Dans l’air

Dans l’air

Bubu roi… des airs

Comme une baudruche qui se serait échappée des mains d’un enfant, le ballon rouge de Bruno Michel, alias Bubu, flotte en douceur au-dessus du Parmelan. Si régulièrement que sa silhouette légère et gonflée est devenue, dans le ciel d’Annecy, un objet volant parfaitement identifié.

La montgolfière n’est pas un avion de chasse : on ne l’entend pas et on a le temps de la voir passer ; elle n’a jamais fait et ne fera jamais la guerre ; il y a dans sa lenteur quelque chose de poétique et dans sa rondeur un côté éminemment sympathique. On a forcément envie d’en savoir plus sur celui qui la pilote.
Yeux bleus et catogan, Bubu, lui, a des allures d’adolescent. Dans une première vie, avant d’être aérostier, il était charpentier. Depuis les toits pour s’envoler vers le ciel, il n’y a qu’un pas, qu’il fait à 25 ans, une aile de parapente dans le dos. Ce sont alors les débuts d’une discipline encore un peu aventureuse, mais il passe vite une qualification biplace pour partager son plaisir. “Après une saison entière à faire voler les autres, au col de la Forclaz, il repartait voler pour lui, il n’en avait jamais assez !” C’est d’ailleurs de la Forclaz qu’en 2019, il s’élance avec une voile géante – 105 m2 – et 6 autres pilotes accrochés à son baudrier. Record qu’il avait déjà explosé 20 ans plus tôt, en embarquant 9 personnes au-dessus du Mont-Blanc. Mais tout ça, c’est Danielle, sa compagne, qui nous le raconte. Bubu, lui, reste plutôt discret sur ses faits d’armes.

Viens, je t’emmène au vent…

Et puis un été des années 2000, il découvre la montgolfière avec Matthew Eaton, un pote aérostier pour qui il fait du «retrouving», qui comme son nom l’indique, consiste à retrouver un ballon là où il a atterri, après géolocalisation. Car en montgolfière, il faut accepter une certaine dose d’inconnu : on sait d’où on décolle, mais on ne sait jamais vraiment où on va se poser, au milieu d’un champ, sur le bord d’une route ou dans un jardin privé, tout dépend des courants. “Un jour, on n’a pas eu le choix,” raconte Danielle, “on volait au-dessus du lac, vers St Jorioz, et le vent nous ramenait vers la berge, il a fallu qu’on se pose dans le parc d’une belle propriété. La maison était fermée, alors on a laissé notre carte au cas où il y aurait un souci. La semaine suivante, le propriétaire nous rappelait pour nous dire qu’il nous voyait en l’air et qu’il nous attendait avec les croissants ! Dommage, ce jour-là, ce n’était pas notre ballon au-dessus de sa maison…” Mais quelles que soient la destination et la nature du terrain, atterrissage en douceur garanti, car Bubu a fait sienne la spécialité du «  poser-remorque  », quand la nacelle s’immobilise pile dans l’attelage de la voiture qui la ramènera au bercail. Ce qui demande forcément un peu de précision, et de doigté.

… je t’emmène au-dessus des gens

“Parce qu’on fait tout le vol avec un doigt et de la réflexion”, résume Bubu, qui prend la parole quand on ne parle plus de lui. “Par rapport au parapente, c’est très peu physique, on ne bouge pas beaucoup. Par contre, si le para glisse, plane, la montgolfière, ce n’est pas du tout le même investissement : si tu lâches, que tu rigoles, que tu n’y es pas pendant 5 minutes, il se passe un truc.” En l’air, Bubu ne l’ouvre donc pas beaucoup non plus, il reste hyper concentré. “Il y a des changements de plan permanents, alors il faut être un peu joueur aussi, parce que c’est comme si on faisait des paris, sur le vent, sur la trajectoire… c’est une grande satisfaction quand ça marche.”
Et là, c’est champagne à l’arrivée ! Le pilote décompresse et les langues se délient. Bubu raconte ses plus beaux vols, comme cette fois au-dessus du Fier, où sa nacelle faisait la course avec son propre reflet dans l’eau ; ce rideau de nuages qui s’ouvre au-dessus du lac, à Duingt ; ou ce spectre de Brocken, phénomène assez rare, où l’ombre décuplée du ballon apparaît dans les nuages, entourée d’un halo arc-en-ciel. Mais le vol dont le quinqua des airs est le plus fier, c’est cette balade de plus de 2 heures, qu’il a faite avec sa fille de 19 ans, Sarah, à qui il a transmis sa passion. C’est elle, maintenant, qui joue les filles de l’air…

