et toi…? t’as déjà essayé le quickie ?

et toi…? t’as déjà essayé le quickie ?

le coup du lapin

Plus c’est long, plus c’est bon ? Eh bien pas forcément ! Quelquefois, comme le dit un autre proverbe, les plus courtes sont les meilleures. Et là on ne parle pas de la taille du bazar à Félix, mais du petit coup rapide entre deux portes. Souvent considéré comme une pulsion dépourvue de romantisme, et surtout prisée par les mâles, le quickie offre pourtant de nombreux avantages, à condition de l’exécuter avec doigté. Les égoïstes et les flemmards peuvent passer leur chemin !

« Si vous fumez après avoir fait l’amour, c’est que vous l’avez fait trop vite”, affirme Woody Allen. Les hommes, en élèves appliqués, sont souvent persuadés que l’acte sexuel doit être très long pour faire plaisir à leur partenaire. Grave méprise !

ARRIÈRE-TRAIN À GRANDE VITESSE

En effet, atteindre le septième ciel ne nécessite pas forcément une mise en scène compliquée ou une longue méditation tantrique. Nul besoin de bougies autour du lit, de Barry White ou Marvin Gaye en fond sonore, de champagne bien frais (gardez éventuellement vos bulles pour le debrief post coïtum). Il suffit parfois simplement d’un rapide intermède hors de la chambre – changer de locaux motive – pour vous aiguiller sur de nouvelles sensations à l’occasion de la Saint-Valentrain. Nes’quickie du matin directement sur la table au milieu des paquets de porn flakes, sexpresso ristretto dans les toilettes d’un resto, saillie fast and furious dans la benne du pick up, ou sexo bonobo à califourchon sur la photocopieuse au bureau, tout est possible. Sauf pour les positions, forcément limitées.

N’espérez pas dérouler tout le Kamasutra, ou faire un missionnaire peinard dans l’ascenseur. Pas assez de temps pour du sexe «Lexomil», place au sexe dans l’mille ! Top chrono ! Zappez les préambules et concentrez-vous sur du classique-pratique qui ne nécessite pas de déshabillage intégral (pas la peine d’enlever le haut pour avoir l’ébat), comme la levrette, la mystérieuse entrevue, ou l’union du loup. Un lieu insolite, la peur d’être surpris et le goût de l’interdit devraient suffire pour pimenter vos laborieuses et routinières copulations hebdomadaires.

JEU, SEXE ET MATCH

Ces 3 minutes douche (pas forcément) comprise de relation B to Bite, impulsives et décomplexées, rappellent la fougue des débuts de relation et donnent aux protagonistes un sentiment de liberté et de légèreté. Davantage de lâcher-prise, moins de pression sur le résultat, la crainte de ne pas performer disparaît. De quoi rassurer l’homme hanté par sa capacité à procurer un orgasme à sa partenaire. Attention, il ne s’agit pas non plus de se comporter comme un lapin égocentrique, focalisé sur son seul plaisir, mais comme un gentleman altruiste, soucieux d’interaction. Travail manuel in-dis-pen-sable pendant l’exercice !

Le quickie, c’est du sexe vite fait, certes, mais surtout bien fait ! Murmurer au partenaire ses envies, dans le creux de l’oreille, par exemple lors du repas de Noël familial entre le fromage et la bûche, créer une connivence sensuelle, faire monter l’excitation, puis s’éclipser discrètement au moment où tonton Marcel raconte son énième blague, quels souvenirs en perspective pour vos vieux jours ! Pour conserver son efficacité, le quickie doit cependant rester occasionnel et être consommé avec modération. Même si votre boulot ou vos 15 enfants vous laissent peu de temps pour la gaudriole, ne faites pas du fast sex, par facilité, paresse ou manque d’ambition, une habitude bien pratique, car il finirait par être frustrant. Diversifiez votre pratique, alternez les échanges, variez les coups ! Longs, courts, soyez le Nadal de l’amour, le Federer de la bagatelle, pour que votre jeu sexuel ne soit pas «fait d’erreurs».

