les Z & la mode

les Z & la mode

insta clic ça claque !

A LA RECHERCHE DU MEILLEUR ANGLE, TEE-SHIRT LOGOTÉ AU PREMIER PLAN, LA GÉNÉRATION Z NE VIT QUE POUR L’IMAGE QU’ELLE AFFICHE SUR LES RÉSEAUX. INSTA DANS LA PEAU ET AU DIABLE LES QU’EN DIRA-T-ON ! TOUS LES LOOKS SONT BONS POUR FAIRE LE BUZZ.

Smartphone pour accessoire haut de gamme, les 18-25 ans slident, zooment et scrutent le fashion bon plan. Question d’esthétique sûrement, mais pas que. Si pour leurs parents -la génération X-, le web est une sphère pratico pratique, pour eux, zoner sur la toile est leur passe-temps quotidien, et voir la vie autrement ? Même pas en rêve ! Selfies ultra léchés, follow à tout va, la beauté se joue au nombre de vues et si ça ne like pas, c’est la cata ! “Bouger leur cul le temps d’un verre, photos sur Insta, c’est obligé, sinon, au fond, à quoi ça sert ? Si c’est même pas pour leur montrer… Et puis à quoi bon. T’es tellement seul derrière ton écran, tu penses à c’que vont penser les gens, mais tu les laisses tous indifférents…” Sur ces mots d’Angèle bien taillés, déshabillons le sujet.

TAILLÉE SUR MESURE

Communication cybernétique, culte de l’apparat, les Z s’expriment depuis leur monde virtuel. Et si cette génération m’as-tu vu a la langue bien pendue, pour les X, la mode, c’est avant tout une question de bonne figure : “Je me suis fait un principe, quelle que soit la situation, d’être toujours habillée de façon impeccable pour emmener mon fils à l’école. Surtout pas de survet’ ! On ne sait pas sur qui on peut tomber : un futur client, une personne importante, il faut faire bonne impression, quelle que soit l’humeur du jour, montrer qu’on est respectable et bien dans ses baskets. C’est essentiel !” Pour Julie, 40 ans, chef d’entreprise grenobloise, s’autoriser à montrer une faiblesse ou une émotion ? Sûrement pas. Ce n’est pas dans sa nature… Et si cette génération porte encore les verrous de son éducation, chez les Z, on fait péter les coutures ! “Ils suivent sur les réseaux leur modèle et n’entendent plus rentrer dans un cadre que la société voudrait leur imposer”, explique Sigrid Vincent, conseillère en image à Annecy. “Ils sont auto-centrés et se sentent libres de faire ce qu’ils veulent ! Quand je fais des ateliers mère-fille, la maman va être raisonnable, de peur de mal faire, la plus jeune, en parfaite opposition, à vouloir agir comme bon lui semble, pourvu que ça lui plaise !” Et pour cette génération d’enfants rois, c’est logique. Allergique à la frustration, ils ne supportent ni l’ennui, ni la contrariété et vivent libres comme l’air… Et s’ils peuvent briller par-dessus le marché, c’est parfait !

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INSTA STYLE !

Alors tout est bon pour « kiffer ». Influenceurs, blogueurs, séries TV, ils s’identifient et se calquent aux looks vestimentaires des figures stars. “J’adore suivre les influenceuses comme Léna Mahfouf, Léa Elui ou Stormette. Elles sont d’une aide précieuse et une inspiration quotidienne, par les nombreux styles qu’elles mélangent. Ça donne un max d’idées, c’est cool !” confie Lilou, 20 ans à Chambéry. “Et quand je publie une photo, je cherche avant tout à plaire aux gens qui me suivent. Alors j’essaie de faire comme elles…”. Et l’impact est tellement grand, que depuis une dizaine d’années, influencer est devenu un job à plein temps. Et rémunéré ! Discours copiné, partenariat avec les marques, concours à gogo et photos models, se faire plaisir à plaire en gagnant sa vie, what else finalement ? Boulimiques d’informations, obsédés par les pièces phares, les Z allouent des budgets considérables à leur garde-robe 2.0, avec une moyenne de 720 euros par an. Un constat qui n’a pas échappé à Eric Briones et Nicolas André – cofondateur de la Paris School of Luxury et spécialiste des activités digitales et social média – dans « Le choc Z » : “La génération Z n’a jamais regardé la vie sans le prisme d’Instagram. Il lui a forgé l’œil, donné des réflexes, esthétiques surtout, et trans- mis le goût pour une consommation compulsive d’images, sur de longues périodes. Le mouvement perpétuel Z est posé : l’œil enregistre et le pouce scrolle.” Et c’est toute une économie qui s’agite à leurs pieds.