+ d’infos : Pour voler avec Bubu, vols jusqu’à 5 pers. (+ le pilote), au lever ou coucher du soleil, ou « Love Flight » à 2 :
annecy.takamaka.fr
Pour survoler aussi le lac ou les Aravis : compagniedesballons.com
Pour une version haute-montagne et sommets blancs, survol du Pays du Mont-Blanc : http://alpes-montgolfiere.fr
Et pour une variante cépages et sarments, vol au-dessus des vignobles d’Apremont, Chignin ou Abymes : savoiemontgolfiere.com

Activités Air

Activités Air

PASSEZ À L’AIR D’ÉTÉ

Toute l’année, vous l’avez eu bon ou mauvais, de ressemblance ou de rien, vous y avez mis les mains, de l’amour ou de la magie, mais vous avez surtout rêvé d’en changer, alors c’est le moment : ne manquez pas d’air !

Envole-moi  !//Méry

Cadres sup dans de grands groupes, il y a 5 ans, Pauline Bouqueau et Thomas Robert, deux quadras passionnés d’air, décident justement d’en changer. Leur pratique, le parachutisme, n’est pas accessible à tous, alors ils cherchent d’autres moyens, plus universels, de décoller les pieds du sol… Indépendant des conditions de matos ou de météo, sans besoin de certificat médical et ouvert à tous les publics (sauf les épaules luxées, désolés…), voici donc l’objet de leur rêve : un simulateur de chute libre ! Implanté à Méry (73), Windalps, version savoyarde et indoor du shoot d’adrénaline, ouvre cet été et propose donc de s’envoler dans un flux d’air de 200km/h avec vue sur les Bauges. Voilà bien le seul endroit où l’on peut à la fois simuler ET prendre son pied…
+d’infos : http://windalps.com / A partir de 5 ans

Electro Luxe//Annecy

Depuis le 20 mai dernier, vous le voyez peut-être déjà, mais vous ne l’avez certainement pas vraiment entendu. Et pour cause, le Velis Electro génère 80% de moins de nuisances sonores qu’un avion classique, le tout, sans émission de CO2… “C’est toute la philosophie d’Avialpes”, explique son dirigeant Jérémie Chaine, “nous avions déjà une flotte d’avions dernière génération, peu bruyants et peu consommateurs. Mais aujourd’hui, nous sommes la 1e société privée en France à posséder cet avion électrique.” Ce petit monomoteur, fin et léger, se pilote comme un biplace classique, mais à bord, on ne perçoit que le souffle du vent et celui des hélices. Basé à l’aéroport d’Annecy, son autonomie ne permet pour le moment que de survoler le lac, mais c’est déjà bien suffisant pour en prendre calmement plein la vue.
+d’infos  : http://avialpes.com – En plus des vols touristiques, Avialpes propose des formations
pilotes et mécaniciens à cette variante électrique.

Sensations aigle-douces//Morzine

En attendant le moment où des ailes vous pousseraient dans le dos, la Pointe de Nyon, à Morzine, vous invite à faire, un peu comme un rapace, l’expérience du vide. Au bout des 15 m de la nouvelle passerelle vitrée du Pas de l’Aigle, certains préfèreront peut-être ne pas regarder leurs pieds, flottant au-dessus de 350m de… rien, mais ils pourront se concentrer sur le panorama à 360° qui s’étend du Léman au Mont-Blanc. L’occasion aussi de voir en vol, hibou, buse, vautour et bien sûr, Sieur l’aigle, transfuges des Aigles du Léman et invités prestigieux de la poule savante Jacotte, dont le petit monde s’est installé sur le Plateau en contre-bas pour une série d’animations gratuites.
+d’infos : http://morzine.ski / http://lesaiglesduleman.com/le-monde-de-jacotte

Show à ski // Les Contamines-Montjoie

©Jean-Yves Raffort

Vous avez au moins votre 3e étoile et prendre de la hauteur ne vous fait pas peur ? Les deux tremplins de 15 et 30 mètres du Parc du Pontet n’attendent que vos spatules. Dans ce vaste espace de loisirs des Contamines-Montjoie, il était déjà possible de pratiquer le ski à roulettes, mais à partir de cet été, le Ski Club proposera des séances d’initiation au saut, encadrées par un entraîneur professionnel. A l’occasion des journées test les plus motivés pourront également se faire évaluer et repartir avec un trophée en fonction de la performance mesurée. Alors, chauds pour le grand saut ?
+d’infos : Tous les jeudis soirs à partir du 8 juillet 2021
Inscriptions à l’OT des Contamines-Montjoie : 04 50 47 01 58

