côté des productions féministes et éthiques de la réalisatrice suédoise Erika Lust, aux scènes contextualisées et aux scenarii léchés. Bref, comme pour le café, ou le chocolat, optez pour du X bio et équitable, qui rémunère correctement ses acteurs et les respecte. Plaisir partagé et conscience tranquille. Pas besoin d’aller à con-fesse.

MIEUX COMMU-NIQUER

Bien sûr, comme toute activité sportive, mater du porno à deux comporte quelques risques, qu’il ne faut pas sous-estimer. Voir des corps parfaits, des érections éléphantesques et des pénétrations à la chaîne peut affaiblir l’estime de soi. Et n’espérez pas sauver votre couple défaillant en visionnant ces performances d’acrobites. Car s’il contribue à l’excitation ou à la jouissance, comme tout l’arsenal anti routine (sextoys, lingerie…), le film de boules ne vous sera d’aucune aide pour retrouver un processus relationnel désirant.

Cependant, regarder, de temps en temps, du sexe de qualité à deux, librement et sans contrainte, est une excellente perche à saisir pour enrichir la relation, surtout si le couple n’ose pas parler sexe. La parole se libère, les fantasmes respectifs se dévoilent, point de départ d’un dialogue entre partenaires, comme un tuto sexuel qui vous permettra d’élargir votre répertoire. Bref, laissez tomber Suède/Corée du Sud, respirez un grand coup et suggérez à votre chéri(e) : “c’est bientôt le festival d’animaFion d’Annecy ! Ça te dirait de regarder des seins animés ?”

© tverdohlib

sexe et vélo, 
une débandade assurée?

sexe et vélo, une débandade assurée?

sex machine

La légende est tenace. Le vélo serait un sport incompatible avec l’activité sexuelle. Troubles de l’érection, infections en tout genre, voire cancer, enfourcher la petite reine serait néfaste pour l’entre-jambe. Alors qu’il se vend davantage de cyclos que de voitures en France et que le marché de l’élec’trique est en pleine ascension, voilà qui ne manque pas de «selle». Sexe et vélo, une débandade assurée?

Reconnaissons d’abord que l’homo cyclens erectus ne fait pas vraiment fantasmer. Il obtient même un zéro pointé dans un récent sondage britannique sur les sportifs les plus sexys.

LA QUEUE DU PELOTON

Bronzage bicolore, torse malingre, jambes épilées, service trois pièces moulé dans une improbable tenue lycra aux couleurs d’une chaîne d’hypermarchés, le cycliste, qu’il soit à poil ou habillé, est clairement un tue-l’amour à lui tout seul. Ensuite, madame, si vous pensez que votre Merckx domestique va attaquer votre versant nord en danseuse tel un fringant étalon au retour de sa sortie dominicale, vous risquez d’être déçue ! 5 heures sur sa selle auront eu raison de ses ardeurs. Parti pour un grand raid(e), il vous reviendra sous-gonflé. Frottements, compression, microtraumatismes, votre chouchou est désormais incapable de durcir la course pour franchir les «périnées».

Homme au guidon, finie l’érection et bonjour la déception! Sucer la roue, profiter de l’aspiration, rien n’y fait! Seule solution, le Viagra. Mais retrouver du braquet grâce au dopage, ça manque vraiment de classe. Et renouveler trop souvent l’opération risque de vous amener directement dans la voiture-balai.

TOUT EST BON DANS L’GUIDON

Faut-il dès lors jeter définitivement sa monture aux oubliettes? Pas du tout! Car de récentes études, plus fiables, et venues de Cali’fornique insistent au contraire sur les bienfaits de la bicyclette, pour les hommes comme pour les femmes. Leur conclusion est sans appel : la santé sexuelle et urinaire des cyclistes serait comparable à celle des nageurs et coureurs. De quoi envier le triathlète, qui combine les trois disciplines! Et les cyclistes intensifs présenteraient même un meilleur fonctionnement érectile que les pratiquants plus occasionnels, sans parler des endorphines secrétées par l’activité physique. Un conseil donc, si vous voulez que votre chérie vous attribue le prix du meilleur grimpeur, flatte votre coup de rein à la Chris Froome, ou apprécie l’efficacité de vos patins, laissez tomber la balade pépère, et mouillez le maillot dans l’Alpe d’Huez!

PLAISIR À LA CHAÎNE

Ainsi, que les forçats de la (bi) route se rassurent : contrairement aux idées reçues, il n’y a pas d’activité plus érotique que le cyclisme, ni d’objet plus sexualisé que le vélo. L’anagramme de vélo n’est-il pas love? Un ancien champion des années 50 ne s’appelait-il pas Charlie «Gaul»? Et que dire de ces mains qui empoignent les cocottes comme si elles étaient des hanches, de ces bassins qui ondulent dans un mouvement régulier tel un métronome? “Tout cycliste pro a au moins une fois pensé au vélo en faisant l’amour”, affirme, un poil dé’janté, l’écrivain Olivier Haralambon, un ancien coureur qui en connaît un rayon. Il va même jusqu’à comparer “le cycliste, avec son casque et sa tenue, à un spermatozoïde”.

Du coup, cet été, devant le Tour de France, vous ne verrez plus jamais le jaillissement du sprinter sur la ligne d’arrivée de la même manière. Et si vous cherchez une astuce efficace pour éviter l’éjaculation précoce, il vous recommande d’imaginer que vous grimpez le Galibier sous la pluie, les muscles tétanisés par le froid. Enfin, pour ceux qui aimeraient pimenter leur balade du week-end, il leur reste toujours la possibilité d’installer «Happy Ride», une selle vibrante. Faire de votre vélo un sex-toy, ça donne le vert-tige non?

© anatoliy_gleb

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