LA Z MANIA !

Choix multiples, collections capsules ou prix canons, les enseignes font voler les visuels clinquants et multiplient les fringues pour rassasier les appétits changeants. Consommation capricieuse, impatience maladive, il n’est pas de limites pour les faire craquer avec un sweat logoté ou une paire de sneakers au tirage numéroté. Qu’ils revendront aussi sec d’un clic sur stockx.com. Quoi qu’il en soit, shopping entre amis ou achats compulsifs online, les grandes marques s’arrachent les cheveux pour répondre à cette fast fashion ou mode bouge bouge qui sur-stimule les Z et les fait monter au créneau.
Les plateformes en font leurs choux gras: “Amazon permet au Z de rester enfant roi pendant toute sa vie de consommateur. Les produits du monde lui sont accessibles immédiate- ment, sans blabla, aux meilleurs prix et dans des délais de livraison record”, décryptent les auteurs. Une émulation qui semble monopoliser toutes leurs pensées. Cette préoccupation de l’image parfaite, scénarisée dans un monde idéal, ce besoin de plaire, d’exister, ne trahirait-elle pas un besoin bien plus complexe ? A l’image de l’exposition parisienne « Dos à la mode » qui vient prendre le contre-pied du cliché selfie, en ne s’intéressant qu’à l’image vue de dos. L’envers du décor…

Saliha, 40 ans
Sigrid Vincent
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Lilou, 20 ans

C’EST TROP MODE !

Parce qu’au-delà de la superficialité bling bling de l’esthétique qui saute au visage, pour les Z, la mode va plus loin. Comme pour la génération X, d’ailleurs. A Annecy, Saliha, 40 ans, nous donne sa version de « vieille jeune» : “pour moi, la mode est une manière de communiquer, d’exprimer un message non verbal et je l’utilise comme un outil. Et peut-être parce que je n’ai pas d’enfant, je me moque du regard des autres. Je porte des couleurs, des tendances passées, et parce que c’est coloré et assumé, les jeunes sont fans de moi ! C’est marrant ! Ce que je porte, je l’aime. C’est mon étendard… C’est de la liberté !
Et c’est cette liberté que l’on retrouve chez les Z, ce moyen d’expression qui les rend fashion addict, mais pas complément fous non plus. “Les Z transforment leur vêtement en un cri et redonnent, de ce fait, une dimension politique”, rappellent Eric Briones et Nicolas André. Et leurs modèles, à l’image de Bilie Eilish, ne manquent pas : “Fière d’être la seule pop star à encore avoir son pédiatre, elle chante une dark pop à l’antithèse de la pop classique acidulée adolescente. Ses sujets récurrents sont la dépression, le nihilisme, l’hygiènisme, la culture goth et surtout une fuck attitude par rapport aux regards des autres (…). Pour Billy Eilish, la mode est un mécanisme de défense, un style boy, badass, pensé contre le slut shaming –sexisme–, fait de superpositions, avec tee-shirt et baggy, trois tailles trop grandes.” La mode comme vecteur de revendication politique, sociétale, générationnel, révélateur de singularité, bien loin d’une beauté uniformisée.

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LA MODE ÉMOI

De Greta Thunberg et sa veste «Do you hear me» à Nelia, unijambiste, ou Winnie Harlow, atteinte de Vitiligo, toutes figures du #bodypositive, corps, âmes et stylisme se mettent d’accord pour faire passer des messages forts. Acceptation des différences, mise en exergue des formes, des cicatrices ou des mutilations, les Z tombent les préjugés et placent l’image bien au-delà du look stylé so hype. “J’essaie de m’en inspirer car elles s’assument totalement et passent au-dessus du regard des autres, des critiques et des jugements. Je pense qu’il est important de montrer toutes les particularités de notre corps : les cicatrices, les bourrelets ou autres. Parce que finalement, à partir du moment où on s’accepte, tout est beau et tous les corps sont parfaits”, conclut Lilou. Fringues pour langage, c’est toute une identité qu’ils revendiquent, l’acceptation d’eux-mêmes avant tout, parler choc en restant chic, même combat !