© Vasyl

obésité et sexualité : l’amour XXL

obésité et sexualité : l’amour XXL

quand est-ce qu’obaise ?

Alors qu’un adulte sur deux est en surpoids en France, obésité ne rime pourtant jamais avec sexualité, hormis dans la catégorie fétichiste de certains sites pornos. Un sujet tabou qui nourrit toutes les hypocrisies. On ne dit plus «bedonnant, grosse, bourrelets», mais «dadbod, pulpeuse, formes». Et si les hommes disent apprécier les rondeurs, dans un lit ou dans leurs fantasmes, ils semblent bien peu nombreux à afficher socialement cette attirance. Alors quoi, faut être mince pour coucher ?

Une enquête de l’Ifop (de juin 2018) affirme d’ailleurs que 23 % des hommes et 17% des femmes ont déjà envisagé de ne pas aller plus loin avec quelqu’un qui leur plaît en raison de sa corpulence. N’y a-t-il donc que Pierre Bachelet pour déclarer son amour des «corps ronds» ?

BIDE SEXUEL

Pour un tas de raisons en effet, un adulte replet a toutes les chances de passer du pèse-personne au baise-personne, du héros de la Grèce antique au Eros de la graisse sans trique. Moqueries, stigmatisations diverses, un fat shaming qui affecte l’estime de soi, surtout pour les femmes, entraînant à terme des troubles du désir et un évitement des rapports sexuels. Dès lors, comment oser se mettre nu(e) devant l’autre si on n’aime pas son corps ? Qu’ils sont loin les attributs appétissants des femmes du XIXème siècle qui enthousiasmaient Maupassant ou Brillat-Savarin ! Ces fesses rebondies, ces plis charnus, ces doigts boudinés comme des saucisses, ces hanches de violoncelles qui faisaient rêver les archets masculins…

Aujourd’hui, les femmes obèses auraient 30% de chances en moins que les autres de rencontrer un partenaire sexuel. En fait, comme l’écrit l’ancienne bloggeuse et actuelle secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, dans «Osez… l’amour des rondes» (2010), ces dernières sont “exclues du marché de la bonne meuf”. Une situation pourtant totalement schizophrène car, dans le même temps, perçues comme épicuriennes, gourmandes et amoureuses des plaisirs de l’existence, elles attirent beaucoup d’hommes, et finissent rarement seules sous leur couette. A une condition cependant : assumer ! Ses formes, son désir, ses fantasmes.

FAT AND FURIOUS

Car si certaines vivent avec bonheur leur 46 – c’était la taille de Marilyn Monroe – d’autres préfèrent cacher leur corps voluptueux sous un affreux tee-shirt informe, ou pire, orné d’un personnage de Disney. En réalité, la clef réside dans l’acceptation de soi. Vous priver de mousse au chocolat ne vous donnera pas plus de partenaires. Au contraire ! Au lieu de calculer votre Indice de Masse Corporelle, comme le suggèrent obsessionnellement certains magazines féminins, exprimez plutôt votre Impressionnante Motivation pour le Cul. Piochez judicieusement dans le Kâma-Sûtra les positions adéquates, en évitant si besoin les plus acrobatiques. La levrette est plébiscitée, car elle met en valeur des fesses généreuses. Mais tout ou presque reste possible. Amazone, cuillère, missionnaire… Pas besoin de tuto sur YouTube. Mettez tous vos atouts dans la balance.

Comme l’explique l’historienne américaine Hanne Blank, dans son livre «Big Big Love», “il y a plus de textures, de superficie de peau et plus de nerfs sensoriels chez les personnes grosses. Tout ce que vous avez sur un corps mince, vous l’avez de la même façon, mais en plus, sur un corps gros”. Bref, de l’amour XXL ! Alors «go fat» ! Fuyez la tyrannie du 38 et prenez le large, la bedaine, c’est le plaisir à la chaîne !