Yodel-ay-ee-oooooooooooooooooooooooooooooo*// Valmorel

©Matthieu Dunand

Oui, c’est une tyrolienne, soit le cri de celui qui, accroché à son filin, osera s’élancer pour une glissade de 1400 mètres entre le sommet de l’Altispace et la télécabine de Pierrafort, à Valmorel – une des glissades les plus longues des Alpes. Celui-là même qui trouvera normal de laisser sa vie entre les sangles d’un baudrier harnaché à 140m au-dessus du sol, et qui verra défiler le paysage au-dessous de lui à une petite moyenne de 100 km/h, et bien celui-là aura tous les droits de hurler en suisse-allemand si ça lui chante ! Mais ce qui est sûr, c’est que moi, je ne chanterai pas.
Tyrolienne de Valmorel, accessible par le télésiège de l’Altispace ou à pied par les pistes – compter 1h/1h30 de marche.
*…et ça dure 1min4
+d’infos : http://valmorel.com

Sur terre : activités

Sur terre : activités

A terre-larigot

A priori, à part Patrick Duffy (l’Homme de l’Atlantide, inconnu des – de 45 ans) ou Franky Zapata (l’inventeur du Flyboard), nous sommes, par essence, plutôt terriens. La terre, on est bien dessus, dessous ou les mains plongées dedans…

Trou Romance  // les Savoie

Oui, on a déjà titré Trou Blue quelques pages plus tôt, mais c’est trop tentant… Trou Colors, Trou Legend, Sad but Trou… bref, allons plutôt voir ce qui s’y passe au fond du trou, comme l’a fait Gaëlle, notre intrépide sportive devant l’éternel (voir Essaie Encore). Profond ou non, étroit, mais pas toujours, avec ou sans eau, sous terre, “il n’y a pas de soleil, pas de portable, on est un peu coupé du monde”, explique le spéléo-géographe Matthieu Thomas. “Mais on a un sentiment d’exploration, de découverte de paysages et de soi-même, avec des limites à trouver et de nouvelles sensations.” Notamment celle d’y passer la nuit, à l’occasion d’un bivouac à la fraîche (entre 5 et 10°C) dans le cocon d’une tente suspendue, après un repas de produits régionaux. De quoi partager une Trou Story !

©Matthieu THOMAS – KARST-3E – Grotte de Prérouge

 + d’infos : http://karst-3e.fr

D’autres idées de sorties spéléo ?
La + ludique ? La Grotte de Balme, adaptée au jeune public, avec une descente en rappel optionnelle. http://haute-savoie-rafting.com

La + « waouh » ? Les Grottes de Diau, avec un vaste réseau de grandes galeries et une rivière souterraine, pour un public plutôt sportif : 30 min de marche d’approche et 4 h de grotte.  http://montemedio.com

La + conviviale ? La spéléo-fondue.
http://guides-sallanches.com

Cache-montagne //  Portes du Soleil & Plateau des Glières 

Vallées profondes, sentiers dérobés, plateaux inaccessibles… La montagne a longtemps abrité des secrets que même son écho s’est gardé de révéler. Il suffit aujourd’hui d’une randonnée pour les exhumer. Dans les Portes du Soleil, depuis le XVIIIe siècle, c’est pendant la nuit que les contrebandiers reliaient France et Suisse, chargés de sel, de cigarettes, de café ou de bétail, jouant au chat et à la souris avec les douaniers. Plusieurs itinéraires balisés de bornes audio au départ de Châtel et des sorties guidées au départ de Champéry permettent de marcher dans leurs pas. Du côté du Plateau des Glières, le sentier historique Tom Morel, permet, lui, de se replonger dans le quotidien et l’organisation des maquisards pendant la Seconde Guerre Mondiale.

©Litescape Media

 + d’infos : Randonnée “sur les Traces des Contrebandiers”, les 24 juin, 29 juillet
 & 26 août, de 18h à 21h30. http://regiondentsdumidi.ch | http://chatel.com | http://info-glieres.fr

A quel sens se vouer ? // Copponex, Habère-Poche & Gruffy

Cueillette à Gruffy

Sauf quand ils sont couverts d’ampoules, c’est moins pour leur sensibilité que leur fonctionnalité que la marche sollicite nos pieds. Et pourtant… La Ferme de Chosal, à Copponex (74), les met à l’honneur, en proposant d’appréhender le monde par le bout des orteils, sur un sentier de 900 mètres, sans chaussure ni chaussette. Dans les Alpes du Léman, c’est Françoise, ancien «nez» qui vous mènera par le bout du vôtre à la découverte des parfums de la nature, quand l’Ecole des Saveurs des Bois, à Gruffy (74), vous fera cueillir fleurs, feuilles, tiges et racines comestibles, avant de les cuisiner et vous les faire goûter. Alors, comment vous le sentez ? 