+ d’infos : « Le choc Z » d’Eric Briones et Nicolas André. Editions Dunod

© Jacob Lund / © ClaudiK / © Djile

Les Z & la mode

Les Z & la mode

Au delà des influences

Il y a 3 ans, elle prenait sa dose d’adrénaline sur Insta, chaque matin au réveil, pour choisir son look du jour ! De clic en story, de follow en selfie, Angélique Thomas, 40 ans, a finalement sauté le pas pour passer de l’autre côté de l’écran et faire la mode et le beau temps.

Et c’est depuis son smartphone et ses quartiers lyonnais, qu’elle me livre sourires et confidences connectées, mais pas que. Parce que si l’influenceuse prend un plaisir certain à faire vivre sa petite communauté de 6,5K, elle n’est pas prête à tout pour faire grimper les compteurs. Bienveillance, estime de soi et message derrière l’image, génération Z, X ou pas… On lève la toile.

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Activmag : Pourquoi être influenceuse ?
Angélique Thomas :
J’aime bien la mode et c’est en créant un compte tendance pour la mère d’une amie, que je me suis dit pourquoi pas moi. Ça a été crescendo, mais quand la mayonnaise prend, c’est génial. Je suis toujours touchée par la gentillesse, l’échange et je développe un affect avec les gens qui me suivent, c’est ce qui m’a donné envie de continuer. Parce qu’au-delà de parler mode, c’est riche d’humanité.

Et vous êtes souvent sollicités, notamment chez les jeunes de la génération Z ?
Oui, pas mal ! Mais c’est assez multigénérationnel et je ne veux pas catégoriser les gens dans la mode, ni dans l’âge. Mais pour les filles de 20-25 ans, c’est surtout chercher des conseils, que je leur donne au mieux. Elles me font des retours, m’envoient leurs looks en mp, toujours dans la bienveillance réciproque. L’image est très importante et la mode permet d’avoir une belle estime de soi. Du moment où on se sent bien dans une tenue, on est capable d’affronter plein de choses, la vie, le travail. C’est peut-être un ressenti personnel, mais si je me sens mal habillée, je passe une journée pourrie ! C’est une question de bien-être. Chez les jeunes, la seule différence, c’est le budget. Elles ne peuvent pas s’offrir des super pièces à l’envi et privilégient une gamme d’articles sur des petites marques. Alors elles demandent des avis sur les couleurs ou comment mixer les pièces. Elles ont l’impression d’appartenir à une communauté et c’est important.

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Les marques vous sollicitent beaucoup ?
Je ne suis pas un des plus gros comptes d’Insta et loin de là, mais j’ai pu attirer des belles enseignes. Dans le cadre des partenariats, on a une enveloppe assez conséquente pour se faire plaisir, on choisit et on montre à nos abonnés quelques tenues. Je n’ai jamais de rémunération directe, j’ai toujours des cartes cadeaux ou des cadeaux. J’ai aussi bénéficié d’un super partenariat avec les 3 Suisses, qui contre toute attente, m’a permis de redécouvrir la marque. Quand on avait 20 ans, on était catalogue à fond et pas réseau ! C’était mon livre de chevet avec La Redoute, je m’endormais comme un enfant avec son catalogue de jouets pour Noël. Question de génération !

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Et à 20-25 ans, est-ce que vous utilisiez la mode de la même manière ?
Je ne crois pas ! Aujourd’hui, on trouve des enseignes de partout. Sur le net, les marques viennent du monde entier et élargissent le champ des possibles. C’est ce qu’on appelle la fast fashion ! Nous, on était vraiment limités. Et puis les réseaux sociaux n’existaient pas et ils ont clairement développé le culte de l’image, en particulier Instagram. C’est multiculturel, il y a beaucoup de mélanges, de mixité et c’est génial. C’est ce qui a permis de développer une identité. On s’affirme avec un look : avant, quand on sortait avec un chapeau, on était regardé comme un extraterrestre, aujourd’hui, on assume et on impose son style !