© dzimin

chérie, on se mate un clara morgane ce soir ?

chérie, on se mate un clara morgane ce soir ?

x-files

Les premières chaleurs printanières stimulent votre libido, et la coupe du monde de foot en russie promet de longues soirées ennuyeuses… pourquoi ne pas remplacer le soporifique suède / corée du sud par un petit porno partagé avec votre moitié ?

Selon un sondage Ifop de 2014, un couple sur deux aurait déjà succombé à cette tentation canaille. Une idée séduisante pour pimenter une vie sexuelle plan-plan, à condition toutefois d’introduire le sujet en douceur.

Car passer du porno solo au porno duo ne va pas de soi. La question reste largement taboue. Honte, gêne, culpabilité… Et sans préparation ou communication préalable, l’Apericul «porno-Ricard» avec votre partenaire risque de sombrer comme le Titanique ! «Anis» horribilis !

TÂTEZ LE TERRAIN AVEC DOIGTÉ

Premier impératif, choisir un moment propice pour aborder la question. Si vous lancez à votre copine au rayon nurserie d’un supermarché, “j’adore mater des partouzes, pas toi ?”, ça risque de lui couper l’envie. Pornostic mal engagé ! Zéro suce-pense, elle vous fusillera illico du regard et vous pourrez pleurer sur vos zob-secs. Inutile de lui raconter par ailleurs que chaque fois qu’elle a son cours de yoga avec ses copines, vous faites une cure de popporn devant Clara Morgane ou que vous enfilez votre costard-cravache pour reluquer du BDSM. Un peu de subtilité queue diable !

Définissez ensuite ensemble le soir où vous testerez cette nouvelle et amusante activité, sans que le petit dernier débarque, doudou à la main, parce qu’il a fait un cauchemar. Et enfin, sélectionnez avec soin un film vers lequel con-verge-nt vos goûts respectifs. Oubliez le vieux porno traditionnel, misogyne et à l’intrigue inexistante, du style «20 000 vieux sous mémères», «Ça glisse au pays des merveilles», ou encore «Gorilles dans la brune», qui exhibe du cul sorti de nulle part, avec systématiquement des femmes offertes et des hommes en érection. Jetez plutôt un œil du côté des productions féministes et éthiques de la réalisatrice suédoise Erika Lust, aux scènes contextualisées et aux scenarii léchés. Bref, comme pour le café, ou le chocolat, optez pour du X bio et équitable, qui rémunère correctement ses acteurs et les respecte. Plaisir partagé et conscience tranquille. Pas besoin d’aller à con-fesse.

MIEUX COMMU-NIQUER

Bien sûr, comme toute activité sportive, mater du porno à deux comporte quelques risques, qu’il ne faut pas sous-estimer. Voir des corps parfaits, des érections éléphantesques et des pénétrations à la chaîne peut affaiblir l’estime de soi. Et n’espérez pas sauver votre couple défaillant en visionnant ces performances d’acrobites. Car s’il contribue à l’excitation ou à la jouissance, comme tout l’arsenal anti routine (sextoys, lingerie…), le film de boules ne vous sera d’aucune aide pour retrouver un processus relationnel désirant.

Cependant, regarder, de temps en temps, du sexe de qualité à deux, librement et sans contrainte, est une excellente perche à saisir pour enrichir la relation, surtout si le couple n’ose pas parler sexe. La parole se libère, les fantasmes respectifs se dévoilent, point de départ d’un dialogue entre partenaires, comme un tuto sexuel qui vous permettra d’élargir votre répertoire. Bref, laissez tomber Suède/Corée du Sud, respirez un grand coup et suggérez à votre chéri(e) : “c’est bientôt le festival d’animaFion d’Annecy ! Ça te dirait de regarder des seins animés ?”