+ d’infos : fermedechosal.org | alpesduleman.com | lac-annecy.com 

Parcours montagn’art // Hautecour

Nature ou culture, pourquoi choisir  ? Le sentier artistique Léz’arts en Adret, à Hautecour (73), serpente d’une création de land’art à l’autre, à travers forêt et hameaux. A l’occasion de ses 20 ans (du 20 au 24 juillet), il s’enrichira cet été de nouvelles œuvres, dont une monumentale réalisée par plusieurs artistes de différentes nationalités. 

 + d’infos : coeurdetarentaise-tourisme.com

Mine d’infos // Saint-Pierre-de-Curtille  

“Au XXIe siècle avant Jésus-Christ, au tout début de l’âge du bronze, des gens parcouraient déjà la haute montagne pour trouver des filons, à plus de 2000m d’altitude”, s’enthousiasme Clément Mani, archéologue, co-commissaire de l’exposition «Mines de Montagne». “Ils ont laissé des petits éclatements dans la roche, des traces qu’on a tous vues.” A ce jour, plus de 1000 mines et carrières ont été répertoriées sur le département : “C’est un patrimoine méconnu, caché sous terre, et auquel on n’a pas forcément accès, car beaucoup de mines ont été fermées à l’explosif”, complète sa collègue Clara Bérelle, “mais c’est un thème dont les gens raffolent et il a une grande place dans la construction du territoire.” Cuivre, galène, charbon, ardoise… L’exploitation des mines a longtemps été, en effet, un enjeu d’autonomie pour les Comtes de Savoie, mais elles ne sont plus exploitées depuis les années 70. Les voilà ressuscitées le temps d’une expo et d’un été… 

Ouvriers des mines en basse Maurienne, fin du 19e siècle, collection R. Durand

+ d’infos : Exposition Mines de Montagne du 19 juin au 19 sept. à l’Abbaye de Hautecombe.
patrimoines.savoie.fr

Pat’patouille // les Gets, Sevrier & Minzier

Atelier Poterie Les Gets ©Valentin Ducrettet

Envie de mettre les mains dans la terre, de patouiller, de façonner, de modeler ? Pour varier les plaisirs, 3 lieux, 3 ambiances ! Ambiance «Heidi fait de la poterie», à la ferme de Lassare aux Gets : avec les frangines Anouk et Nathalie et en binôme avec votre Mini-Me, jouez les apprentis le matin du lundi pour récupérer vos pièces cuites et émaillées le vendredi. Le tout mis en musique par le tintinnabulement des clochettes de brebis… La montagne est tellement jolie !
 + d’infos : http://poterie-des-gets.fr

Ambiance «je me cuis le biscuit au bord du lac d’Annecy», (le biscuit étant la 1e cuisson de la faïence), avec Anne Gagnaire, à Sevrier, à l’occasion d’une initiation au tournage en individuel, histoire de bien faire le tour (justement) de la question ; ou pour un atelier collectif (5-6 pers max.) autour d’un projet, bol, vase ou statuette.
Et à partir de septembre, Anne retrouvera Anne (Piovesan, formatrice culinaire) pour leurs ateliers «d’un tablier à l’autre» où l’on passe de l’atelier à la cuisine pour toucher, manipuler, mais aussi touiller et goûter !
 + d’infos : http://lacerisesurlaterre.fr

Ambiance «vacances émaillées à Minzier» : dans son incroyable maison-bulle, imaginée avec son ancien compagnon Pascal Häusermann, l’architecte Claude Costy propose des cours et stages de raku, cette technique de poterie née au Japon au XVIe siècle. Choc des époques, il est possible d’être ensuite projeté dans les années 60, en logeant DANS la maison (stagiaires uniquement) construction iconique de l’architecture organique.
+ d’infos  :  http://laruine.free.fr
Stages Raku et enfumage du 12 au 16 juillet / émaillage du 16 au 20 août / raku et raku nu du 6 au 10 sept. 

Et pour ne rien rater… //  Haute-Savoie

Comme chaque année, le département de la Haute-Savoie édite un guide regroupant plus de 200 sorties nature gratuites. L’objectif ? Valoriser et faire (re)découvrir des milieux naturels remarquables comme le domaine de Rovorée, la Forêt de Mélan ou le crapauduc de Cruseilles… Mais pas que. Chasse aux papillons de nuit, rencontre en refuge avec les animateurs de la réserve naturelle de Sixt-Fer à Cheval ou balades accompagnées sur le site des Glières, vous trouverez forcément une idée à proximité !
Version papier disponible dans les Offices de Tourisme et bibliothèques de Haute-Savoie ou, pour une version mise à jour régulièrement, à consulter sur experience.hautesavoie.fr  ou sur l’appli Haute-Savoie Expérience.