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Selon vous, il y a un style, une tendance ?
Il y en a toujours, mais qui s’étalent dans la longueur et se mélangent. La veste à carreaux, les épaulettes, l’imprimé sauvage, durent beaucoup plus longtemps. On a toutes un style défini dans lequel on pioche, et on a la liberté d’en sortir. On peut très bien porter du chic pendant des semaines et finalement faire un petit look rock, personne ne nous juge et je dirais même mieux, les abonnés adorent le changement ! Ça génère toujours plus de like. Quand on reste dans la même lignée, ils se lassent.

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C’est un peu la « tendance Z » ce changement récurrent du coup… Comment s’adapte la conso ?
Je vois deux choses. La montée des petites créatrices qui imposent un style et proposent des pièces récurrentes, qualitatives et en petites séries. Quand on se les offre, on a l’impression d’avoir une exclusivité. On est toujours fières de les porter et elles feront toujours du buzz parce que c’est de la création et que les gens aiment avoir des pièces exceptionnelles et pas que de la fast fashion. Et à côté de ça, on veut un éventail large et du renouveau permanent, se faire plaisir sur des E-shop où des magasins comme Zara, qui renouvellent leurs collections tout le temps. Ils ont tout compris à l’ère du temps !

Ce culte de l’image et de la conso excessive est éphémère selon vous ?
La fast fashion n’est pas terrible écologiquement parlant, et cette prise de conscience calme un peu l’engouement général. Beaucoup de filles que je suis dur les réseaux reviennent à l’esprit friperie et achètent leurs vêtements d’occasion. J’avais été sollicitée pour une collaboration où tout était reconditionné en interne, et finalement, ça permet de se faire plaisir avec des pièces qu’on voit revenir avec surprise, parce qu’il faut bien dire que la mode se réécrit constamment. Je n’aurais jamais pensé revoir les plateformes shoes, les Creepers, je portais ça à 20 ans ! Et les blouses blanches indémodables des années 70 ! C’est fou ! Pour l’anecdote, j’ai une vieille photo de ma maman au bord de la plage, elle porte une blouse blanche ample, un jean un peu bootcut, des cheveux longs au vent. C’est multi-générationnel, c’est intemporel et ça s’inscrit parfaitement dans notre temps.

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Et du coup, pensez-vous qu’influenceuse puisse être un vrai métier ?
A mon échelle non, parce que je travaille à côté, mais de manière générale, oui. Et je ne vois pas comment ça pourrait s’arrêter. Au final, quels que soient les âges, nous sommes de plus en plus connectés et même quand on ne veut pas, on l’est forcément. Pour l’influence, c’est pareil. On arrive à avoir envie de certaines choses, sans se souvenir vraiment du pourquoi, on s’impacte les uns les autres, impossible d’en être autrement. Alors bien sûr, les choses évoluent, avant on dévorait les pages de mode des magazines et catalogues avant d’acheter, maintenant c’est transposé au virtuel, aux influenceurs, mais réellement, c’est à la même chose, parce que c’est s’influencer finalement, influencer les autres, comme la mode, un éternel recommencement.

  • d’infos : Instagram : @ang_e_lik

Testé : le body karaté

Testé : le body karaté

pieds et poings levés

KIAIIIIIII… NON, JE N’AI TOUJOURS PAS DIT MON DERNIER MOT ET LA THÉRAPIE DU «CRI QUI TUE» ENSEIGNÉE PAR MAÎTRE MIYAGI M’A MÊME REDONNÉ TOUTE CONFIANCE POUR M’ACCROCHER ENCORE À L’IDÉE QU’UN JOUR JE SERAI UNE VRAIE SPORTIVE… UN JOUR…

Qui ne s’est jamais rêvé en karatéka auguste enfilant son karatégi impérial (kimono pour les incultes) pour y visser sa ceinture d’un geste noble et ainsi se dan-er au centre du dojo? Même s’il n’est jamais trop tard pour bien faire, j’ai troqué mes fantasmes pour un legging et des baskets, flambant neuves (à force il a bien fallu investir) et choisi l’alternative du body karaté, un mix d’enchaînements rythmés et de techniques de karaté, pour m’y mettre.