© tverdohlib

sexe et vélo, une débandade assurée?

sexe et vélo, une débandade assurée?

sex machine

La légende est tenace. Le vélo serait un sport incompatible avec l’activité sexuelle. Troubles de l’érection, infections en tout genre, voire cancer, enfourcher la petite reine serait néfaste pour l’entre-jambe. Alors qu’il se vend davantage de cyclos que de voitures en France et que le marché de l’élec’trique est en pleine ascension, voilà qui ne manque pas de «selle». Sexe et vélo, une débandade assurée?

Reconnaissons d’abord que l’homo cyclens erectus ne fait pas vraiment fantasmer. Il obtient même un zéro pointé dans un récent sondage britannique sur les sportifs les plus sexys.

LA QUEUE DU PELOTON

Bronzage bicolore, torse malingre, jambes épilées, service trois pièces moulé dans une improbable tenue lycra aux couleurs d’une chaîne d’hypermarchés, le cycliste, qu’il soit à poil ou habillé, est clairement un tue-l’amour à lui tout seul. Ensuite, madame, si vous pensez que votre Merckx domestique va attaquer votre versant nord en danseuse tel un fringant étalon au retour de sa sortie dominicale, vous risquez d’être déçue ! 5 heures sur sa selle auront eu raison de ses ardeurs. Parti pour un grand raid(e), il vous reviendra sous-gonflé. Frottements, compression, microtraumatismes, votre chouchou est désormais incapable de durcir la course pour franchir les «périnées».

Homme au guidon, finie l’érection et bonjour la déception! Sucer la roue, profiter de l’aspiration, rien n’y fait! Seule solution, le Viagra. Mais retrouver du braquet grâce au dopage, ça manque vraiment de classe. Et renouveler trop souvent l’opération risque de vous amener directement dans la voiture-balai.

TOUT EST BON DANS L’GUIDON

Faut-il dès lors jeter définitivement sa monture aux oubliettes? Pas du tout! Car de récentes études, plus fiables, et venues de Cali’fornique insistent au contraire sur les bienfaits de la bicyclette, pour les hommes comme pour les femmes. Leur conclusion est sans appel : la santé sexuelle et urinaire des cyclistes serait comparable à celle des nageurs et coureurs. De quoi envier le triathlète, qui combine les trois disciplines! Et les cyclistes intensifs présenteraient même un meilleur fonctionnement érectile que les pratiquants plus occasionnels, sans parler des endorphines secrétées par l’activité physique. Un conseil donc, si vous voulez que votre chérie vous attribue le prix du meilleur grimpeur, flatte votre coup de rein à la Chris Froome, ou apprécie l’efficacité de vos patins, laissez tomber la balade pépère, et mouillez le maillot dans l’Alpe d’Huez!

PLAISIR À LA CHAÎNE

Ainsi, que les forçats de la (bi) route se rassurent : contrairement aux idées reçues, il n’y a pas d’activité plus érotique que le cyclisme, ni d’objet plus sexualisé que le vélo. L’anagramme de vélo n’est-il pas love? Un ancien champion des années 50 ne s’appelait-il pas Charlie «Gaul»? Et que dire de ces mains qui empoignent les cocottes comme si elles étaient des hanches, de ces bassins qui ondulent dans un mouvement régulier tel un métronome? “Tout cycliste pro a au moins une fois pensé au vélo en faisant l’amour”, affirme, un poil dé’janté, l’écrivain Olivier Haralambon, un ancien coureur qui en connaît un rayon. Il va même jusqu’à comparer “le cycliste, avec son casque et sa tenue, à un spermatozoïde”.

Du coup, cet été, devant le Tour de France, vous ne verrez plus jamais le jaillissement du sprinter sur la ligne d’arrivée de la même manière. Et si vous cherchez une astuce efficace pour éviter l’éjaculation précoce, il vous recommande d’imaginer que vous grimpez le Galibier sous la pluie, les muscles tétanisés par le froid. Enfin, pour ceux qui aimeraient pimenter leur balade du week-end, il leur reste toujours la possibilité d’installer «Happy Ride», une selle vibrante. Faire de votre vélo un sex-toy, ça donne le vert-tige non?