Activités autour du feu

Activités autour du feu

En feu-tu ? En voilà !

En été, on éteint les cheminées, et les flammes, elles sont comme tout le monde, bien contentes de quitter leur bel âtre pour aller se faire dorer les fagots ailleurs. Alors chauds pour une petite flambée en dehors du foyer ? Feu !

Epreuve du feu // Morzine & Valmorel

Allumer un feu en pleine montagne pour faire cuire votre pitance, vous savez faire ? Sans briquet ni allumette, évidemment, sinon c’est trop facile ! A l’occasion d’une soirée cueillette et feu de camp au Col de l’Encrenaz, à la Côte d’Arbroz (74), Claude Augras vous apprend donc à faire des étincelles, avant de faire cuire votre galette aux plantes en observant les étoiles. Version enfant, c’est à Valmorel que ça se passe, pour un moment sans parents, avec grillades sur les braises et incontournables chamallows ! Au retour, à la frontale à travers bois et ruisseaux, les plus courageux peuvent même appeler le loup…
+d’infos : lecouteausuisse@gmail.com | valmorel.com

Allumez les feux ! // Pays du Mont-Blanc

FeuxStJean@BDGSallanches

Chaque été, à deux occasions -le 1er samedi après la St Jean en juin et pour la fête patronale de la St Jacques en juillet-, la montagne s’embrase en Pays du Mont-Blanc. De Cordon à Combloux en passant par Sallanches ou Passy, les sommets s’illuminent en une quarantaine de points, et la montagne se pare de brillants, portés par les gens du coin, membres des clubs sportifs locaux ou invités. Vous pouvez donc apporter votre flamme à ce grand feu de joie, grâce au Bureau des Guides de Sallanches qui organise une randonnée vers le point d’illumination du Plateau des Bénés, avec pause boissons et arrêt fondue, évidemment ! Retour à la frontale… par le chemin de la Tête Noire, ça ne s’invente pas.
+d’infos : « La Rando des Illuminés » le 26/06 et le 24/07
Infos et résa : sallanches.com

Feu verre // Lausanne

Boire un bon vin, c’est bien. Mais le boire dans un verre qu’on a soufflé, c’est mieux ! C’est ce que s’est dit Claude Merkli, quand il a décidé d’ouvrir son atelier d’Echandens, à côté de Lausanne, pour l’apéro. Du bout de son chalumeau, il apprend donc à travailler le verre borosilicate, résistant aux très hautes températures, pour façonner de quoi trinquer. Il a également décliné le concept en soufflage de verre à deux, pour les amoureux, ou soufflage de boule de verre pour les petits invités d’un anniversaire.
+ d’infos : verreart.ch

Thierry Martenon

Thierry Martenon

HOMME DES BOIS !

«Je n’ai ni Dieu ni maître ! Je ne veux personne au-dessus de moi !» s’amuse Thierry Martenon, sculpteur perché sur les hauteurs d’Entremont-le-Vieux en Savoie. Depuis son atelier et à même la matière, il rentre dans la masse et taille à l’émoi.
De petits billots en séquoia, bien plus longs que le bras, il fait feu de tout bois !

À la cool et plutôt bien dans ses baskets, Thierry crée comme il se marre, loin des exigences esthétiques bling-bling qui font mouche. Hors de question d’y céder ! Préoccupé par l’imperfection qui semble dépasser de l’immense sculpture accrochée au mur, il m’explique qu’il n’y a pas de règles dans la création, qu’il bosse au feeling et sans contrainte, et laisse chacun libre de voir ce qu’il veut, inutile de fausser la pensée : “Je n’ai jamais donné de nom à mon travail. Ça laisse la liberté d’imaginer. Nommer, ça oriente et ça referme. Je ne crée pas d’après une idée ou un concept, je suis dans la recherche graphique.” Et c’est réussi ! Des courbes enroulées sur elles-mêmes ou des arabesques à la volée, des formes plutôt carrées, géométriques et parfaitement calibrées, il ressort de son art, l’importance de la ligne, l’horizon de son inspiration, toujours à l’infini, un trait qui donne juste un sens et emmène finalement très loin. Un peu comme son histoire.

Promenons-nous !