AU TAPIS ?

C’est en retard et déjà suintante que j’ai rejoint le groupe de Margaux, déjà au taquet sur le parvis du Foyer d’Animation et de Loisirs de Thônes. En garde et en chaleur, je me suis postée direct sur mes ischios pour squatter encore et encore. N.D.L.R. : le squat est définitivement le mouvement qu’il va vous falloir intégrer une bonne fois pour toutes avant toute tentative de body-quelque chose! Un poing en avant, l’autre sur le plexus en guise de protection, il n’a pas été difficile d’imaginer la cible potentielle à laquelle j’ai infligé 12 séries de 8 directs, 16 uppercuts et 24 coups de pied retournés, en mode défoulement rageur. En toute maîtrise de soi, ça va de soi.
Bon j’avoue, j’en ai donné des coups de tatane, en avant, en oblique, sur le côté… Et fichtre que ça fait du bien. Enfin sur le coup surtout, parce que H +48, je vous passe la séance de ré- cup-massage à l’huile essentielle de Gaulthérie qui embaume (empeste?) aujourd’hui la salle de bains et les crissements de douleur que les petites fesses peu charnues de Numérobis posées sur mes cuisses endolories m’arrachent encore.

CHORÉ DE COMBAT

S’il existe plusieurs types de body karaté, plus ou moins dynamiques et plus ou moins cardio, maîtresse Margaux, elle, se la joue carrément punchy. Ancienne karatéka accomplie et régulièrement placée sur les podiums de la coupe de France de Body Karaté, Margaux impose son style funky et ça dépote. En décomposant quelques gestes techniques, en les accélérant et les enchaînant dans une vraie chorégraphie de combat, le Shihan du tatami qui dort en moi -tapie dans l’ombre sous une épaisse couche de flegme- s’est sentie pousser des ailes. A tel point que Margaux a vite remarqué la hargne sourde qui gronde en moi et qu’elle m’a promis que si je revenais, on essaierait cette fois les «battles». Voilà une coach qui sait motiver ses troupes!
C’est en sautillant que je suis rentrée chez moi, The eye of the tiger dans les écouteurs, en véritable Rocky Balboa de la montée d’escaliers, les poings en avant, manquait plus que le bandeau moite… Jusqu’à ce que je loupe la dernière marche… Aïe… Kiaïe…

à bouche que veux-tu !

à bouche que veux-tu !

révolution de palais

LES QUESTIONS SONT SUR TOUTES LES LEVRES, POURQUOI LE BAISER EST-IL À CE POINT SOUS- UTILISÉ DANS LA SEXUALITÉ UNE FOIS PASSÉS LES PREMIERS ÉMOIS DE L’ADOLESCENCE ? COMMENT RÉ-ÉROTISER CET ÉCHANGE DE FLUIDE, DONT LES BIENFAITS POUR LE COUPLE SEMBLENT ÉVIDENTS ?

Soyons clairs, nous parlons ici uniquement du « french kiss », avec la langue et tout et tout, pas du poutou à mémé le jour de Noël. A 15 ans, vous invitiez votre flirt au ciné et, le cœur battant la chamade, vous espériez le galocher goulûment avant le mot FIN.

MAIS QU’EST-CE KISS PASSE ?

Aujourd’hui, quadras en couple depuis des lustres, ça fait belle « luette » que vos bouches ne s’emboîtent plus. Vous vous effleurez à peine les lèvres le jour d’une Saint Valentin à la terrasse de la brasserie « Lippe» ou au fond d’un «smack-bar». Dans le meilleur des cas, quelques bisous en guise de préliminaires de préliminaires et basta. Pas terrible pour enflammer les corps. Une situation encore aggravée par le contexte anxiogène actuel. Avec le masque, la perspective de téter la gargarousse à un crush semble reléguée aux oubliettes. Pauvre Robert Doisneau, son fameux «Baiser de l’hôtel de ville» semble appartenir à la préhistoire! Quel paradoxe! En effet, si la bouche est sous-investie sexuellement (les tutos sur YouTube destinés à améliorer vos performances buccales sont plutôt rares), elle continue pourtant à être mise sur un piédestal dans la société. Comme symbole d’amour romantique, de happy end dans les films ou contes pour enfants.