© anatoliy_gleb

Quoi, ça rend sourd ?

Quoi, ça rend sourd ?

jeu de paume

Vous ne le saviez sans doute pas, mais le mois de mai est le mois de la masturbation. L’idée, lancée en 1995 par un fabricant de sex-toys américain, visait à redonner ses lettres de noblesse à une pratique ô combien banale, mais sujette aux plaisanteries graveleuses, silences gênés et préjugés éculés. «Comment? Qu’est-ce que vous dites ? Quoi, ça rend sourd ?». Profitons donc de l’occasion pour réhabiliter les vertus du travail manuel !

87% des hommes et 67 % des femmes s’y adonneraient. Pourtant, d’après le psychiatre Philippe Brénot, auteur en 2013 d’un «Nouvel éloge de la masturbation», la pratique demeure le «dernier tabou de la morale sexuelle occidentale».

ONAN LE BARBARE

“Il faut cesser de se moquer de la masturbation”, dit Woody Allen, car “c’est faire l’amour à quelqu’un qu’on aime”, ou encore, comme le dit Jean-Claude Carrière, “c’est serrer la main au père de ses enfants !”. Et pourtant, les ricanements sur le sujet vont souvent bon train. On s’esclaffe sur ces branleurs qui n’ont pas qu’un poil dans la main ! On blague sur la technique de la chaussette, éventuellement fourrée de nouilles tièdes. On raille les ados, les célibataires, les frustrés et tous les bolosses condamnés à se dégourdir l’unijambiste devant Clara Morgane. Oh my Gode, que d’acidité pour une activité ordinaire !

La libération sexuelle a sévi, mais le sexe en solo semble encore frappé d’interdits, et reste socialement inacceptable, surtout quand cela concerne les femmes. Gêne, honte, pas besoin de creuser bien loin pour trouver l’origine des blocages. L’héritage de deux siècles de condamnation par l’Eglise et la médecine. Pour la première, disperser la semence gratuitement, sans reproduire l’espèce, c’est é-branler le business plan divin. La seconde en faisait une pratique dangereuse, provoquant la surdité ou l’infertilité. Corsets, anneaux péniens, gants anti onanisme, de multiples dispositifs douloureux devaient contrarier ces odieuses pulsions.

“Il faut cesser de se moquer de la masturbation”, dit Woody Allen, car “c’est faire l’amour à quelqu’un qu’on aime”

HANDJOB, GOOD JOB !

Pourtant, à part une luxation de la main, on ne risque rien à se masturber. Au contraire, on connaît désormais les nombreuses vertus de ce défrichage manuel. Libération d’endorphines, réduction du stress, plaisir garanti, éveil à la sexualité, confiance en soi, épanouissement sexuel. C’est comme pratiquer la pensée positive ou boire du thé vert. Vous préférez les desserts ? Alors imaginez une mousse au chocolat. Un moment de pur plaisir, de laisser-aller, de régression, avec une once de culpabilité pour pimenter le tout. Bref, un «petit coup de mains» pour booster votre bien-être ! En plus, cerise sur le clito, en ces temps d’austérité, c’est gratuit ! Pourquoi se priver ?

Attention, comme tout ce qui est bon, il s’agit de savoir en user, en jouir avec art ! On privilégie donc la qualité ! Inutile de sprinter, prenez votre temps ! Et n’hésitez pas à varier les techniques : lubrifiants, vibromasseurs, godemichés, coussins, lacets. Seul, ou avec votre partenaire, car ce n’est pas qu’un plaisir solitaire et égoïste. Caresses mutuelles, exhibition généreuse, partage de compétences, transfert de savoirs. Une combinaison d’intime et d’altruisme très bénéfique. Pratique sexuelle la plus sous-estimée du répertoire actuel, la masturbation mérite qu’on la prenne au sérieux. Considérez-la même comme un devoir civique, pour une fois jouissif. Votez «blanc» ! Vous verrez, accomplir votre «tache» électorale n’a jamais été aussi agréable.