Thierry est un enfant du coin. Et là où d’autres ont décampé pour se rapprocher des grandes villes, lui n’a jamais bougé d’un pied. “Ma famille est originaire d’ici, on est du village. Avec mon frère Franck, qui bosse avec moi, nous sommes descendants de paysans de montagne et beaucoup, jusqu’à nos grands-parents, travaillaient le bois. Des transporteurs, des bûcherons, des scieurs… J’ai toujours baigné là-dedans. J’ai fait des études rapides, je n’étais pas fait pour ça, je n’aimais pas  !” Et il ne faut pas longtemps pour comprendre, qu’encore à 54 ans, le sculpteur est un électron indomptable, allergique à toute règle et frustration. Alors, c’est sur mesure qu’il s’est taillé un boulot. “J’ai passé un CAP d’ébéniste, j’étais content.

Tête de bois

Parce que si la théorie lui fait pousser l’urticaire, la pratique, c’est son affaire. “Je bricolais beaucoup enfant déjà. J’étais musicien aussi. L’important est de faire, que ce soit physique, que j’utilise mes mains, ça fait marcher la tête après !” Et pour marcher, elle marche ! Parce que s’il est facile de se laisser embarquer par des mouvements artistiques branchés, Thierry préfère ses branches à lui. Et c’est aussi ce qui le démarque depuis 25 ans, cette identité propre qui ne ressemble à personne et qui l’a un jour, propulsé : “Je suis arrivé là par hasard, un peu par atavisme. Mon travail a été remarqué, j’ai été invité dans un milieu de collectionneurs et adoubé pour participer à une résidence d’artistes aux Etats-Unis. Dans mon esprit, ça a été un facteur déclencheur. Vous savez, quand on vient de la montagne, on a toujours un petit complexe d’infériorité et même si je le vis très bien, ça m’a libéré en tant que…” Il réfléchit parce qu’il ne dit jamais le mot artiste ! “Sculpteur… C’est bien et c’est ce que je suis, ça définit le job et c’est parfait !”

Au bois joli

Et démarrer en pleine effervescence, comme ça, quand on a 30 ans, forcément, ça marque ! Les collectionneurs ont commencé à acheter, les galeries aussi et quel palmarès depuis ces années ! Ateliers d’Art de France, Museum of fine arts à Boston, The Minneapolis Institute of art, idem dans les restaurants étoilés de Christophe Arribert, Laurent Petit, Jean Sulpice ou Serge Vieira, au musée de l’Ours des cavernes d’Entremont-le-Vieux aussi, bien accroché aux racines. Parce qu’elles sont un ciment, la nature originelle qui lui insuffle une forme d’inspiration, symbiose dans laquelle il se réalise. “Je passe beaucoup de temps en montagne, à grimper, j’adore ça. J’ai longtemps utilisé des essences de Chartreuse, mais j’ai de plus en plus de mal à avoir de jolis bois. Mais une chose est sûre, je reste toujours dans la région pour ma matière.”

Aux abois

Frêne, épicéa, noyer ou érable, Thierry dessine ses modèles avant de tailler directement dans le bois. Patine à l’encre, effet brûlé ou brûlé tout court, totems, statuettes, tableaux ou que sais-je, l’art tourne sur lui-même, s’emberlificote et s’entortille, entre recroquevillé sur soi, et ouvert sur le monde : “J’aime les artistes comme Brancusi, ce que font les autres m’inspire beaucoup. Je suis raide dingue de l’art africain et tout ce qui gravite autour des arts premiers. J’ai un peu plus de mal avec le contemporain, sauf le sculpteur David Nash qui travaille du bois très brut. J’ai été bouleversé par celui de Barbara Epworth aussi, une Américaine, c’est complètement fou ce qu’elle fait. Je me suis même dit : Mais pourquoi je n’ai pas eu cette idée avant ! Mais bon, on se marre et on prend la vie comme elle vient et c’est très bien comme ça !”
Aujourd’hui, Thierry planche sur une petite série, dans l’idée de faire plus modeste, un objet précieux façon bijou, plus pratique qu’une sculpture de 2 mètres dans un salon ! Comme il le fait à l’occasion, il choisit de réaliser sa collection en bronze, parce que la seule limite qu’on fixe à la création et celle qu’on s’impose, chez l’home des bois, c’est sûr, on fait feu de tout bois.  

+d’infos : http://thierrymartenon.com

Thierry, ton endroit pour…

… en prendre plein la vue ?
Le sommet de la Cochette ! Un excellent rapport vue/dénivelé ! Il suffit de monter peu pour atteindre un paysage superbe. J’aime beaucoup cet endroit.