EMBRASSER POUR EMBRASER

Tout cela est très fleur bleue, mais pour réintégrer le «bouche-à-bouche» dans votre répertoire sexuel, il va falloir le sortir du monde des bisounours… Considérez-le comme un véritable acte sexuel, un truc sérieux, plus intime encore que la pénétration. Pour certains chercheurs, embrasser l’autre, longuement, avant, pendant ou après l’acte, accroît l’excitation et l’attachement. Une sécrétion d’endorphines et de phéromones susceptible de vous emmener au 7e ciel. Un excellent baromètre de compatibilité sexuelle, capable d’augurer positivement (ou pas) de la suite des événements.

COMMENT DEVENIR UN AGITÉ DU BUCCAL ?

Inutile de se mettre la pression, la recette du plaisir en bouche est assez simple. Lenteur, délicatesse, variation d’intensité, et le tour est joué. Il n’y a pas vraiment de technique, parce que le baiser se construit à deux, en suivant ses sensations. Il ne s’apprend pas, il se vit. Petit bémol: on évitera de fourrer brutalement sa langue dans le gosier d’en face. Vous n’êtes pas un Indien à la conquête de la glotte de la squaw. De même, faire la machine à laver avec sa langue, ou se prendre pour le Candéloro du patin en enchaînant les triples axels buccaux n’est pas une bonne idée. Alors, ce soir, laissez tomber Netflix, mettez un peu de Gilbert «Bécot» en fond sonore, et dégustez une bonne petite «fricassée de museaux» avec votre chéri.e. Dessert en plus, si affinités.

OCTOBRE ROSE

OCTOBRE ROSE

remède de cheval

UNE FEMME SUR DEUX EST TOUCHÉE PAR UNE DÉPRESSION PLUS OU MOINS PROFONDE APRÈS LES TRAITEMENTS CONTRE UN CANCER. POUR LES ACCOMPAGNER, L’ASSOCIATION HOPE ET ANNABEL BROURHANT, ANCIENNE JOURNALISTE, ARTISTE PEINTRE SURVOLTÉE ET ÉQUI-PÉE, LÂCHENT LES CHEVAUX.

A quelques jours d’Octobre Rose, elles sont 12 à participer à l’un des stages proposés gratuitement chaque année par Hope. Il y a Marion, 31 ans, qui rend visite à d’autres malades dans les hôpitaux du sud de la France, “parce que quand je serai capable d’écouter les gens qui vivent ce que j’ai vécu sans l’associer à moi, ça ira…” ; Véronique, 39 ans, marcheuse émérite qui a vaincu le Grand Paradis et le Mont-Blanc, à qui tout le monde dit qu’elle est forte, mais qui réclame le droit de ne pas l’être; Audrey, 36 ans, qui ne dit rien à la maison pour protéger ses deux enfants ou encore Cynthia, 42 ans, fiancée au moment du diagnostic, mais: “le cancer a eu raison de nous, il m’a volé du temps, des années”.
Chacune vient déposer son histoire, ses douleurs, ses colères contre ce coup du sort, “coup de pied au cul” ou “coup de tonnerre”, cette grande “injustice” qui a bouleversé leur quotidien et le bouleverse encore. Et si chaque parcours est unique, une connexion se noue quasi instantanément entre toutes ces femmes, comme un lien invisible que la maladie aurait tissé. “On connaît l’importance du groupe, le fait de se rencontrer et de se dire qu’on n’est plus seule”, rappelle Annabel Brourhant dont la chambre, à l’hôpital, ne désemplissait pas de copines. Elle s’est sentie “tellement soutenue par cette force, cette solidarité” qu’elle a eu envie de la partager.