© familytv

Les femmes jouissent d’abord par l’oreille

Les femmes jouissent d’abord par l’oreille

bande son

Dans le film «un poisson nommé wanda», un avocat (John Cleese) décuple le plaisir de sa partenaire (Jamie Lee Curtis) lorsqu’il lui parle en italien pendant les scènes torrides. Rien d’étonnant, «les femmes jouissent d’abord par l’oreille», affirme Marguerite Duras. De quoi stimuler lobe’sédé qui sommeille en vous ? A condition de maîtriser l’art subtil du «dirty talk» !

Le dirty talk désigne ce langage spécifique lié au sexe. On peut, durant une relation sexuelle (ni avant, ni après!), s’écarter du langage conventionnel. Oreilles sensibles s’abstenir !

50 NUANCES DE CRU

En 2015, une étude australienne a conclu que 9 personnes sur 10 parlent pendant l’acte sexuel. Et les profils sont variés. Les classiques d’abord. Côté homme, “tu la sens ma grosse (dure/ longue/au choix) – biiiiiiiip- ?”. Côté fille, au programme : conjugaison du verbe venir à toutes les sauces et multiplication d’indications géographiques à vous donner le tournis, “à droite, oh oui, non, à gauche, vas-y, encore, tout droit au fond”. Connaissance du code – ou gode – de la rut indispensable!

Ensuite, les bavards, les Nelson Montfort du patin, qui commentent chaque action, “viens sur ce sofa Ikea Norsborg à 539 euros, écarte les genoux que je fasse une toupie javanaise, attention, je me retire!”, et à qui on a envie de dire “mets’l’son moins fort!”. Puis les hurleurs, qui, comme Maria Sharapova, ponctuent chaque montée au filet de bruits non identifiés : chat en chaleur, circuit automobile ou enfant qui pleure.

Le profil Rocco «pas si frais, dis!», qui s’imagine tourner un film de boules, où il est beaucoup question fluides et pratiques faciales, entrecoupés de râles gutturaux, de claquements fessiers et de mots orduriers.

Et pour finir, les poètes à la Sardou – “je vais t’aimer comme on ne t’a jamais aimée” -, et qui, tout en faisant «sprinter l’unijambiste», susurrent à leur dulcinée moult métaphores culinaires ou viticoles (colibri, abricot, bouton de rose, ou cèpe noueux) pour que sardou-ble d’intensité.

«HOT» LINE

Le dirty talk serait-il donc devenu le passage obligé pour pimenter un coït ? Si votre vie sexuelle se résume à un missionnaire hebdomadaire, rapidos dans le noir, avec deux ou trois ahanements, tentez le coup ! Car les mots non seulement permettent de guider le partenaire, mais font grimper l’excitation. Un vrai lâcher-prise !

Attention, quelques règles s’imposent. Pour armer dans de bonnes conditions le lance-flammes émotionnel, évitez tout ce qui peut vexer chouchou! “T’es en petite forme ce soir!”, “hi hi… tu me chatouilles”, ou le très élégant “avec mon ex, on faisait plutôt comme ça”. Ne hurlez pas non plus le prénom de votre voisin/amant/ex. Oubliez les termes techniques (vagin, pénis, etc) qui vous rappelleront votre dernière consultation gynéco. Le choix des mots doit être judicieux sous peine de débandage général. Et surtout utilisé au moment propice. Post coïtum, on ne demande pas à sa chérie “si la cochonne a kiffé notre grosse b***”. Mauvais timing ! C’est fini, la cochonne est redevenue femme, on change de registre.

Etre salace est un art, c’est du pilotage sur la neige ! Tout en subtilité.

En fait, le meilleur dirty talk est celui qui est partagé et consenti. Si la sauce ne prend pas, l’excitant devient humiliant ou sexiste. Et votre histoire cochonne tombe à l’eau, un vrai «chagroin» d’amour!

© jcomp

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