… pour buller ?
Les bords du Cozon. Toujours dans le parc de la Chartreuse, c’est un affluent du Guiers, avec des gorges plutôt rafraîchissantes. C’est calme et très apaisant, moins fréquenté que le Cirque de Saint Même.

… pour faire la fête ?
Rock’n Ruines, un micro-festival organisé au Château d’Entremont-le-Vieux. Il se tient tous les ans au printemps, c’est cool et sans chichi, du son, des potes et quelque bières, parfait !

… pour manger ?
La table du moulin des Chartreux 1733 à Saint Pierre d’Entremont. C’est simple et raffiné, tenu par un jeune couple très sympa. Face aux massifs de la Chartreuse, c’est un resto idéal pour passer un bon moment de convivialité, et la convivialité c’est la vie !

… pour se nourrir l’esprit ?
En Chartreuse, les Lances de Malissard sud. C’est vraiment très beau. C’est un sommet de montagne qui permet une déconnexion totale, essentiel pour se ressourcer et booster la créa.

Phanee de Pool

Phanee de Pool

Pied de Pool !

Elle est sauterelle, hirondelle, dentifrice à la coco, un ciel zébré de comètes. Originaire du canton de Berne, Phanee de Pool manie les mots comme d’autres jouent au loto et ça gagne ! En version symphonique ou toute intimité recroquevillée, elle chante comme elle pose ses pieds en vers et contre tout, et ça claque des genoux.

©Yann Zitouni

32 ans, les cheveux relevés à la flou, petit pull marine et accent suisse à couper à la faux, elle deale son autodérision contre rimes et syllabes culottées. Dans un flow total planant, elle «avale et recrache» les mots comme elle déballe les surprises d’une écriture spontanée qui réveille. Dans ce ni queue ni tête de palabres en farandole qui s’affolent, riff, swing, swag, groove et oula hop font slamer sa créativité allumée… Et olé ! Deux albums dans les poches, comme l’auteure compositrice suisse déverse avec humour son inspiration délirante, elle rappe ses épisodes de vies, sans nous laisser Fanny. Rencontre.

Activmag – La musique te colle à la peau, Phanee, tu es tombée dedans ?
Phanee de Pool : Maman Pool est pianiste concertiste et prof de piano, Papa Pool est collectionneur de disques de jazz et ex-homme de radio. Les deux ont créé et dirigé RJB (Radio Jura Bernois ndlr) pendant mon enfance. J’ai été bercée entre Chopin, Rachmaninov, Bach  et Louis  Armstrong,  Ella Fitzgerald, Franck Sinatra et j’ai grandi au milieu de tout ce beau monde!

Difficile de prendre un autre chemin ?
Je ne voulais pas faire de musique. A 7 ans, mes parents m’ont obligée à choisir un instrument. J’ai fait de la clarinette, j’étais mauvaise et j’ai détesté ça. Et puis vers 14 ans, ils n’avaient toujours pas lâché l’affaire, alors j’ai acheté une guitare et quelle belle révélation ! J’ai commencé à faire une école de jazz à Lausanne, mais je n’arrivais pas à lire la musique, j’ai baissé les bras et décidé d’être autodidacte. Je n’ai jamais été très bonne en fait. J’ai commencé à écrire mes premiers textes vers 14-15 ans et je me suis rendu compte que j’aimais manier la plume. J’ai voulu en vivre, mais ce n’était pas possible. Alors je suis devenue flic!

Sacré retournement de situation !
C’est clair… Pendant 7 ans, j’ai été policière et j’ai arrêté en 2018 et repris à 100% la musique. C’est ce passage de vie qui m’a créé un besoin d’exécutoire. Je l’ai trouvé dans la façon d’écrire, de tourner des mots. J’adore la langue française, même si je ne la manie pas bien, et que je fais des fautes, je suis très humble avec ça. Il y en a qui le font beaucoup mieux, moi, je m’amuse !

©Yann Zitouni

Mais d’où vous vient cette plume alors ?
Je n’aime pas lire et on ne peut pas dire que j’ai une culture littéraire ! J’ai lu Germinal à l’école parce que j’étais obligée et les seules choses que j’aime sont les dictionnaires. Je les lis comme on lit une bible. Mais je ne suis pas du tout dans le roman ou l’étude de textes. Quand je sais que certaines de mes chansons sont étudiées à l’université, ça me fait doucement sourire parce que je les ai vraiment écrites sans connaissance de cause. Il parait qu’il y a de l’alexandrin, de la prose en 4, des choses que je ne connais pas, c’est drôle et à la fois joli de vivre ça. Mes premières chansons étaient des amas de rimes, ça ne voulait rien dire, et que de sujets planplan !!! Et puis ma vraie première chanson avec «un peu de succès» est arrivée, c’était Luis Mariano !