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LE PIED À L’ÉTRIER

Annabel est une cavalière passionnée depuis l’enfance, qu’elle a passée à chevaucher dans les bois et les prés de Saint-Cergues, à côté d’Annemasse. Une première vie de journaliste TV l’éloigne du Genevois, elle anime d’abord des émissions pour la Cinquième, France 3, LCI puis pour la RTBF à Bruxelles. Ce sont les pérégrinations professionnelles de son homme qui ramènent la famille aux abords du Léman, il y a une quinzaine d’années. Malgré ce retour aux sources, Annabel est formelle, elle ne vivra pas à Saint-Cergues.
Mais ses rêves de petite fille la rattrapent dans les ruines du Château de Neydens, où, petite, elle traînait souvent les sabots. Le bâtiment attise convoitises et plans de promotions, Annabel convainc pourtant la mairie de la laisser tenter une rénovation et la construction d’écuries, entourées de chemins et de milliers d’arbres. En 2014, elle a 44 ans et quatre enfants quand son projet est validé… Et son cancer du sein diagnostiqué.

CHEVAL DE BATAILLE

Devant la liste d’oncologues qu’on lui propose, elle ferme les yeux et plante le doigt sur le nom de Nicolas Chopin, chirurgien à Léon Bérard, à Lyon, et cavalier lui aussi. “Du coup, je ne crois plus du tout au hasard !” s’amuse-t-elle. “Je déclare la maladie au moment où les écuries se font, et plouf, je tombe sur un médecin qui monte à cheval… C’est comme si j’avais eu le cancer pour faire ça, pour créer l’association !” Parce qu’à force de parler plus juments que traitements, tout en voyant les écuries se construire, la patiente et son spécialiste envisagent d’y accueillir des femmes que le crabe a pincées et qui, pour une grande majorité, se retrouvent en dépression. Quand elle a un coup de mou -ce qu’on n’imagine même pas quand on voit cette «tornade blanche» en mouvement-, Annabel, elle, peint ou monte, pour se vider la tête. Alors en 2017, ils fondent Hope, pour Helping wOmen by Painting and Equestrian Experience. “Ce nom, c’est le fruit d’un brainstorming familial”, sourit-elle. “Mon mari m’a dit : «choisis quelque chose d’international, parce que te connaissant, ça va se développer ! ».” Au programme de l’asso, des événements et des partenariats, pour financer une journée de découverte alternant équi- et art-thérapie, et quatre demi-journées de suivi, dans l’une ou l’autre des disciplines.

EN ÉQUI-LIBRE

Dans le manège ce matin, c’est avec Arizona qu’Audrey, 47 ans aux très beaux cheveux gris-blanc, s’est laissé aller. “Je ne m’attendais à rien de particulier, mais j’ai été surprise par ce que j’ai ressenti : la chaleur qui se dégageait de l’animal, très calme, à l’aise, vraiment posé sur ses pattes arrière. Je n’arrêtais pas de le toucher, j’ai fermé les yeux, et j’étais toute seule avec lui, le monde s’arrêtait.” Autour d’elle, il y a pourtant Pile Poil, le demi-poney dont les grands yeux doux ont conquis Sylvie, la psychologue, et Magie, l’Alezane d’Annabel Brourhant. “Les juments sont souvent moins câlines”, explique-t-elle. “Magie était un peu fougueuse quand je l’ai eue, elle ne me ménageait pas, me collait contre le pare-bottes (paroi du manège), mais quand je l’ai remontée, trois semaines après ma reconstruction mammaire, elle était complètement à l’écoute. Là, elle regarde les femmes, se tourne vers elles. Et demain, après avoir reçu toutes leurs émotions, elle sera complètement HS !” Cheval vidé, âmes rechargées!

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MODE HOPE-RATOIRE

Et nous aussi, ces journées nous rechargent !” complète Nicolas Chopin, le chirurgien, qui est là pour répondre aux interrogations des stagiaires. “Ici, ce ne sont pas des malades, on sort du cadre formaté de l’hôpital. Et même si je suis l’empêcheur de tourner en rond, très cartésien de par mon métier, à l’opposé des médecines alternatives, je sais aussi que la médecine classique ne se suffit pas à elle-même, qu’il faut du sou- tien psychologique dans l’avancée du parcours de soins. Globalement, en partant d’ici, les femmes vont bien, mais est-ce que ça durer?” Signe des temps, et de la considération croissante pour ces alternatives, l’université de Metz voudrait justement monter à Saint-Cergues une étude clinique pour en mesurer les effets, et Hope a ouvert, mi-septembre, une antenne en région parisienne. De quoi être Hope’timiste !

  • le 3 octobre, La Foulée Annemasse s’unit à Hope afin d’organiser les Foulées Roses, autour du Château de Neydens – marche nordique, courses enfants et relais adultes – Inscriptions: l-chrono.com/inscriptions-foulees-roses
  • du 7 au 10 octobre : exposition itinérante « Cicatrices – Portraits de femmes » par Emmanuel Berrod, à l’Espace 55 à Poisy.

© Emmanuel Berrod

récoltes de saison

récoltes de saison

CHAMPIGNONS A TOUS LES ETAGES

MYCOSES, FATIGUE GÉNÉRALE, ALLERGIES ET INTOLÉRANCES DIVERSES, PROBLÈMES DIGESTIFS CHRONIQUES JUSQU’À DES TROUBLES ET SOUCIS NEUROLOGIQUES ET ÉMOTIONNELS (IRRITABILITÉ, DIFFICULTÉ DE CONCENTRATION, PERTE DE MÉMOIRE…). ET SI C’ÉTAIT UNE CANDIDOSE ?

Les champignons que vous allez dénicher très bientôt dans nos forêts adorent les milieux humides et acides. Il en va de même pour ceux présents dans notre système digestif. Dans un organisme sain, ils cohabitent de façon tout à fait pacifique avec les bactéries, pour constituer notre microbiote qui fait office de régulation. La clé de cette auto-régulation, c’est l’équilibre acido-basique.

INVASION CARACTÉRISÉE

Dès lors que notre organisme s’acidifie, les champignons comme après une bonne pluie en forêt, se développent à toute vitesse, jusqu’à coloniser tout notre système digestif. Qu’est-ce qui peut favoriser cette situation? Une mauvaise hygiène alimentaire (aliments trop sucrés, trop riches en gluten, produits industriels, alcool, tabac…), traitements d’antibiotiques à répétition, stress… Le candida albicans, et d’autres tout aussi sympathiques, mais moins connus, comme l’aspergillus ou le géotrichum se développent alors anormalement en envahissant et tuant les bactéries protectrices.

MALADIE MÉCONNUE,
MAIS LARGEMENT RÉPANDUE !

La candidose digestive, mal diagnostiquée ou voire carrément ignorée, est bien plus répandue qu’on ne le croit. Une majeure partie de la population française serait touchée, ne serait-ce que par des mycoses aux pieds, ou des mycoses vaginales pour les femmes. Sous forme de moisissure, le champignon se déplace dans tout l’organisme à travers le réseau sanguin, pour se coller sur différents types de cellules.
Il est possible de mesurer la quantité de champignons présents par un examen des selles auprès d’un laboratoire, mais il existe plusieurs signes qui ne trompent pas : ballonnements, gaz, alternance constipation/diarrhée, mycoses vaginales ou aux pieds chroniques, mauvaise haleine, fatigue chronique, endométriose, règles irrégulières…

QUEL TRAITEMENT ?

Pour se débarrasser du candida albicans, il faut l’affamer. Le champignon se développe particulièrement sur les levures et raffole du sucre. Il est donc conseillé de supprimer tous les sucres à l’exception de quelques fruits l’après-midi, ainsi que toutes les levures. Par contre, il craint les aliments suivants : ail, thym, basilic, betterave, aloe vera, huile de coco (acide caprylique). A introduire dans votre alimentation de base ! Il existe également plusieurs traitements, mais les principes actifs sont les suivants : extrait de pépins de pamplemousse, extrait de feuilles d’olivier, huiles essentielles de girofle, cannelle et origan, écorce de lapacho.
Certains probiotiques sont particulièrement efficaces sur les champignons : lactobacillus helveticus, rhamnosus et acidophilus.
Pour obtenir un résultat probant, une cure minimum de 3 à 6 mois sera le plus souvent nécessaire, accompagnée du régime alimentaire approprié. Une consultation auprès d’un naturopathe peut s’avèrer nécessaire.

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