Qu’est-ce qui a fait la différence ?
Elle retrace un peu ma vie. Elle raconte que je voulais vivre de la musique et que je n’arrivais pas à remplir mon frigo, qu’il me fallait trouver un autre métier. Et les disputes avec ma mère qui disait : “mais bosse, fais quelque chose, tu ne vas pas rester à ne rien faire toute ta vie.” Cette chanson a vraiment lancé ma carrière, j’avais 27 ans !

Tes textes traitent de sujets lourds parfois… Plus qu’un exutoire, c’est engagé ?
Il y a beaucoup de choses qui ont marqué mon passé, mais dans ma vie musicale, je refuse d’être porte-drapeau. J’essaie de faire passer des messages avec un regard candide et enfantin, mais je ne prends pas parti. Aujourd’hui, pas mal de gens me demandent de soutenir leurs militations politiques ou autre. Et je refuse ! Après, je fais quand même quelques entorses : question écologie, parce que personne ne peut me jeter la pierre en disant : “t’es trop bête d’aborder la question du climat !” Et pour le droit des musiciens, faire comprendre que les streaming ne nous rapportent rien, qu’il faut acheter les albums !

Comment te viennent tes chansons alors ?
Ce ne sont pas forcément des coups de cœur, de gueule ou de sang. En fait, c’est marrant, mais je crois à l’écriture connectée. Il m’arrive d’écrire un truc le soir, et le lendemain matin, je me relis et me demande comment ça peut venir de moi, ce ne sont pas des mots que j’utilise en général. Quand je pars dans des gros délires comme ça, je me dis que je suis une passeuse et qu’on me dit quoi noter. Sans tomber dans le religieux, l’ésotérique ou quoi que ce soit. J’ai juste l’impression d’avoir recraché au travers d’un stylo, sans aucune explication, il doit se passer des trucs un peu farfelus dans ma tête !

Et tu en joues beaucoup, du farfelu, et de l’autodérision…
C’est qu’il y a matière ! Je suis un vrai Gaston Lagaffe, je les enchaîne, je suis maladroite, ma vie est un film ! Je suis à nonante pourcents dans les sketches de Danny Boon. Un ramassis de malentendus, de bêtises, de choses qui vont en travers et partent en cacahuète, on ne s’ennuie pas !

PHANEE, TON ENDROIT POUR…

… en prendre plein la vue ?
Le sommet du Chasseral (BE). Le panard du panard, c’est d’y arriver avant le lever du soleil ou alors d’y aller à l’heure où il se couche. Ne pas oublier le croissant et/ou le demi d’vin blanc avec le paquet de chips, selon l’heure (ou l’humeur).

… buller ?
La vieille ville de Bienne (BE). Il y a quelques années encore, c’était un endroit éteint malgré la beauté du quartier. À l’heure actuelle, ce coin de paradis hors du temps remonte dans le classement des endroits les plus bobos de suisse. Vous y trouverez de tout: des magasins de seconde main, de petits artisans chocolatiers, des bistros adorables, des caves de jazz, un magnifique petit théâtre… bref, c’est ZE place to be pour flâner la tête en l’air.

… faire la fête ?
La coquette à Morges (VD). Festival à ciel ouvert sur le bord du lac Léman. Des concerts gratuits, une joyeuse petite restauration, un cadre paradisiaque. Bref, c’est souvent là que les soirées commencent, se prolongent et se terminent…. et puis paf, oh, on est déjà demain !! Allez, bonne nuit 😉

… manger ?
Le Nénuphare à Saint-Joux (NE). Encore un bistrot pour avoir les yeux dans l’eau (et aussi les pieds, pour autant qu’on ait le courage de faire 60 mètres jusqu’au lac). C’est un endroit que j’adore. Si vous y allez, saluez bien le patron de ma part. Vous verrez que sa moustache ne laisse personne indifférent.

… se nourrir l’esprit ?
Le Jardin botanique de Neuchâtel. J’aime y aller sans le prévoir. Genre, je suis à Neuchâtel et tout à coup, à défaut de rentrer chez moi, je décide de faire le détour pour m’y aérer les idées.

Ton endroit doudou, celui où tu vas pour te ressourcer ?
En balade sur l’île St-Pierre. Quand j’étais petite, mes parents avaient un petit bateau à moteur. Nous partions le matin avec un pique-nique dans une glacière et passions la journée amarés à cette île. Depuis, à chaque fois que j’y vais, je sens ce côté rassurant de mon enfance. C’est un peu ma madeleine de Proust.

+d’infos : www.phaneedepool.com

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